01/11/2008

Une votation en deux temps sur le CO

Les Genevois voteront le 30 novembre sur l’avenir du cycle d’orientation (CO). Cette votation ne connaît aucun précédent et s’annonce compliquée à bien des égards. Jamais le peuple n’a été amené à se prononcer sur deux initiatives portant sur le même objet. C’est pourquoi il votera d’abord sur l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » et son contreprojet (PL 10176) en automne, et ensuite, au printemps 2009, sur celle de la Coordination Enseignement « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes » (IN 138). Il y aussi fort à parier que la population peinera à comprendre les enjeux, voire à s’intéresser à des débats où chaque partie pourra sembler défendre des principes identiques (par exemple : retarder la sélection) mais en accusant l’autre de préparer le contraire. Et ce n’est pas la lecture des articles de loi proposés qui apportent une vraie clarification. Nous sommes à l’évidence loin de la petite initiative simpliste du 24 septembre 2006 (IN 121) qui tenait en trois lignes… Il y a toutefois une priorité : éliminer l’IN 134. En effet, l’initiative de Réel est dangereuse, méprisante vis-à-vis du primaire et doit perdre à tout prix. Imaginer que, dès le départ, suivant leurs résultats en sixième, des élèves feront leur cycle en quatre ans et que cette année supplémentaire servira à combler toutes les lacunes en dit long sur le peu de considération qu’ont les « Réeliens » pour le niveau d’enseignement qui précède, et sur leur propre suffisance aussi. Mais ce sont surtout les élèves qui paieraient cher cette manière absurde de perpétuer l’échec en les étiquetant de la sorte. L ’étanchéité relative entre les six ( !) sections dès la huitième, où il ne serait possible de bifurquer que vers les filières moins exigeantes, comme si les élèves ne pouvaient progresser au-delà d’un niveau prédéterminé, est aussi révélatrice de la vision fataliste et hyper sélective des initiants. Idem pour la conception passéiste des classes relais poubelles que promeut l’IN 134. Le NON s’impose donc. Faut-il pour autant dire OUI au contreprojet ? Le retour aux trois sections d’antan (latine-scientifique / moderne / générale) rebaptisées « Scientifique-littéraire », « Langues vivantes et communication » et « Communication et technologies », en remplacement des niveaux A et B (et C) n’a rien d’affriolant. Le PL 10176 a toutefois été remanié dernièrement et, s’il ne constitue toujours pas une solution acceptable en soi, on peut d’une part estimer que le système de passerelles où de véritables moyens seront offerts aux élèves pour évoluer, grâce à une aide individuelle, dans les différents niveaux suivant leur motivation est intéressant et, d’autre part, que sa réalisation, si d’aventure il l’emportait, permettrait des ajustements en cours de route (alors que l’IN 134 est simplement irréaliste rien que du point de vue de sa mise en place). Il est donc clair que l’on ne peut pas mettre sur le même plan l’IN 134 et le PL 10176, et qu’il convient de supprimer d’entrée de jeu celle qui est aberrante. Un OUI au contreprojet du Conseil d’Etat se justifie donc. Il ne faut toutefois pas oublier qu’une mobilisation importante en faveur de l’IN 138 sera nécessaire dans un deuxième temps pour faire aboutir le seul projet cohérent, qui prend en compte toute la scolarité obligatoire et davantage. Ce n’est pas un hasard si le corps enseignant primaire a récolté près de la moitié des signatures de l’IN 138 à l’époque. Et les idéaux sont toujours là. Les adversaires de l’IN 138 auront beau jeu de rappeler que la septième hétérogène a déjà été refusée par le peuple. Mais cela remonte quand même à huit ans (4 mars 2001), dans un contexte très différent ; il faudra mesurer l’évolution des mentalités, même sur une période aussi courte, et garder espoir. Car le pari d’éducabilité est valable pour tous, non ?

 

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Commentaires

Cher Olivier,

Puisque nous cotisons depuis longtemps au même syndicat et qu'il nous est arrivé maintes fois de nous expliquer entre quatre yeux, permettez-moi de vous remettre amicalement en place : une fois de plus, vous argumentez avec une truelle.

D'abord, dire que la classe de transition que prévoit notre initiative au sortir du primaire pour les élèves en déficit est une marque de mépris envers les instits constitue un symptôme inquiétant. Laissons là la "moraline", si vous le voulez bien, et soyons un peu pratiques : c'est un moyen de permettre aux élèves faibles de se "regonfler" avant d'entrer en 7ème dans les meilleures conditions possibles. Tout simplement.

Cela vaut mieux que de les décapiter au 10ème degré, comme c'est le cas maintenant. Non ?

Et d'ailleurs quel enseignant, à quelque ordre qu'il appartienne, peut-il prétendre que tous ses élèves ont toujours réussi au mieux ? Aucun, malheureusement. En cela, nous sommes réalistes plutôt que "réelleliens" (ach! kolossale finesse !). En prétendant le contraire, c'est plutôt vous qui avez l'air un peu suffisant.

Bref : nous sommes sincèrement peinés de devoir l'apprendre au super-Dupont de la pédagogie que vous semblez être, mais il y a des élèves qui échouent. Sissi. Sississi. Et c'est bien pour eux que nous proposons cette classe, plutôt que d'ignorer leur existence.

Ensuite, êtes vous-sûr de taper juste en jouant ad nauseam sur le complexe supposé de vos collègues ?

Les instits que je connais - il y en a quelques-uns dans la famille et parmi mes copains -, n'ont pas vraiment le temps de se demander s'ils sont inférieurs ou non. Du reste ils s'en foutent. Leurs soucis sont un peu plus adultes : comme tous les profs, ils essayent avant tout de faire leur travail. De plus en plus difficilement, a vrai dire, notamment en raison des "innovations" mirifiques que vos amis pédagogistes et vous-même vous acharnez à défendre au détriment de la république et de la profession tout entière, mais surtout contre toute évidence - y compris en dépit la râclée magistrale que l'initiative de l'ARLE vous a valu en 2005...

Peut-être que la nouvelle râclée que nous souhaitons vous mettre le 30 novembre vous fera réfléchir plutôt que de "sloganner". On verra. Ne vendons pas la peau de l'ours etc.

De toute façon, si vous perdez, il vous sera toujours loisible nous gratifier de vos hautes leçons de respect, tout en comparant les électeurs à des dindes, comme vous l'avez fait le 25 septemble 2005... Parce qu'au fond, savez-vous, vous êtes un type vachement convaincant. Beaucoup plus même que vous ne le pensez...

"Six sections (!)", vous exclamez-vous. Encore une de vos congestions... Eh bien oui, notre initiative prévoit six filières dès la 8ème. Question d'élargir le choix - et aussi, détail, de se conformer aux normes fédérales. Au temps du Cycle de Chavanne, il existait deux types de générales, ce qui donnait sept sections. Une fois de plus, vous me voyez obligé d'être désobligeant : aujourd'hui encore, en dépit de vos louables efforts réformistes, les profs arrivent à compter jusque-là, sans problème. Les élèves aussi. Cette paranoïa numérique ne touche que vous.

Quant à dire qu'il n'est possible, selon notre initiative 134, que de "bifurquer que vers les filières moins exigeantes", c'est purement et simplement un mensonge : notre initative prévoit que tout élève peut changer de filière, quelle que soit la filière visée. Parce que nous ne pensons pas qu'une filière soit supérieure à une autre, mais seulement différente. Parce que nous prévoyons des filières préprofessionnelles exigeantes. Mais ce passage doit se faire au prix d'un examen, et pas gratuitement. Pourquoi ? Ce qui compte, c'est que la filière soit adaptée au mieux à ce que l'élève veut et peut en réalité. Nous avons la faiblesse de penser que le Cycle, pour retrouver enfin sa visée d'orientation tout comme un peu de stabilité, doit cesser de fonctionner comme un flipper.

Le flipper, c'est le principe même du contre-projet. Que bien entendu vous approuvez. Or ce contre-projet recrée l'existant en le présentant comme une série d'innovations. C'est tout bonnement la reconduction de ce qui existe déjà (les "passerelles", qui sont plutôt des plongeoirs, les 3 sections qui plaquent les trois "regroupements" actuels de la 7ème, etc.). En somme, toutes les calamiteuses inventions introduites depuis 2001 par la prétendue "Nouvelle Grille horaire", cette catastrophe pétrie de bons sentiments que tout le monde condamne, de gauche à droite.

Que la plupart des partis approuvent cette imposture démontre seulement qu'ils ont trouvé là le moyen de passer entre eux un pacte de non-agression. Rappelons que les élections législatives auront lieu l'année prochaine : cela suffit à tempérer les ardeurs combatives qui s'étaient si brillamment illustrées au temps de l'initiative de l'ARLE. Et tant pis si cette unité politicienne n'est que de façade. Que reste-t-il à la plupart de notre personnel politique, qui en est encore à découvrir ce qu'est la réalité scolaire, si ce n'est une façade, hélas.

De toute façon, comme citoyen, lorsque la gauche comme la droite font mine de tomber d'accord sur quoi que ce soit, moi j'aurais plutôt tendance à me méfier...

M'est avis que vous devriez en faire autant.

Votre obligé,

Yves Scheller

Écrit par : yves scheller | 02/11/2008

Tant que vous persisterez à mettre des adolescents sur des bancs d'école à longueur de journées, leurs réactions indisciplinées ou leurs réaultats scolaires décalés par rapport à tous les efforts fournis par le corps enseignant vous montreront que le système n'est pas adéquat.
De plus, cette hypercroissance imposée de leur système intellectuel étouffe le développement d'autres valeurs humaines et permet ce genre d'immaturité que nous rencontrons par la suite chez nos dirigeants tant politiques que financiers souvent issus des milieux universitaires.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/11/2008

M. Baud se montre ici plus respectueux des citoyens qu'à l'époque des "dindes", tant mieux. On peut donc progresser. Mme de Meuron ne parle pas de "coeur", opposé j'imagine à intelligence ou rationalité, et sa prose ressemble donc moins à une publicité pour l'école Steiner ou autre, alors que sa dénonciations des vaccins, responsables, semble-t-il, de de certaines difficultés des élèves actuels, nous met sur la piste de toute une variété de gourous des temps présents. Dommage.

Écrit par : Mère | 02/11/2008

Monsieur Baud,

Visiblement vous ignorez totalement la réalité: il y a malheureusement des élèves qui sont en échec à la fin de la 6ème primaire. Et vous, tellement soi-disant préoccupé par la réussite de tous les élèves, ne voulez pas leur donner une possibilité supplémentaire de combler leur lacunes dans une classe adaptée à leurs besoins, c'est-à-dire une 7ème en 2 temps? Vous parlez de manque de considération de la part des "Réeliens" pour les enseignants de l'école primaire, vous n'avez vraiment rien compris, cher Monsieur et vos propos vis-à-vis de ces gens sont totalement déplacés.
La seule et unique chose qui vous importe en fait, c'est votre idéologie malsaine, avec laquelle vous avez mis à mal toute l'école genevoise.

Écrit par : magabe | 02/11/2008

Mère, ce qui est dommage, c'est votre méprîs pour ceux qui osent étudier en profondeur le problème des vaccins et qui doivent soigner ceux qui les ont subis.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/11/2008

"Car le pari d’éducabilité est valable pour tous, non ?"

Non. Le rôle prioritaire de l'école n'est pas d'éduquer, mais d'instruire. L'éducation est avant tout la mission des parents. L'école n'a pas à se substituer aux parents. Si les parents faillissent à leur mission, l'école peut les sanctionner.

"des élèves feront leur cycle en quatre ans et que cette année supplémentaire servira à combler toutes les lacunes en dit long sur le peu de considération qu’ont les « Réeliens » pour le niveau d’enseignement qui précède, et sur leur propre suffisance aussi."

Si vous n'avez que ce pauvre "argument", c'est que vous n'avez rien à dire en fait. Parce que tous les élèves du primaire font leur parcours en 6 ans et non pas 7 ou 8, n'est-ce pas? C'est vous qui insultez vos collègues du primaire, puisque - si je vous suis - ils sont incapables d'amener tous les élèves au même niveau à la fin de la 6ème... En proscrivant le redoublement et en voulant supprimer le thermomètre des notes, c'est bien vous qui alliez amener le plus d'échecs. Heureusement le bon sens a triomphé et vous avez pris une bonne claque. Mais certaines personnes ont la tête dure, n'est-ce pas?

Écrit par : Johann | 02/11/2008

Cher Yves Scheller, la votation sur les notes, c'était le 24 septembre 2006 (et non le 25 sept. 2005). C'est certes un détail mais il est peut-être symptomatique de la propension de certains à refaire l'histoire... et à prendre en même temps pour argent comptant certaines pseudo infos de l'époque, plutôt nauséeuses, relatées et déformées par la seule TG, et pour cause. Mais ce qui importe, c'est le débat d'idées, alors essayons de maintenir un certain niveau et ne glissons pas dans l'invective. Et n'oublions pas certains faits non plus.
Mensonge vous rétorquez lorsque que je parle de l'impossibilité de retour pour certains élèves dans certaines filières. Je ne fais que me référer au tableau qui figure à la page 44 du rapport de la commission de l'enseignement sur l'IN 134 (IN 134-C disponible sur http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IN00134C.pdf). Je n'ai pas eu connaissance d'une quelconque contestation de votre part au sujet de cette représentation graphique.
Les flèches qui montrent les parcours possibles des élèves sont ô combien éloquentes, mais les lecteurs jugeront d'eux-mêmes.

Écrit par : Olivier Baud | 02/11/2008

@ Marie-France de Meuron: "Mépris" est un terme très fort et je ne crois pas ressentir ce sentiment. Je m'étonne par contre que vous puissiez attribuer, ne serait-ce qu'en partie, l'augmentation des difficultés scolaires, réelles ou supposées, à la vaccination. Je me souviens d'avoir croisé dans ma jeunesse un grand nombre de victimes de la poliomyélite et même des personnes au visage marqué par la petite vérole (ou variole), entre autres maladies dont certaines ont soit été éradiquées par des vaccins dont bénéficient des millions d'enfants et d'adultes dans toutes les parties du monde. Libre à vous de nier les conclusions de l'OMS et de la grande majorité du corps médical et de la population. Mais introduire subrepticement votre soupçon ou votre certitude concernant la vaccination dans ce débat sur les réformes scolaires, me semble pour le moins déplacé. Si vous-mêmes ou vos proches ont souffert de séquelles que vous pouvez attribuer à l'effet d'un vaccin, je comprends vos sentiments et les respecte, mais si cela vous pousse à faire ici campagne contre les vaccinations obligatoires, l'occasion me semble mal choisie.

Écrit par : Mère | 02/11/2008

Mère. J'apprécie le ton de votre dernier message.
Pour moi il y a du mépris lorsqu'on évoque tout de suite "une variété de gourous des temps présents" pour ceux qui osent approfondir certains sujets.
J'ai parlé des vaccins uniquement pour signaler que les enfants d'aujourd'hui en reçoivent énormément dès l'âge de 2mois et que cela influence leurs systèmes organiques.
Nous n'allons effectivement pas discuter des vaccins ici mais il est évident que vous-même n'avez pas vraiment étudié le problème puisque vous parlez de vaccins "obligatoires" alors que ce sont des vaccins recommandés (sauf un à Genève) avec de telles pressions qu'on les considère comme obligatoires.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/11/2008

Une fois encore la population reçoit des leçons de Monsieur Baud.
Après la votation du 24 septembre 2006 nous étions tous des dindes, et voici que maintenant nous ne serions pas capables de comprendre la complication des projets qui s'affrontent.

C'est pourtant limpide.

Un élève progresse mieux si l'on part de ce qu'il sait plutôt que si on le force à courir après un groupe qui va plus vite que lui.

La classe de transition entre la sixième et la septième ainsi que les quatre niveaux de préorientation en septième sont conçus selon ce principe de bon sens.

Six filières aux caractéristiques bien définies offrent de toute évidence un choix de formations plus riche que les trois sections de fait hétérogènes du contreprojet.

Notons au passage que les sept pôles de la formation professionnelle prévus par la loi sont en parfaite correspondance avec les filières "Technique et informatique", "arts et métiers" et "Commerciale, administrative, santé-social" de l'initiative 134.

Quant à la présumée sélectivité de l'initiative, si l'on admet que le mandat du cycle d'orientation est d'orienter, il est inévitable que pendant son passage au CO l'élève doit choisir une voie et que ce choix implique qu'il renonce, du moins à moyen terme, à celles qu'il n'a pas choisies!

Ce n'est pas un crime de lèse éducabilité que de dire que changer de filière pendant ou après la huitième année n'est pas facile et que si l'on décide de le faire, alors il faut faire un gros effort: soit en suivant un rattrapage assorti d'un examen de vérification au terme de celui-ci, soit en recommençant son année dans la nouvelle filière.
Procédure qui est du reste prévue aussi par le contreprojet qui bénéficie des faveurs de Monsieur Baud, et qui est présentée sous les termes ronflants de passerelle ou de redoublement promotionnel.

Quant au principe d'éducabilité, on peut rappeler que celui-ci, selon la définition qu'en donne la Déclaration de la Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin du 30 janvier 2003, suppose que

"chacun est en mesure d'apprendre si les conditions lui sont favorables et que l'enseignant, l'élève et l'environnement y contribuent".

L'initiative 134, en harmonie avec ce postulat, prévoit une structure qui permet à chaque élève de trouver l'enseignement dont il a besoin pour aller le plus loin possible de son point de départ.

Écrit par : Bichsel Rita | 02/11/2008

@Marie-France de Meuron: Je n'ai aucun problème avec votre ton, c'est votre pensée et le vocabulaire qui en découle qui m'inquiéterait plutôt. C'est pourquoi j'ai utilisé le terme de "gourou". Il est vrai que je fais partie de ces gens ordinaires qui ont fait vacciner leurs enfants (5 dans mon cas) selon les recommandations que vous évoquez, qui partent aussi du principe que les experts de l'OMM ont eux aussi "approfondi" le sujet, ainsi que toutes les autorités médicales qui font généralement foi dans nos pays. Il est fort possible que les vaccinations que j'ai subies moi-même au cours de ma prime jeunesse et dont ma maman a naïvement cru qu'elles me protégeraient contre toute une série de maladies très fréquentes chez nous à l'époque, aient laissé des séquelles qui m'ont rendu aveugles à un certain nombre d'évidences propagées par de nombreuses personnes, revues et écoles de pensée. Le monde dans lequel j'évolue depuis très longtemps, qui a été avant tout universitaire, je l'avoue, n'a jamais eu le courage, ou alors toujours eu la délicatesse, de ne pas m'informer de ce handicap et je continue donc naïvement à vivre ainsi, méfiant de beaucoup de choses, mais pas de tout, faisant rarement confiance sans m'informer, mais encore trop souvent peut-être, adepte de la méthode scientifique, de la rationalité développée chez nous depuis les Grecs, me méfiant de toute autorité, mais encore plus de ceux qui exploitent cette méfiance pour y substituer la leur propre. Ainsi je ferai confiance, pour prendre un exemple à 'homéopathie, lorsqu'elle avancer une théorie digne de ce nom et se distinguer ainsi de l'effet placebo, dont, les dernières recherches le montrent, l'action est non seulement plus puissante qu'on a pu le croire, mais aussi plus complexe. Pour me rappeler la puissance du mental (j'essaye d'éviter esprit pour des raisons que vous pouvez deviner) il me suffit d'évoquer l'effet de mes premiers transports amoureux, capables de s'exacerber jusqu'à la pâmoison, comme on disait autrefois; ou la syncope, par le mot "oui" dit à travers le téléphone.
Mais je bavarde, je bavarde, alors que me permettais presque de vous rappeler à l'ordre ...
Les autres se sont sûrement déjà lassés. Paix, donc.

Écrit par : Mère | 02/11/2008

Olivier Baud est un excellent tribun politique: il suffit de voter l'inverse de ce qu'il préconise pour être dans le vrai et juste...

Écrit par : job | 02/11/2008

On mesurera la nullité de la position d'Olivier Baud à 3 choses:

1. sa persévérance à prendre les citoyens genevois pour des simples d'esprit, alors qu'il est facile de comprendre que c'est le REEL qui, en premier et avec son IN 134, a réveillé les consciences, le CP et l'IN 138 n'étant là que pour sauver les apparences,

2. son déni de la volonté populaire, qui s'est exprimée contre l'hétérogénéité,

3. son soutien à l'IN 138, initiative qui dans son essence renforce encore la situation catastrophique dans laquelle se trouve le CO actuel, que pourtant même les auteurs du CP reconnaissent comme telle dans leurs considérants.

O. Baud pense que le REEL méprise l'enseignement primaire. Il a tort. Le REEL ne méprise aucun ordre d'enseignement, ni d'ailleurs aucun enseignant, il constate de façon réaliste la faillite d'un système basé sur des leurres. Pour comprendre le problème de l'école publique genevoise, il faut regarder par exemple ce que deviennent au PO une grande partie des élèves issus du CO...Le vrai mépris, c'est d'éviter ce regard. Et c'est précisément ce que font O. Baud, ainsi que les tenants du CP et de l'IN 138.

Écrit par : christian macherel | 02/11/2008

N'étant pas du milieu des enseignants du CO, je suis surprise de lire autant d'animosité entre vous. Je suis persuadée que vous voulez chacun le bien des jeunes dont vous avez la charge alors où sont les réelles causes de discorde?
Vous vous battez à coups d'arguments mais où est l'enjeu réel?
Je ne lis aucune définition des jeunes d'aujourd'hui, riches ou pauvres de leurs dynamiques et de leurs caractéristiques à partir desquels il serait judicieux de créer un système d'enseignement approprié.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 03/11/2008

Il est étonnant que des gens comme Johann puisse dire autant de bêtises sans avoir à dire son nom.
Je me demande si l'anonymat ne favorise pas la bêtise !

Écrit par : Pierre Abarth | 03/11/2008

Monsieur Baud, me voilà perplexe devant le sous-titre de votre blog:

enseigner, c'est résister....

résister à quoi, au juste??????????
à la direction ? aux changements? aux vieilles idées? aux enfants?

Et moi qui pensait bêtement qu'enseigner, c'était s'adapter...- aux enfants, au monde , à l'évolution de la société....

Je ne sais toujours pas, malgré une intense réflexion, à quoi je dois résister pour devenir un bon enseignant....
Du haut de votre sagesse, éclairez moi svp!

Robin Desbois

Écrit par : légensontétranges | 04/11/2008

Cher Olivier,

Désolé, mais votre analyse psychologique sur une quelconque volonté de refaire l'histoire relève également de la pelle mécanique...

Je sais parfaitement, pour avoir été à son origine avec pas mal d'autres (suis un des fondateurs de l'ARLE), que l'initiative a été votée un 24 septembre. Seulement, et si mes informations sont exactes, que c'est le lendemain que vous auriez prononcé votre phrase historique sur les dindes qui votaient l'avancement de Noël.

Maintenant, si la TdG a déformé vos propos, alors mes excuses les plus plates. J'observe tout de même que c'est la TdG qui nous permet d'échanger ici. Moi je la remercierai plutôt.

Quant à " L ’étanchéité relative entre les six ( !) sections dès la huitième, où il ne serait possible de bifurquer que vers les filières moins exigeantes", comme vous dites, je maintiens que c'est un mensonge. Veuillez relire le texte de notre initiative s'il vous plaît (art. 53 B, al. 3). Vous verrez que tout changement de filière - y compris vers des filières réputées moins exigeantes, mais pas pour nous, précisément -, est soumis à examen. Seuls les élèves qui auront redoublé se verront orienter vers une filière non pas "inférieure", mais plus adaptée à ses capacités. Les six filières sont du reste un minimum pour permettre le meilleur ajustement de l'ensemble des élèves.

Maintenant, bien sûr, si vous êtes de ceux qui pensent qu'on peut continuellement remettre en cause ses orientations jusqu'à 25 ans, votre aversion pour notre initiative s'explique d'elle-même. En effet, nous réclamons contre cette illusion bien contemporaine selon laquelle tout doit rester ouvert le plus longtemps possible : ça ne marche pas, et c'est ainsi que la sélection se fait au post-obligatoire. Bref : cette excellente et brillante intention de notre nouvelle bourgeoisie libérale-libertaire moralitaire aboutit à une catastrophe.

Nous prétendons tout simplement que l'orientation doit se faire au cycle ... d'orientation, afin que les élèves cesent d'être désorientés et fassent du sur-place pendant des années. Un moment vient où il faut que l'heure de vérité sonne.

Et cela garantit même un meilleur avenir : rappelons que dans notre pays, la formation permanente n'est fréquentée que par ceux qui ont déjà acquis une qualification au départ...

Par conséquent, autant choisir le moment venu, quitte à bifurquer plus tard, mais là aussi dans les meilleures conditions.

Écrit par : yves scheller | 04/11/2008

"Il est étonnant que des gens comme Johann puisse dire autant de bêtises sans avoir à dire son nom.
Je me demande si l'anonymat ne favorise pas la bêtise !"

MDR!

Y a-t-il l'ombre d'un argument ici? Même pas.
En tout cas l'anonymat favorise les insultes chez certains.

Écrit par : Johann | 04/11/2008

Suite à la votation sur les notes ( je ne dis pas la date j'ai peur de me tromper et me faire mettre en place par Mr. Baud) Que du Bla bla, Mr Baud qui nous qualifie de Dindes!!?? SVP, c'est moche. Il dit que ses collègues partiron en Finlande!! j'ai surveillé le Rhône et pas vue des piraugues avec des maitres et des valises, qui remontent vers le nord. Mr. Baud je veut rester en dehors de phrases savantes des d'enseignants, mais un chose c'est sûre, quelque heures de plus de classe par semaine pour les enfants et cela des le primaire seront bienvenues, les enfants ne seront ni plus fatigués ni frustés, car en dehors des classes, leur cerveau continue à travailler, soit avec des jeux modernes ou de l'informatique. Et les plus important l'enseignement c'est une vacation et pas un travail avec beaucoup de vacances. Un enseignant doit avor le courage et l'oblgation de donner des notes et toujours des le primaire, même mauvaises, c'est necessaire.
Vous oublié que dans la vie ont est toujours en competition. Pour avoir une place de travail et pour la conserver il faut être performent. Quand il y a une petit manque de travail les prémiers à perdre leur place son précisement cela qui ont de mauvaises notes d'après leur direction. Tout le monde n'est pas fonctionnaire comme vous, et les enfants doivent apprendre des leur plus jeune âge à être noté pour tout ce qui font, vouloir nier cette réalité n'est pas normal pour un homme intelligeant comme je suposse uqe vius ètes. Ceux qui travaillant dans le privé soit manuelement, soit dans des bureaux, comprendront facilement ce que veut dire être noté. C'est une erreur que de vouloir apprendre les enfants sans contrarietés, et peu de disciplinec car ont les ammène droit au mur.

Écrit par : Diogenes | 09/11/2008

Peu importe la forme non académique de son texte, ce que vient d'écrire Diogènes est absolument fondamental et surtout empli de plein de bon sens.

Mais le bon sens c'est exactement l'enemi désigné des escrocs intellectuels et autres charlatans méthodologiques que rerésente Mgr Baud.

Écrit par : job | 09/11/2008

Paurvre comme Job? C'est si facile de traiter les autres "d'escrocs intellectuels et autres charlatans méthodologiques". Quand on constate les difficultés si nombreuses et si diversifiées que rencontre chaque enseignant,il vaudrait mieux chercher ensemble des solutions.
Vu de l'extérieur, il me semble que l'on classifie trop les élèves d'aprés leurs résultats de quelques branches plutôt que par le type d'intérêt qui les anime et permettrait de construire des cours qui intègrent les différentes branches obligatoires autour de ce ou de ces intérêts. Par exemple, l'élève intéressé par le chant peut apprendre l'allemand bien mieux avec Schubert qu'avec des listes de mots qui ne correspondent pas à son vécu du moment.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09/11/2008

bon alors je rentre pas du tout dans les énièmes délires post-modernes qui nous parlent toujours de lubies utopiques, d'illusions romantiques, etc. sur la pédagogie scolaire. Ces pseudo-rousseauistes l'ont même pas bien lu: dans l'éducation d'Emile, c'est pas du tout le "bon sauvage" perdu dans la nature! En fait il est très cadré mais c'est moins visible que des murs en béton...encore pour le voir faut-il être assez lucide.

Pour revenir à des choses plus intéressantes et moins opulentes du côté du blabla (hé oui job est un peu pauvre aussi du côté de l'hypertrophie verbale, 'scusez-moi les collègues), Diogènes tu m'as inspiré avec ton texte.

En fait tu as commencé à comprendre quelque-chose d'essentiel chez tous ces didacticiens distingués de l'enseignement, du type auto-déclaré d'Olivier Baud. Ils partent tous d'un mythe fondateur (provenant de la FAPSE) qui est la carricature fictive de l'école traditionnelle et de l'enseignement "d'hier". Qui selon eux a toujours été en échec...donc vous et moi on est certainement des échecs, vu notre âge par exemple! Et leurs théories postulent que tous leurs élèves devraient finir fonctionaires égalitaires, en plus nantis comme eux peut-être vu que c'est la gauche caviar au sommet (ou au pire, assistés par l'Etat-Providence). En fait ils s'en moquent complètement eux de l'avenir des enfants que vous leur confiez, en vérité. La mondialisation sauvage de demain qui les attend (être de droite m'empêche pas d'être lucide), c'est pas leur problème! Ces soixanthuitards attardés n'ont pas réussi à faire la révolution dans la société, alors il l'ont faite au moins à l'école: et tant pis pour les adultes de demain qui paieront les pots cassés...vous avez mieux compris, maintenant mon cher Diogènes, la gravité du problème actuel?

Écrit par : job | 10/11/2008

Vous n'en avez sûrement pas le temps actuellement mais je propose la lecture de ce texte très riche qui cherche à faire le point sur un historique récent en France, mais aussi et surtout sur la dimension idéologique des ruptures et autres réformes que subit l'école genevoise aussi depuis une vingtaine d'années...(lire sur ce lien internet:)

http://www.re2.freesurf.fr/gene/muglioni.html

Écrit par : job | 16/11/2008

L'initiative 138, sur laquelle nous voterons en 2009, est particulièrement dangereuse... Le meilleur moyen de l'éviter est que soit la 134, soit le contre-projet passe le 30 novembre. En ce sens, il me semble que le combat quasi "à mort" mené par REEL et ARLE contre le CP s'avère être tactiquement un peu la politique de la terre brûlée. Qui payerait le prix d'un double non ? Les élèves.
L'UDC a une position des plus pragmatiques : un double OUI. Et que le meilleur l'emporte sur la question subsidiaire. Nous pensons qu'il s'agit du contre-projet. Mais surtout, coûte que coûte, évitons le double non, porte ouverte à la 138 honnie !

Écrit par : Antoine Bertschy | 17/11/2008

Mais, Cher Monsieur, vous avez parfaitement raison...pourquoi donc, réciproquement, se battre à mort conte l'IN 134 ????
La solution est très simple....votez pour l'initiative 134...vous qui craignez, semble-t-il, que le CP soit refusé....
André Duval

Écrit par : Duval André | 17/11/2008

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