20/03/2008

Violence scolaire: le cadre se rebiffe

Les inspecteurs du primaire vont disparaître à la rentrée scolaire 2008. Cela peut générer une certaine angoisse et des réactions peu adéquates. Ainsi, suite à l’article de la Tribune du 14 mars 2008 sur la violence scolaire, Mme Véronique Bigio, présidente de l’association des cadres du primaire, préfère s’en prendre au syndicat plutôt que de reconnaître le manque de ressources dont dispose la hiérarchie directe des enseignants. Dans une lettre parue le 18 mars, Mme Bigio estime en effet, sans trop de réflexion, que la société pédagogique genevoise (SPG) dénigre les cadres intermédiaires en dénonçant le peu de moyens dont ils sont munis. Elle aurait pu s’offusquer des mesures grotesques (interdiction du tutoiement, amendes, etc.) préconisées par le Parti radical pour rétablir « l’autorité ». Ou, à la rigueur, s’étonner que le syndicat s’inquiétât des conditions de travail et de la santé des inspecteurs. Elle aurait dû se souvenir et informer les lecteurs que la vaste enquête « santé » concluait à un grave déficit de soutien hiérarchique. Le rapport (2003) montrait la vraie cause de souffrance du corps enseignant, sans fustiger les personnes. Le système et les structures étaient remis en question et la cause du stress des enseignants ne se résumait pas à la violence à l’école. Les résultats de l’enquête ont été sous-exploités jusqu’à présent et c’est pourquoi la mise en place de directions d’établissement en septembre, propres à assurer un soutien de proximité, est porteuse d’espoirs. Mme Bigio tait tout cela et présente le logiciel de signalisation des violences scolaires (SIGNA) comme la panacée. Elle omet de préciser qu’au moment où Genève le généralisait, en janvier 2007, ce programme était abandonné en France …grâce au boycott lancé par des directeurs d’école. Mais son propos est d’autant plus étonnant si l’on sait que SIGNA n’est qu’un outil statistique, ne propose aucune solution, et que, malgré les demandes du syndicat et la promesse du département de faire un bilan à 6 mois, aucun chiffre n’a encore été fourni ! Critiquer les représentants du corps enseignant est plus prudent que de dévoiler les vrais manquements. La SPG souhaite une loyauté mieux placée et davantage de courage de la part des futurs directeurs d’établissement.

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12/03/2008

L'impasse du CO

Le cycle d’orientation (CO) a-t-il un avenir ? Période charnière de la scolarité, le CO a été incapable d’évoluer de manière heureuse. Réformes jamais achevées, structures obsolètes, enseignements dispensés en ignorant en partie ce qui s’est fait les huit années précédentes : l’incohérence semble de mise au CO. Et demain ne s’annonce pas meilleur…Deux initiatives ont été lancées dans le but de corriger les dysfonctionnements du CO. Elles sont, d’une certaine manière, contradictoires. Le chef du département, lui, a estimé qu’elles étaient caricaturales, l’une prônant une multitude de sections (la 134) et l’autre un enseignement en classes hétérogènes (la 138). Le Conseil d’Etat a ainsi concocté un contre-projet (PL 10176) qu’il entend opposer dans un premier temps à l’initiative 134 du réseau école et laïcité (Réel). Une votation ultérieure serait consacrée à la seconde initiative, la 138. Le contre-projet, voulu par le parlement qui avait refusé les deux initiatives, réussit le tour de force de déplaire aux deux parties. Certes, la marge de manœuvre pouvait paraître étroite. Mais fallait-il justement se coincer en essayant de ménager la chèvre et le chou ? Le département n’a rien trouvé de mieux que de proposer le retour de trois sections pour aller dans le sens de Réel et un pseudo tronc commun durant la 7ème année pour répondre aux attentes de la Coordination enseignement. Ces trois sections nous renvoient à près de cinquante ans en arrière et reproduisent peu ou prou les filières « latine/scientifique », « moderne », « générale » ou « pratique » bien connues. Quant aux enseignements identiques qui seraient dispensés en 7ème année, ils n’ont de semblable que leur dénomination puisqu’une sélection impitoyable serait opérée à la fin de la 6ème et que les exigences seraient adaptées aux trois sections (appelées dans un premier temps : consolidation-renforcement-appui, beau programme !). Mais le fait de se mettre à dos les milieux représentatifs des deux initiatives ne doit pas ébranler beaucoup le département. Au contraire, vu que la préoccupation majeure du gouvernement semble être de ne plus perdre une votation, le calcul qui consiste à revenir à un fonctionnement présent dans les mémoires, mais dont la majorité a oublié les nombreux travers, accroît les chances de remporter le morceau. Peu importe d’ailleurs les gesticulations de certains députés et l’entente de façade des principaux partis représentés au Grand Conseil : caresser dans le sens du poil les convictions les plus conformistes offre davantage de garanties de succès que toutes les alliances politiciennes, et à moindres risques !

 

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