Tableau noir

  • Clignotant orange : piétons en danger

    Le feu orange clignotant le dimanche est censé fluidifier le trafic. Mais la mesure semble avoir été mal évaluée, surtout pour les piétons. Malgré les déclarations enthousiastes des autorités, l’automobiliste lambda n’a toujours pas compris que l’orange clignotant est une invitation à la prudence. Non, le conducteur du dimanche prend ça comme une indication que la voie est libre, qu’il peut rouler sans retenue, sans crainte de voir le feu devenir rouge. Et tant pis pour les piétons qui s’aventurent à traverser la route sur un passage censé être protégé. En fait, ce serait à eux de faire attention ! Probablement qu’aux carrefours, de peur de froisser leur belle carrosserie, les conducteurs font un peu gaffe. Mais s’il est un endroit où rien de justifie la mise en place du feu clignotant le dimanche, c’est à la route des Franchises. La voie est très large et il n’y a aucun croisement. J’ai été témoin de nombreuses fois (en fait chaque dimanche où je passe là) de la difficulté à pouvoir traverser le passage à piétons sis à la hauteur de l’ECG Henry-Dunant. En effet, les automobilistes ont l’air surpris de découvrir que d’aucuns osent s’aventurer sur les lignes jaunes, et leur réflexe n’est pas de freiner ou de s’arrêter, bien au contraire, mais simplement d’éviter les importuns en donnant un coup de volant.

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    Un dimanche du mois de mars, vers 18h15, un couple de personnes âgées, dont l’une avec un déambulateur, ont ainsi, dans leur tentative de rejoindre le trottoir opposé au parc des Franchises, été frôlées par une première voiture, puis une deuxième et, enfin, ont évité le bus 22 qui a démarré sans attendre qu’il n’y ait plus personne sur le passage. C’est insensé. Et le paradoxe, c’est qu’un passage piéton sans aucun feu n’engendre pas ce genre de comportement coupable et dangereux.

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    Il serait beaucoup plus simple en fait, sur un tronçon tel que celui de la route des Franchises, de laisser le feu au vert en permanence le dimanche, mais de faire en sorte que si un piéton presse le bouton demandant le passage, le feu devienne rouge dans les 7 secondes, pour permettre de traverser en sécurité, sans avoir la désagréable impression d’être un piquet autour duquel slaloment les voitures…

  • Vive les promos !

    1981 supp prix (Large).jpgLa droite a raison. Les « promotions » sont restées dans le langage commun. Valait-il pour autant la peine de se battre pour renoncer à l’appellation officielle de la « fête des écoles » ? Assurément non. Cette dispute au Conseil municipal de la Ville de Genève est puérile, l’opposition de la gauche étant du même tonneau.

    L’essentiel a été obtenu il y a fort longtemps, en 1981, avec la suppression des prix. Ils humiliaient davantage celles et ceux qui s’en voyaient privé.e.s qu’ils ne gratifiaient celles et ceux qui les recevaient.

    La dénomination des manifestations qui se déroulent en fin d’année scolaire n’a que peu d’importance. Objectivement, les élèves sont promus d’une année scolaire à l’autre, sauf ceux qui redoublent. Et c’est bien du redoublement, mesure inefficace et chère, blessante pour les élèves, dont il faudrait parler, afin d’envisager sérieusement sa suppression. Mais ce n’est pas la prérogative du Municipal.

    Alors de quoi pourrait-il délibérer de manière utile ? Eh bien, il serait assez inspiré de commencer par rétablir la distribution du livre que recevaient tous les élèves des écoles primaires ! Cette récompense avait un vrai sens. L’abandonner pour des raisons d’économie est une aberration, tout comme la « cérémonie des 8P » qui sépare les élèves d’une même école le dernier jour, à la veille des vacances, leur laissant un goût amer et aucun souvenir à conserver…

     

  • 7 ex-président·e·s du Cartel appellent à voter la liste no 1

    ensemble.jpgSept ancien·ne·s président·e·s du Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné (Michel Ducommun, Souhail Mouhanna, Jean-Pierre Fioux, Marco Spagnoli, Michel Vincent, Andrée Jelk-Peila et Olivier Baud) ont signé l’APPEL suivant :

    « Nous, syndicalistes, appelons à soutenir la Liste 1 Ensemble à Gauche »

    1.   Parce que les attaques patronales contre les acquis des salarié·e·s ne cessent de se multiplier (dénonciations de CCT, attaques sur les retraites, multiplication des contrats précaires, blocage des salaires, etc.) ;

    2.   Parce que les partis populistes et xénophobes ne cessent de progresser, divisant toujours plus les travailleurs (en faisant de nos collègues frontaliers ou étrangers les boucs émissaires des politiques patronales) ;

    3.   Parce qu’il est dans l’intérêt du mouvement syndical de trouver des relais parlementaires solides et fiables (contre, par exemple, l’élargissement des heures d’ouverture des magasins, l’externalisation dans les EMS, la privatisation de certains services) ;

    4.   Parce qu’Ensemble à Gauche (EàG) a montré sa disponibilité sans faille et que le mouvement syndical genevois a pu compter sur ce groupe politique lors de nombreuses campagnes (des licenciements chez ABB au référendum contre la hausse de l’âge de la retraite, en passant par le soutien au mouvement de la fonction publique, par la défense des bureaux de poste ou encore le combat contre la RIE3 et ces effets néfastes pour le budget d’État et les prestations et services publics) ;

    5.   Parce que la droite a fait de l’éviction d’Ensemble à Gauche un objectif afin d’intensifier ses politiques néolibérales contre les salarié·e·s. Parce qu’un tel échec ne profiterait qu’au patronat et non aux autres forces politiques pouvant défendre nos intérêts ;

    6.   Parce qu’enfin l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis politiques ne saurait justifier que l’on prenne le risque d’affaiblir in fine le mouvement syndical et qu’elle ne signifie en aucun cas une neutralité politique des syndicats,

    Nous, militant·e·s et responsables syndicaux, tout en respectant le principe d’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis politiques et indépendamment de nos sensibilités politiques, appelons les travailleurs·euses ayant le droit de vote à Genève, à soutenir la liste n°1 Ensemble à Gauche lors des élections cantonales du 15 avril prochain. Il est dans l’intérêt de l’ensemble des travailleurs·euses que cette liste, non seulement obtienne le quorum, mais également se renforce.

    Nicole Lavanchy, anc. prés. du SIT • Alessandro Pelizzari, syndicaliste • Audrey Schmid, secr. syndicale UNIA • Joël Mugny, secr. syndical SYNA • Anne Michel, militante SSP • Tony Mainolfi, secr. syndical SEV • Antonio Fisco, militant Syndicom • Daniele Fabioli, SSP, comité de la CPEG • Joël Varone, secr. syndical UNIA · Angélique Jaquier, militante UNIA • Jean-Pierre Fioux, anc. prés. Cartel • Frédéric Hiltbrand, comité Cartel/SPG • Amélia de Melo Marcelino, militante SSP • Michel Schweri, militant Syndicom • Camila Aros, secr. syndicale UNIA • Lucien Martenot, militant SIT • Christian Tirefort, Syndicom • Marisa Pralong, militante UNIA • Florian Martenot, militant SEV • Souhail Mouhanna, anc. prés. Cartel • Manuela Baud, militante SSP • Ariane Bailat, secr. syndicale • Jamal Al-Amine, secr. syndical UNIA • Maria Hoffland, SSP–HUG • Michel Vincent, anc. prés. Cartel • Carmen Religieux, SSP – HUG • Michel Ducommun, anc. prés. Cartel • Giulia Willig, secr. syndicale UNIA • Alejandro Patino, secr. syndical UNIA · David Andenmatten, militant SSP • Andrée Jelk-Peila, anc. prés. Cartel/SPG • José Gonzalez, militant Syndicom • Claire Martenot, militante SSP • Marco Spagnoli, militant SSP, anc. prés. Cartel • Nicole Huguenin, militante SIT • Yves Mugny, secr. syndical UNIA • Marjo Blanchet, militant UNIA • Luis Blanco, militant UNIA • Edwige Charrat, militante UNIA • Blaise Ortega, secr. syndical UNIA • Olivier Baud, comité Cartel, SSP, SPG • Philippe Sauvin, L’autre Syndicat • Guillaume Thion, militant SSP • Thierry Daviaud, infirmier SSP Vessy • Maria Jesus Puras Robles, SSP IMAD • Michel Bondi, SSP–HUG • Joaquim Soares, SSP-HUG • Alexandre Moser, SSP-HUG • Jean-Marc Saredi, SSP-HUG • Rita Vianna, SSP • Filipa Chinarro, secrétaire syndicale • Pablo Guscetti, secr. syndicale UNIA • Cécilia Zaugg, militante SIT • Sabine Furrer, syndicaliste Umberto Bandiera, secr. syndicale UNIA • Christian Zaugg, vice-président groupe aînés UNIA • Margarita Castro, secr. syndicale • Sébastien Bertrand, SSP • Corinne Beguelin, secr. syndicale • Jean-François Casareale, HUG-SSP • Maurice Utz, militant SIT...

  • Des camps scolaires pérennes et gratuits, c’est possible !

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    L’organisation des camps scolaires doit perdurer et être soutenue par le département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP) de manière claire. L’arrêt du tribunal fédéral (TF) donnant raison à des parents qui, dans le canton de Thurgovie, avaient contesté la participation demandée pour une activité scolaire extra muros est peut-être regrettable. Mais il n’y a aucune raison qu’il crée la panique. Au contraire, il constitue une excellente occasion pour le DIP de se positionner et de montrer concrètement s’il encourage les camps ou pas. Pour l’instant, c’est assez mou… On se souvient du précédent conseiller d’Etat, Charles Beer, qui avait voulu, en 2013, privatiser le service de location de matériel de skis (cf. "Vers la mort des camps de ski ?"). Et si un chalet tel que « Les Mélèzes » peut continuer à accueillir des classes à Morgins, c’est grâce à la commune d’Anières. L’Etat, lui, se refuse à investir dans des maisons dont bénéficieraient pourtant les écoliers genevois. Etc.

    Les bienfaits des camps scolaires ne sont plus à démontrer et laisser planer le doute quant à leur avenir n’est pas de bon aloi. Ces activités mises sur pied dans le cadre de l’école sont obligatoires pour les élèves et doivent le rester. Et devenir gratuites (ou presque) s’il le faut.

     

    Envisager la « gratuité » des camps n’a rien d’impossible

    En effet, l’arrêt du TF admet que les parents peuvent contribuer à la hauteur des frais qu’ils économisent durant la semaine de camp, soit essentiellement l’argent consacré aux repas. Alors, qu’en est-il par exemple pour un camp de ski à l’école primaire, celui qui coûte le plus cher ? Actuellement, la somme de 180 francs peut être demandée aux parents. Montant auquel il faut ajouter la location du matériel, soit 26 francs (12 F pour les skis ; 12 F pour les chaussures ; 2 F pour le casque). Ce total de 206 francs couvre, pour un camp de 4,5 jours, du lundi au vendredi, le transport de l’école à la station (aller-retour), le logement (4 nuits), la literie, les repas (5 dîners, 4 soupers, 4 petits déjeuners) et l’abonnement de ski (86 F à Morgins, par exemple). Cette somme paraît bien modeste au regard des prestations fournies. Mais, pour les parents qui auraient quelques difficultés, les communes accordent volontiers une aide financière, par exemple de 75 francs (en Ville de Genève). Le camp revient ainsi à 131 francs. Si l’on estime que les frais alimentaires économisés par les parents se montent à 90 francs durant le camp (18 F par jour), et que seule cette somme pourrait leur être demandée, il ne resterait « que » 41 francs à trouver.

     

    Un soutien affirmé aux camps doit (enfin) être apporté

    Quoi qu’il en soit, il est temps que le DIP sorte de sa torpeur frileuse et s’active pour valoriser ces camps et assurer leur pérennité. Par la même occasion, il reconnaîtra le travail important fourni par le corps enseignant pour permettre aux élèves de vivre un moment enrichissant et formateur, propre à rendre le cursus scolaire plus complet.

  • L’école n’intéresse(rait) pas les Genevois-es…

    école prioritaire.pngLa dispute sur les notes et le mercredi matin ayant été mise de côté (provisoirement peut-être…), n’y aurait-il plus rien à dire sur l’école ? Plus aucun problème dont se soucieraient les Genevois-es ? La Tribune de Genève, en livrant les résultats de son propre sondage à J-38 des élections cantonales, indique que « les questions d’éducation semblent peu préoccuper ».

    Les trois dossiers les plus importants seraient donc le logement, la mobilité et la santé. Soit. Mais quels choix avaient réellement les quelque 350 lectrices et lecteurs du Cercle pour répondre au sondage ? La formation (ou l’éducation) faisait-elle vraiment partie des dossiers proposés pour établir le classement ? Ou fallait-il cocher la case « autres » si l’on voulait mentionner la formation ou le dossier de l’école inclusive, par exemple ?

    A priori, il semble étonnant que le département le plus « gros », le DIP, soit ignoré. Sur les 7 départements (enfin, plutôt 6, parce que le présidentiel, franchement…), seul celui d’Anne Emery-Torracinta semble écarté des préoccupations de la population genevoise… Si tout allait bien à l’école, la TG nous l’aurait dit, non ?!?

  • La droite se moque des jeunes

    Cinécivic pigeon.PNGLe PLR, le MCG et l’UDC se sont acharnés pour saboter la loi sur l’enfance et la jeunesse. Le texte avait pourtant occupé la commission de l’enseignement durant 22 séances, occasionné 18 auditions, et recueilli in fine l’unanimité. Mais, en plénière le 1er mars, la droite, à quatre reprises, a demandé le renvoi du projet de loi en commission. Cette manœuvre dilatoire a raté. Toutefois, par esprit de revanche, le MCG, avec l’appui du PLR et de l’UDC, a réussi à faire supprimer le conseil de la jeunesse.

    La participation des enfants et des jeunes mise à mal

    Le canton avait besoin d’une nouvelle loi sur l’enfance et la jeunesse et il l’a. En effet, l’ancienne loi était obsolète et une refonte totale s’imposait. Une des missions du DIP concerne l’accompagnement et la protection des enfants et des mineurs et il était nécessaire d’ancrer dans une base légale des prestations qui sont délivrées par exemple par l’Office de l’enfance et de la jeunesse (OEJ) et par l’Office médico-pédagogique (OMP). La loi voulait aussi encourager les activités permettant l’apprentissage de l’indépendance, de l’autonomie et de la responsabilité afin que les enfants et le les jeunes puissent s’intégrer socialement, culturellement et civiquement. Une des nouveautés proposées, au chapitre « encouragement », était donc ce conseil de la jeunesse, qui a été rejeté sans vrai motif si ce n’est celui de mettre son empreinte sur une loi en la dégradant.

    Un organe représentatif de la diversité et des besoins des jeunes n’existe pas

    L’UDC avait déjà sévi en ridiculisant la nouvelle LIP avec l’introduction d’un article obligeant les directeurs/trices d’école à enseigner. Aujourd’hui, c’est le MCG qui prend la relève et s’assied sur l’avis des jeunes. En effet, tant le Parlement des jeunes Genevois (PLJ) que le groupe de liaison genevois des associations de jeunesse (GLAJ) soutenaient la création d’un conseil de la jeunesse. Il aurait permis aux jeunes du canton d’être représentés véritablement et de faire entendre leurs voix sur des sujets ou propositions qui leur tiennent à cœur, en interpellant directement le Grand Conseil ou le Conseil d’Etat, ou les exécutifs communaux. En aucune manière cette nouvelle instance participative aurait fait doublon avec celles qui existent. Au contraire, elle venait combler un manque. Biffer le conseil de la jeunesse, que le département de l’instruction publique (DIP) souhaitait mettre en place à l’instar de ce qui existe dans les autres cantons romands, est injustifiable. Mais ce rejet révèle quand même la crainte irrationnelle des partis de droite de voir ces jeunes se faire instrumentaliser par les partis de gauche. La peur d’une politisation d’une partie de la jeunesse relève cependant de fantasmes tels que l’idée que tous les enseignants voteraient à gauche ou que le DIP serait forcément du même bord…

    Il faudra revenir à la charge…

    Au final, la loi a été acceptée par 74 voix contre 2 et 9 abstentions. L’essentiel reste sûrement de pouvoir disposer d’une loi sur l’enfance et la jeunesse réactualisée, et donc d’avoir pu éviter qu’elle soit renvoyée aux calendes grecques. Mais à l’heure où des efforts sont faits pour encourager la participation des jeunes, par exemple en les incitant à utiliser leur droit de vote (CinéCivic), il est lamentable que le coup de force de la droite porte sur celles et ceux qui, justement ne peuvent pas toujours donner leur avis. La nouvelle loi, qui remplace celle de 1958, devra donc être bientôt modifiée… par le prochain parlement.

     

  • Je me méfie du Conseil d’Etat, surtout quand il apporte des « cadeaux »…

    100CHFliasse.jpgFrançois Longchamp, le président du Conseil d’Etat, ironise quand le Cartel intersyndical signifie son rejet du projet SCORE, le nouveau système d’évaluation des fonctions et de la rémunération des fonctionnaires. Il feint de ne pas comprendre le courroux de la faîtière syndicale et affirme qu’il ne voit pas ce qu’il y aurait de belliqueux à « offrir » 60 millions à la fonction publique (Le Courrier du 12 octobre 2017).

    Timeo Danaos et dona ferentes

    Présenter ce coût de la réforme comme un cadeau n’est bien entendu pas conforme à la réalité. Il en va de même pour les 4,8 milliards qui seraient injectés dans la caisse de prévoyance (CPEG)… Mon propos n’est toutefois pas de démonter tous les arguments que le gouvernement aligne pour faire passer à tout prix ses projets. Je me contenterai d’une seule remarque ou question : comment le Conseil d’Etat ose-t-il défendre une réforme des traitements de l’administration cantonale qui impliquerait, selon ses dires, une dépense annuelle supplémentaire de 60 millions, alors qu’il est incapable d’honorer ses engagements salariaux ?

    Mécanismes salariaux malmenés

    Concrètement, pourquoi ne paie-t-il pas les augmentations annuelles (annuités) dues à ses employé-e-s ? Chaque année ou presque, l’employeur propose de les sabrer. Pourtant, l’augmentation annuelle prévue par la loi est inférieure aux 60 millions. L’annuité versée à toute l’administration représente, selon le Conseil d’Etat, une dépense de 49 millions. L’Etat serait donc incapable de trouver 49 millions mais serait prêt à en mettre 60 pour soi-disant améliorer les traitements de la fonction publique ? C’est se moquer du monde.

    Annuité supprimée, décalée de 6 mois, versée à moitié…

    Durant les 25 dernières années, de 1993 à 2017, l’Etat n’a honoré que 11 fois les mécanismes salariaux. 14 fois, il s’est arrangé pour les amputer, en partie ou en totalité. Aujourd’hui, dans le projet de budget 2018, il envisage de n’octroyer qu’une demi-annuité… Les montants perdus – ils s’accumulent année après année et ne sont jamais rattrapés – sont colossaux. En vingt-cinq ans, avec les blocages successifs des mécanismes salariaux, certains fonctionnaires ont quasiment travaillé l’équivalent d’une année sans salaire… Que l’employeur, le Conseil d’Etat, ait d’abord la décence de payer ses employé-e-s comme prévu ! Après, on pourra discuter…

  • Cyclistes bloqués par des containers

    2017-06-11 019.jpgLes chantiers omniprésents à Genève causent beaucoup de tracas aux cyclistes et aux piétons. Bandes cyclables interrompues sans préavis, trottoirs supprimés, déviation de tout ce monde sur la voie réservée aux véhicules motorisés sans aucune précaution, etc.

    La vie pour les adeptes de la mobilité douce est semée de chausse-trappes permanentes.

    Mais il n’y a pas que les chantiers. Le manque d’égards pour les cyclistes se révèle aussi au quotidien, par exemple quand la voirie de la Ville laisse n’importe où les poubelles qu’elle a vidées.

    Ce matin, rien que 6 containers (!) bloquaient complètement la piste cyclable à la rue du Contrat-Social, à la hauteur de l'allée no 14.

    Et après, on s’étonne que les cyclistes roulent sur les trottoirs !

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  • La RIE III rend fou

    PDC.pngLa RIE III fait perdre les pédales au PDC. Supportant mal que son ministre Serge Dal Busco soit attaqué, ce parti s'insurge contre la diffusion de matériel de campagne, provenant du Cartel intersyndical, au sein des établissements scolaires dans le cadre de la campagne contre le RIE III. Une députée PDC a ainsi déposé une question urgente (QUE) et réclame des sanctions ! (...) du matériel de campagne contre la RIE 3, provenant du Cartel Intersyndical, avait été diffusé dans plusieurs établissements scolaires auprès des enseignants.(...)" dit cette QUE. On croit rêver. Comme si les panneaux d'informations syndicales (prévus par le règlement B 5 10.04) dans les écoles (salles des maîtres) étaient là juste pour faire joli. Essayer d'allumer un contre-feu de cette manière est ridicule. Une raison supplémentaire de voter NON à la RIE III !

  • Profs, allez voir « Primaire » ! Et les autres aussi…

    primaire-titre-fr.jpgEnfin un film sur l’école qui excelle à tous points de vue. A priori, à voir les précédentes tentatives, il paraissait difficile de parler d’école sans tomber dans la caricature, le mélo, le pseudo documentaire, etc. « Être et avoir » était somme toute peu supportable et « Entre les murs » guère mieux. Le succès que ces deux films ont rencontré était quelque peu usurpé.

    « Primaire » évite tous les écueils et se révèle une réussite exceptionnelle. Sara Forestier y est éblouissante, magistrale, c’est le cas de le dire. Elle était déjà excellente lorsqu’elle jouait une élève dans « l’Esquive » – un autre film de 2004 sur l’école, en quelque sorte (mais où la prof de français qui montait Marivaux en classe était, il faut le dire, assez mauvaise, désolé pour la comédienne Carole Franck qui est d’habitude meilleure que cela).

    Là, dans « Primaire », Sara Forestier joue une institutrice poignante et on y croit pleinement. Le film arrive à présenter la vie de l’école de manière réaliste, émouvante et juste. Tout ce qui arrive dans le film en 1h49 est en fait le quotidien des enseignant-e-s des 8 premiers degrés de l’école obligatoire. Nonobstant le fait que cette fiction se déroule en France, avec la particularité que les profs habitent dans l’école (mais je connais beaucoup de collègues genevois-es pour qui leur classe est une seconde maison…), chaque instit peut se reconnaître dans l’un-e ou l’autre membre de l’équipe enseignante.

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    Mais pourquoi faudrait-il que les profs aillent voir à l’écran ce qui fait leur quotidien ? Ne serait-ce pas quelque peu masochiste ? Non, assurément, car ce film fait du bien. La performance de Sara Forestier justifierait à elle seule de visionner le film mais je pense aussi que le corps enseignant doit le voir pour mieux mesurer l’effet qu’il peut produire sur le public non-enseignant. Car ce film est, entre autres, un véritable hommage aux enseignant-e-s primaires. Il est souvent paradoxal d’entendre des personnes dénigrer l’école mais avouer qu’elles n’exerceraient cette profession pour rien au monde. « Primaire » ne créera pas de vocations à embrasser « le plus beau métier du monde » mais contribuera à coup sûr à améliorer la compréhension envers l’école, à reconnaître l’engagement exceptionnel des profs pour la réussite de leurs élèves et l’extrême complexité de la mission de formation, primordiale et prioritaire.

    Je ne serais pas objectif si j’omettais de signaler que Vincent Elbaz est lui aussi parfait (comme la plupart du temps) et drôle – à l’instar de tous les acteurs du film, adultes et enfants.

    Enfin, je me dois aussi de préciser que ce n’est pas parce qu’il y a une élève qui souffre de troubles autistiques qu’il faudrait voir dans ce film une promotion de l’école inclusive… Non, évitons la récupération.

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    Alors, n’hésitez pas à aller voir ce film réalisé par Hélène Angel dès sa sortie (prévue le 11 janvier 2017) !

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  • Les vaches à la montagne...

    082.JPGLe maire Rémy Pagani avait eu l’idée quelque peu saugrenue de faire venir, à l’occasion de la fête du 1er août 2012, des vaches d’Hérens sur la Plaine de Plainpalais. Il paraîtrait que ces pauvres bêtes, une douzaine, plutôt dépaysées, n’auraient pas survécu très longtemps à leur retour en Valais... La faute au voyage de 400 kilomètres et aux combats qui s’étaient déroulés en pleine canicule. Il n’y avait pas eu que les spectateurs à souffrir de la chaleur, semblerait-il. Mais ce n’est peut-être qu’une rumeur, une vacherie sans fondement… Quoi qu’il en soit, les combats de reines ont davantage leur place à la montagne, là où les vaches de la race d’Hérens sont dans leur élément. Hier, dimanche 14 août, une arène, tout en bois, était inaugurée aux Haudères. Un combat de reines avec une centaine de vaches qui s’affrontaient dans un décor magnifique. A Genève, je n’avais rien vu. A l’ « Hérens Arena », il y a 2500 places assises et on voit bien de partout…

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  • Les comptes à dormir debout

    contes kubnick.jpgLe Conseil d’Etat n’est-il pas lassé de jouer chaque année le même scénario au sujet des comptes ?

    Depuis une décennie, le plan de communication est quasiment identique : le gouvernement annonce des comptes déficitaires au moment de la présentation du budget, en septembre, et, au fur et à mesure que le temps passe, la catastrophe semble s’éloigner avec, au final, un résultat positif. Le différentiel est parfois stupéfiant. Ainsi, en 2007, le budget prévoyait un déficit de 191 millions et à l’arrivée les comptes présentaient un excédent de revenus de 781 millions ! Et les exercices bénéficiaires se suivent. A chaque fois pourtant, on nous assure qu’il ne faut pas s’y fier, que l’embellie est passagère, que les nuages noirs s’amoncellent, qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, etc. Car l’exécutif ne manque pas de vocabulaire pour masquer son manque de volonté à établir des budgets fiables. « Eléments non récurrents », « one shot », « recettes exceptionnelles », « rentrées inespérées », « résultats en trompe-l’œil », etc. : tout est employé pour persuader la population qu’il n’y a aucun espoir à avoir, que la situation financière de l’Etat est désespérée et qu’il faut faire des efforts (et les efforts, on sait sur qui on les fait porter !) …

    En 2015, rien de nouveau apparemment. La présentation des comptes est prévue le 22 mars 2016. Le Conseil d’Etat va encore justifier le résultat beaucoup moins catastrophique qu’annoncé en mettant en avant des recettes extraordinaires, imprévisibles… et en resservant son discours alarmiste pour la suite. Ce jeu de dupes va-t-il durer jusqu’en 2018, voire au-delà ?

  • L’élève primaire ne vaut pas cher…

    dessin-danger-fermeture.jpgL’élève au primaire ne coûte en moyenne que le 63% d’un élève du cycle d’orientation (CO). Cette différence, calculée sur les douze dernières années, s’explique en partie par le fait que les enseignants du CO sont mieux payés (classe 20) que leurs collègues du primaire et ont un temps d’enseignement inférieur. Un temps plein au CO correspond à 22 périodes d’enseignement de 45 minutes (= 16h30) contre 28,9 périodes au primaire (= 21h40). Les instituteurs étaient en classe salariale 16 jusqu’à la rentrée scolaire 2007. A partir de cette date, ils ont été réévalués et sont passés en classe 18.

    C’est là qu’il y a quelque chose d’étrange. Car si la différence de coût entre l’élève du primaire et du CO se réduit naturellement en 2007 et 2008 (coût à 70% et 68%), grâce à la revalorisation salariale dont bénéficient les maîtres, on s’aperçoit que tout revient « à la normale » dès 2009 (l’élève primaire ne vaut à nouveau plus que 60% de l’élève du CO). Comme si un phénomène inexplicable veillait à maintenir cette différence, même si un paramètre d’importance tel que celui des salaires est modifié. Les élèves auraient-ils finalement payé la revalorisation de leurs profs ?

    Autre constat étonnant : à la rentrée 2014, le mercredi matin d’école a été ajouté au primaire, impliquant l’engagement de quelque 120 postes supplémentaires (et donc un coût nouveau conséquent). Or, la différence du coût de l’élève entre 2013 et 2014 se monte à… 1 franc ! Même si ces postes nouveaux ne sont comptabilisés que de septembre à décembre 2014 (4 mois, soit un tiers de l’année quand même), il est plutôt bizarre que cela n’apparaisse pas du tout dans le résultat. C’est un peu comme si cette introduction du mercredi matin s’était faite à coût constant, occasionnant donc de sérieuses économies ailleurs, sans que l’on sache vraiment où les coupes ont été réalisées. Sûrement pas que sur les gommes et les crayons…

    Dernier constat : entre 2003 et 2014, le coût de l’élève primaire a augmenté de 1835 francs ; celui du CO de près du double. Les écarts auraient-ils tendance à se creuser, contre toute logique ?

    Coût de l’élève au primaire (EP) et au CO, en francs

    Année

    EP

    CO

    EP/CO en %

    2003

    13941

    22174

    63 %

    2004

    13739

    21708

    63 %

    2005

    13389

    21540

    62 %

    2006

    13708

    21118

    65 %

    2007

    14806

    21104

    70 %

    2008

    15064

    22224

    68 %

    2009

    15432

    25594

    60 %

    2010

    15404

    25266

    61 %

    2011

    15718

    25783

    61 %

    2012

    15928

    25834

    62 %

    2013

    15775

    26369

    60 %

    2014

    15776

    25687

    61 %

    Dif. 12 ans

    + 1835

    + 3513

    52 %

    Moyenne

    14890

    23700

    63 %

     (source : dossiers de presse rentrées scolaires 2004-2015 – DIP)

     

  • Obliger les directeurs à enseigner est absurde

    direction1.jpgLes directeurs d’établissement (Dir-E) de l’enseignement primaire devront-ils consacrer une partie de leur temps à enseigner dès janvier 2016 ? Si la nouvelle loi sur l’instruction publique (LIP) est censée entrer en vigueur au début de cette nouvelle année, nous verrons bien si la seule modification obtenue par la majorité du Grand Conseil – après des mois de travaux en commission – se traduira de manière concrète. Sur la forme, les directeurs ont raison de faire recours, car cet ajout d’un nouvel article dans la loi modifie leur cahier des charges sans qu’il y ait eu de vraie consultation, sans avoir suivi la voie habituelle, et contre l’avis de l’employeur (le Conseil d’Etat). Sur le fond, la modification est plutôt floue : « Les directeurs d’établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l’enseignement. » (art. 59). Combien de temps ? À enseigner qui ? Etc. On le voit, cette injonction peut être interprétée très diversement et sera difficile à réglementer. Elle apparaît ainsi comme un prétexte pour les pourfendeurs de l’école publique qui, jamais satisfaits, pourront poursuivre demain leur combat en dénonçant l’inaction du DIP qui n’appliquerait pas les décisions.

    Mais, ce qui est étrange, c’est de découvrir le plaidoyer de Marco Polli (journal Le Courrier du 30 décembre 2015) en faveur des « tâches d’assistance pédagogique » que devraient dispenser les Dir-E. Ce retraité de l’enseignement post-obligatoire (PO) soutient que « l’obligation d’assurer un peu d’enseignement (…) n’est pas du tout absurde en soi ». Il donne ensuite l’exemple de directeurs du secondaire qui « assurent de leur propre initiative » quelques heures d’enseignement. Je ne sais pas si cette réalité du siècle passé, du temps où M. Polli était actif, se vérifie toujours. Mais cela démontre surtout que s’il y a quelque chose d’absurde, c’est de rendre cette tâche obligatoire. Probablement que si les directeurs du secondaire se voyaient imposer des tâches d’enseignement, ils réagiraient comme leurs collègues du primaire.

    Pour ma part, je n’ai jamais constaté d’opposition à ce qu’un directeur, qu’il soit du primaire ou du secondaire, assume des activités d’enseignement. Mais cela ne peut être imposé. Et il faut que les conditions le permettent. Personnellement, lorsque j’ai repris l’enseignement en 2010, le Dir-E de mon école prenait en charge un atelier de sciences, apportant bien sûr son expérience, mais autorisant aussi, en tant que force supplémentaire, une meilleure répartition des élèves, davantage de groupes, et donc un travail plus efficace avec des effectifs moindres. Et tout le monde en tirait bénéfice. Aujourd’hui cela n’est plus possible. L’établissement, à l’instar de beaucoup d’autres, compte désormais près de 700 élèves (il a plus que doublé), a atteint la taille d’un cycle d’orientation (CO), mais les postes administratifs restent portion congrue – rien de comparable avec un CO. De cela, bien sûr, M. Polli ne touche mot. Que les directions d’établissements primaires aient été drastiquement réduites, qu’elles soient passées, en huit ans, de 94 à 58, n’entre pas en ligne de compte. A sa décharge, depuis le temps qu’il est éloigné de l’école, il est tout à fait possible qu’il l’ignore. Il confond par ailleurs allégrement les « entretiens de service » et ceux « d’évaluation et de développement du personnel », deux types d’entretiens opposés par essence et qui, contrairement à ce qu’il allègue, sont parfaitement définis. Bref, si l’ancien président du syndicat du PO n’aligne pas que des âneries dans son billet, force est de constater que son propos, celui d’un enseignant retraité du secondaire II qui, selon toute vraisemblance, méconnaît l’école genevoise actuelle, se révèle très approximatif. Et ne peut que fausser le débat que M. Polli appelle pourtant de ses vœux.

  • Votez compact le 10 mai - liste no 3

    2015-05-10-2e-tour-unitaire-affiche1.jpgLes réductions drastiques programmées ces prochaines années par la droite genevoise pour les budgets de la Ville de Genève sont une menace sans précédent pour les prestations sociales, les droits des locataires, les subventions à la culture, et en général pour tous les domaines où la Ville exerce un rôle de contrepoids aux politiques néolibérales dominantes dans le canton. La reconduction des 4 représentant-e-s de l'alternative au Conseil administratif paraît d'autant plus nécessaire. Au deuxième tour de ces élections, il est notamment impératif d’apporter son soutien au conseiller administratif et deux fois maire de la Ville de Genève, Rémy Pagani. Ce magistrat intègre et pugnace mène depuis 8 ans une action exemplaire pour défendre les intérêts de la population de la Ville. Que ce soit dans la rénovation et l'entretien des infrastructures publiques, la défense des espaces et des services publics, l’amélioration de la qualité de vie dans les quartiers, sa disponibilité et son écoute des citoyennes et citoyens, la réélection de Rémy Pagani est essentielle pour résister de manière efficace aux visées de démantèlement social de la droite et de l'extrême droite. Il faut donc voter compact à l’élection du 10 mai 2015, voter et faire voter la liste no 3, avec Rémy Pagani aux côtés d'Esther Alder, Sandrine Salerno et Sami Kanaan.