27/03/2007

Statut des fonctionnaires : la fin des fantasmes ?

La nouvelle loi sur le personnel de l'administration cantonale (LPAC) a été votée par le parlement genevois le 23 mars 2007. Au-delà du fait qu'elle conserve un statut de fonctionnaire – ce que réclamaient les 15'000 employés signataires de la pétition du Cartel en 2005 –, il est sain de constater qu'un dialogue social existe. Cette nouvelle mouture de la loi, fruit d’une concertation, montre que les conditions de travail se négocient d’abord entre l'employeur (le Conseil d'Etat) et les employés (représentés par le Cartel intersyndical). Les modifications apportées à la LPAC permettent aussi de réaffirmer que la vision du fonctionnaire "engagé à vie" est, et a toujours été, erronée. Et il ne faut pas s’imaginer que demain il pourra être licencié arbitrairement. Autant il est souhaitable que le fantasme du fonctionnaire indéboulonnable soit oublié, autant il ne s'agit pas de le remplacer par son opposé ! Les syndicats ne manquaient pas de travail hier, ils ne chôment pas aujourd'hui et ils continueront demain à assurer une défense d'une fonction publique digne de ce nom. Le contexte est certes difficile. La diminution de 5% des postes mise en oeuvre par le Conseil d'Etat, qui dégrade les prestations à la population, brouille le débat. Les syndicats – c'est important de le redire, pour le secteur enseignement en particulier – n'ont jamais défendu l'indéfendable. Il serait absurde de prétendre que chaque fonctionnaire, du haut en bas de l'échelle, est parfaitement adéquat. En revanche, il faut combattre toute velléité de suppression de postes décidée à l'aveugle, car cela met en danger les emplois, les conditions de travail et les prestations.

M. David Hiler, lors du vote de la LPAC, a relevé l’attitude loyale des syndicats. Comme si nous avions failli une fois et n'avions pas respecté un accord, nous… Mais si, en matière de loyauté, le Conseil d'Etat est plutôt mal placé pour oser ce genre de commentaires (il n'y a qu'à penser au vote récent au sujet des EMS), la droite n'est pas en reste. En effet, maintenant que la LPAC est votée, qu'attend l'Entente pour retirer définitivement son projet de loi, rejeté par le personnel de l’Etat ? Le chantage que représente le maintien de ce texte anti-fonctionnaire, au prétexte d'un éventuel référendum, n'est pas acceptable. Il est toutefois emblématique des attaques permanentes dirigées contre les services publics. Oui, les combats à mener par les syndicats ne sont pas près de diminuer…

10:50 Publié dans Fonction publique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Au-delà de l'attrait et du fantasme populiste de pouvoir mettre un fonctionnaire à la porte du jour au lendemain, il faut voir la chose en profondeur. Ce n'est un secret pour aucun observateur politique digne de ce nom, que le Conseil d'Etat actuel cherche subtilement à implenter des méthodes proches des pratiques néo libérales de l'emploi. On cherche a diminuer le pesonnel tout en exigeant d'avantage de prestations et surcharger la masse salariale de l'Etat. Cette dégradation des conditions de travail du fonctionnaire peut laisser certains indifférents mais sans qu ils réalisent que ce sera demain le service au public qui va en pâtir le premier. La queue à un guichet quelconque de l administration, le traitement de vos recours, procédures, la justice, bref le temps de reponse de tout service de l'Etat, votre attente en somme sera d'autant plus longue. Ne venez surtout pas vous plaindre après..!! On réclame plus de l'Etat, en voulant lui donner les moyens en moins. ..Certains se marrent de voir les fonctionnaires perdre de leur acquis....toutefois ces victorieux d'un jour seront les prermiers à pleurer et à se plaindre demain quand il devront attendre des heures ou des mois, voir des années pour obtenir une prestation, un service ou tout simplement justice, qui on vous le rappelle, sont encore en mains de l'Etat.

Écrit par : Mike | 28/03/2007

Mais quand viendra le jour ou vos enfants devront attendre 1 an avant de se trouver une place dans une école ou une crèche,

quand vous devriez attendre 10h avant qu un urgentiste ou un docteur de l hopital puisse vous osculter ou soigner...

quand vous aurez à attendre 45 minutes pour qu une patrouille de police puisse venir vous aider lors d une agression

quand vous aurez a attendre 4 ans pour qu'une contestation ou une autre affaire juridique passe devant un tribunal pour rendre justice...

et j'en passe...


vous allez vous maudire d'avoir critiqué et réduit le financement de la fonction publique.

mais c'est cela dont veulent les libéraux et toute la droite. ceux qui ont les moyens et l'argent pourront s offrir tout. les autres, faites la queue et attendez votre tour...un jour!

merci de ne pas effacer à nouveau nos messages.

Écrit par : Marina | 29/03/2007

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