11/06/2007

C'est pas moi qui l'ai dit...

Mme Muriel Joyeux, retraitée de l’enseignement primaire depuis quelques années et membre du comité de l’Arle, a assisté au 3ème rendez-vous de l’instruction publique, le 22 mai dernier. Elle y a peu goûté. Moi également, mais pas exactement pour les mêmes raisons. Dans un courrier des lecteurs paru dans la Tribune de Genève le 2 juin, elle reproche le sectarisme de l’assemblée et elle nomme aussitôt « gourou » l’invité, M. Jacques Cornet en l’occurrence, car il est difficilement supportable de voir les piteuses idées de l’Arle battues en brèche. Bien sûr, elle suggère que le public a été « discrètement rameuté par des cellules militantes ». Et parle ensuite d’« une poignée d’endoctrinés » car elle n’en est pas à une contradiction près. Pitoyable défense qui montre en fait à quel point cette association qui prétend vouloir refaire l’école s’applique à ignorer les avis éclairés. Il est tellement plus facile de se réfugier derrière le verdict populaire ! Mais très dur aussi d’entendre, par la voix de sommités du monde de l’éducation, venus exprès dans notre pays, affirmer, comme M. Nico Hirtt le 27 avril, que « le peuple s’est trompé ou a été trompé le 24 septembre 2006 ». Ce n’est donc pas moi qui l’ai dit ! Mais Mme Joyeux n’en a cure ; ça lui aurait fait tellement plaisir si c’était moi qui avais prononcé ces mots. Alors elle m’accuse dans la foulée d’avoir incité mes collègues enseignants (par ailleurs peu présents ce soir-là dans la salle, ne lui en déplaise) à « contourner la votation populaire ». Attaque gratuite, emblématique à nouveau de l’épuisement du discours de ceux qui, au lendemain d’une victoire acquise d’avance, ne savent plus quoi dire.

 

Les citoyens qui voudront se rendre compte par eux-mêmes de la fausseté de cette dernière assertion et de la vacuité des propos de l’Arle, invitée aux deux premiers rendez-vous, n’ont qu’à visionner et écouter ces débats sur le site du DIP. www.geneve.ch/dip/rendezvous/default.asp

 

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Commentaires

Cher Olivier,

La teneur même de ton texte, ton aveuglement, prouve à quel point tu es « endoctriné ». "Les avis éclairés..." "La voix de sommités du monde de l'éducation"...Le propre de l’endoctrinement c’est de ne pas s’en apercevoir….

Demande donc au journaliste qui était présent ainsi qu’à Mme la députée (elle qui t’avait tant soutenu lors de la campagne de votation) ce qu’ils ont pensé de cette soirée et s’ils ne se sont pas effectivement sentis dans « une secte » ?
Quant à tes affirmations, elles sont bien réelles ! Je n’ai pas rêvé ? Ce fameux 24 septembre que tu as tant de peine à digérer, c’est bien toi qui as prétendu, bien avant M.Hirt, que le peuple se trompait….à 76% ? C’est bien toi, assez malin pour le faire prudemment, à peine voilé il est vrai, qui as prôné la résistance à plusieurs reprises ?
Bref, continue à t’enfoncer, toi et tes quelques adeptes, tu ne fais que confirmer piteusement ce que pense de toi et de ton comité, l’immense majorité des citoyens.
Mais je ne t’en veux pas Oliver, j’espère simplement que tu parviendras une fois à surmonter ta déception face à la défaite et que nous pourrons alors enfin repartir sur des bases nouvelles pour le bien de notre école.
André Duval

Écrit par : Duval | 13/06/2007

Comme le recommande M. Baud, j'invite aussi ceux que cela intéresserait à aller visionner les débats sur le site du DIP... pour mesurer en effet à quel degré d'aveuglement et de sectarisme en sont réduits les défenseurs des réformes pédagogiques.

Ils y verront que ces rencontres du DIP, que le journal "L'Ecole n'hésite pas à présenter comme "démocratiques et constructives", étaient dès le départ conçues comme des opérations de propagande et des championnats de pensée unique. On en a du reste connu de semblables du temps de Mme Brunschwig Graf... Je ne crois pas trop m'avancer en disant que mes amis du Réseau école et laïcité, promoteurs de l'initiative "Pour un cycle qui oriente", ne participeront plus à ces sortes de festivités.

Par ailleurs, que peut-on penser des propos de M. Baud lorsqu'il défend les "avis éclairés" des spécialistes - dont on voit aujourd'hui l'influence délétère que leurs théories ont eue sur l'école genevoise -.

Mieux encore : "Il est tellement plus facile de se réfugier derrière le verdict populaire", dit-il... M. Baud se rend-il compte du mépris qu'il affiche pour les citoyens, qui ont eu l'audace insigne de donner leur avis et de faire confiance massivement aux "piteuses idées de l'ARLE" et de "battre en brèche", pour le coup, celles qu'il défend lui-même avec un si remarquable sens démocratique ?

Quelles que soient ses déceptions, ses démangeaisons, ses congestions, M. Baud aurait avantage à méditer ce que disait notre très regretté ami François Truan : "En démocratie, faut-il le rappeler, c’est n’est pas la certitude d’avoir raison qui prime, mais l’avis de la majorité qui l’emporte."

Ce que prouve ainsi M. Baud, c'est que les pédagogistes, loin de défendre l'égalité, ne forment rien d'autre qu'une frange extrêmement sectaire d'idéologues élitistes, incapables de regarder la réalité en face dès lors qu'elle contredit leur catéchisme soixante-huitard autiste. On ne s'étonnera donc pas du fait que ces idéaux aboutissent actuellement à une sélection scolaire encore pire que celle qui pouvait exister par le passé.

Une chose encore me dérange : quelle est l'utilité de préciser que Mme Joyeux est "retraitée de l'enseignement primaire depuis quelques années" ?

Le fait d'être retraité de l'enseignement serait-il une tare qui empêcherait durablement d'exercer son esprit critique, comme Mme Joyeux l'a fait très pertinemment dans sa lettre aux lecteurs de la Tribune ?

Le mépris, toujours. Pire, la muflerie.

Décidément, M. Baud n'en est plus à une inélégance près.

Écrit par : Yves Scheller | 24/06/2007

Je suis de ceux qu'on traite de "pédagogistes, loin de défendre l'égalité, ne forment rien d'autre qu'une frange extrêmement sectaire d'idéologues élitistes, incapables de regarder la réalité en face dès lors qu'elle contredit leur catéchisme soixante-huitard autiste. On ne s'étonnera donc pas du fait que ces idéaux aboutissent actuellement à une sélection scolaire encore pire que celle qui pouvait exister par le passé."

Mais cela ne m'empêche pas de comprendre les revendications des défenseurs d'arle. Je pense même qu'ils ont raison: les idées de la pédagogie nouvelle ne peuvent pas rentrer dans le système social actuel, voué à la sélection, à la compétition, au profit et l'individualisation.

Les meilleurs, les plus formatés à l'efforts, au dépassement de soi, à la lutte de la compétition seront les riches de demains, les nantis qui rouspéteront sur ceux qui profitent du système.

L'école d'aujourd'hui doit formater des gens en phase avec les règles sociales qui promeuvent un esprit matérialiste et capitaliste. Ainsi arle est tout à fait en phase avec ce système sociétal, c'est même une simple logique: pour former des individus orientés comme il faut, fourbis au règles de la sélection, du plus fort et du plus riche qui gagne, à la course au profit: il faut dès le berceau leur faire goûter à une telle société !

Le reste, les 24% de genevois qui se sont rebiffés à cette capitalisation de leurs enfants, ce sont le reste des doux rêveurs d'une société différente. Mais alors ce chiffre prend un autre sens... 24% c'est immense et suffisant pour commencer à vivre autrement, selon les présupposés non plus de la société élitiste d'aujourd'hui, mais selon les perspectives offertes par les pédagogies nouvelles, parfaitement en phase avec une vie plus respectueuse de soi et de la planète.

Citoyens qui voulez une autre école ET une autre vie pour vos enfants, non formatée par le système in-humain qui existe aujourd'hui, UNISSONS-NOUS pour créer un vie alternative basée sur l'entre-aide et l'auto-gestion, à des années lumière des idéaux réactionnaires et conformistes d'arle.

Écrit par : Le pti prince | 01/07/2007

Mais qu'est-ce que je me marre !!!
C'est vous, M. Baud, qui vous sentez concerné par cette fin de phrase "...s’applique à ignorer les avis éclairés." ??

Votre pseudo pédagogie à 2 balles a fait ses preuves !

Un fiasco monumental !!

Cette pédagogie d'évaluation n'a fait que de créer un gouffre entre la scolarité et le monde du travail !!

Les apprentis arrivent dans ce monde avec d'énorme lacunes !

En plus d'être un mauvais perdant, vous voulez vraiment construire une société d'assisté. Désolé M. Baud, entre votre cabinet de pédagogue et le monde réel il y a un gouffre que vous voulez purement et simplement ignorer!

Restez dans votre monde, mais ne l'imposez pas à nos têtes blondes !!

Écrit par : Dark | 06/07/2007

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