30/11/2008

Le Lobby parents giflé à Bâle-Campagne

L’initiative pour le libre choix de l’école a été sèchement écartée à Bâle-Campagne par 79% des votants. Avec un week-end de votations aux résultats plutôt décevants, cette nouvelle réconforte. Le score sans appel ne peut que freiner les appétits de celles et ceux qui attaquent le service public ou, à tout le moins, s’ingénient à l’affaiblir et à lui ôter de son sens. Un arrêt définitif de ce genre d’initiative inique serait évidemment souhaitable mais il ne faut pas rêver. (Ou alors, autant croire que la crise bancaire et financière actuelle pourra mettre à mal l’économie de libre marché, voire servir à éradiquer un système qui engendre sa propre perte…) L’école va encore faire les frais d’assauts inconsidérés et il faut se préparer à y résister.

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CO : la réelle trouille de la sanction populaire

Après avoir fait annuler la votation sur le cycle, l’Arle et le Réel se distinguent une fois de plus en déposant un recours – et en le retirant quelques heures plus tard – au sujet du dépouillement. Non contentes d’avoir empêché le peuple de s’exprimer, ces associations trouvent encore le moyen de se poser en victimes. Diantre ! le service des votations ne leur aurait pas répondu assez promptement. Elles voulaient en effet s’assurer que le décompte des votes sur les objets 3, 4 et 5 (IN 134, contreprojet et question subsidiaire) n’aurait pas lieu, afin que ces résultats partiels ne soient pas transformés en une sorte de sondage. A vrai dire, cette absence de décompte était acquise et personne n’aurait vraiment intérêt à connaître ces résultats puisqu’ils sont faussés avant même d’exister. Mais la panique des initiants en dit long sur leurs doutes profonds, que leur arrogance n’arrive pas toujours à masquer. On pourrait presque croire qu’ils avaient déjà préparé leur communiqué sur leur probable défaite du 30 novembre et que seul l’arrêt du Tribunal administratif leur a apporté une ultime bouée de secours. Le Réel et l’Arle s’y agrippent avec l’énergie du désespoir, mais le 17 mai 2009 est lointain et les crampes les guettent.

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21/11/2008

Votation CO : le vrai débat lui aussi est reporté… (pour autant qu’il ait lieu un jour)

L’hypocrisie continue. Mardi soir, 18 novembre, on apprenait que le Tribunal administratif (TA) annulait la votation sur le cycle. Et les auteurs du recours, victorieux, versaient alors des larmes de crocodile sur le sort des élèves qui allaient pâtir de cette décision. Jeudi soir, les considérants de l’arrêt du TA étant enfin publics, les représentants du Réel et de l’Arle feignaient la stupéfaction devant les faits reprochés au Conseil d’Etat et tentaient d’enfoncer le clou par tous les moyens. Pourtant, toute personne sensée imaginait bien que si le TA avait annulé une votation, fait pratiquement sans précédent, ce n’était pas pour une raison futile. Par ailleurs, toutes les parties reconnaissaient le défaut d’objectivité de la page 18. Certains allaient toutefois plus loin. Il faut rappeler que le Réel, dans le texte qui figure sur son site, parlait bien de mensonges et mettait en cause les pages 18, 26, 27 et 28 de la brochure. Or, que dit l’arrêt du TA ? Il confirme effectivement que « le Conseil d'Etat a failli à son devoir d'information objective », ce que chacun avait pu observer au sujet de la page 18, « L’essentiel en bref ». Mais il rajoute que (pp. 14 et 15) :

(…) Il est vrai que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le Conseil d’Etat n’est pas tenu à la neutralité. En d’autres termes, il peut exprimer son opinion, ce qu’il a fait d’ailleurs dans ses explications en page nos 26, 27 et 28 de la brochure. (…) En l’occurrence, ce qui peut être reproché au Conseil d’Etat, ce n’est pas tant d’avoir exprimé son opinion sur l’IN 134 - ce qu’il avait le devoir de faire et qu’il a d’ailleurs fait dans ses explications des pages 26 et suivantes - mais bien la manière dont il l’a fait, à savoir sur la page de présentation du texte soumis à votation. (…)

Il faut évidemment lire les 17 pages de l’arrêt si l’on veut avoir une information complète. Mais nulle part on ne trouvera de condamnation du Conseil d’Etat de la part du TA pour avoir menti. Il est ainsi clair que si le contenu de cette page 18 s’était trouvé, comme il l’aurait dû, dans la partie « Explications des autorités », il n’aurait pas été sujet à caution – dans le sens qu’il n’aurait pu justifier l’annulation d’une votation. Que certains des arguments avancés par le gouvernement soient contestés – sans hurler au mensonge d’emblée – tant mieux, c’est cela qui devrait permettre le débat. Et de démontrer que l’initiative 134 est réellement peu lisible et de fait irréalisable. Si le Réel n’avait pas tant peur d’être confronté à ses propres contradictions, c’est sur ces éléments qu’il accepterait de débattre. Au vu du traitement médiatique réservé à l’événement, il semble que l’on s’éloigne plutôt de ce terrain-là…

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19/11/2008

Une votation sur le cycle qui désoriente…

Une victoire à la Pyrrhus, le recours gagné par les tenants de l’initiative 134 ? Personne ne disait véritablement le contraire hier soir sur le plateau de Léman Bleu. Et chacun s’accordait à : 1) déplorer que les élèves paient le prix du report de la votation ; 2) souhaiter que le vrai débat puisse enfin avoir lieu. Nous verrons si le délai imparti permettra d’engager des discussions sur le fond. Au vu des invectives qui ont fusé du côté de l’Arle, on peut en douter. Quant à la cohérence du cursus scolaire de l’élève, de 4 à 15 ans, elle n’était pas promise pour demain, mais elle s’éloigne encore plus, hélas. L’Arle et Réel étant toujours prompts à se présenter en victimes, il n’était certes pas très malin de leur tendre la perche en produisant cette fameuse page 18 de la brochure de la votation cantonale du 30 novembre. Mais accuser en retour le département de « mensonge » « tricherie », « tromperie », « forfaiture », d’avoir fourni « un matériel de vote fallacieux », etc. comme l’ont fait sur les ondes les représentants de Réel et de l’Arle montre que leur hargne conduit à certains dérapages. Le texte de la page 18 n’était pas à sa place car il ne présentait pas objectivement l’IN 134 ; il n’en demeure pas moins vrai que, globalement, les éléments avancés sont défendables. Nous ne saurons jamais si Réel engrangera davantage de votes en sa faveur grâce à cette décision de justice, condamnant la maladresse du Conseil d’Etat ou si, au contraire, le peuple agacé par ces péripéties rocambolesques sanctionnera les initiants. Mais il serait inquiétant que l’attitude plutôt indigne qu’ils ont eue face au conseiller d’Etat leur rapporte des points. Pour des enseignants du secondaire qui parlent des maîtres avec un grand ‘M’ et se gargarisent des mots « Respect » et « Autorité », ils ont donné un bien piètre exemple.

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09/11/2008

Réel : que des mensonges !

« Attention aux mensonges ! » avertit Réel pour défendre son initiative sur le CO (IN 134). L’association se fend d’un texte de 4 pages ( http://www.reseau-reel.ch/contra-mensonges.pdf ) pour détailler les « nombreuses (sic) mensonges » (11 en tout) qu’elle a relevés dans la brochure de la votation du 30 novembre. Une contre analyse de ces gémissements et arguties serait fastidieuse. Mais la lecture de ce document vaut la peine car, assurément, pour le lecteur attentif, son contenu est révélateur de l’infaisabilité et de la dangerosité de ce projet très sélectif, et ne peut que le pousser à voter NON à l’IN 134. Par ailleurs, en admettant que certaines récriminations de Réel soient fondées, ne faudrait-il pas voir là un autre signe – à moins d’accuser formellement les autorités de mentir sciemment – que cette initiative, de par sa complication extrême et ses lacunes, laisse une part belle aux interprétations et se révèle de fait incompréhensible ? Lors d’une votation populaire, le peu de lisibilité d’un objet implique qu’il soit rejeté.

 

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La Poste se fiche du monde depuis longtemps !

Le courrier A qui n’arrive pas le lendemain, c’est monnaie courante. Cela fait belle lurette que les délais, la Poste s’en tamponne ! Aussi, découvrir dans la presse du week-end qu’elle a enfin reconnu ce dysfonctionnement est assez plaisant. Mais qu’elle ose prétendre que les délais étaient encore, hier, tenus à 97% (Le Matin du 8 nov.) en dit long sur sa communication défaillante. N’aurait-il pas été normal, par ailleurs, que les utilisateurs que nous sommes aient été informés par la Poste que le fait d’affranchir le courrier en ‘A’ ne garantissait plus rien ? Au lieu des ronflantes publicités sur l’attente maximale au guichet dont on se contrefiche ? Car il vaudrait mieux ne pas supprimer les boîtes aux lettres ni fermer à tour de bras des offices postaux… Depuis que la Poste n’est plus un service public et qu’elle nous inflige dans ses halls des éventaires remplis de bombonailles et autres produits de consommation qui n’ont rien à faire en ces lieux, la priorité est clairement ailleurs que dans un acheminement postal digne de ce nom. En tant que responsable syndical, même si le volume de mes envois postaux est proportionnellement infime, je suis bien placé pour savoir que les lettres que j’envoie (en courrier A et remises avant 17h00 au guichet), par exemple aux quelque 200 écoles primaires du canton, ne parviennent pratiquement jamais aux collègues le lendemain. Le dernier envoi, une convocation à l’Assemblée des délégués, parti mardi est arrivé dans la plupart des cas le vendredi seulement, avec toutes les incompréhensions que cela peut susciter. Cela complique la vie des associations quand des documents sont par exemple censés parvenir aux membres quinze jours à l’avance. Les alternatives n’existent pas vraiment car la Poste vous fait bien comprendre, si vous osez réclamer, que si vous ne voulez pas payer le tarif A, alors, avec le B, là, il ne faudra pas vous étonner si ça prend 15 jours ! Etre obligé de payer le prix fort et n’avoir aucune garantie n’est pas normal. Il serait plus simple de n’avoir qu’un seul tarif – vu que par ailleurs la différence n’est pas toujours évidente, des courriers B étant apparemment livrés avant des A parfois… Mais il faudrait surtout que la Poste se concentre sur la tâche qui lui est normalement dévolue – transmettre le courrier, ce serait déjà ça ! - et que la population, elle, comprenne que le démantèlement des services publics auquel nous assistons, au prétexte d’amélioration des prestations grâce à la concurrence, de rentabilité de chaque secteur, ne peut que conduire à des iniquités de ce type, qui ne sont hélas pas terminées et dont la gravité ira croissant.

 

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01/11/2008

Une votation en deux temps sur le CO

Les Genevois voteront le 30 novembre sur l’avenir du cycle d’orientation (CO). Cette votation ne connaît aucun précédent et s’annonce compliquée à bien des égards. Jamais le peuple n’a été amené à se prononcer sur deux initiatives portant sur le même objet. C’est pourquoi il votera d’abord sur l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » et son contreprojet (PL 10176) en automne, et ensuite, au printemps 2009, sur celle de la Coordination Enseignement « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes » (IN 138). Il y aussi fort à parier que la population peinera à comprendre les enjeux, voire à s’intéresser à des débats où chaque partie pourra sembler défendre des principes identiques (par exemple : retarder la sélection) mais en accusant l’autre de préparer le contraire. Et ce n’est pas la lecture des articles de loi proposés qui apportent une vraie clarification. Nous sommes à l’évidence loin de la petite initiative simpliste du 24 septembre 2006 (IN 121) qui tenait en trois lignes… Il y a toutefois une priorité : éliminer l’IN 134. En effet, l’initiative de Réel est dangereuse, méprisante vis-à-vis du primaire et doit perdre à tout prix. Imaginer que, dès le départ, suivant leurs résultats en sixième, des élèves feront leur cycle en quatre ans et que cette année supplémentaire servira à combler toutes les lacunes en dit long sur le peu de considération qu’ont les « Réeliens » pour le niveau d’enseignement qui précède, et sur leur propre suffisance aussi. Mais ce sont surtout les élèves qui paieraient cher cette manière absurde de perpétuer l’échec en les étiquetant de la sorte. L ’étanchéité relative entre les six ( !) sections dès la huitième, où il ne serait possible de bifurquer que vers les filières moins exigeantes, comme si les élèves ne pouvaient progresser au-delà d’un niveau prédéterminé, est aussi révélatrice de la vision fataliste et hyper sélective des initiants. Idem pour la conception passéiste des classes relais poubelles que promeut l’IN 134. Le NON s’impose donc. Faut-il pour autant dire OUI au contreprojet ? Le retour aux trois sections d’antan (latine-scientifique / moderne / générale) rebaptisées « Scientifique-littéraire », « Langues vivantes et communication » et « Communication et technologies », en remplacement des niveaux A et B (et C) n’a rien d’affriolant. Le PL 10176 a toutefois été remanié dernièrement et, s’il ne constitue toujours pas une solution acceptable en soi, on peut d’une part estimer que le système de passerelles où de véritables moyens seront offerts aux élèves pour évoluer, grâce à une aide individuelle, dans les différents niveaux suivant leur motivation est intéressant et, d’autre part, que sa réalisation, si d’aventure il l’emportait, permettrait des ajustements en cours de route (alors que l’IN 134 est simplement irréaliste rien que du point de vue de sa mise en place). Il est donc clair que l’on ne peut pas mettre sur le même plan l’IN 134 et le PL 10176, et qu’il convient de supprimer d’entrée de jeu celle qui est aberrante. Un OUI au contreprojet du Conseil d’Etat se justifie donc. Il ne faut toutefois pas oublier qu’une mobilisation importante en faveur de l’IN 138 sera nécessaire dans un deuxième temps pour faire aboutir le seul projet cohérent, qui prend en compte toute la scolarité obligatoire et davantage. Ce n’est pas un hasard si le corps enseignant primaire a récolté près de la moitié des signatures de l’IN 138 à l’époque. Et les idéaux sont toujours là. Les adversaires de l’IN 138 auront beau jeu de rappeler que la septième hétérogène a déjà été refusée par le peuple. Mais cela remonte quand même à huit ans (4 mars 2001), dans un contexte très différent ; il faudra mesurer l’évolution des mentalités, même sur une période aussi courte, et garder espoir. Car le pari d’éducabilité est valable pour tous, non ?

 

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