31/10/2008

Enseignement à domicile ?

On le sait sans trop y penser : c’est l’instruction qui est obligatoire et non l’école. La loi sur l’instruction publique (LIP-C1 10), Art. 9, dit en effet : « Principe : Tous les enfants habitant le canton de Genève doivent recevoir, dans les écoles publiques ou privées, ou à domicile, une instruction conforme aux prescriptions de la présente loi et au programme général établi par le département ». Bien peu de parents décident d’instruire eux-mêmes leur progéniture et de ne pas l’inscrire dans un établissement scolaire. Il est vrai que la fonction de gardiennage, gratuit, de l’école compte. Mais si demain le coût de l’élève, avec l’instauration d’un chèque scolaire, pouvait être remboursé aux familles qui assureraient l’instruction de leur(s) enfant(s), cela pourrait faire réfléchir. Au-delà du principe de solidarité dans l’impôt qui serait sérieusement mis à mal (faudrait-il ne pas payer la part affectée aux routes si l’on n’a pas de voiture ? Etc.), c’est l’identité de l’école publique qui risquerait d’être annihilée, avec de lourdes conséquences. Malgré tous ses défauts, l’école (encore un service public pour l’instant), sorte de creuset social, assure à elle seule une mission formatrice essentielle au niveau de la connaissance et de la culture qui permet à chacun d’évoluer dans la société. Faisons en sorte que l’école continue à jouer ce rôle.

 

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30/10/2008

Libre choix de l’école et chèque scolaire

En tant que canton urbain, au territoire exigu, Genève peut parier que, même si les parents pouvaient choisir l’établissement scolaire pour leurs enfants, les élèves, du primaire en tout cas, dans leur immense majorité, continueraient à fréquenter l’école la plus proche de leur domicile. Le danger réside bien plus dans l’absurde idée de concurrence qui obligerait les établissements à un travail promotionnel probablement aussi vain, contre-productif, que déconnecté de la réalité – pour ne pas dire mensonger. Choisir ses vacances sur internet peut déjà donner lieu à quelques désillusions cruelles… Mais prévoir que les écoles racolent par le biais de leurs sites en vantant leurs qualités fait frémir. Le palmarès des écoles – sur quels critères ? – ne peut que se révéler néfaste, à moins que l’on pense que tromper sciemment la population soit une nécessité. L’imagination suffit dans ce domaine et il est amusant de voir qu’autant des élèves que des profs du post-obligatoire font des pieds et des mains pour se retrouver au collège Calvin, comme si le prestige du bâtiment lié à son histoire assurait un meilleur enseignement… Le chèque scolaire, lui, ajouterait une difficulté si on le conçoit en même temps que le libre choix. En effet, cette modalité qui consisterait à reverser aux familles le montant de leurs impôts qui aurait été dévolu au budget de l’instruction publique, renforce la conviction que des choix doivent être opérés, que les bons parents s’y attelleront, et l’ouverture sur les écoles privées multipliera les possibilités offertes. Mais un autre écueil guette l’école publique et la cohésion sociale avec les bons d’éducation, celui d’une instruction assurée entièrement par la famille, phénomène déjà observable aux Etats-Unis…

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29/10/2008

L'école privée gagne du terrain...

L’école publique continue à être critiquée, quelles que soient les innovations ou les régressions voulues ou subies. Et, entre les attaques ciblées et les initiatives populaires, entre ceux qui prétendent vouloir la sauver et les autres qui souhaitent sa mort, il n’est pas toujours aisé d’imaginer de quoi demain sera fait et ce qu’il restera du métier d’enseignant. Avec environ 14% d’élèves dans le privé (SRED, 2008), Genève se démarque des autres cantons romands qui connaissent des pourcentages bien plus bas. Ce taux, bien qu’inférieur à la France voisine par exemple, augmente chaque année et les écoles privées ne se gênent pas d’annoncer qu’elles doivent refuser du monde. Nous savons que le statut de ville internationale n’explique pas à lui seul cet état de fait car les établissements privés genevois ne reçoivent pas que des enfants de fonctionnaires internationaux. Il est aussi patent maintenant que le cliché des familles aisées qui seraient les seules à pouvoir se passer de l’école publique est révolu. Des parents avec des revenus modestes inscrivent de plus en plus leurs enfants dans des écoles privées, au prix d’un effort important, et cette tendance ne doit pas être négligée. L’institution scolaire, en tant que service public, est mise en danger si elle n’est plus capable de drainer un pourcentage suffisant d’élèves, une masse critique garante d’une certaine cohésion sociale. Les raisons de cette désaffectation de l’école publique sont nombreuses et variées : cela va des carences supposées ou réelles du système éducatif à la recherche de pédagogies alternatives, en passant par des motifs religieux ou culturels et la crainte des violences scolaires ou du formatage étatique des têtes blondes… Il est clair également que le parent, phénomène de société, adopte davantage que par le passé un comportement de consommateur. Dès lors, la question n’est pas seulement d’analyser ces changements sociétaux mais de savoir comment résister – et jusqu’où faut-il aller pour ne pas tomber dans une attitude par trop défensive ? – face aux encouragements à délaisser ou à dénigrer l’école publique.

 

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