24/09/2007

Les enseignants dénoncent les dérapages de la campagne électorale fédérale

Pour la 41ème fois depuis 1866, le syndicat des enseignants romands (SER), fort de quelque 10'000 membres, a tenu son traditionnel Congrès le 22 septembre 2007. La pédagogie, que la rumeur et certains courants de pensée chargent de tous les maux, était à l’honneur ce samedi à Genève dans la salle du Palladium.

 

Après avoir procédé à l’acceptation des lignes directrices de la politique syndicale du SER, le Congrès a dit son inquiétude face aux dérives du climat politique mis en évidence par la campagne pour les élections fédérales, au travers d’un appel solennel à la responsabilité du monde politique romand et suisse. Le voici in extenso :

 

 

 

Appel solennel à la responsabilité du monde politique romand et suisse

 

rendu public à l’occasion du 41e Congrès quadriennal du Syndicat des enseignants romands (SER)

 

 

 

Depuis de nombreux mois et singulièrement lors de la présente campagne électorale fédérale, les messages politiques prennent une tournure de plus en plus dure.

 

Des élu-es et des partis façonnent des déclarations ou publient des affiches qui caricaturent et réduisent les positions à des messages simplificateurs.

 

Bon nombre de ces positions exacerbent les différences entre les habitants de notre pays. Surfant notamment sur un sentiment subjectif d’insécurité, ces élu-es du peuple amalgament en particulier les origines extra-helvétiques avec des faits de délinquance.

 

Agissant dans une visée électoraliste réductrice, ils opposent une population présentée comme légitime et honnête - parce qu’indigène de longue date - à un autre pan de résidents de nos cantons, généralement plus fraîchement installés, en les stigmatisant et en les désignant singulièrement de manière récurrente comme de potentiels « abuseurs » ou fauteurs de troubles.

 

 

 

Les enseignantes et les enseignants recueillent au sein des écoles les fruits de ces déclarations.

 

Aujourd’hui, ils rappellent qu’ils sont dépositaires de responsabilités éducatives et d’instruction envers tous les élèves, quelle que soit leur origine.

 

Dans ce cadre, ils ne sauraient accepter de jouer les pompiers suite au fait qu’une approche populiste aurait engendré, accentué, exporté, ou même organisé, des conflits de classes sociales, interethniques ou interreligieux au sein de l’école publique.

 

 

 

Dès lors, le SER dénonce cette approche qui rompt de manière grave avec l’histoire de notre pays, en particulier vue sous l’angle de l’accueil, de l’ouverture et de l’égalité de traitement.

 

Il appelle les personnes concernées à se ressaisir et à décliner leur action selon une responsabilité citoyenne renouvelée.

 

 

Genève, le 22 septembre 2007

 

13:39 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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