22/06/2007

CO : le parlement fait son mea maxima culpa… qui y croit ?

Le parlement a rejeté, le 15 juin 2007, les deux initiatives (IN 134 et 138) dites sur le cycle d’orientation (CO) à la quasi unanimité. En fait, l’exercice ne consistait pas à dénoncer ou vanter, selon où l’on se situe, les incohérences d’un projet hyper sélectif d’une part et les avantages de propositions concrètes pour réduire l’échec scolaire d’autre part mais plutôt à assurer, la main sur le cœur, que, promis, juré, les deux contre-projets allaient être concoctés dans l’harmonie la plus absolue.

 

Moment touchant s’il en est lors de cette séance du Grand Conseil, et qui aurait pu émouvoir quelque touriste naïf égaré dans la tribune. Certes, les déclarations d’intentions des députés sur leur bonne volonté à travailler ensemble pourraient être rassurantes. Mais c’est un peu vite oublier que ce devrait être la règle dans toute commission parlementaire. Lors de la précédente initiative sur les notes à l’école, il faut s’en souvenir, ce principe a été foulé aux pieds. Des commissaires se sont présentés poings liés aux séances, empêchés de débattre car leurs partis avaient signé un accord qui leur interdisait toute marge de manœuvre. Ainsi, le compromis du Conseil d’Etat auquel adhéraient les parents et les enseignants a été jeté à la poubelle sans même être lu.

 

Aujourd’hui le parlement semble mesurer l’image catastrophique qu’il a donnée, il y a un peu plus d’un an, en méprisant de la sorte l’esprit des institutions. Les députés jurent mais peut-être un peu tard, qu’on ne les y prendra plus. Alors qu’il eût été relativement facile de se mettre d’accord hier sur un simple et unique objet, voilà qu’on imagine maintenant qu’un consensus est possible sur deux projets diamétralement opposés, chacun d’une certaine complexité pour ne pas dire d’une complication extrême en ce qui concerne l’IN 134. L’avenir du CO est dans la tourmente et il est difficile de croire qu’il pourra en sortir sans dommage. Mais la question serait plutôt de savoir si le cycle a un avenir tout court. Car s’il s’agit de revenir aux trois sections qui existaient il y a quarante ans, autant l’enterrer tout de suite.

 

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Commentaires

je constate que M. Baud n'admet toujours pas que la voix du peuple s'était exprimée de manière démocratique lors de votations sur les notes à l'école. Si le peuple, informé, devait à nouveau s'exprimer par le vote et choisir les sections (qui, je me permets de le préciser, existaient encore il y a 6 ans avec des résultats plus satisfaisants que les A et B actuels), il faudra que M. Baud admette qu'une autre conception que la sienne peut exister!

Écrit par : I. Stroun | 25/06/2007

Bonjour,

Je souhaite poser quelques questions, à M. Baud et aussi apporter mes constatations en tant que parent.

Ayant effectué ma scolarité à Genève ainsi que le cycle il y a 20 ans, où les sections semblaient, ma foi, être un système efficace pour la plupart de mes camarades et moi-même, je ne comprends pas, aujourd'hui, pourquoi les filières ( ou sections ) provoquent tant de mésentente et sont diabolisées ainsi ?

Pour ma part, il me semble évident que l'école doit effectivement orienter, et par la force des choses, ensuite sélectionner les élèves en fonction de leurs capacités propres, leurs volontés, leurs possibilités et ainsi regrouper les élèves au sein de filières spécifiques pour chacun.

Tout le monde y trouverait son compte, tant l'enseignant qui aurait moins besoin de s'ajuster en permanence face à une classe où les élèves ont des niveaux très différents, car tous mélangés.
Les élèves de "force" équivalente pourraient travailler à un même rythme sans devoir attendre sur les plus faibles et ces derniers, ramer tant et plus pour tenter de suivre les autres.
Cela a été le cas pour ma fille qui, à force d'être toujours à la traine, a fini par se décourager et se trouver la plus nulle de la classe...Quant à l'entreaide supposé venir de ses camarades plus forts qu'elle, cela s'est le plus souvent soldé par des moqueries humiliantes du genre : " toi, t'es vraiment trop nulle, tu ne comprends jamais rien..."

Ainsi, et j'aurai bien d'autres exemples qu'il serait trop long d'écrire ici, le système A et B qui tend vers l'hétérogénéité, sous de belles intentions d'égalité des chances en théorie, ne remporte pas le succès escompté sur le terrain et me laisse vraiment perplexe !!

Dès lors, pourquoi l'initiative 134, qui apporte un vaste choix d'orientation menant à diverses professions ( 6 filières en 8e et 9e ) se retrouve tant crtitiquée, car, dit-on, elle est "dramatiquement" sélective ?

Partout dans notre société comme partout, les gens sont sélectionnés et seuls les meilleurs sont admis. Dans le sport, lors d'un entretien d'embauche et même à la "Nouvelle Star" etc... alors pourquoi pas à l'école ?

Il est utopique et même fourbe de laisser croire aux jeunes que tous ont les même chances, car il existe une sélection bien plus cachée et dont personne ne parle ouvertement qui est en fonction de la taille du porte-monnaies des parents !!

En effet, lorsque ces derniers peuvent payer des cours de répétiteur ou même une école privée, à ce moment là, leurs enfants ont vraiment des possibilités que bien d'autres ne bénéficient pas.

Le peuple est très inquiet face à l'école genevoise et ne lui accorde plus la même confiance qu'il y a quelques années.
Sur cette lancée, on risque d'aboutir à un enseignement à 2 vitesses, un privé pour ceux qui ont les moyens financiers et un autre public pour les autres....


Écrit par : Karine Liardet | 26/06/2007

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