18/04/2007

Ecole ou centre pénitentiaire ?

La fermeture du préau de l’école des Vollandes, depuis le 5 février 2007, apporte de l’eau au moulin des milieux qui se complaisent dans le discours sécuritaire. Et donne, ci et là, des idées à des groupes qui réclament à leur tour un périmètre sécurisé autour des établissements scolaires. La faiblesse du magistrat, Manuel Tornare, qui avait cédé à des arguments populistes avait été dénoncée. Mais le précédent craint existe bien maintenant.

école ou prison ? Parents en colère dans une commune suburbaine, courriers de lecteurs, motion du parti radical en Ville de Genève[1], etc. : chacun se croit autorisé à réclamer sa solution pour assurer la sécurité des élèves et des citoyens. Ce qui est préconisé est illusoire bien sûr. Non seulement le risque zéro n’existe pas mais il est dangereux de vivre dans le fantasme que l’on peut y parvenir. Repousser les toxicomanes, envoyer des patrouilles de police, quintupler les surveillants à la récréation, ériger des barrières hérissées de piques autour des écoles, prôner l’exclusion et la répression : autant de propositions inadéquates qui en disent long sur le désarroi des citoyens et l’intérêt de ceux, pour qui cela représente le fond de commerce, de les y maintenir. Si certains préaux peuvent être fermés le week-end, comme celui de Ferdinand-Hodler ou des Eaux-Vives, pour des raisons de tranquillité et parce que leur configuration s’y prête, il n’y aucune raison d’étendre ces dispositions particulières à tous les établissements. La prévention, l’action sociale, la compréhension et la tolérance restent bien plus efficaces pour apprendre à vivre ensemble. L’école des Grottes a réussi ce pari, dans un contexte difficile. Voilà ce qui devrait inspirer les citoyens !  

[1] M-649 : voir la position SPG sur le site http://spg.geneva-link.ch

 

 

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