13/01/2008

Surveiller… les dérives sécuritaires, d’abord !

Me Charles Poncet n’a pas besoin de mon soutien. Mais, pour une fois qu’il y a convergence de vues (c’est assez rare pour le souligner !), je tiens à dire qu’il a eu raison de déclarer son hostilité à l’installation de 15 caméras de surveillance dans une école de Lutry (VD). Oui, je suis d’accord avec lui lorsqu’il affirme que recourir à de tels moyens « à l’école, c’est un constat d’échec ». Ainsi, j’espère que le Tribunal de police d’Yverdon-les-Bains, mardi 15 janvier 2008, ne le condamnera pas pour ses propos tenus à la radio. Demander aux élèves, sous forme de boutade, de s’opposer à la vidéo-surveillance de leur école n’est pas répréhensible en soi. C’est davantage une invitation salutaire au débat. Il y a bien sûr les questions primordiales de la liberté d’expression et du respect de la sphère privée qui sont en jeu dans cette affaire. Mais il y a aussi le devoir de dénoncer les discours et les initiatives qui relèvent du délire sécuritaire. A cet égard, le syndic de Lutry, M. Willy Blondel, qui espère la condamnation de Me Poncet, fait preuve d’une incohérence révélatrice. En effet, si l’on en croit ses paroles rapportées dans Le Courrier du 11 janvier, M. Blondel déplore d’abord les tags et la détérioration des caméras qui ont causé « plusieurs milliers de francs de dégâts » et se réjouis ensuite du fait que grâce à l’achat du matériel de surveillance, « à 200% efficace », il n’y a « plus de problèmes de menaces, de racket et de déprédations ». Il faudrait savoir. Si saboter les caméras ne constitue pas aux yeux de M. Blondel une déprédation, qu’est-ce alors, un acte de civisme ? Plus sérieusement, il est assez évident, par ces aveux contradictoires, que la mise en place de caméras de surveillance ne représente en rien une solution, au contraire. Ou peut-être faudrait-il installer de nouvelles caméras destinées à surveiller les caméras pour éviter qu’elles ne soient abîmées, et d’autres aussi pour garantir la sécurité des nouvelles, etc. ?! La paranoïa et l’espionnage peuvent se déployer sans fin si l’on n’y prend garde. L’épisode calamiteux des fiches dans notre pays serait-il déjà oublié ?

 

12:10 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Avez-vous vécu très longtemps hors du monde pour que vous soyez encore étonné de l'incohérence d'un politicien qu'il se nomme W. Blondel, N. Sarkozy ou G. Bush ?

"Politicien incohérent" est souvent utilisé pour illustrer la définition des termes "pléonasme" et "récurrent".

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 13/01/2008

Votre commentaire s'appuie sur des considérations purement idéologiques, que je partage d'ailleurs en partie. Mais vous vous détournez complètement du problème concret que pose sur le terrain le vandalisme, le racket et la violence. Et du coup vos belles idées on pour seul intérêt de servir de sujet a des discussions de salon.

Vous semblez aussi oubliez que les individus visés par ces cameras de surveillance ne partage absolument pas la même vision et les mêmes règles du jeu que vous.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 13/01/2008

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