26/01/2008

Exit les responsables d'école

Adieu, maîtres principaux, responsables d’école et inspecteurs, vos heures paraissent comptées... Mais qui est-ce qu’on assassine vraiment ? Et que vient faire la proposition incongrue d’un moratoire (projet de loi 10171 du MCG) sur l’évolution des structures du primaire ? La fonction de responsable d’école (RE) n’aura jamais réussi à s’imposer aux yeux de tous. Créée dans la douleur en 2002, elle n’aura duré que 6 ans. C’est dommage. Le RE, fruit de l’évolution de la fonction de coordinateur durant la phase d’exploration de la rénovation méritait mieux qu’un rôle de transition, sans réel aboutissement. Les tergiversations sur le principe de coresponsabilité et le refus d’inscrire les postes de RE dans le budget ont dès le début sapé l’espoir d’instaurer un fonctionnement efficace, qui aurait valorisé l’intelligence au travail. Les incessantes attaques contre la rénovation ont achevé d’enlever à cette fonction son attractivité et son sens. A tel point que maintenant la hiérarchie ne fait plus la différence entre les tâches dévolues au RE ou au maître principal (MP) alors qu’ils ne bénéficient ni du même cahier des charges, ni de décharges comparables. Situation injuste, qui serait amoindrie si davantage d’écoles étaient entrées en projet au moment voulu, comme l’association professionnelle les y encourageait. Des moyens absents, des conditions de travail détériorées et une confusion des rôles ; des RE qui ne savent plus à quel projet se vouer et des MP censés en assurer le suivi alors qu’ils n’ont rien demandé : voilà grosso modo le tableau. Bref, l’opacité d’un système arrivé au bout du bout est toujours aussi consternante. Ainsi, l’idée saugrenue de demander un moratoire au sujet de l’instauration des directions d’établissement, et faire ainsi perdurer la situation insatisfaisante que connaît l’école primaire à ce jour, ne peut provenir que de milieux qui n’entendent pas grand-chose à l’éducation et ne saisissent rien du marasme actuel. La mise en place de directrices/teurs ne sera pas la solution miracle. Le syndicat privilégiait un autre modèle, moins hiérarchique et moins coûteux par ailleurs, celui d’un vrai responsable d’école, avec de réelles responsabilités, sans chef au-dessus de lui prêt à casser les décisions prises au nom de l’équipe. L’association professionnelle aurait aussi préféré que le terrain soit mieux préparé à ces changements. En effet, si l’enseignement primaire a besoin d’être restructuré, l’implantation des directrices/teurs n’était peut-être pas la première action à réaliser. Balancer une poignée de glands sur une surface de béton surchauffé ne suffira pas à faire surgir une forêt de chênes protecteurs, quel que soit le besoin d’un havre de fraîcheur qui motive ce geste. Toutefois, si l’écueil des petits chefs arrive à être évité au maximum, peut-être que cette nouvelle hiérarchie pourra assurer un début de cohérence du système. Cela dit, la mise en place de directions d’établissement dès la rentrée 2008 ne devrait pas avoir un caractère inéluctable. Des conditions de réussite devront être remplies d’ici peu. Il faudra les mesurer et aviser suivant le résultat. Mais, quoi qu’il advienne, l’idée d’un statu quo qui prolongerait l’imbroglio actuel n’est pas envisageable.

 

18:57 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

De toute façon, depuis le temps que vous faites de réformes (enfantine, primaire, secondaire, post obligatoire), plus vous devenez une fabrique de cons ! Chaque décenie l'instruction a baissé de niveau. Les pédagogues, sont des êtres inutils qui bouffent l'argent des contribuables en se masturbant le cerveau, a croire qu'ils n'on jamais trouvé leur point G.

Écrit par : gibus | 26/01/2008

Vas-y gibus attaque, c'est des cons ces réformateurs ! ils ont démolies les écoles.

Écrit par : cheval | 26/01/2008

Et une fois encore merci au MCG, merci au Député Stauffer;
A lire http://promcg.blog.tdg.ch/general/revolution-a-linstruction-publique.html

Et dire que certains ne croyaient pas au MCG à ses début!

Le bon sens du MCG mérite un soutient massif.

Claire

Écrit par : Claire | 27/01/2008

Effectivement, l’idée d’un statu quo qui prolongerait l’imbroglio actuel serait contre-productive. L’évolution des structures du primaire suite à la votation du 24 septembre 2006 et du nouveau règlement instauré met fin à la réno. L’instauration des directions d’établissement ressort de la marge de manœuvre du conseiller d’état : il n’y a là rien d’illégal ; en outre, le budget est alloué en décembre dernier. Il reste à espérer que l’engagement des personnes pour cette nouvelle structure se fasse dans le respect de la volonté populaire exprimée à 76%, dans l’esprit et la lettre du nouvel instrument en vigueur.

Je suis un peu moins pessimiste que vous quant à une soi-disant nouvelle chefferie mise en place. Car l’esprit de l’Initiative 121 n’est pas de favoriser la psychologie des petits chefs ou des glands planqués, en mal d’autorité, jouissant de tous leurs petits pouvoirs mesquins pour casser des décisions de collaborateurs prises en équipe. C’était plutôt ce qui s’est vu auparavant, ce dans les trois ordres. D’ailleurs, les erreurs commises n’ont jamais été réparées.

Pour le bien commun, il serait judicieux d’éviter la« peterisation » en nommant des gens sans aucune motivation réelle pour le poste. C’est une question de légitimité que les citoyens sont en droit d’attendre. Et la légitimité républicaine repose sur les compétences, la connaissance du dossier, les efforts des individus intéressés par cette fonction. Car dire, c’est faire. Et dire en droit est toujours un ius dicere.

Écrit par : Micheline PACE | 27/01/2008

Monsieur le Président de la SPG,

Vous qui êtes dans le secret des dieux, auriez-vous l'obligeance de nous informer sur la nomination de ces nouveaux cadres?

Les citoyens sont intéressés à connaître le fin mot de l'histoire...

Écrit par : Isis | 09/04/2008

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