29/06/2008

Maîtres adjoints au primaire : une polémique inutile et dangereuse

Les enseignants doivent pouvoir se consacrer à l’enseignement et à leurs élèves. Le directeur d’établissement, à la rentrée prochaine, devra les décharger de tout ce qui les empêcherait d’assumer cette mission. Mais un directeur du primaire aura parfois à gérer un établissement de la taille d’un cycle d’orientation (plus de 600 élèves) formé de quatre écoles séparées. Il sera aussi appelé fréquemment à quitter son lieu de travail (séances avec le département, formation de cadre, réunions avec la commune, etc.). Désigner un maître adjoint par bâtiment est une mesure sensée. Il ne s’agit pas de créer un échelon supplémentaire ni de sortir les enseignants de leurs classes mais simplement de reconnaître qu’un travail important, hors enseignement, est indispensable au bon fonctionnement du système et ne peut être garanti par le seul directeur ni être effectué bénévolement par le corps enseignant. Les cris d’orfraie poussés par certains devant les maigres ressources dégagées pour cette fonction provisoire (elle sera évaluée au bout d’un an) relèvent de la mauvaise foi ou d’une méconnaissance profonde du primaire et du nouveau fonctionnement prévu. 1,4 million pour payer des heures supplémentaires et quelques bouts de postes représente le strict minimum pour démarrer. Cette goutte d’huile dans les rouages permettra peut-être à l’école de se désensabler peu à peu. Mais si le mépris et la mesquinerie l’emportent une fois encore quand il est question du primaire, il y a fort à parier que les dysfonctionnements d’aujourd’hui perdureront et aggraveront le manque de confiance envers l’institution.

 

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08/06/2008

Remballe l’hétérogénéité dans ton short, camarade !

Deux initiatives sur le cycle d'orientation (CO) et un contre-projet : le débat sur les trois degrés de la fin de la scolarité obligatoire semble soudain compliqué. Le sort du primaire était facile à régler – le jargon des pédagogues n'était qu'un ramassis d'inepties à ignorer sans discussion – mais pour le CO, va falloir la jouer finement. Foin du simplisme consacré le 24 septembre 2006 et place aux hautes stratégies pour assurer la formation des jeunes. Toutefois, le journaliste indépendant Pascal Décaillet, dans la Tribune de Genève du 5 juin, avertit : « attention à l'excès de complexité » ! Il est vrai que la veille, il recevait sur le plateau de son émission un invité quasi permanent, Jean Romain. Ce dernier venait avec une requête d'une audace folle : autoriser l'hétérogénéité en 7ème année lors des cours de gym. Une idée stupéfiante d’originalité, téméraire, qui revient, en quelque sorte, à promouvoir une hétérogénéité à plusieurs niveaux. Mais qui plonge irrémédiablement le citoyen dans des abîmes de réflexions d'où il ne pourra à l'évidence sortir indemne. Faut-il prendre le risque extrême de mélanger les faibles et les forts aux cours d'éducation physique ? Les complexions délicates ne risquent-elles pas de tirer vers le bas les vigoureuses ? Les élèves malingres ne vont-ils pas freiner les plus robustes dans leurs efforts ? Ceux qui ne comprennent pas les règles du jeu n'empêcheront-ils pas le déroulement des matchs ? N'y a-t-il pas à craindre des retenues de short déloyales par des condisciples chétifs lors du traditionnel cross ? Etc. Le prof de philo du post-obligatoire, grandiose dès qu'il s'agit de vomir sur l'instruction publique, reçoit une mauvaise note pour son intrépide proposition. En effet, l'animateur de la TV locale conteste a posteriori la légitimité de cette intervention intempestive. Ouf ! Dire que sans cela le peuple aurait pu s'égarer, mal saisir l'enjeu, voire se tromper sur la votation à venir ! La compréhensibilité du système scolaire est sauve ; l'école a eu chaud.

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