29/06/2008

Maîtres adjoints au primaire : une polémique inutile et dangereuse

Les enseignants doivent pouvoir se consacrer à l’enseignement et à leurs élèves. Le directeur d’établissement, à la rentrée prochaine, devra les décharger de tout ce qui les empêcherait d’assumer cette mission. Mais un directeur du primaire aura parfois à gérer un établissement de la taille d’un cycle d’orientation (plus de 600 élèves) formé de quatre écoles séparées. Il sera aussi appelé fréquemment à quitter son lieu de travail (séances avec le département, formation de cadre, réunions avec la commune, etc.). Désigner un maître adjoint par bâtiment est une mesure sensée. Il ne s’agit pas de créer un échelon supplémentaire ni de sortir les enseignants de leurs classes mais simplement de reconnaître qu’un travail important, hors enseignement, est indispensable au bon fonctionnement du système et ne peut être garanti par le seul directeur ni être effectué bénévolement par le corps enseignant. Les cris d’orfraie poussés par certains devant les maigres ressources dégagées pour cette fonction provisoire (elle sera évaluée au bout d’un an) relèvent de la mauvaise foi ou d’une méconnaissance profonde du primaire et du nouveau fonctionnement prévu. 1,4 million pour payer des heures supplémentaires et quelques bouts de postes représente le strict minimum pour démarrer. Cette goutte d’huile dans les rouages permettra peut-être à l’école de se désensabler peu à peu. Mais si le mépris et la mesquinerie l’emportent une fois encore quand il est question du primaire, il y a fort à parier que les dysfonctionnements d’aujourd’hui perdureront et aggraveront le manque de confiance envers l’institution.

 

14:56 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Ma question est quand même : que feront VRAIMENT les directeurs d'établissement?

Si les maîtres adjoints "prendront en charge un élève blessé" ou "procèderont aux inscriptions de nouveaux élèves" comme écrit dans l'article de la Tribune l'autre jour, je ne vois pas franchement ce que fera un directeur d'établissement, à part de la paperasserie et de la théorisation sur des projets qui risquent bien de rester abstraits et jamais effectifs, vu la masse de travail que les enfants et leurs maîtres ont déjà à fournir avec les programmes gargantuesques et les évaluations permanentes exigées d'au-dessus.

J'ai de très très gros doutes sur toute cette réforme... pas vous?

Écrit par : Sandro Minimo | 30/06/2008

On peut avoir des doutes sur cette réforme - ce n'était pas le scénario que privilégiait la SPG - mais il faut choisir : soit on lui donne des chances, soit on le tue dans l'oeuf. Quel directeur du CO accepterait de travailler sans doyens, sans préparateurs et tout le personnel administratif et technique dont dispose l'enseignement secondaire ? Si les directeurs du secondaire sont inutiles, alors qu'on le dise et qu'on donne les postes au primaire !

Écrit par : Olivier Baud | 30/06/2008

"Il ne s’agit pas de créer un échelon supplémentaire". Belle maxime. Mais dites-moi qui accepte de faire un peu plus sans également un peu plus de pouvoir, surtout dans ce monde très normé et contraint de l'enseignement. Quand vous demandez à un assistant social de faire plus de travail, il accepte, puis demande que les nombreuses heures de travail supplémentaires lui soient quand même payées. Juste l'inverse pour l'enseignant moyen. "Combien de temps cela va-t-il me prendre ?", et après il vous répond. Quelles compétences particulières pour ces "adjoints". Un CFC supplémentaire, l'IDEAP, une cours de management. Mêmes les directeurs n'en n'ont pas ! On se rabattra donc sur un cours sui generis et pro domo d'une HEP. Vive la grenouille qui se fait aussi grosse que ... !

Écrit par : Victor Devaud | 09/07/2008

Bonne journée! J'ai trop de doutes à propos de cette réforme! Est-il utile pregruzhat les enseignants et les étudiants?

Écrit par : prescription for ED | 25/11/2008

Les commentaires sont fermés.