05.05.2012

L'enseignement primaire a une AME

logo AME bis.gifSuite à la votation du 11 mars et l'acceptation par le peuple du mercredi d'école pour les élèves de 8-11 ans, le comité référendaire a formé une association, l'AME (Association pour une meilleure école), composée majoritairement de parents. La séance constitutive a eu lieu le 13 mars 2012.


Le comité référendaire avait annoncé qu'il ne comptait pas uniquement s'opposer à cette loi, mais participer par la suite, à des propositions pour améliorer l'école genevoise.

C'est dans cet état d'esprit que le comité de l'AME entend :

  • défendre au mieux la vision de l'école des 35% de Genevoises et Genevois qui ont voté contre la loi instaurant un horaire scolaire primaire sur 5 jours, et de tous les citoyens et citoyennes qui n'ont pu s'exprimer par le biais des urnes mais ont soutenu à leur manière le combat du comité référendaire pour une école où la qualité prime sur la quantité ;
  • accompagner les changements liés à cette nouvelle loi en mettant l'enfant au centre des préoccupations ;
  • agir pour que les moyens mis en œuvre seront suffisants et garantis ;
  • assurer une surveillance constante et dénoncer toute dérive ;
  • proposer et négocier un projet ayant pour but le développement global de l'enfant par la complémentarité des différents acteurs et institutions (parents, enseignants, animateurs parascolaires, maisons de quartier, professeurs d'activités extrascolaires, école publique, écoles de sport, d'art ou de musique) en tenant compte au mieux des contingences familiales et de la charge supportée par les enfants tout au long de la semaine.

Retrouvez les informations de l'AME sur www.ame-ge.ch
Vous pouvez aussi prendre contact directement avec le président de l'association, Christophe Blandin, christophe.blandin@ame-ge.ch

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22.04.2012

Fonction publique en grève le 10 mai

Le personnel de l'Etat et du secteur subventionné sera en grève le jeudi 10 mai 2012 dès 13h30. Une assemblée du personnel et une manifestation auront lieu à la rue de l'Hôtel-de-Ville (aux canons) devant le siège du Grand Conseil, dès 15h30. Voilà les décisions prises par l'Assemblée de délégué-e-s du Cartel intersyndical le 19 avril. Après le débrayage largement suivi du 15 décembre 2011, cette nouvelle action, plus forte, est nécessaire afin que le service public soit entendu des autorités.

En ces temps de crise (à laquelle échappe les plus aisé-e-s), les services publics, parce qu'ils servent des prestations essentielles à une population qui en a de plus en plus besoin, doivent être préservés.
Voilà des années que le personnel a supporté d'innombrables restructurations, que la charge et les rythmes de travail ont considérablement augmenté. Aujourd'hui, il n'est plus possible d'exiger du personnel toujours plus, sans tenir compte des efforts déjà fournis.

Toujours des économies, encore des économies
Ces dernières années, dans tous les services, le personnel n'a cessé de se serrer la ceinture, subissant une constante augmentation de la charge de travail et de la productivité. Demain, d'importants efforts seront encore consentis en matière de retraite et de préretraite. Pourtant, aujourd'hui, les mécanismes salariaux sont bloqués, les réévaluations collectives de fonctions sont gelées, et les postes indispensables ne sont octroyés qu'au compte-goutte. Les conséquences sont multiples, tant sur la santé du personnel que sur les prestations délivrées à la population.
Voilà le résultat de la politique des caisses vides (baisses successives d'impôts) de ces dernières années : dégradation des conditions de travail et de la qualité du service public.

Résister et se mobiliser
Face à ces attaques contre le personnel des services publics et contre les prestations à la population, le Cartel intersyndical invite toutes et tous les employé-e-s de l'Etat et du secteur subventionné à répondre par une mobilisation massive le 10 mai.

Les principales revendications sont claires :

  • L'application intégrale des mécanismes salariaux ;
  • La reprise immédiate des réévaluations de fonctions ;
  • L'octroi d'effectifs supplémentaires dans les services qui en ont besoin, conformément aux pétitions du Cartel de 2009 ;
  • Le respect de l'accord sur la fusion des caisses CIA-CEH et de ses principes (primauté de prestation, répartition des cotisations de 2/3 à charge de l'employeur, maintien d'un âge-pivot à 60 ans pour les fonctions à pénibilité physique et rente décente pour toutes et tous), ce qui implique également le rajout par l'employeur (Conseil d'Etat) des millions manquants suite à la nouvelle dégradation de la situation des caisses de pension (baisse des rendements escomptés) ;
  • La mise à contribution des plus aisés, par une fiscalité sur la fortune et sur le revenu plus juste et plus solidaire.


Toutes et tous ensemble dans la rue le 10 mai ! www.cartel-ge.ch

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12.04.2012

Polluer, Dégrader, Gaspiller : la PDG (Patrouille des Glaciers)

Route d'Arolla, jeudi 12 avril, l'armée bloque la circulation. Grandes manœuvres, envols d'hélicoptères, camion de pompiers à l'affût près de la citerne de kérosène, boucan infernal, etc. Le car postal s'impatiente.

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Les militaires s'agitent. Après 20 minutes, les voitures peuvent enfin redémarrer, rejoindre la station. Durant toute la journée le sketch recommence et se répétera jusqu'à fin avril.

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L'armée prépare la PDG 2012 (patrouille des glaciers) et se comporte comme si elle était seule au monde. Tous les 2 ans, ce cirque recommence. Ce déploiement militaire est cause de pollutions, de dégradation de la nature et représente un gaspillage insensé.

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L'armée empoisonne la vallée et tant les touristes que les résidants pestent contre cette calamité. Quant aux sportifs qui vont participer à cette course, s'ils sont vraiment respectueux de la nature et apprécient la montagne, ils devraient s'arranger pour l'organiser à l'avenir sans le concours de l'armée et sa débauche de désagréments.

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18.03.2012

Rendez-vous en 2023 ?

pisa test.pngLes résultats des élèves genevois aux tests PISA ont influencé la votation sur le mercredi d'école. Au soir du 11 mars, la présidente du GAPP, qui se félicitait de l'augmentation de l'horaire de l'écolier primaire obtenue dans les urnes, affirmait encore que « le niveau scolaire genevois est fragile. En français par exemple, l'écart se creuse entre les bons élèves et les moins bons, selon l'étude PISA. » Je ne vais pas revenir ici sur les diverses interprétations que l'on peut faire au sujet des performances des élèves genevois de 15 ans à ces tests concoctés par l'OCDE, ni rappeler que le progrès notable en lecture enregistré entre 2000 et 2009 (seules années comparables) est redevable aux élèves qui ont bénéficié d'un cursus complet des années de « rénovation », avec une évaluation sans notes. Non, je pense qu'il est légitime d'espérer une meilleure école pour les élèves et que la population a choisi ce qui lui semblait une solution acceptable.

Simplement, si l'on veut ensuite vérifier que ce choix a porté ses fruits, et si PISA constitue une référence, il faut savoir attendre. En effet, les premiers élèves qui iront le mercredi matin à l'école appartiendront - en principe, si le DIP ne revoit pas encore ses plans - à la volée 2014-2015. En débutant en 5ème, cette cohorte arrivera en 11ème au CO à la rentrée 2020-2021. Juste à temps pour passer la 8ème édition des tests PISA, au printemps 2021 (les tests ont lieu tous les 3 ans depuis 2000). Les résultats nationaux seront produits en décembre 2022. Et les performances détaillées par canton une année plus tard, en décembre 2023. Qui reviendra alors sur les espoirs, pour ne pas dire les promesses, liés à la votation du 11 mars 2012 ? Combien de conseillers d'Etat se seront succédé à la tête du DIP dans l'intervalle ? On verra bien. Mais en attendant...

Pour améliorer l'école sans délai et aider les élèves en difficulté, il faut augmenter les postes d'enseignants, baisser les effectifs de classe. Au lendemain d'une autre votation, celle sur les notes en 2006, le Conseil d'Etat, en validant le nouveau règlement de l'enseignement primaire le 4 avril 2007, promettait déjà dans son exposé des motifs davantage de ressources : « Le Département de l'instruction publique compte renforcer et améliorer le dispositif de mesures de différenciation pédagogique et d'accompagnement des élèves en difficultés, et lui octroyer des moyens supplémentaires. » On les attend toujours.

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11.03.2012

Les conditions pour l'introduction du mercredi matin sont loin d'être réunies

Communiqué de presse du comité référendaire contre le mercredi matin envoyé à 12h15 aux médias locaux :

Le comité référendaire prend acte de la volonté populaire d'organiser l'école pour les élèves de 8-11 ans sur 4 jours et demi. Le résultat a l'avantage d'être bien tranché en faveur du mercredi matin. Il convient donc d'envisager sans délai l'avenir. En effet, cette modification profonde du système scolaire genevois comporte de nombreuses zones d'ombre et il n'est ainsi pas possible d'envisager l'entrée en vigueur d'un nouvel horaire sans clarifications, moyens et garanties.

Pas avant 2015 ou 2016
Le comité référendaire estime ainsi qu'un changement pour la rentrée 2014 n'est pas réaliste. Au niveau des moyens, il est certain qu'ils ont été sous-estimés. La réorganisation du travail qu'implique l'augmentation horaire prévue nécessite bien davantage de postes que seuls ceux destinés à couvrir les périodes supplémentaires. La logique mathématique ne saurait être invoquée au vu de la complexité engendrée. 120 postes ne suffiront donc pas si le département maintient son idée de passer à 32 périodes de 45 minutes hebdomadaires pour les degrés 5, 6, 7 et 8P. De deux choses l'une : ou le DIP revoit le nombre de périodes à la baisse et négocie un nouveau scénario avec les partenaires sociaux - tout en maintenant les 120 postes - ou il persiste et prend en compte les besoins supplémentaires en octroyant davantage de postes. Le comité référendaire préfère bien entendu que l'augmentation soit reconsidérée - il a toujours combattu ce projet démesuré - et rappelle que la votation ne portait pas sur cette question, le texte de la loi n'abordant pas du tout la question de la dotation horaire. Par ailleurs, le chamboulement de l'horaire pour le cycle élémentaire (4-7 ans) qui oppose de manière un peu absurde les temps d'accueil aux temps d'enseignement est loin d'être évident lui aussi et mérite d'être étudié au plus près.

Améliorer l'encadrement des élèves
Quoi qu'ait pu dire le DIP sur son incapacité à obtenir des ressources pour l'enseignement primaire, le comité référendaire note que la plupart des partis ou groupements en faveur de la loi, et notamment le Parti socialiste genevois et le GAPP, ont admis le manque de moyens pour encadrer les élèves et appelé à un changement à ce niveau-là également. Le comité espère ainsi que ces forces se souviendront de leur position et œuvreront afin que les conditions d'enseignement soient meilleures avant tout changement, en se montrant combatifs et en abandonnant la vision fataliste véhiculée par le gouvernement, et à laquelle ils s'étaient un peu vite soumis.

Penser la scolarité de 4 à 15 ans
Le comité référendaire annonce son intention de se constituer en association (Association pour une meilleure école - AME) dans le but que des conditions acceptables de réussite du projet de nouvel horaire soient réunies avant tout changement ; il collaborera avec toutes les instances décidées à lutter pour réaliser cet objectif. Cette nouvelle association a aussi pour but de se constituer en force de propositions par l'intermédiaire d'un « Livre blanc de l'école obligatoire » qu'elle publiera à moyen terme. Pour la cohérence du parcours de l'élève de 4 à 15 ans, et vu le manque d'anticipation du DIP, il est impératif de remettre l'ouvrage sur le métier. Associations, partis et syndicats sont invités à résister, à imaginer et à proposer avec les parents et les enseignants !

Christophe Blandin, Catherine Desponds Kisfaludy, Marco Maltini, Michèle Roullet

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VOTEZ NON le 11 mars au mercredi d'école !

Aujourd'hui, dimanche 11 mars 2012, dernier jour pour voter NON au mercredi matin d'école !EQUILIBRE 2.jpg

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09.03.2012

Arnaque, crime et politique

papillon.pngLes journaux n'ayant pas eu l'occasion de passer tous les courriers de lecteurs opposés au mercredi matin d'école, en voilà un rédigé par un membre du comité référendaire NON au mercredi matin d'école :

Le débat sur le mercredi matin est représentatif de l'état de la démocratie à Genève. Abus de pouvoir, mensonges, manipulations, mauvaise foi et menaces ont marqué ce qui aurait dû avant tout constituer un débat démocratique.
Pour commencer, prenons l'exemple de la brochure de votation. Cet élément primordial d'informations, qui permet aux citoyens de voter en connaissance de cause, est détourné de sa fonction. Le format imposé au comité référendaire est de 3 pages. Un sujet aussi complexe est difficile à résumer, mais les règles sont les règles, enfin... presque. Le Grand Conseil, lui, développe son point de vue sur 5 pages et demie, soit pratiquement le double. Ne pas appliquer pas les mêmes règles pour tous, voire les bafouer, est-ce ce que l'on attend de la plus haute instance de notre canton ?

Le magazine « Les Clefs de l'école », envoyé à 250'000 exemplaires, est censé informer les familles et non pas servir un élu à des fins électorales. Pourtant, dans son numéro paru automne 2011, la ligne éditoriale se permet quelques latitudes, privilégiant très fortement le « oui » à l'école le mercredi. Pour une information plus objective, il aurait fallu un équilibre d'arguments pour et contre. Au final, quatre articles défendant le point de vue de M. Beer trouvent leur place dans les pages du magazine édité par son service contre un seul article pour ses opposants. « Les clés de l'école », que l'on pourrait renommer « les clés du pouvoir », a bel et bien servi d'outil de propagande... et aux frais du contribuable puisque c'est nos impôts qui le financent.

M. Beer, dans ses vœux aux enseignants, n'hésite pas à y insérer un laïus sur les vertus du mercredi. N'est-ce pas aussi quelque peu déplacé alors qu'on impose aux enseignants, massivement opposés à cette loi, un droit de réserve ? Un homme politique digne de ce nom devrait s'imposer la même réserve que celle qu'il exige de ses opposants.
Et si l'opposition n'a toujours pas capitulé, il est toujours possible de recourir aux manipulations, aux mensonges et à toutes les basses manœuvres de ce « débat citoyen ». En bonne et due forme, M. Beer a commencé par discréditer les enseignants en prétendant que s'ils refusaient le mercredi c'était parce qu'ils ne voulaient pas travailler davantage. Une habile manœuvre, même si la loi ne prévoit QUE l'augmentation de l'horaire des élèves, pas des profs. Droit de réserve unilatéral et discrédit sans vergogne ont ainsi muselé une part importante du débat.

Ensuite, une petite couche de mensonges permet de faire passer en force son point de vue, si besoin Par exemple, il a été aisé de prétendre que le samedi matin a été enlevé. Mais pourquoi oublier de dire que ces heures « perdues » ont été reportées sur les quatre autres jours ? Annoncer que Genève avait moins d'heures que les autres cantons a aussi produit son petit effet. Et dès que les opposants font paraître des chiffres émanant d'organismes officiels qui démentent cette annonce, on déclare qu'ils sont faux ou que l'on ne peut pas vraiment comparer car dans les autres cantons les variations sont trop importantes d'un village à l'autre. Et pourtant l'argumentation de M. Beer se base justement à l'origine sur une comparaison entre les cantons !

Et si cela ne suffit pas, un peu de mauvaise foi permet toujours de se sortir de situations embarrassantes. Lorsque les référendaires citent l'exemple de la Finlande, championne aux tests PISA, pour montrer que ce n'est pas le nombre d'heures qui détermine la qualité d'un système, on annonce avec audace que les Finlandais vont plus longtemps à l'école. En effet, ces derniers vont à l'école 188 jours contre 151 pour les petits Genevois dixit M. Aubert dans les « clés de l'école »... 250'000 exemplaires à nos frais. Mais ce qui est « oublié » c'est ,entre autres, la durée plus courte de leurs journées. Dans les faits, ils passent donc moins de temps à l'école avec de meilleurs résultats. Argumenter sur le nombre de jours alors que c'est la durée passée à apprendre à l'école qui devrait être citée constitue tout de même une belle escroquerie.

Et que serait une votation sans une part de menace ? Il est si simple pour l'homme de pouvoir de jouer avec les craintes de son auditoire. Il est si facile de prétendre que sans le mercredi matin, le plan d'étude romand ne pourra pas être suivi. Ou que s'il n'y a pas plus d'heures, un chaos scolaire est inévitable. Nous avons heureusement évité de justesse l'annonce d'une nuée apocalyptique de sauterelles si le NON venait à l'emporter. Il est pourtant assez étonnant de constater que 90% des enseignants ne partagent pas ces craintes. Mais il est vrai que ce ne sont que les professionnels du terrain. Que connaissent-ils vraiment du programme ou de la tenue d'une classe par rapport à d'éminents conseillers bureaucrates ?

La triste conclusion de cette ironique situation, c'est que cela a empêché un véritable débat centré sur les élèves qui aurait dû permettre de trouver de vraies solutions pour améliorer notre école. Cela n'est, une fois de plus, « que »... partie remise ou remis aux partis... et à leurs conseillers.

Tout cela peut paraître anecdotique. Au fil du temps, nous nous sommes habitués à ce système qui abuse et détourne une démocratie que pourtant bien des pays nous envient. Pourquoi cela est-il possible ? Les raisons sont sans doute multiples, mais l'impunité de ces pratiques y tient certainement une grande part. Il est temps pour les citoyens d'envoyer un signal fort afin que ces pratiques cessent. Un vote sanction, un NON à l'école le mercredi matin, est nécessaire pour faire comprendre aux personnes que nous élisons qu'ils ont des comptes à rendre, qu'ils nous représentent et que nous ne tolérons pas leurs méthodes sournoises de manipulation des opinions. Surtout, qu'aux dernières nouvelles, aucune sauterelle n'est en vue.

Christophe Blandin

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04.03.2012

Le mercredi matin n’est pas un trou à boucher

nonaumercredi.jpgC’est un peu l’histoire du type qui tourne autour d’un réverbère. C’est la nuit, un passant s’inquiète. « J’ai perdu mes clés. » L’autre propose son aide et après avoir longtemps scruté le sol en vain, s’étonne quand même. « Mais enfin, où les avez-vous perdues exactement ? – Là-bas, de l’autre côté de la rue. – Vous vous fichez de moi, pourquoi chercher ici alors ? – Qu’est-ce que vous voulez, ici, c’est tellement mieux éclairé ! »

A Genève, on voudrait rajouter des heures au primaire. Or, s’il fallait vraiment trouver un déficit de temps d’enseignement sur la scolarité obligatoire c’est du côté du Cycle d’orientation (CO) qu'il faudrait regarder et corriger (en admettant qu’on veuille absolument que nos élèves soient ceux qui passent le plus de temps à l’école, et dépasser le Valais qui est le seul canton romand à nous devancer d’une courte tête). Au CO, le département de l’instruction publique (DIP) a réussi à faire injecter plus de 30 millions : 10 millions au minimum par degré pour engager des profs supplémentaires, sans augmenter d’une seule minute le temps d’enseignement. Au primaire, c’est le contraire. Augmentation massive des heures sur 4 degrés (5-6-7-8) sans aucun poste supplémentaire pour y faire baisser les effectifs de classe et améliorer les conditions d’enseignement.

Le Rapport sur l’éducation en Suisse 2010 (p. 72) avait déjà montré que l’enseignement secondaire 1 à Genève était celui qui avait le moins d’heures du pays (seul Nidwald faisait moins bien) et celui pour lequel l’Etat dépensait le plus. J’avais d’ailleurs écrit en mai 2010 une lettre fort claire à ce propos au parlement genevois (voir extrait ci-dessous). Le DIP avait quand même, au tout début de la pré-consultation, confirmé que le CO était concerné par la problématique de l’horaire scolaire en lien avec les objectifs du plan d’études romand (PER). Avant de se rétracter et d’avoir cette phrase merveilleuse : il faudrait certes rajouter des heures au CO mais ce n’est pas possible car il travaille déjà le mercredi matin, ce qui n’est pas le cas du primaire… Et comment font les autres cantons qui passent à 33 périodes hebdomadaires au CO ? Conclusion : le primaire n’a pas besoin d’heures en plus car il en a déjà suffisamment (cf. tableau du SER), et ce n’est pas parce qu’il y a un trou horaire disponible qu’il faut le combler…

Extrait de la lettre du 17 mai 2010 adressée aux députés :
1. Temps d’enseignement
Primaire: Genève (GE) est très proche de la moyenne suisse ; 12 cantons ont moins d’heures d’enseignement que notre canton (JU-TG-SH-BE-ZH-NW-UR-ZG-LU-SO-AG-BS).
Secondaire 1: Le CO genevois est avant-dernier ; seul un canton (NW) compte moins d’heures que GE.
2. Dépenses publiques par élève
Primaire: GE est à la traîne (antépénultième, seuls le TI et le VS font moins bien) ; 23 cantons consacrent donc davantage de ressources que GE au primaire !
Secondaire 1: Le CO genevois dépasse de plus de 5'000.- CHF le coût moyen de l’élève en Suisse ; GE est le canton qui dépense le plus pour le secondaire 1.

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28.02.2012

Horaire scolaire : le Conseil d'Etat peut-il impunément tromper la population à la veille d'une votation ?

nonaumercredimatin.png« Les élèves genevois sont ceux qui bénéficient du plus grand nombre de temps d'enseignement après le Valais, contrairement à ce qu'affirme l'Etat de Genève. »

Voilà ce qu'affirme le syndicat des enseignants romands (SER) dans une étude détaillée qui prend en compte les 11 degrés de l'enseignement obligatoire. Autrement dit, le département de l'instruction publique (DIP) et le Conseil d'Etat désinforment la population (cf. la brochure de la votation cantonale) en prétendant le contraire au moyen d'une propagande massive.

 

Temps total d'enseignement en heures sur les 11 ans de la scolarité obligatoire (4-15 ans)
(entre parenthèses, l'écart avec la moyenne romande qui est de 8839,61 heures)

  1. VS : 9351,50 heures (+ 511,89 h.)
  2. GE : 9011,00 heures (+ 171,39 h.)
  3. FR : 8963,05 heures (+ 123,44 h.)
  4. BE : 8782,50 heures (- 57,11 h.)
  5. VD : 8734,50 heures (- 105,11 h.)
  6. NE : 8613,75 heures (- 225,86 h.)
  7. JU : 8421,00 heures (- 418,61 h.)

Etant donné que le syndicat d'abord, puis le comité référendaire, contestent les chiffres du DIP depuis longtemps et dénoncent l'augmentation démesurée projetée, comment qualifier cette persévérance dans l'erreur de la part des autorités et que penser de ce manque de volonté de présenter de manière honnête un objet devant le peuple ? Quelle que soit la dénomination de cette déplorable obstination et sa motivation, la seule réponse est de voter NON le 11 mars pour sanctionner le gouvernement genevois (quel crédit possède-t-il encore... ?) et de rejeter la loi sur l'augmentation de l'horaire afin de préserver tous les élèves.

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26.02.2012

Large soutien pour refuser le mercredi d'école

nonau mercredidecole.jpgLa liste des soutiens au NON à l'augmentation massive de l'horaire à l'école primaire s'allonge. Des personnalités de tous bords s'impliquent pour que cette loi soit refusée.

=> Voir le site du comité référendaire : www.nonaumercredimatin.ch

Ce large éventail prouve d'une certaine manière que le projet soumis au verdict du peuple ne convainc véritablement ni à gauche ni à droite. Et quand une loi est insatisfaisante, que 18'000 citoyens ont signé un référendum afin d'avoir leur mot à dire, il n'y a pas 36 solutions ; il faut la rejeter.

C'est pourquoi, le 11 mars, ils et elles voteront NON au mercredi matin d'école :

  • David ANDENMATTEN, (coprésident du SSP Genève - syndicat des services publics)
  • Marcellin BARTHASSAT, (architecte)
  • Marie-Ange BARTHASSAT, (chargée d'enseignement à l'université de Genève, retraitée)
  • Madeleine BERNASCONI (PLR, anc. maire de Meyrin, anc. députée, anc. conseillère nationale)
  • Danielle BONNETON, (chargée d'enseignement à l'université de Genève, retraitée)
  • Andreea CAPITANESCU BENETTI, (chargée d'enseignement à l'université de Genève)
  • Julien CART (Les Verts, conseiller municipal en Ville de Genève)
  • François CLEMENT, (pédiatre)
  • Chiara CURONICI, (psychologue, membre du SSP - syndicat des services publics)
  • Anne DAVIER (anc. ens. prim., réd. en chef du journal de l'ADC - Association pour la danse contemporaine)
  • Jean-François GAILLARD, (PLR)
  • Renaud GAUTIER, (PLR, député, ancien président du Grand Conseil)
  • Paolo GILARDI, (SSP - syndicat des services publics)
  • Jean-François GIRARDET, (MCG, député au Grand Conseil)
  • Alfonzo GOMEZ CRUZ, (Les Verts, coprésident des Verts Ville de Genève)
  • Daniel HALPERIN, (pédiatre)
  • Pascal HOLENWEG, (Parti socialiste, conseiller municipal en Ville de Genève)
  • Laurent JIMAJA, (Les Verts)
  • François LEFORT, (Les Verts, député au Grand Conseil, comité de la Maison de Quartier des Eaux-Vives)
  • Pierre LOSIO, (Les Verts, instituteur retraité, député au Grand Conseil)
  • Claire MARTENOT, (enseignante au CO, SSP, membre de l'Assemblée Constituante)
  • Michel MARTI, (ancien directeur du Service des loisirs de la jeunesse - Office de la jeunesse)
  • Yves MEYLAN, (Les Verts)
  • Isabelle MILI, (musicienne, chargée d'enseignement à l'université de Genève)
  • Souhail MOUHANNA, (président de l'AVIVO, membre de l'Assemblée Constituante)
  • Cynthia MUGNIER, (chargée d'enseignement suppléante à l'université de Genève)
  • Olivier NORER, (Les Verts, député au Grand Conseil)
  • Maria PEREZ, (comédienne)
  • Frédérique PERLER-ISAAZ, (Les Verts, conseillère municipale en Ville de Genève)
  • Eric PEYTREMANN, (comité de la Maison de Quartier des Eaux-Vives, ancien président du GAPP)
  • Mauro POGGIA, (MCG, conseiller national)
  • Jacqueline ROIZ (Les Verts, députée au Grand Conseil)
  • Michèle ROULLET, (PLR, conseillère municipale en Ville de Genève, présidente du GRÉ - Groupe de réflexion sur l'école)
  • Marco SPAGNOLI, (coprésident du SSP Genève - syndicat des services publics)
  • Laurent TETTAMANTI, (Parti communiste genevois)
  • Etiennette VELLAS, (syndicat des enseignants romands - SER)
  • Carole VEUTHEY, (chargée d'enseignement, FPSE, université de Genève)
  • Joanne WIESNER, (psychologue)

 

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19.02.2012

Horaire scolaire et moyens : ne pas céder au chantage

nonaumercredi.jpgPour faire passer la pilule du mercredi matin, le DIP a déniché in extremis 30 postes pour le cycle élémentaire (cycle 1, élèves de 4-7 ans). Devant le rejet du scénario initial (+ 4 périodes pour les 8 degrés primaires), il a bien fallu improviser. Cela fait des lustres que les professionnels de l’éducation réclament des moyens supplémentaires pour les premiers degrés. En effet, ces années sont déterminantes pour le développement et l’avenir des enfants. Personne ne songerait à refuser cette trentaine de postes qui, même si elle est insuffisante, viendrait enfin apporter une bouffée d’oxygène aux élèves et aux enseignants. Mais cette soudaine « générosité », alors que le département, depuis 10 ans, n’a pas réussi à améliorer d’un iota les conditions d’enseignement aux plus jeunes, est conditionnée au sort des élèves plus âgés.

La loi sur laquelle les citoyens vont voter le 11 mars mélange dans un seul alinéa * deux choses différentes, voire opposées. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas unité de la matière puisque d’une part il y est question de l’horaire sur 4,5 jours au cycle moyen (cycle 2, élèves de 8-11 ans) et, de l’autre, de renforcer la lecture et le soutien au cycle 1. D’un côté l’encadrement serait (un peu) amélioré, sans ajouter des heures, de l’autre, on augmenterait massivement l’horaire sans soulager les effectifs de classe. En liant ces deux objets qui n’ont aucun rapport, on fausse la votation. Il s’agit ni plus ni moins d’une forme de chantage peu glorieuse.

De peur de perdre ces postes, certains se sont hélas ralliés au projet d’augmentation de l’horaire, bien qu’ils le désapprouvent sur le fond. Si le DIP avait vraiment eu l’intention d’accorder des moyens supplémentaires aux élèves de 4-7 ans, rien ne l’empêchait de les trouver avant, et, surtout, rien ne l’obligeait à les soumettre à l’adoption de 16 périodes supplémentaires pour les 8-11 ans. Quand une loi est mal engagée, mal conçue, ce n’est pas un cadeau bonus de dernière minute qui doit tromper les citoyens : il faut la refuser et montrer que la population ne cède à aucune forme de chantage.

* Art. 8, al. 2 (nouvelle teneur)
Pendant la scolarité obligatoire, la semaine scolaire comprend 5 jours, du lundi au vendredi, dont une demi-journée de congé le mercredi après-midi, à l’exception du cycle élémentaire du degré primaire qui comprend une journée de congé le mercredi. Dans ce cycle, le département prend les mesures nécessaires pour renforcer l’apprentissage de la lecture et le soutien scolaire.

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17.02.2012

Manifestation - Non, pas la dernière!

cartel 11 mars 2.PNGLe Cartel intersyndical invite l'ensemble du personnel de l'Etat et du secteur subventionné à participer à la manifestation du jeudi 23 février 2012.

Rendez-vous à 18h00 devant la poste du Mont-Blanc pour dire NON à la loi anti-manifs qui doit être refusée en votation le 11 mars.

Voir le tract du comité unitaire et l'appel à la manifestation du 23 février qui se terminera au bout de la Plaine de Plainpalais, à la Pierre (monument à la mémoire des victimes du 9 novembre 1932).

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13.02.2012

www.nonaumercredimatin.ch

Le comité référendaire contre l'augmentation démesurée de l'horaire à l'école primaire genevoise a son site.

Il répond à de nombreuses questions, bat en brèche bien des idées reçues et rétablit certaines vérités.

A visiter sans délai : www.nonaumercredimatin.ch

nonaumercredimatin.png

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09.02.2012

Une école répond aux propos de Charles Beer

Une équipe enseignante m'a fait parvenir une lettre ce jour, avec demande de la publier sur mon blog. Je la reproduis donc ici :

En réponse au « Mercredi, dimanche des enseignants », nous tenons à préciser certains points. Monsieur Charles Beer affirme que le mercredi est le dimanche des enseignants. Cela est faux. En effet, il s'agit bien d'un jour de travail, comme les autres jours, en l'absence des élèves, où nos tâches sont nombreuses, entre autres:

  • La préparation des cours
  • Les entretiens des parents d'élèves
  • Les corrections
  • Les entretiens avec les intervenants extérieurs (logopédistes, pédopsychiatres et autres thérapeutes)
  • La création de matériel pédagogique
  • La création des devoirs, des évaluations etc.
  • Les visites à l'économat du DIP, à la bibliothèque de l'enseignement primaire, CRDP
  • Les formations continues, séminaires
  • Les échanges et rencontres avec les collègues
  • Les tournois scolaires (football, handball, etc.)
  • Les commissions de travail
  • Les temps de travail en commun
  • Les responsabilités au sein de l'établissement (bibliothèque, infirmerie, organisation des manifestations scolaires, sportives, sur temps et hors temps scolaire, gestion des moyens techniques...)
  • Les rapports et bilans constants des élèves en difficulté
  • La prise en charge de stagiaires de l'Université de Genève
  • Les bilans de toutes les activités communes
  • Etc.

Ajoutons que le dimanche est souvent un jour de travail pour de nombreux enseignants. Bien des écoles ont obtenu après d'âpres discussions avec les communes, l'autorisation de venir en classe le week-end et les jours fériés car le badge (clé électronique) le leur interdisait!
Suite aux nombreuses réformes dévolues à notre profession, nous ne pouvons être soupçonnés de « ronronnement » car celles-ci impliquent à chaque fois une appropriation des nouveaux moyens pédagogiques!
Nous n'avons pas de pointeuse mais nous invitons qui voudra à consulter les compteurs électriques d'une école pour constater l'occupation des locaux. Les classes éteintes n'étant pas synonymes d'arrêt de travail. Bon nombre d'enseignants travaillent chez eux.
On nous propose de nombreux séminaires portant sur la gestion du stress, des conflits, des risques de burn-out. Est-ce une proposition de formation continue de plus ou un outil nécessaire pour nous permettre d'affronter une réalité quotidienne?

Nous nous étonnons que le chef du département puisse à ce point ignorer notre charge de travail et ses nombreuses subtilités en adoptant l'ironie qui veut que l'enseignant soit « un tire-au-flanc ». Nous en sommes même blessés.
Nous exerçons une profession où la confiance est essentielle. Si les personnes avec lesquelles nous travaillons ne nous la témoignent pas, quel crédit avons-nous auprès des parents? De quel partenariat pouvons-nous parler ?

Les enseignants du cycle 2 et de la division spécialisée de l'école de Balexert

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05.02.2012

Libertés d’opinion et d'expression en danger

Cartel non 11 mars.PNGNON le 11 mars 2012

 

Pour toute société libre et démocratique, les libertés d’opinion et d’expression ainsi que le droit de manifester sont essentiels. En Suisse, ces libertés sont des droits fondamentaux garantis par la Constitution fédérale.
Sans la possibilité d’exprimer des idées, des revendications sociales, environnementales, culturelles, liées aux droits humains, pour la paix, sportives, etc., notre société risque à tout moment la fermeture, le repli, l’Etat policier pouvant conduire à la dictature.

Il est essentiel de sauvegarder ces libertés face aux tentations anti-démocratiques et sécuritaires particulièrement fortes dans le contexte social et économique actuel.

La nouvelle loi limite de manière inacceptable les libertés démocratiques fondamentales et contrevient gravement aux principes de base du droit:

  • Elle permet de «refuser toute nouvelle autorisation pendant une période de 1 à 5 ans» au bénéficiaire d’une autorisation «lorsque, même sans sa faute, la manifestation donne lieu à des atteintes graves aux personnes ou aux biens».
  • Elle laisse le département de police totalement libre de «refuser l’autorisation de manifester» en se basant uniquement sur son appréciation unilatérale «de la capacité du requérant à remplir la charge» c’est-à-dire de la capacité des organisateurs de se transformer en milices privées pour faire respecter l’ordre public.
  • Elle prévoit de punir par des amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 francs toute personne qui «ne s’est pas conformée à la teneur de l’autorisation», même si aucun dégât aux personnes ou aux biens n’est constaté.

Au lieu de viser les auteur-e-s de débordements, la nouvelle loi punit les organisateurs/trices des manifestations, même si on ne peut leur reprocher aucune faute!

C’est pourquoi le Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné, avec de très nombreuses organisations de la société civile qui ont à cœur les libertés et les droits démocratiques fondamentaux, vous invitent à voter NON le 11 mars à la loi contre les manifestations.

18:49 Publié dans Cartel intersyndical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook