21/11/2008

Votation CO : le vrai débat lui aussi est reporté… (pour autant qu’il ait lieu un jour)

L’hypocrisie continue. Mardi soir, 18 novembre, on apprenait que le Tribunal administratif (TA) annulait la votation sur le cycle. Et les auteurs du recours, victorieux, versaient alors des larmes de crocodile sur le sort des élèves qui allaient pâtir de cette décision. Jeudi soir, les considérants de l’arrêt du TA étant enfin publics, les représentants du Réel et de l’Arle feignaient la stupéfaction devant les faits reprochés au Conseil d’Etat et tentaient d’enfoncer le clou par tous les moyens. Pourtant, toute personne sensée imaginait bien que si le TA avait annulé une votation, fait pratiquement sans précédent, ce n’était pas pour une raison futile. Par ailleurs, toutes les parties reconnaissaient le défaut d’objectivité de la page 18. Certains allaient toutefois plus loin. Il faut rappeler que le Réel, dans le texte qui figure sur son site, parlait bien de mensonges et mettait en cause les pages 18, 26, 27 et 28 de la brochure. Or, que dit l’arrêt du TA ? Il confirme effectivement que « le Conseil d'Etat a failli à son devoir d'information objective », ce que chacun avait pu observer au sujet de la page 18, « L’essentiel en bref ». Mais il rajoute que (pp. 14 et 15) :

(…) Il est vrai que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le Conseil d’Etat n’est pas tenu à la neutralité. En d’autres termes, il peut exprimer son opinion, ce qu’il a fait d’ailleurs dans ses explications en page nos 26, 27 et 28 de la brochure. (…) En l’occurrence, ce qui peut être reproché au Conseil d’Etat, ce n’est pas tant d’avoir exprimé son opinion sur l’IN 134 - ce qu’il avait le devoir de faire et qu’il a d’ailleurs fait dans ses explications des pages 26 et suivantes - mais bien la manière dont il l’a fait, à savoir sur la page de présentation du texte soumis à votation. (…)

Il faut évidemment lire les 17 pages de l’arrêt si l’on veut avoir une information complète. Mais nulle part on ne trouvera de condamnation du Conseil d’Etat de la part du TA pour avoir menti. Il est ainsi clair que si le contenu de cette page 18 s’était trouvé, comme il l’aurait dû, dans la partie « Explications des autorités », il n’aurait pas été sujet à caution – dans le sens qu’il n’aurait pu justifier l’annulation d’une votation. Que certains des arguments avancés par le gouvernement soient contestés – sans hurler au mensonge d’emblée – tant mieux, c’est cela qui devrait permettre le débat. Et de démontrer que l’initiative 134 est réellement peu lisible et de fait irréalisable. Si le Réel n’avait pas tant peur d’être confronté à ses propres contradictions, c’est sur ces éléments qu’il accepterait de débattre. Au vu du traitement médiatique réservé à l’événement, il semble que l’on s’éloigne plutôt de ce terrain-là…

10:15 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

"Mais nulle part on ne trouvera de condamnation du Conseil d’Etat de la part du TA pour avoir menti."

Bien évidemment, car là n'était pas la question!
Quelle mauvaise foi!

Et c'est quoi un vrai débat? L'occasion pour vous de répandre vos mensonges?

Écrit par : Johann | 21/11/2008

A la page 15, paragraphe b) l'Arrêt du Tribunal administratif dit explicitement:

"Compte tenu de ce qui précède, point n'est besoin d'examiner les autres griefs des recourants".

Ceci signifie, Olivier, que le TA n'a pas eu à examiner le contenu des affirmations du Conseil d'Etat à la page 18 et donc leur véracité ou non, car la faute commise implique à elle seule l'annulation du scrutin.

La mauvaise fois que tu emploies dans la lecture de cet Arrêt est exemplaire d'une posture bien connue de la part des défenseurs du contreprojet.

C'est d'ailleurs cette volonté acharnée du DIP et de sa court, dont tu fais partie, de faire de la réalité une lecture constamment orientée qui a conduit le cycle d'orientation dans la situation de débâcle que l'initiative 134 se propose d'assainir.

Écrit par : rita bichsel | 21/11/2008

Et si, et si et si.... et si vous étiez un peu de moins mauvaise foi ? oui, MOnsieur Baud, et si la SPG n'existait pas et une certaine caste de votre gauche, (il y a heureusement une gauche un peu plus intelligente, par ex celle de REEL) on aurait pas ces problèmes à GE.Mais il est vrai, on a créé une société d'assistés dans ce canton, qui, pour pouvoir profiter continuera à voter pour ceux qui les nourrissent, c'est à dire les vôtres, qui essaient même de tromper le souverain, .... et ainsi de suite.
Et tout cela commence hélas déjà à l'école, celle que vous défendez.

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 21/11/2008

A Rita : Encore une accusation facile. J'invite justement chacun-e à lire l'intégralité de l'arrêt du TA. Et ce n'est pas parce que le TA donne raison sur un point aux recourants que tous leurs griefs sont justes. Au contraire, tu le dis toi-même, le TA n'a pas examiné la véracité des éléments de la page 18. Eh bien, tant mieux ! Quittons le terrain juridique et la chasse aux coupables. Et autres spéculations sur les élections générales de 2009... La question scolaire devrait primer sur les considérations politiques. Vu que le Réel persiste à dire que les éléments de la brochure - pas seulement ceux de la page 18 - sont mensongers, qu'il accepte d'être confronté aux autres points de vue. Rappelons à cet égard que si l'IN 134 a été refusée par le parlement à la quasi unanimité par 71 non, 1 oui et 5 abstentions, c'est peut-être bien qu'elle avait quelques défauts... non ? Peut-être que dans sa précipitation à vouloir doubler l'Arle dans le dépôt d'une initiative sur le CO, en juillet 2006, le Réel n'a pas pris le temps d'établir un texte cohérent... Il est vrai que cela doit être frustrant de ne pas pouvoir revenir sur son texte alors que pour le contreprojet qui lui est opposé, tout le loisir de l'élaborer et de le corriger est accordé...

Écrit par : Olivier Baud | 21/11/2008

Voilà qui est encore une fois consternant et qui devient inquiétant. M. Baud a-t-il encore toutes ses facultés de discernement ?
Sans doute est-ce peine perdue de lui répondre, je tente tout de même l’exercice.
Vous semblez douter de nos intentions pour les élèves. Sachez donc que tout notre combat, depuis la création de l’Arle, n’est motivé que par notre vision du bien des élèves…tout est une question de point de vue. Pour nous, l’initiative sur le retour des notes (faut-il vous rappeler le résultat ?) passait par là. Il en va de même pour l’IN 134 sur le cycle d’orientation.
Stupéfaction ? Nous n’avons nullement été stupéfiés du résultat de notre recours auprès du TA. Dès le dépôt de ce recours, nous avons dit que ce n’était pas seulement une question de forme mais assurément également de FOND. Vous, au contraire, ainsi que notre ministre en charge du DIP, suivi de sa garde prétorienne, avez affiché une attitude hautaine et sûre de votre légitimité. Vos contorsions et celles du CE tentaient encore de faire croire à un problème de forme, de mise en page !
C’était avant de prendre connaissance des considérants du TA….ce qui est fait maintenant mais ne vous empêche pas de continuer à défendre l’indéfendable… alors que vous êtes pris la main dans le sac. Quelle mauvaise foi.
Aux citoyens de juger ce qu’il ressort réellement du jugement du TA en lisant la totalité du document, mais en voici d’ores et déjà quelques passages qui ne laissent planer aucun doute :
« La brochure ne doit pas donner l’impression que l’autorité détient la vérité absolue sur la question soumise au vote, ce qui serait de nature à influencer la libre volonté des votants. »
« La présentation de l’objet 3 est de loin la plus longue et est rédigée en des termes polémiques… »
« En l’espèce, le texte de présentation discuté, aussi schématique que péremptoire, dont la seule entrée en matière donne le ton de ce qui va suivre en étant intitulée « Une initiative qui n’atteint pas sa cible », va au-delà de la portée descriptive à laquelle devrait se limiter… »
« Par la force des choses, cette prémisse a une signification qui ne peut être comprise autrement que par la volonté du CE d’INFLUENCER l’électeur. »
« Force est de constater que la coloration négative qui en découle transforme ce qui devait être une présentation en une INTERPRETATION du Conseil d’Etat. »
« Ce faisant le CE a failli à son devoir d’information objective. »
« Il prend le risque d’influencer l’opinion d’une manière inadmissible. Cette position partisane n’est pas conciliable avec le devoir d’information objective et équilibrée qu’il se devait de respecter. »
Vous en voulez encore…. ?
Bref, le TA de conclure :
« De l’analyse qui précède, le TA arrive à la conclusion que la présentation de l’IN 134 à laquelle a procédé le CE en page 18 de la brochure est susceptible de VICIER la formation de la volonté de l’électeur. Dans cette mesure, les irrégularités constatées doivent être qualifiée de GRAVES. »
Une chose est sûre M. Baud, cela m’étonnerait que les citoyens accordent leur confiance à un contre-projet élaboré par des gens qui ont manifestement (sciemment et consciemment dixit Moutinot) cherché à les manipuler et à les tromper. Ce contre-projet est à l’image de ses auteurs.
André Duval

Écrit par : Duval André | 21/11/2008

Souhaitons que les lecteurs de ce blog ne soient plus dupes, à la longue, des réelles intentions d'un enseignement-cliché tel que le dispense toute la clique DIPocrate que M. Baud représente.

Il s'agit in fine de péréniser l'électorat de gauche parmi les futures générations tout simplement, en laissant les élèves le plus ignorants possible à la sortie de leur scolarité (ils finiront assistés, c'est bon pour la vision de l'Etat que prône la gauche). Tous incultes si ce n'est analphabètes, sauf pour le catéchisme idéologique et cette terrible lobotomisation basée sur un endoctrinenemet manichéen,simpliste du fonctionnement de la société. Un total et omniprésent noir/blanc caricatural si cher à la "mauvaise" gauche, à la gauche "primaire"-ne voire ici aucune allusion au précieux domaine des instituteurs/trices-: c'est toujours les mêmes les gentils innocents; voire les héros guevarristes, etc, et toujours les mêmes les affreux méchants; sales patrons, sale marché mondial, etc...surtout pas d'analyse plus fine et réflétant la vraie complexité du monde!

Quant aux MENSONGES de la borchure je relève le défi ici, aujourd'hui avec vous M. Baud: le futur nouvel "essentiel en bref" sur l'IN 134, reportée en mai 2009 (au mieux), dira-t-il toujours que cette initiative:

1) sélectionne DEFINITIVEMENT à l'âge de 13 ans ceux qui se dirigent vers des études supérieures des autres élèves du CO (sous-entendu, au pire, que le Contre-Projet, lui, ne ferait bien sûr pas du tout de même)?

2) les élèves les plus faibles sont EXCLUS de la masse des autres élèves en partant sur une voie à part de 4 ans? (on ne parle pas ici des classes-ateliers et des classes-relais ou des classes d'accueil/récents-migrants qui existent déjà au CO actuel et qui sont aussi prévues dans le cadre du C-P)?

3) l'initiative "pour un cycle qui oriente n'est pas "Harmos"-COMPATIBLE?

4) les sections proposées sont en profond désaccord avec les FILIERES post-obligatoires et professionnelles (existantes actuellement ou en mutations quelconques à venir)?

On en reparle dans 6 mois? Si le CE prend le risque de répéter ces MENSONGES (il suffit de lire correctement le texte de l'initiative), alors c'est que nos Ministres sont vraiment très, très joueurs: j'en resterais béhat d'admiration s'ils osaient s'exposer à un nouveau recours, juste pour voir...et vous, alors: on parie quoi? Une dinde à Chateauvieux, pour Pâques?

Écrit par : job | 21/11/2008

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