31/10/2007

Ecole, étude, boulot... Bof!

Texte paru dans la Tribune le 23 octobre 2007 à la rubrique Opinion-l’invité (le titre est de la rédaction)

Ecole, étude, dodo… Bof !

L’initiative populaire genevoise « Accueil continu des élèves » est soutenue par un hebdomadaire gratuit qui tire à 220'000 exemplaires. Avec une telle publicité et des arguments plutôt démagogiques, elle ne devrait pas avoir de peine à recueillir les 10'000 signatures nécessaires.

Cela dit, est-ce vraiment si évident d’accueillir les élèves à l’école de 7h30 à 18h00, cinq jours sur cinq ? Qui profiterait de cet horaire continu : les parents, les élèves ou les patrons et l’économie ?

Le Parti radical ne cache pas que, selon lui, l’école doit s’adapter au monde professionnel et qu’il faut permettre aux deux parents de travailler à plein temps. Mais il est permis d’avoir une autre vision des choses. De faire remarquer qu’actuellement, à travail égal, les femmes touchent un salaire nettement inférieur à celui des hommes (env. 20% selon certaines études).

C’est surtout par cet aspect que les femmes sont pénalisées. Vouloir ainsi créer des conditions pour que les femmes se fassent davantage exploiter n’est pas anodin. Une véritable initiative pour valoriser les familles favoriserait au contraire la possibilité de travailler à temps partiel en accordant par exemple, comme dans les pays nordiques, une indemnité-salaire à l’un des deux parents.

Le comité d’initiative joue aussi sur la corde sensible de l’égalité des chances. Mais à lire le texte, on comprend que ces activités surveillées seront réservées aux élèves dont les deux parents travaillent. Vouloir exclure certains enfants au prétexte que leurs parents – abominables marginaux ! – ne se consacrent pas entièrement à une activité lucrative et ensuite parler d’intégration ne constitue pas la seule contradiction de cette initiative.

Le parascolaire représente déjà une des plus grosses subventions du canton de Genève ; renvoyer le financement aux communes et aux parents consommateurs paraît peu crédible. Ou alors favoriserait le cercle vicieux qui consiste à se tuer au boulot pour payer son loyer, les assurances, la crèche… et demain les activités parascolaires.

Métro, boulot, dodo pour les parents, et école, études, dodo pour les enfants ; chacun dans son monde… Et après ce seront les mêmes qui déploreront la perte des valeurs liées à la famille et dénonceront la démission des parents.

Entre le tragique, la forme de maltraitance que peut constituer le fait de placer un enfant de 4 ans hors cadre familial onze heures durant et le cocasse, la surveillance à 7h30 des préaux du cycle d’orientation pour des élèves ados qui brilleront par leur absence, il y aura encore matière à revenir sur cette initiative.

En attendant, il convient quand même de rappeler que Genève est un canton-ville où chaque élève du primaire peut se rendre dans une école publique à moins de 500 mètres de son domicile. Beaucoup d’élèves profitent déjà d’un restaurant scolaire à midi mais nombreux sont ceux qui rentrent chez eux ou vont chez un copain ou chez leurs grands-parents, etc.

Bien des solutions existent et cette diversité est plutôt une richesse qu’il ne faudrait pas empêcher d’exister. Reste la question importante du temps après l’école. Mieux vaut en effet proposer des activités intéressantes à l’enfant plutôt que de le savoir avachi et passif devant la télévision.

Les devoirs et les études surveillées, un peu à bien plaire, sont loin de donner satisfaction sous leur forme actuelle et creusent plus les inégalités entre les élèves qu’ils ne les atténuent.

Avec un nouvel horaire de l’écolier, dont ne parle pas l’initiative, mais prévu à l’horizon 2011 si l’on en croit le département de l’instruction publique, l’instauration d’un temps d’études obligatoire pour tous les élèves, à ne pas confondre avec un temps d’enseignement, constituerait peut-être un début de solution équitable. A discuter…

 

18:19 Publié dans Opinion-INVITÉ de la TG | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

le seul vrai défi serait de lancer le salaire parental pour un des parents dès le deuxième enfant.

http://doum.blog.tdg.ch/p22.html

Mais évidemment, on préfère disloquer les familles, que d'entreprendre une VRAIE politique familiale dans ce pays.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 31/10/2007

Un salaire parental? Mais ça va pas ou bien? Vous imaginez les conséquences sur l'économie? Vous vous rendez compte tous les avions de combat qu'on devrait se priver d'acheter pour payer ça? Tout cet argent gaspillé pour des gens qui ne rapporteraient rien à l'économie et qui seraient payés à rien foutre? Non mais! Et pourquoi pas des transports publics gratuits et l'abolition de l'armée suisse pendant que vous y êtes? Non mais, sale gauchiste! Quel laxisme dans la modération de ce blog à laisser des commentaires à la limite du totalitarisme...

Bises!

Écrit par : Sandro Minimo | 31/10/2007

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Olivier,

désolé de répondre à M. Minimo ici, mais il n'a pas eu la présence d'esprit de laisser son commentaire sur mon blog.

Vous m'excuserez donc d'utiliser votre blog.

M. Minimo, il semblerait, d'après vos interventions, que vous soyez orienté à gauche.. Alors au lieu de faire de l'humour à deux francs, d'ironiser sur un sujet aussi sérieux que le salaire parental, je vous inviterai à faire des calculs sérieux avec les économistes reconnus.

Cette idée au prime abord légère, rescèle des trésors pour l'économie.

Quant à toucher à l'armée, cher Monsieur, vous êtes très mal tombé, l'armée suisse fait vivre des milliers de personnes dans ce pays.

Les transports publiques gratuits sont parfaitement envisageables si l'on utilisait les taxes sur l'essence notamment pour les financers. Mais ça revient aux Verts de le mettre en place.

Croyez - vous vraiment que derrière mon air un peu déconvenu je sois un mariole ?

A lire votre réaction, on mesure la légerté avec laquelle une certaine gauche aborde les réels défis que d'autres seraient prêts à relever.

A l'établi M. Minimo.

Bien à vous,

Stéphane


PS. Je suis apolitique, si il vous venait à l'esprit de me placer à droite, à gauche, au centre... au delà du firmament peut être...

Écrit par : Stéphane | 31/10/2007

peut-tu me donné tous les réponse de la page 19 du livre:le nouvel atelier de français

Écrit par : nicolas | 01/11/2008

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