30/10/2008

Libre choix de l’école et chèque scolaire

En tant que canton urbain, au territoire exigu, Genève peut parier que, même si les parents pouvaient choisir l’établissement scolaire pour leurs enfants, les élèves, du primaire en tout cas, dans leur immense majorité, continueraient à fréquenter l’école la plus proche de leur domicile. Le danger réside bien plus dans l’absurde idée de concurrence qui obligerait les établissements à un travail promotionnel probablement aussi vain, contre-productif, que déconnecté de la réalité – pour ne pas dire mensonger. Choisir ses vacances sur internet peut déjà donner lieu à quelques désillusions cruelles… Mais prévoir que les écoles racolent par le biais de leurs sites en vantant leurs qualités fait frémir. Le palmarès des écoles – sur quels critères ? – ne peut que se révéler néfaste, à moins que l’on pense que tromper sciemment la population soit une nécessité. L’imagination suffit dans ce domaine et il est amusant de voir qu’autant des élèves que des profs du post-obligatoire font des pieds et des mains pour se retrouver au collège Calvin, comme si le prestige du bâtiment lié à son histoire assurait un meilleur enseignement… Le chèque scolaire, lui, ajouterait une difficulté si on le conçoit en même temps que le libre choix. En effet, cette modalité qui consisterait à reverser aux familles le montant de leurs impôts qui aurait été dévolu au budget de l’instruction publique, renforce la conviction que des choix doivent être opérés, que les bons parents s’y attelleront, et l’ouverture sur les écoles privées multipliera les possibilités offertes. Mais un autre écueil guette l’école publique et la cohésion sociale avec les bons d’éducation, celui d’une instruction assurée entièrement par la famille, phénomène déjà observable aux Etats-Unis…

12:39 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

Pour quelques précisions sur le sujet, vous pouvez visiter :
http://civitas.blog.tdg.ch/archive/2008/09/01/des-nouveautes-pedagogiques.html.

(L'échec de l'école de Beer est affaire trop sérieuse pour mériter une vaine polémique entre égos. Les chicaneries niveau cour de récré: pas mon truc.)

Beaucoup reconnaissent les dérives de CB mais personne ne bouge! Qui doit payer les pots cassés? C'est la seule vraie question à se traiter...

Écrit par : Micheline Pace | 30/10/2008

Voilà donc que Madame Pace, la reine du plagiat, nous renvoie à son blog qui lui, bien sûr ne s’abaisse pas à « de vaines polémiques entre égos dignes d’une cours de récré ». Tout y est des plus corrects ! Pensez donc, son blog, lui, est sérieux….puisqu’elle s’y adonne au plagiat ! Preuves à l'appui!
Sinon, il est vrai (selon elle) que l’Arle n’a jamais rien fait, ni la SPG d’ailleurs ….et que Mme Pace est la seule à bouger….
Ceci n’a pas grand chose à voir avec le sujet du jour, veuillez m’en excuser, il s’agit juste d’en savoir un peu plus sur certaine personne qui se dise si honnête et respectable...
André Duval

Écrit par : Duval André | 30/10/2008

Mais qu'est qu'il fait Mr. Baud encore à Genève? Après le revers reçu lors des votations pour les notes à l'école ainsi que ses déclarations à la TG. je croyé qu'il était parti en Finlande!!!!

Écrit par : Diogenes | 30/10/2008

L'école est affaire publique. Si l'école privée doit pouvoir exister, ce n'est qu'à la charge complète des parents, même si tous n'ont pas les moyens de la payer. Il ne faut pas oublier que l'école privée a le droit, contrairement au public, de refuser des élèves...Ce droit a un prix!
Par contre, à Genève particulièrement, l'école publique doit prendre exemple sur l'école privée dans la discipline, le suivi des élèves, les informations aux parents et surtout une remise à plat des "droits" des enseignants. La liberté de pédagogie accordée au enseignants du public fris l'indécence. La façon d'enseigner ne doit pas dépendre du prof, mais de la hiérarchie. Ce n'est pas aux enseignants de décider de quelle façon ils enseignent.

Écrit par : salegueule | 30/10/2008

Le vrai débat se situe ici non pas entre école privée ou publique mais il porte sur l'école publique qui n'en est plus une depuis belle lurette. Pour reprendre les mots d'un préopinant, ça ne sert à rien, fermons-en donc les portes. Vu le coût exorbitant pour maintenir un semblant d'instruction, dans des conditions plus que douteuses, institutionnellement parlant.

La responsabilité en incombe - non pas aux profs puisqu'ils ne sont pas libres d'enseigner comme ils pensent (le formatage bête et méchant a pris le pas dessus en rapport à l'intelligence) - au Chef du DIP. Le vrai problème est là; il ne sert à rien de débattre sur le plan idéologique (privé-public).

Écrit par : Tristan | 31/10/2008

Il me semble que le défoulement et l'autopromotion remplacent largement les arguments dans le débat, dommage.

J'aimerais pourtant ajouter une réflexion sur le libre choix. Le fait de proposer le choix aux parents les considère comme des clients, libres de prendre tel ou tel "produit", sans intervenir dans l'école, alors qu'une école qui a des problèmes devrait au contraire pouvoir compter sur l'engagement des parents, pour l'améliorer. Cette position des parents-clients revient donc à un renoncement à améliorer l'école, ce qui confirme le désengagement général que l'on constate envers la collectivité.

Les conseils d'établissements pourraient être les lieux où s'affirment les nouveaux parents-citoyens, on peut au moins l'espérer.

Écrit par : paw | 31/10/2008

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