30/12/2007

Le mariage foireux du castor et du canard

Selon le parti radical, l’initiative « Pour un accueil continu des élèves » arrivera tout juste à 11'500 signatures début janvier. Il serait tentant de dire que de deux choses l’une : soit le GHI, qui matraque depuis 20 semaines sur le sujet, n’est pas, contrairement à ce qu’affirme sa publicité, le journal le plus lu, soit le texte de l’initiative lui-même ne trouve pas la faveur des citoyens. La réalité se trouve toutefois sûrement entre les deux. Il y a peut-être d’abord un certain essoufflement par rapport aux initiatives sur l’école… Il y a ensuite la difficulté à recueillir 10'000 signatures valides. C’est un véritable travail de militant et la faiblesse du parti radical est notoire sur ce plan-là. D’où l’idée du « contrat » avec un hebdo gratuit. Mais le GHI qui a dû, au minimum, faire imprimer plus d’un million de fois l’initiative radicale dans ses pages ne récolte, semble-t-il, qu’une infime partie de ce qu’il a semé. Probablement parce que les lecteurs, dans leur grande majorité, consultent ce canard pour les petites annonces et ne s’intéressent guère aux pseudo articles et autres gnioluseries qui émaillent ce journal. Si véritablement les Genevois cherchent ailleurs leurs informations, c’est une bonne nouvelle. Et cette opération douteuse pour mener à bien une initiative populaire aura au moins servi à révéler ça. Pour le débat qui va suivre sur l’horaire de l’école et les activités parascolaires, autant regarder ailleurs, donc.

 

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Commentaires

Cher Monsieur,

Une fois n’est pas coutume. Mais force est de constater que je suis assez d’accord avec vous sur cet objet.

Ayant soutenu activement l’Initiative « pour le retour des notes à l’école », je n’ai jamais partagé votre analyse des relations entre échec scolaire et élèves issus de milieux défavorisés. Car, brièvement, l’on dénombre souvent parmi les premiers de classe des jeunes issus de milieux d’immigrés socio-économiquement précaires (des « beurettes » en France). Les vraies inégalités sociales se retrouvent au moment de l’embauche, autrement dit dans la distribution des biens de la société. De plus, le niveau d’étude n’a rien à voir avec la réussite professionnelle dans une société où il vaut mieux être canonnier que prof.

Entièrement d’accord avec vous d’affirmer que le parascolaire représente déjà une des plus grosses subventions du canton de Genève. Tout est déjà en place et cette surenchère des initiatives sur l’école ne fait que fragiliser le rôle de cette auguste institution dont la principale mission est l’apprentissage des connaissances et non pas un lieu de vie. Une vie en institution, les pédopsychiatres le prouvent, ne peut satisfaire les différentes sphères qui construisent une personnalité.

Méfions-nous des miroirs aux alouettes !

Écrit par : Micheline PACE | 12/01/2008

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