12/03/2008

L'impasse du CO

Le cycle d’orientation (CO) a-t-il un avenir ? Période charnière de la scolarité, le CO a été incapable d’évoluer de manière heureuse. Réformes jamais achevées, structures obsolètes, enseignements dispensés en ignorant en partie ce qui s’est fait les huit années précédentes : l’incohérence semble de mise au CO. Et demain ne s’annonce pas meilleur…Deux initiatives ont été lancées dans le but de corriger les dysfonctionnements du CO. Elles sont, d’une certaine manière, contradictoires. Le chef du département, lui, a estimé qu’elles étaient caricaturales, l’une prônant une multitude de sections (la 134) et l’autre un enseignement en classes hétérogènes (la 138). Le Conseil d’Etat a ainsi concocté un contre-projet (PL 10176) qu’il entend opposer dans un premier temps à l’initiative 134 du réseau école et laïcité (Réel). Une votation ultérieure serait consacrée à la seconde initiative, la 138. Le contre-projet, voulu par le parlement qui avait refusé les deux initiatives, réussit le tour de force de déplaire aux deux parties. Certes, la marge de manœuvre pouvait paraître étroite. Mais fallait-il justement se coincer en essayant de ménager la chèvre et le chou ? Le département n’a rien trouvé de mieux que de proposer le retour de trois sections pour aller dans le sens de Réel et un pseudo tronc commun durant la 7ème année pour répondre aux attentes de la Coordination enseignement. Ces trois sections nous renvoient à près de cinquante ans en arrière et reproduisent peu ou prou les filières « latine/scientifique », « moderne », « générale » ou « pratique » bien connues. Quant aux enseignements identiques qui seraient dispensés en 7ème année, ils n’ont de semblable que leur dénomination puisqu’une sélection impitoyable serait opérée à la fin de la 6ème et que les exigences seraient adaptées aux trois sections (appelées dans un premier temps : consolidation-renforcement-appui, beau programme !). Mais le fait de se mettre à dos les milieux représentatifs des deux initiatives ne doit pas ébranler beaucoup le département. Au contraire, vu que la préoccupation majeure du gouvernement semble être de ne plus perdre une votation, le calcul qui consiste à revenir à un fonctionnement présent dans les mémoires, mais dont la majorité a oublié les nombreux travers, accroît les chances de remporter le morceau. Peu importe d’ailleurs les gesticulations de certains députés et l’entente de façade des principaux partis représentés au Grand Conseil : caresser dans le sens du poil les convictions les plus conformistes offre davantage de garanties de succès que toutes les alliances politiciennes, et à moindres risques !

 

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Commentaires

quant est-ce que ces "ronds de cuir" ,qui prennent des décisions qui touchent des milliers de jeunes et leurs parents, prendront enfin la peine et le temps de faire une vrai recherche sur le terrain avant de prendre une décision. Voir au quotidien ce que les élèves, parents et enseignants vivent. Il y aurait un peu moins de décisions hâtives qui font tellement de dégâts...

Écrit par : Brossard | 13/03/2008

j'ose affirmer que l'instruction publique genevoise offre un parcours didactique tout à fait convenable que ce soit pour préparer les élèves aux années du collège ou aux stagiaires arts et métiers. Je comprends bien que, de temps en temps, il faut révisionner l'organisation pour voir si on peut 'améliorer ou si c'est très bien comme ça.

Écrit par : ysengrin | 13/03/2008

Dans quelle école sont les enfants de Charles Beer ?

Écrit par : katinka | 15/03/2008

@ Brossard : attention à votre dénomination! "Rond-de-cuir" est un terme de notre langue, dont le titre d'une pièce de théâtre de Courteline fort insrtuctive; mais depuis 2002, un avocat défendant un fonctionnaire des Offices des Poursuites et Faillites a décidé que c'était une injure passible de plainte pénale (fonctionnaire qui a fini en prison, d'ailleurs).

Plaisanterie mise à part, la question de Katinka est fort à propos : il paraît que Charlemagne a mis ses enfants dans une école privée (Marie-Thérèse, à Lancy?)... pour avoir connu beaucoup de problèmes dans ce cadre et avoir emmerdé des profs.

Il faut le faire! Pour se foutre du monde sur toute la ligne, difficile de trouver mieux, à part la gestion des dossiers de ce dpt par ce lâche sans envergure, psychorigide, d'une arrogance et d'une bêtise sans précédent, qui ne mérite pas sa place!

Écrit par : Epictète | 16/03/2008

Est-ce M. Baud saurait nous informer encore de l'IMPASSE du PRIMAIRE plutôt que de proposer une fuite en avant avec des éléments si peu tangibles d'un dossier en cours?

La question d'actualité importante concerne la nomination des fameux directeurs du primaire passée étrangement sous silence ...

(Le public est en droit de connaître la finalité de ce dossier pour des raisons politiques, financières, pédagogiques, juridiques, légales et éthiques évidentes.)

Écrit par : MP | 16/03/2008

Bonjour,

Le probleme d un type comme Baud, c est de mettre dans la tete des jeunes que tout le monde est pareil, que si apres 12 ans d ecole on decele que tel ou tel enfant n'est pas le profile pour le college, alors cela s appelle mssacrer un avenir...

La realite est differente. Je me souviens d avoir eu dans mon ecole primaire des enfants passes "a l essai" en latine-scientifique qui sont tous retombes en general. Ce qui fait veritablement du mal aux jeunes, c est de devaloriser comme vous le faites ici d autres fillieres d etudes, d autres voies que le college, et de s obstiner a ne pas voir que les enfants ne presentent PAS tous les memes abtitudes a l apprentissage. Les sections latine, scientifiques, generale etaient tres bien, et il faut etre fou pour croire sa theorie plus vraie que la realite. C eat le cas de Baud.


A force de faire baisser le niveau et de charger les classes pre gymnasiales d enfants qui n ont pas vocation a l etre on va droit vers l effondrement de l ecole publique performante. Ceux qui en auront les moyens passeront dans le prives, les autres subiront la betise d un systeme socio-pedagogiste qui au final ne fait que des malheureux.


Revenont vers une ecole de l excellence, de la responsabilisation de l enfant et du merite plutot que de traiter les jeunes comme des fantomes sans contenus. Cette maniere de devaloriser la performance, de tout niveler, d accepter et d en plus s avouer que l ecole ne doit pas tirer vers le haut mene au mepris de l institution par les enfants qui EUX ne sont pas dupes et subissent directement le malaise du mensonge egalitaire.


--Herve

Écrit par : auguste | 13/08/2008

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