04/08/2007

Parents désorientés, direction timorée, enseignants dénigrés

Des parents qui lancent une pétition pour s’opposer aux doubles degrés de leur école (une classe composée d’élèves de 5ème et de 6ème primaire par exemple) et d’autres qui s’offusquent que le maître principal, occupé à des tâches administratives le jour de la rentrée, ne puisse accueillir ses élèves ce jour-là. L’inadéquation de ces deux démarches entreprises par les parents est flagrante. Si elles ne sont pas uniques, pas nombreuses non plus en fait, elles causent un tort considérable. Mais ce sont ces deux événements qui ont été médiatisés en juillet. Certes, la période estivale est peu favorable pour relater un sujet intéressant sur l’école… Il serait toutefois assez aisé et tentant d’analyser le désarroi grandissant de certains parents. De saisir l’occasion de le mettre en parallèle avec les incertitudes liées à une société de plus en plus individualiste et compétitive, de relever le paradoxe que cela représente lorsque l’on sait les projets directement liés aux relations famille-école qui sont en cours (la mise en place de conseils d’établissement notamment) et le fait que jamais l’information à destination des parents n’a été si abondante et de qualité qu’aujourd’hui. Je pense cependant que le plus important est de ne pas se laisser décourager par des dérapages isolés qui occultent l’excellent travail que l’école primaire genevoise entretient au quotidien avec les familles. Il ne s’agit pas de minimiser les peurs légitimes de parents qui ne s’expriment pas toujours de manière heureuse mais, tout en les prenant en compte, il faut résister à toute velléité de repli. Je suis persuadé que l’école de demain ne pourra se construire qu’avec les parents et que ce travail de relation, inhérent à la fonction enseignante, doit prendre de l’ampleur et une certaine hauteur. Mais en attendant, le plus désorientant justement, pour les enseignants, est de constater que la direction se répand en justifications mais s’abstient de dénoncer l’aberration de certaines revendications émises par les parents. Lorsque ces derniers se fourvoient ou font preuve d’ingérence, il faut le signifier clairement. C’est le meilleur service qu’on peut leur rendre, ainsi qu’à leurs enfants. Justifier avec complaisance les pratiques des professionnels de l’éducation dénigre considérablement le corps enseignant et n’améliorera en rien l’école, bien au contraire.

 

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