30/01/2008

OUI à la gratuité des transports …des élèves, déjà !

La SPG recommande le OUI le 24 février à l’initiative « pour la gratuité des transports publics genevois », pour une raison majeure. Les classes doivent pouvoir librement circuler dans le canton (et l’absurdité qui consiste à faire payer les élèves de 4 ans lorsqu’ils sont en groupes doit par la même occasion cesser). En effet, il est anormal que, lorsqu’un enseignant se rend par exemple au concert avec sa classe, le coût du déplacement soit parfois supérieur à l’entrée du spectacle. Les parents sont déjà assez sollicités, financièrement parlant, par l’activité scolaire en général. Le corps enseignant doit par ailleurs respecter des consignes strictes et ne peut demander aux parents qu’une participation annuelle faible et limitée. Il est ainsi regrettable qu’il faille renoncer à la riche offre culturelle qui existe à Genève pour de bêtes questions d’argent. Sur un si petit territoire, chaque élève devrait pouvoir bénéficier d’un accès aux musées, théâtres, expositions, etc. en étant accompagné de son enseignant. Cette démarche pédagogique et culturelle est essentielle pour l’éveil de l’enfant. Elle s’inscrit dans le cadre de l’article 4 de la loi sur l’instruction publique qui dit qu’il faut « préparer chacun à participer à la vie sociale, culturelle, civique, politique et économique du pays ». Dans la société, l’inégalité d’accès à la culture en particulier est patente, et si l’école est empêchée dans son rôle qui tend à corriger ce défaut dès le plus jeune âge, cela revient à couper une partie des futurs citoyens du développement d’une faculté qui peut contribuer à l’équilibre de leur personnalité. Permettre aux classes d’emprunter les bus et trams sans prendre de ticket favoriserait pour les élèves une prise de conscience d’appartenance au monde qui les entoure et renforcerait la notion d’une école républicaine, publique, laïque …et gratuite. L’association professionnelle avait soutenu l’initiative lancée en 2005 qui faisait d’une certaine manière écho à une pétition qu’elle avait lancée bien des années auparavant…Mais si la SPG se sent concernée par l’initiative 127 avant tout par rapport aux élèves, cela n’enlève rien aux nombreuses autres raisons qui doivent conduire à l’accepter. La qualité de vie et la notion même de service public sont en jeu ; OUI le 24 février aux transports publics gratuits !

18:39 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

26/01/2008

Exit les responsables d'école

Adieu, maîtres principaux, responsables d’école et inspecteurs, vos heures paraissent comptées... Mais qui est-ce qu’on assassine vraiment ? Et que vient faire la proposition incongrue d’un moratoire (projet de loi 10171 du MCG) sur l’évolution des structures du primaire ? La fonction de responsable d’école (RE) n’aura jamais réussi à s’imposer aux yeux de tous. Créée dans la douleur en 2002, elle n’aura duré que 6 ans. C’est dommage. Le RE, fruit de l’évolution de la fonction de coordinateur durant la phase d’exploration de la rénovation méritait mieux qu’un rôle de transition, sans réel aboutissement. Les tergiversations sur le principe de coresponsabilité et le refus d’inscrire les postes de RE dans le budget ont dès le début sapé l’espoir d’instaurer un fonctionnement efficace, qui aurait valorisé l’intelligence au travail. Les incessantes attaques contre la rénovation ont achevé d’enlever à cette fonction son attractivité et son sens. A tel point que maintenant la hiérarchie ne fait plus la différence entre les tâches dévolues au RE ou au maître principal (MP) alors qu’ils ne bénéficient ni du même cahier des charges, ni de décharges comparables. Situation injuste, qui serait amoindrie si davantage d’écoles étaient entrées en projet au moment voulu, comme l’association professionnelle les y encourageait. Des moyens absents, des conditions de travail détériorées et une confusion des rôles ; des RE qui ne savent plus à quel projet se vouer et des MP censés en assurer le suivi alors qu’ils n’ont rien demandé : voilà grosso modo le tableau. Bref, l’opacité d’un système arrivé au bout du bout est toujours aussi consternante. Ainsi, l’idée saugrenue de demander un moratoire au sujet de l’instauration des directions d’établissement, et faire ainsi perdurer la situation insatisfaisante que connaît l’école primaire à ce jour, ne peut provenir que de milieux qui n’entendent pas grand-chose à l’éducation et ne saisissent rien du marasme actuel. La mise en place de directrices/teurs ne sera pas la solution miracle. Le syndicat privilégiait un autre modèle, moins hiérarchique et moins coûteux par ailleurs, celui d’un vrai responsable d’école, avec de réelles responsabilités, sans chef au-dessus de lui prêt à casser les décisions prises au nom de l’équipe. L’association professionnelle aurait aussi préféré que le terrain soit mieux préparé à ces changements. En effet, si l’enseignement primaire a besoin d’être restructuré, l’implantation des directrices/teurs n’était peut-être pas la première action à réaliser. Balancer une poignée de glands sur une surface de béton surchauffé ne suffira pas à faire surgir une forêt de chênes protecteurs, quel que soit le besoin d’un havre de fraîcheur qui motive ce geste. Toutefois, si l’écueil des petits chefs arrive à être évité au maximum, peut-être que cette nouvelle hiérarchie pourra assurer un début de cohérence du système. Cela dit, la mise en place de directions d’établissement dès la rentrée 2008 ne devrait pas avoir un caractère inéluctable. Des conditions de réussite devront être remplies d’ici peu. Il faudra les mesurer et aviser suivant le résultat. Mais, quoi qu’il advienne, l’idée d’un statu quo qui prolongerait l’imbroglio actuel n’est pas envisageable.

 

18:57 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

13/01/2008

Surveiller… les dérives sécuritaires, d’abord !

Me Charles Poncet n’a pas besoin de mon soutien. Mais, pour une fois qu’il y a convergence de vues (c’est assez rare pour le souligner !), je tiens à dire qu’il a eu raison de déclarer son hostilité à l’installation de 15 caméras de surveillance dans une école de Lutry (VD). Oui, je suis d’accord avec lui lorsqu’il affirme que recourir à de tels moyens « à l’école, c’est un constat d’échec ». Ainsi, j’espère que le Tribunal de police d’Yverdon-les-Bains, mardi 15 janvier 2008, ne le condamnera pas pour ses propos tenus à la radio. Demander aux élèves, sous forme de boutade, de s’opposer à la vidéo-surveillance de leur école n’est pas répréhensible en soi. C’est davantage une invitation salutaire au débat. Il y a bien sûr les questions primordiales de la liberté d’expression et du respect de la sphère privée qui sont en jeu dans cette affaire. Mais il y a aussi le devoir de dénoncer les discours et les initiatives qui relèvent du délire sécuritaire. A cet égard, le syndic de Lutry, M. Willy Blondel, qui espère la condamnation de Me Poncet, fait preuve d’une incohérence révélatrice. En effet, si l’on en croit ses paroles rapportées dans Le Courrier du 11 janvier, M. Blondel déplore d’abord les tags et la détérioration des caméras qui ont causé « plusieurs milliers de francs de dégâts » et se réjouis ensuite du fait que grâce à l’achat du matériel de surveillance, « à 200% efficace », il n’y a « plus de problèmes de menaces, de racket et de déprédations ». Il faudrait savoir. Si saboter les caméras ne constitue pas aux yeux de M. Blondel une déprédation, qu’est-ce alors, un acte de civisme ? Plus sérieusement, il est assez évident, par ces aveux contradictoires, que la mise en place de caméras de surveillance ne représente en rien une solution, au contraire. Ou peut-être faudrait-il installer de nouvelles caméras destinées à surveiller les caméras pour éviter qu’elles ne soient abîmées, et d’autres aussi pour garantir la sécurité des nouvelles, etc. ?! La paranoïa et l’espionnage peuvent se déployer sans fin si l’on n’y prend garde. L’épisode calamiteux des fiches dans notre pays serait-il déjà oublié ?

 

12:10 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook