19/11/2007

PISA : J-15

Les résultats aux tests PISA seront dévoilés le mardi 4 décembre 2007. Après PISA 2000 et 2003, voici PISA 2006 où l’accent est mis sur les sciences, ce qui complète les précédentes éditions « lecture » et « mathématiques ». La Suisse s’est déjà engagée pour PISA 2009. Mais que va-t-on cette fois dire des élèves de 15 ans qui ont passé ces épreuves ? Jusqu’à présent les médias ont eu de la peine à voir dans ce programme international de suivi des acquis des élèves autre chose qu’un classement entre pays et, pour la Suisse, une comparaison très partielle et partiale entre cantons. Lauriers pour le premier et bonnet d’âne pour le dernier, c’est un peu court comme traitement d’une opération de cette envergure, d’un coût d’environ 5 millions pour la Confédération… Un premier colloque intéressant, co-organisé par l’internationale de l’éducation (IE) et l’OCDE s’est tenu à Paris en septembre 2006. La suite vient d’avoir lieu à Bruxelles (13 nov.). Cette volonté de collaboration avec les syndicats est plutôt positive de la part d’un organisme tel que l’OCDE. Certes, il ne s’agit pas pour les associations professionnelles de faire la promotion de cet outil – qui reste contestable à bien des égards – mais d’essayer, en attendant d’autres moyens de comparaison qui éclaireront peut-être mieux sur les compétences et connaissances de nos élèves, de tirer des informations de PISA qui peuvent vraiment être utiles à la conduite de la politique éducative. Parce que, s’il s’agit uniquement, une nouvelle fois – le miracle n’aura pas lieu, désolé, la Suisse n’est pas première et Genève non plus – d’avoir le choix du déménagement ou d’une sorte de « copier-coller » entre la Finlande et la Corée du Sud, ou entre Fribourg et le Valais pour assurer la formation de nos enfants, autant ne rien dire et éviter ce gaspillage. Si le palmarès paraît encore une fois inévitable, un espoir est permis pour qu’on ne s’y arrête pas trop et que les analyses très détaillées qui existent, notamment pour notre pays, soient mieux exploitées, à tous les niveaux.

 

 

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16/11/2007

La plaie des devoirs

Les devoirs sont source de conflits dans les familles et si l’école pouvait bien s’en charger, les parents seraient soulagés. C’est le cri du cœur de la directrice de Pro Juventute dans le GHI (7-8 nov.). Et l’unique raison, à en croire l’article, qui la pousse à s’activer en faveur de l’initiative Pour un accueil continu des élèves. On pourrait se demander s’il vaut bien la peine de lancer une initiative populaire pour trouver une solution au problème des devoirs. Mais au vu des péripéties liées à ce dossier, c’est peut-être en effet la seule solution… La direction de l’enseignement primaire avait bien essayé de les supprimer, ou plutôt de faire en sorte qu’ils soient intégrés à l’horaire scolaire, au début des années 90, mais la pression des parents, aidés par les médias, a été trop forte. Une école sans devoirs, c’est un peu comme une école sans notes : inconcevable par la population et donc politiquement irréalisable. Même si l’on a pu fort aisément démontrer que cela fonctionnait au bénéfice de chacun. Les enseignants ont ainsi le plaisir de découvrir à chaque rentrée une nouvelle directive sur les « temps de travail à la maison » qui, à force de modifications et précisions, a réussi à dire à peu près tout et son contraire en 15 ans. Et vu que les circulaires sur les études surveillées sont encore davantage incohérentes, il est clair que les familles ont de la peine à s’y retrouver. La directrice de Pro Ju voit donc juste et elle a le mérite de montrer la certaine ambivalence des parents qui réclament des devoirs mais aimeraient mieux ne pas avoir à y toucher. Au milieu de l’hypocrisie ambiante, où l’on a beau jeu de mettre en avant le lien entre la famille et l’école, alors que des formes bien plus intéressantes que les travaux à domicile existent, ce témoignage devrait contribuer à faire avancer le débat. Et, pourquoi pas, régler cette épineuse question des devoirs une bonne fois pour toutes…

 

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01/11/2007

Accueil continu des élèves : mise au point

Mme Bérengère Miffon, invitée de la Tribune du 30 octobre (article reproduit ci-dessous), estime que l’initiative du Parti radical « accueil continu des élèves » a le mérite d’ouvrir le débat. C’est bien ce que j’avais cru comprendre. Mais, apparemment, Mme Miffon supporte très mal que l’on puisse émettre certaines réserves ou relever les contradictions contenues dans le texte proposé par son Parti. En effet, elle consacre l’essentiel de son billet à déformer mes propos parus dans la Tribune du 23 octobre (cf. note précédente de mon blog). Tout au long sa diatribe, elle s’essaye ainsi à l’exercice malhonnête des citations tronquées ou inventées, à l’insulte déguisée, au détournement de mes idées. Par juxtapositions de truismes et autres slogans vieillis, elle tente de me prêter des intentions que je n’ai jamais eues (comme si, par exemple, je défendais le modèle « Monsieur travaille, Madame cuisine »… ; représentation éculée que, par ailleurs, elle n’hésite pas, elle, à continuer de véhiculer). Elle arrive même à affirmer que je « culpabilise les parents qui, parce qu’ils travaillent, confient leurs enfants au parascolaire au lieu de les laisser devant la télévision ou les jeux vidéo » alors que c’est exactement le contraire que j’ai écrit.

 

Bref, tout cela est assez révélateur de la pauvreté des arguments de Mme Miffon pour promouvoir son initiative. Mais le plus cocasse réside dans cette plainte : « A chaque fois que le Parti radical milite pour une évolution de l’école, il trouve sur sa route M. Baud et ses critiques ». Nom d’un chien ! Un seul homme barrerait-il le passage à la caravane des innovations pédagogiques des radicaux ? Drôle de fantasme sur lequel il serait facile d’ironiser vu que chacun sait que le Parti radical n’a rien proposé de nouveau en matière d’éducation depuis des décennies mais, au contraire, a essentiellement combattu la rénovation et s’oppose maintenant, entre autres projets actuels, à celui de la réforme du fonctionnement de l’enseignement primaire.

 

Pour en revenir à l’initiative radicale, j’aimerais, pour conclure, préciser les points suivants : 1) je ne suis pas opposé a priori à cette initiative mais entends combattre ses imperfections qui sont nombreuses 2) je suis sensible à l’égalité hommes-femmes et aux problèmes que peuvent rencontrer les parents ou les familles monoparentales pour conjuguer vie professionnelle et horaires scolaires des enfants 3) des solutions doivent être trouvées pour offrir un vrai choix aux familles et faire en sorte que travailler davantage ou au contraire consacrer plus de temps à l’éducation de ses enfants provienne d’un désir et non d’une contrainte 4) des alternatives existent pour éviter d’imposer un seul modèle de société et il faut en discuter ; la Société pédagogique genevoise est ouverte au débat et travaille sur le dossier de l’horaire scolaire.

 

 


L'INVITÉE | BÉRENGÈRE MIFFON, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE ADJOINTE DU PARTI RADICAL GENEVOIS | 30 Octobre 2007 |

 

L'accueil continu des élèves: un espoir pour les familles

 

La société change, l'école doit suivre! N'en déplaise à M. Olivier Baud, ayatollah en chef du syndicat enseignant, le schéma familial n'est plus le même qu'il y a 50 ans. Le modèle «Monsieur travaille, Madame cuisine» est bel et bien révolu! C'est un fait et nous ne pouvons le combattre. Nous pouvons, par contre, apporter des solutions concrètes pour aider les familles en adaptant les horaires de l'école aux horaires professionnels. Cela s'appelle l'accueil continu des élèves.

 

En effet, le découpage des horaires scolaires n'a pas varié depuis la fin de la guerre. Si ce n'est lorsque l'on a déplacé le jour de congé du jeudi au mercredi et en supprimant le samedi matin d'école. Or les horaires scolaires doivent êtres adaptés aux besoins réels et actuels des familles. L'initiative du Parti radical (www.accueilcontinu.ch) a le mérite d'ouvrir ce débat en proposant une solution simple et directement applicable.

 

Nous ne voulons pas attendre, comme le suggère M. Baud dans son article publié dans la Tribune du 23 octobre, que «le Département de l'instruction publique instaure un temps d'études obligatoires (...) à l'horizon 2011». La légendaire rapidité avec laquelle le Département de l'instruction publique agit lorsqu'il promet quelque chose est bien connue. Le sort des enfants de Genève mérite une meilleure diligence.

 

A chaque fois que le Parti radical milite pour une évolution de l'école, il trouve sur sa route M. Baud et ses critiques. La plupart du temps sans fondements et dénuées de propositions alternatives. Ainsi, lorsque le Parti radical se battait pour le retour des notes, M. Baud jurait ses grands dieux que tous les parents et tous les enseignants y étaient opposés. On a vu ce qu'il en était: l'initiative a été plébiscitée par 76% des Genevois.

 

Qu'en est-il aujourd'hui alors que nous proposons que les élèves puissent, entre 16 h et 18 h, bénéficier de cours de sport, de musique ou encore de devoirs surveillés? Le président de la Société pédagogique de Genève ose parler de «forme de maltraitance». Quelle vision M. Baud a-t-il de l'école? Si le savoir, le sport, l'apprentissage de la vie en communauté sont pour lui de la maltraitance, alors il est impératif qu'il change de fonction.

 

Le voilà qui culpabilise les parents qui, parce qu'ils travaillent, confient leurs enfants au parascolaire au lieu de les laisser seuls devant la télévision ou les jeux vidéo. Où est la vraie maltraitance? Dans l'accueil, ou dans l'abandon?

 

Le monde parfait de M. Baud divise les citoyens en deux catégories. La première sacrifie sa vie au travail pour pouvoir payer à la deuxième le privilège de faire des enfants... Au contraire, les radicaux pensent qu'il faut aider enfin les personnes qui assument de front vie professionnelle et vie familiale.

 

M. Baud poursuit sur le refrain: «La droite veut du parascolaire pour mieux exploiter les femmes au travail.» Voilà qui me dresse les cheveux sur la tête! Mais mon bon Monsieur, les femmes aussi ont envie de se réaliser professionnellement! Et instaurer des infrastructures qui le leur permettent ne revient pas à les exploiter.

 

Dans la rhétorique post-léniniste de M. Baud, l'école devient de la maltraitance, et la vie professionnelle de l'exploitation.

 

A l'inverse, l'initiative pour l'accueil continu des élèves ouvre les yeux sur les réalités de ce nouveau siècle et constitue un message d'espoir: faites des enfants, la société ne vous laissera pas tomber.

 

 

10:29 Publié dans Opinion-INVITÉ de la TG | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook