08/10/2007

Accueil continu des élèves : l’avis des parents !

La faîtière des associations de parents, le GAPP, s’est prononcée sur la nouvelle initiative radicale-GHI. La Tribune de Genève n’ayant pas encore jugé utile de faire paraître le courrier que lui a envoyé la présidente du GAPP, je le livre ci-dessous in extenso :
Réaction du GAPP à l'initiative populaire cantonale « Accueil continu des élèves »
Une initiative qui prône une certaine démission !
Vaste chantier aujourd’hui que celui de l’école primaire : direction d’école, conseils d’établissement, réseau d’enseignement prioritaire, école obligatoire à 4 ans…. Les enjeux sont multiples et les partenaires nombreux et divers : politiques, associatifs, syndicalistes. Une diversité d’acteurs justifiée puisque lorsqu’on parle Ecole, on parle de la société : celle d’hier, celle d’aujourd’hui, celle de demain, celle dont on rêve, celle dont on ne veut pas. Tout cela les parents le savent bien pour trop bien le vivre. Les horaires par exemple. Véritable casse-tête pour les parents qui travaillent et pour les spécialistes en éducation qui recherchent des conditions idéales pour l'apprentissage des enfants, notamment en difficultés. Les solutions ? Le parascolaire, les restaurants scolaires, l’accueil dès 7h30 dans certaines écoles. Elles sont insuffisantes, une réflexion est en cours pour les améliorer et explorer d’autres pistes. Changer les horaires, pourquoi pas ? Réduire la pause de midi, finir à 17h au lieu de 16h, inclure un temps à l’école pour les devoirs, travailler le mercredi…
Pour le GAPP, laisser son enfant plus de 10h par jour à l’école, cinq jours de suite, même avec un encadrement parfait et une alimentation digne d’un restaurant 5 étoiles n'est pas une solution acceptable. Améliorer l'offre actuelle en matière de parascolaire est un défi important. Le GAPP s'y attelle activement depuis quelques années dans le cadre de concertation avec le GIAP, le DIP et d'autres partenaires avec des résultats indéniables comme l’accès cette année au parascolaire des élèves de 5P et 6P. Mais la réflexion est plus globale : quelle présence à la maison les parents choisissent-ils d'offrir à leurs enfants ? La qualité de vie passe pour une famille par l’équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle. Pas facile aujourd’hui d’être parent : laxistes, démissionnaires, nous ne fixerions plus de limites ou au contraire intrusifs, autoritaires, trop sévères...  Soutenir les familles, développer une véritable politique familiale ne signifie pas éloigner encore plus l’enfant de son foyer. Se coller au temps de l’entreprise, à celui de la compétitivité, remettre en cause le temps de travail partiel ne favorisera certainement pas son bien-être. Aujourd’hui tout va vite, on court et il faudrait que l’enfant coure avec, qu’il sache tout, vite. L’enfant n’a pas à s’adapter à la société des gens pressés. L’enfant est un être en construction et l’apprentissage, une affaire à long terme. Travailler et avoir des enfants nécessitent des choix, les parents les font, au détriment parfois d’une « carrière », concept qui reste à définir. Le GAPP voit d'un bon œil la possibilité pour les parents de récupérer les enfants avant 18h... pour passer davantage de temps avec eux. Aménager cette flexibilité au sein du GIAP n'est pas une tâche aisée, mais elle est possible, grâce au dialogue, à la compréhension mutuelle. Des éléments qui ne s'acquièrent pas à coup d'initiative et d'agenda politique opportuniste.

Stéphanie Baron Levrat, présidente du GAPP

23:10 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Encore une fois, je ne vois aucune solution proposée dans cette lettre du GAPP. La critique est facile….et pourtant le problème existe : Que fait-on, Madame Stéphanie Baron Levrat, présidente du GAPP, des enfants livrés à eux-même, à la loi de la rue, de 7h du matin à souvent tard le soir ? Que proposez-vous donc en lieu et place de cette initiative ?
Dois-je également rappeler que le GAPP n’est nullement représentatif de l’ensemble des parents et que dès lors il est contestable et orgueilleux de titrer : « Accueil continu des élèves, l’avis des parents ». L’initiative « Pour le maintien des notes » était également fortement contestée par ce même GAPP et pourtant….76%, c’est pas mal, non ?
André Duval

Écrit par : Duval André | 09/10/2007

Une vraie alternative pourrait être de rétribuer les parents qui font le choix de travailler à temps partiel pour passer plus de temps avec leurs enfants. A la hauteur des frais effectifs engagés par les collectivités publiques; c'est relativement important si l'on prend tout en compte, les locaux, le personnel, la gestion. Mais, et c'est peut-être là que se situe le débat, une initiative propose une recette un peu magique. Or, dans ces problématiques, les consultations les plus élargies donnent souvent de très bons résultats. Bien menées, elles répondent à la complexité des situations sans tomber dans la caricature, qui, in fine, pose plus de problèmes qu'elle en résout. Cela dit, le couplet sur la représentativité avec le refrain du pourcentage (76%) devient un peu lassant; ce n'est plus de l'argumentation, c'est du rabâchage systématique; ça me rappelle un peu ma grand-mère... On disait qu'elle perdait la boule...

Écrit par : Paolo Cattani | 09/10/2007

Eh oui Monsieur Cattani, 76% c'est plus difficile à digérer quand c'est contre soi! Imaginez donc ce résultat....dans votre sens....Qu'aurions-nous entendu ?! Au fait, n'étiez-vous pas signataire du "fameux" appel à la population genevoise, appel qui demandait tout bonnement aux citoyens de ne pas donner leur signature (10000 nécessaires) pour qu’ainsi l'initiative sur les notes ne soit même pas proposée au peuple?
André Duval, qui continuera à rabâcher tant qu'il le faudra.

Écrit par : Duval André | 13/10/2007

Chère Madame,
Je suis heureux de lire en fin de votre lettre que "Le GAPP voit d'un bon œil la possibilité pour les parents de récupérer les enfants avant 18h... pour passer davantage de temps avec eux. Aménager cette flexibilité au sein du GIAP n'est pas une tâche aisée, mais elle est possible, grâce au dialogue, à la compréhension mutuelle. "
Cela est malheureusement contrdit par ma propre expérience.
En effet, nous sommes plusieurs parents de l'école du Pommier, au Grand-Saconnex, à demander un assouplissement des horaires du GIAP, pour permettre aux parents qui le peuvent de venir chercher les enfants avant 17h45, et aussi pour permettre aux enfants d'assister aux cours de musique et de sport qui sont donnés dans le même bâtiment que le parascolaire et dont les horaires se chavauchent parfois avec ceux de l'acceuil parascolaire.
Cette demande, appuyée par une pétition signée par tous les parents contactés sauf un, a été envoyée M. Tonrnare. Le GIAP m'a répondu par la plume de sa présidente, Mme Howald (M. Tornare n'a probablement pas jugé nécessaire de répondre lui-même). La réponse de Mme Howald est qu'un "acceuil partiel" des enfants n'est pas possible, car il perturbe la "mission" du GIAP, et que donc il est indispensable que les enfants restent jusqu'à 17h45 au parascolaire.
Avant d'envoyer cette pétition, j'ai demandé si l'association des parents d'élèves du Grand-Saconnex soutenait notre demande. Il m'a été répondu que la mission de l'APE s'arrêtait à l'école et qu'elle ne pouvait donc pas intervenir concernant le GIAP.
Je suis heureux de lire que vous êtes d'un autre avis, et j'espère que vous aurez plus de succès que nous, simples usagers, dans vos négociations avec le GIAP.
Quant à moi, en attendant j'ai signé l'initiative radicale, car elle prévoit une collaboration avec le tissu associatif, ce que le GIAP se refuse à faire.

Écrit par : Olivier Sacroug | 24/10/2007

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