30/12/2007

Le mariage foireux du castor et du canard

Selon le parti radical, l’initiative « Pour un accueil continu des élèves » arrivera tout juste à 11'500 signatures début janvier. Il serait tentant de dire que de deux choses l’une : soit le GHI, qui matraque depuis 20 semaines sur le sujet, n’est pas, contrairement à ce qu’affirme sa publicité, le journal le plus lu, soit le texte de l’initiative lui-même ne trouve pas la faveur des citoyens. La réalité se trouve toutefois sûrement entre les deux. Il y a peut-être d’abord un certain essoufflement par rapport aux initiatives sur l’école… Il y a ensuite la difficulté à recueillir 10'000 signatures valides. C’est un véritable travail de militant et la faiblesse du parti radical est notoire sur ce plan-là. D’où l’idée du « contrat » avec un hebdo gratuit. Mais le GHI qui a dû, au minimum, faire imprimer plus d’un million de fois l’initiative radicale dans ses pages ne récolte, semble-t-il, qu’une infime partie de ce qu’il a semé. Probablement parce que les lecteurs, dans leur grande majorité, consultent ce canard pour les petites annonces et ne s’intéressent guère aux pseudo articles et autres gnioluseries qui émaillent ce journal. Si véritablement les Genevois cherchent ailleurs leurs informations, c’est une bonne nouvelle. Et cette opération douteuse pour mener à bien une initiative populaire aura au moins servi à révéler ça. Pour le débat qui va suivre sur l’horaire de l’école et les activités parascolaires, autant regarder ailleurs, donc.

 

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04/12/2007

PISA 2006: vers plus d'objectivité?

Les médias semblent enfin enclins à délivrer un message positif sur les résultats de notre pays aux tests PISA (programme international de suivi des acquis des élèves). Après les messages catastrophistes et injustes qui ont fait suite aux éditions 2000 et 2003, le petit progrès enregistré en 2006 et délivré aujourd’hui est présenté de manière avantageuse. Autant il était inutile et néfaste de traiter nos élèves d’ânes et de mépriser dans la foulée le travail des enseignants, autant il ne faudrait pas à présent crier victoire pour quelques points glanés. Les efforts doivent être poursuivis. Les écarts entre les élèves les plus faibles et ceux qui réussissent le mieux est encore bien trop important, indignes d’une Suisse qui, par ailleurs, avec l’hétérogénéité qui la caractérise, relève plutôt bien le défi de l’intégration. Mais cette dernière doit encore être sensiblement améliorée, notamment pour les élèves issus de milieux défavorisés (et de surcroît allophones). Les résultats de Genève et intercantonaux ne seront en principe détaillés qu’en septembre 2008 ; souhaitons que la tendance d’une lecture plus objective des tests PISA se confirme dans 9 mois. D’ici-là, les analyses plus fines qui seront effectuées devraient nous occuper…

 

 

En guise de conclusion provisoire, un extrait du communiqué de presse du syndicat des enseignants romands (SER) :

 

« Les résultats de PISA ne sont pas des résultats sportifs. Le SER ne se résout à prendre en compte le classement des pays que lorsque les différences sont vraiment significatives. La véritable richesse de cette considérable entreprise réside dans les rapports détaillés élaborés par les chercheurs suisses dans les mois qui suivent la première annonce.

PISA 2006, des résultats encourageants

 

Les bons résultats constatés en sciences et en maths sont salués avec soulagement mais sans grande surprise par les associations d’enseignants. C’est une reconnaissance du travail fourni par les professionnels sur le terrain. Les progrès significatifs enregistrés en littéracie tant dans le groupe des « mauvais » lecteurs, qui diminue, que dans celui des « bons » lecteurs, qui augmente, sont tout à fait réjouissants bien qu’encore très insuffisants. Si sur l’ensemble des trois domaines testés, le groupe des élèves « en danger » a diminué, il reste inacceptable.

 

Malgré tout

 

Aux yeux des associations d’enseignants, la Suisse obtient d’excellents résultats en comparaison internationale, si l’on tient compte des conditions de travail. En effet, en regard des pays qui réussissent, le taux d’encadrement des élèves en Suisse est plus bas, la formation des enseignants plus courte et les temps de travaux de coopération, de préparation, d’évaluation fortement réduits. En ce qui concerne les sciences, le rapport montre par ailleurs que l’offre éducative dans notre pays est loin d’être optimale. Il est intéressant aussi de souligner que les élèves testés en Suisse ont une moyenne d’âge inférieure de près de six mois à ceux de la moyenne OCDE.

 

Ces bonnes performances obtenues « malgré tout » ne doivent pas dissuader de l’effort qui reste à accomplir. La Suisse peut et doit faire encore mieux. La qualité de sa principale matière première est à ce prix. »

 

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