24/08/2008

Vivace, la culture de l'échec...

« Les notes ne changent rien » lit-on dans la Tribune du 23 août. Selon les chiffres du département de l’instruction publique, le retour des notes en 2007 (réintroduction des moyennes en fait) n’a pas engendré davantage d’échecs et « seul » un 2% des élèves de sixième primaire (6P) double. Mais il existe d’autres chiffres, soigneusement occultés. En effet, au 1er trimestre de l’année scolaire 2007-08 (novembre), avec le tout nouveau livret scolaire, 8% des élèves de 6P n’étaient pas promus au CO. Au 2ème trimestre (février), il n’y en avait plus que 5%... et en juin, à la fin de l’année, ô merveille, on retombait sur ce fameux 2%, politiquement acceptable semble-t-il. Il faut aussi savoir que le pourcentage d’élèves de 6P qui ne passent pas au cycle d’orientation (CO) n’a jamais fléchi, durant les treize dernières années, mais n’a non plus jamais atteint les 2%. En effet, la moyenne des redoublements de 6P, entre 1995 et 2007, se situe à 1,2%, et le plus haut chiffre est 1,7% (en 2004). Il y a donc bien une augmentation, même si elle est faible, du nombre d’élèves empêchés d’entrer au CO. Ces chiffres donneront lieu à diverses interprétations et il faudra vérifier si la dernière année du primaire devient réellement plus sélective. Mais une chose semble sûre : notes ou pas, rénovation ou pas, l’échec scolaire reste, inexorablement, ancré dans les mentalités. Autant un nombre trop important d’élèves laissés sur le bord de la route est inacceptable – et les enseignants et les autorités prennent des mesures, parfois discutables, pour éviter cet écueil –  autant réduire significativement l’échec scolaire, voire le supprimer, semble inimaginable, pour ne pas dire louche. Ainsi, sans vraiment le dire, le taux d’échec est quasiment fixé à l’avance, même si le département n’a pas le cynisme de le déterminer officiellement, et les réformes, quelles qu’elles soient, mais trop éphémères sans doute quand elles entendent s’y attaquer, n’y changent rien.

20:14 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

La rénovation est morte et les notes ont été plébiscitées par le peuple et ça, M. Baud a toujours autant de peine à le digérer, nous en avons pris l’habitude. Mais là, il est au moins un point sur lequel nous sommes d’accord : la lutte contre l’échec scolaire.
Avec le nouveau règlement de l’enseignement primaire, certains élèves peuvent bénéficier d’un passage au degré suivant avec…des mesures d’accompagnement. J’invite tous les parents concernés à demander à l’enseignant de leur enfant en quoi consistent ces mesures. Dans l’embarras, aucun ne pourra vous répondre clairement. Il y a de quoi, c’est un pur scandale, ces mesures sont quasi inexistantes, réduites à une peau de chagrin….et le DIP en porte l’entière responsabilité. Lors d’une récente rencontre avec M. Beer , j’ai eu droit à un topo du responsable de cette soi-disant mise en place des mesures d’accompagnement. On croit rêver : elles se résument à deux aspects. Ce monsieur, grassement payé au salaire de directeur, a planché pendant plus d’une année avec une commission pour en arriver tout fier à m’annoncer que
1. Dorénavant le GNT (maître généraliste non titulaire ou enseignant de soutien pédagogique comme on les appelle maintenant) travaillera, de temps à autre, avec les élèves en difficulté (rien de nouveau dans cette mesure) mais oh, grande révolution, il le fera non plus dans un local extérieur à la classe mais dans la classe même du titulaire. Magnifique avancée !
2. Une heure hebdomadaire d’appui sera accordée à ces élèves en dehors du temps scolaire…une heure par semaine !!!! Une broutille quoi ! Et encore….dans quelques écoles seulement…..mais le DIP continue à y travailler…. !
Les moyens manqueraient-ils donc ? Il est vrai qu’il est beaucoup plus important de soigner les 93 nouveaux directeurs plutôt que les enfants.
Je me permets enfin de vous suggérer de jeter un œil sur le blog
http://blogres.blog.tdg.ch/
ainsi que sur le commentaire que j’y ai laissé.
André Duval

Écrit par : Duval André | 25/08/2008

Les commentaires sont fermés.