27/04/2008

La classe de trop… et les classes en moins !

Le Conseil d’Etat a accordé la classe salariale 24 aux futurs directeurs d’établissements du primaire. Cette annonce a provoqué un fort mécontentement auprès du corps enseignant. Il faut dire qu’il avait toujours été question au préalable de la classe 23. Octroyer ce bonus maintenant, alors que ces personnes ne sont même pas entrées en fonction, relève d’une rare maladresse. En effet, cette décision, avant tout politique, vise à caresser dans le sens du poil les futurs cadres supérieurs et à leur faire croire qu’ils auront une position égale à leurs collègues du secondaire. Mais, dans ce cas-là, pourquoi ne pas les mettre en classe 26, comme les directeurs du CO ? Sûrement parce que, comme d’habitude, dès qu’il s’agit du primaire, on préfère voir petit… Toutefois, les directeurs du primaire ont d’autres préoccupations, plus urgentes. Les conditions dans lesquelles ils pourront commencer à exercer le 25 août 2008, à la rentrée, sont plus importantes que leur bulletin de paie. Qu’importe en effet un traitement salarial plus ou moins haut s’il faut démissionner après quelques mois tant la tâche est rendue impossible ? Le Conseil d’Etat, en faisant preuve de largesses envers les directeurs, les met en réalité en mauvaise posture. Les enseignants auront de la peine à comprendre que leurs supérieurs hiérarchiques soient surpayés alors que, en parallèle, des efforts importants sont demandés à la base depuis des décennies. Le département envisage même de faire empirer la situation l’an prochain : les maîtres devraient ainsi accepter sans broncher davantage d’élèves par classe et des suppressions de postes. Une classe salariale de plus d’un côté et des fermetures massives de classes de l’autre, c’est simplement indécent. La différence entre la classe salariale 23 et la 24 représente, pour un traitement moyen, le montant de 6'100.- francs par an. Multiplié par 90 (le nombre de postes de directeurs), cela fait quand même 549'000.- francs, soit l’équivalent d’environ cinq postes d’enseignants. Certes, cela n’est pas énorme et ne suffirait pas à combler les manques. Mais quand on voit le département de l’instruction publique chipoter pour des demi-postes dévolus à l’aide aux élèves en difficulté, on a un peu de mal à suivre sa politique !

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Commentaires

Tiens ? Voilà que vous et votre syndicat vous vous réveillez. Il y a bien longtemps que l’Arle a tiré la sonnette d’alarme à propos de cette immense aberration (voir le site www.arle.ch). Notamment par l’intermédiaire d’un « Invité » de la Tribune de Genève que voici :

ANDRÉ DUVAL, PRÉSIDENT DE L'ARLE, ASSOCIATION REFAIRE L'ÉCOLE | 15 FÉVRIER
2008

Ecole primaire: à quoi bon 94 nouveaux
directeurs?


Charles Beer, président du Département de l'instruction publique, a jugé que les
inspecteurs de l'école primaire en fonction étaient surchargés. Pour y remédier, il adécidé de frapper un grand coup en annonçant «une réforme historique». En quoi consiste-t-elle? Notre ministre entend quadrupler les forces administratives en nommant pas moins de 94 directeurs d'établissement pour la rentrée 2008, en lieu et place des 25 inspecteurs actuels. Ces derniers eux-mêmes n'en demandaient pas tant, limitant leurs ambitions à 42 postes supplémentaires.
Il aurait été plus utile, plus efficace et moins coûteux d'augmenter les forces du corps inspectoral en doublant leur effectif. Aujourd'hui, le chef du Département ne parle que d'un simple «toilettage» de la loi, soustrayant par cette manoeuvre un exorbitant réaménagement à la vigilance du Grand Conseil. Tout a été annoncé au pas de charge à la fin du mois de novembre 2007. Ni la Commission de l'Enseignement du législatif genevois, ni la Conférence de l'Instruction Publique n'ont été informées au préalable. Les députés sont donc mis devant le fait accompli sans même avoir pu examiner sérieusement le bien-fondé de cette mesure aventureuse étonnamment soutenue par la SPG (Société Pédagogique Genevoise).
Voyons les conséquences de ce coup de force pour l'enseignement public. La
question du coût de l'opération, en premier lieu: Charles Beer annonce qu'elle sera financée par des réallocations internes. Cette trop commode solution laisse
incrédule lorsqu'on sait qu'il s'agit de rémunérer près de 90 postes de cadres
supérieurs en classe 23 ou plus. Sans compter la nomination de 5 directeurs de
région, de maîtres adjoints (ou doyens) et de secrétaires. On imagine sans peine les incidences de cette folle politique d'engagement sur le budget 2009.
Autre exemple de précipitation du Département: faute de temps, il ne se donne pas les moyens d'évaluer des expériences pilotes comme celle des REP (Réseau
d'Enseignement Prioritaire) lancées en 2006, ainsi que l'exige la loi. Pourtant, le DIP annonce d'ores et déjà l'extension et la généralisation du processus.
Enfin, on rappellera salutairement aux contribuables que l'école publique genevoise est l'une des plus hiérarchisées et bureaucratisées du monde. Est-il bon d'aggraver la situation en prévoyant un directeur pour 16 classes, soit environ 320 élèves du primaire alors que le canton de Vaud, en comparaison, n'en compte en moyenne qu'un pour 1000 élèves?
Au soir de la votation sur les notes, le 24 septembre 2006, Charles Beer proclamait qu'«on ne pourra plus lancer de grandes réformes sans consulter le peuple». Mieux, dans la Tribune de Genève du 6 décembre 2007, il ajoutait: «La confiance ne se décrète pas, elle se construit».
Aujourd'hui, on est malheureusement bien loin de ces bonnes résolutions.
Il est d'autres actions à entreprendre, bien plus profitables aux enfants de l'école primaire, plutôt que de charger la pyramide administrative. C'est du moins l'avis de l'ARLE (l'Association Refaire l'Ecole) et de ses sympathisants, qui jugent au contraire urgent d'allouer les énormes ressources financières et humaines, si soudainement dégagées, à la création de mesures d'appui innovantes et performantes pour les élèves en difficulté scolaire. On les attend toujours.

Écrit par : Duval André | 28/04/2008

Monsieur Baud, ou comment tout voir par le petit trou de la lorgnette!!!

Un salaire "classe 24" c est trop, un "classe 26" aurait ete mieux...comprendra qui pourra, comme tout le reste d ailleurs!!

La vraie question (que pose tres bien Duval) est de se demander pourquoi ces directeurs, quelle mission? quelle necessite?


En realite, c est comme dans tout, quand on a aucune vision on empile et on s explique pas.


A quand une ecole ouverte et dirigee par l ARLE????


--Herve

Écrit par : auguste | 13/08/2008

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