30/08/2007

Clause PERil ?

A chaque rentrée ses nouveautés, effets d’annonce obligent. Ainsi, ironie du sort, grâce aux pourfendeurs des innovations, l’école primaire genevoise découvre un nouveau livret scolaire, une quatrième, voire une cinquième version pour certains élèves. Mais, pour faire bon poids et céder aux exigences des détracteurs de l’école genevoise, un plan d’études annuel est balancé au corps enseignant. Le classeur des objectifs d’apprentissage en vigueur de puis l’an 2000 serait-il bon à jeter aux orties ? Bien sûr que non. Mais le département préfère s’aplatir et pense contenter tout le monde en faisant procéder à un tiré à part du plan d’études (issu lui-même du GRAP*) contenu dans le classeur. Il berne ainsi ceux qui s’obstinent à voir dans les objectifs d’apprentissage un dangereux support de la rénovation et méprise les professionnels qui planifient leurs tâches depuis longtemps, sans avoir besoin d’un énième document pour leur dire comment procéder. Oh, bien sûr, tout le monde sait que dans ce bas monde tout est perfectible et d’aucuns trouveront des améliorations sensibles dans ce « tiré à part ». Mais le problème n’est pas entièrement là.

En effet, si l’association professionnelle, la SPG, a contesté la parution de ce plan d’études, c’est non seulement à cause de la tromperie qui caractérise cette démarche mais surtout parce que la perspective de la mise en place du plan d’études romand (PER) était toute proche. Le PER constitue une réelle avancée et répond à la revendication du syndicat des enseignants romands (SER) de ne pas s’arrêter à un plan cadre destiné aux seuls concepteurs de programmes. En effet, si cette dernière option avait été retenue, elle aurait conduit à une déclinaison des objectifs différente dans chaque canton, avec pour conséquence un changement quasi nul de la situation actuelle. Cet écueil semble donc évité. L’inquiétude provient maintenant du fait que le PER était annoncé pour la rentrée 2008 (même si en fait il était prévu dans un premier temps pour 2007…) mais qu’aux dernières nouvelles son introduction ne serait pas possible avant 2009. Tous les prétextes sont bons pour justifier ce report. En gros, c’est la faute à pas de chance et aux Vaudois qui ont tardé à rejoindre dans leurs travaux les six autres cantons romands… Quelle clause d’urgence faudrait-il invoquer pour éviter que cette pirouette supplémentaire ne vienne compromettre – laisser en plan ! – un projet garant d’un début de cohérence de l’école romande ?

De régressions en reculades, l’école, romande ou genevoise tout court, piétine et s’embourbe. Au lieu d’écouter les professionnels, les décideurs préfèrent déverser des discours lénifiants, assurant que tout est certes bien compliqué mais que l’évolution promise va se mettre en place tout doucement, comme par magie, demain ou après-demain, si ce n’est plus tard…

* Groupe romand pour l’aménagement des programmes, version genevoise de 1989  

08:43 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Voilà que Monsieur Baud remet ça. Décidément il a des problèmes de digestion. Le résultat (76%) du vote du 24 septembre dernier a toujours de la peine à passer !
Alors, comme ça, le fait qu’enfin les élèves genevois aient tous le même carnet, correspondant en plus à la volonté populaire (retour des vraies notes) n’est qu’un effet d’annonce. Que les enseignants, majoritairement fort heureux de ces dispositions, dispose enfin de plans d’études clairs, précis, compréhensibles et surtout annuels n’est qu’une supercherie !
Mais non, ce brave Président de la SPG se trompe encore, comme toujours d’ailleurs. Il continue à s’enfoncer.

La structure de son texte affligeant est simpliste à manger du foin :

1. C'est nous (la SPG) les pros.
2. Donc nous savons ce que nous disons
3. Si on nous écoute, on progresse. Sinon, on recule.

Mais on les a justement trop longtemps écoutés. Et cela a conduit à une école catastrophique dont Genève ne veut plus.
André Duval

Écrit par : Duval André | 30/08/2007

Les commentaires sont fermés.