23/01/2009

Conseils d’établissement : différencier ou différer ; ne pas généraliser sans discernement

Le règlement sur les conseils d’établissement (C1 10.19) fixe un cadre sûrement trop rigide ; raison pour laquelle la position de la fédération des enseignantes et enseignants genevois (FEG) recommande la mise en place de conseils sur une base volontaire. Par ailleurs, peut-on vraiment croire que l’enseignement secondaire suivra la voie du primaire l’an prochain ? Mais le vrai problème réside dans le fait que l’objectif recherché par la mise en place des conseils d’établissement n’apparaît toujours pas clairement. Il est assez facile de brandir les principes de la démocratie participative et le besoin de prendre en compte les contextes locaux pour justifier l’instauration d’une instance de dialogue. Mais si justement, comme nous le savons, les écoles connaissent des réalités bien différentes, n’est-il pas contradictoire de vouloir imposer le même modèle partout ? Comment peut-on prétendre que le conseil donnera davantage d’autonomie à l’établissement alors que ce dernier ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour le constituer ? Certains établissements, en collaboration avec leur association de parents d’élèves (APE), ont une pratique du conseil qui leur est propre et qui leur donne satisfaction ; autant leur permettre de continuer selon leurs propres modalités. D’autres veulent se lancer ; tant mieux ! D’aucuns enfin ne sont pas du tout prêts à démarrer dans le contexte actuel ; autant leur accorder le temps d’y réfléchir et de laisser la possibilité, cas échéant, à une APE de se créer. Imposer les conseils à tout l’enseignement primaire dès demain uniquement à des fins politiciennes et pour asseoir la légitimité quelque peu chancelante des 93 directeurs d’établissements débutants, au mépris des vrais besoins du corps enseignant et des élèves, est le scénario à éviter.

15:48 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Bonjour,

Moi, ça me laisse pantoise, cette organisation gigantesque pour ne même plus arriver aux résultats d'antan, lorsque les choses étaient plus simples....
là, franchement, on met en place un bulldozer pour cueillir les pâquerettes....(avec en plus des directeurs, les conseils d'établissements et autres ....)
Un moment de ma vie, lorsque nous voyagions, nous n'avions pas d'autre choix qu'apprendre les basics à nos enfants à la maison (et en plus, en anglais, qui n'était pas ma langue maternelle) J'y passais 1h30 -2h à tout casser par jour, pour les programmes de base , lire écrire et compter. A côté de ça, on bricolait, on chantait, on faisait plein de trucs spontanés suivant l'intérêt des enfants; et lorsque mes mômes ont intégré l'école, elles étaient en avance.

Alors, je sais très bien qu'on ne peut pas généraliser cette forme de tutorat, pour toutes sortes de raisons: néanmoins, cela montre qu'il n'y a pas besoin d'une organisation lourde pour l'enseignement primaire: toute cette organisation grandissante de l'école, de plus en plus lourde, me semble tellement exagérée...

S'il fallait tout ça pour éduquer les enfants, les gens du tiers monde n'auraient personne à l'Uni.....les enfants qui suivent l'école par correspondance échoueraient tous....

Un peu comme si à Genève les enfants finalement étaient là pour justifier cette énorme organisation qu'est devenue l'école, au lieu du contraire, rires, c'est à dire l'école au service de l'éducation des élèves.

Je sais, je sais, je suis un peu décalée, mais d'avoir vécu plusieurs systèmes éducatifs (genevois et français pour moi-même, et pour mes enfants, à domicile, primaire en anglais, système suisse allemand, français et genevois , puis école par correspondance pour mon plus jeune qui a des soucis de santé ) toute cette organisation genevoise surdimensionnée me laisse un peu pantoise....

J'ai donc tendance à considérer qu'en ce moment à Genève, l'école est instrumentalisée en objet politique et que le pédagogique vient un peu au second plan.....sinon, comment justifier de retirer des prestations aux enfants pour faire des économies (dossier MS), tout en instaurant des directeurs grassement payés qui pour certains délèguent aux enseignants les tâches accomplies jusqu'ici par les MP sur temps déchargé, mais que les enseignants doivent accomplir à présent sans temps de décharge?

A méditer...

Sur ce, bonne journée neigeuse!

Meilleures salutations.

Écrit par : arkencielle | 24/01/2009

@arkencielle "Décalée" en effet: vous allez finir par demander la réintroduction de la notion de bon sens dans le affaires publiques, si on ne vous arrête pas ...

Écrit par : Mère | 26/01/2009

"Conseils d'établissement". Il fut une époque où les gens envoyaient leurs enfants à l'école avec le sentiment qu'ils y seraient traités avec équité qu'ils ne se déchargeaient pas de leur responsabilité en faisant confiance à cette institution. Certains étaient certes conscients qu'il pouvait y avoir des injustices et quelques abus d'autorité, mais ils étaient en général réglés par des "Tu sais, ça c'est la vie" accompagnés de quelque marque de tendresse et d'encouragement. Depuis lors, le doute généralisé s'est installé, comme une forme de la démocratisation de la pensée critique, quelques avocats sont intervenus de manière plus ou moins opportuniste dans dans des conflits particuliers et, en réponse l'institution scolaire a mis en place des structures censées rassures les parents d'élèves et éviter une encore plus grande intervention dans ses affaires. C'était dans l'air du temps et probablement en partie sous l'influence toujours omni-présente des systèmes anglo-saxons, américain en particulier, qui préfère le contrôle par les lobbies représentant des intérêts plus ou moins particuliers au contrôle par l'Etat, le grand ennemi.
Voilà à quoi me font penser ces structures, qui mobilisent relativement peu de gens, généralement issus de la classe moyenne, dont les enfants ont peu de problèmes scolaires mais qui, pour des raisons politiques ou par désir de faire du bien parleront à la place des autres, les moins privilégiés, tout en donnant mauvaise conscience à ceux qui n'y participent pas, auraient-ils bien les meilleurs raisons du monde.

Écrit par : Mère | 31/01/2009

Bonsoir,

Je viens de voir qu'Harmos est adopté, puisqu'aucun référendum n'a été lancé dans les limites requises...(je n'avais même pas compris qu'il fallait un référendum pour contrer ce projet)

Comme il a déjà été évoqué, je suis très surprise que l'on nous annonce que l'école sera désormais obligatoire à 4 ans....

Je suis donc allé relire la loi sur l'Instruction Publique, toujours en vigeur:

Il y est bien mentionné que c'est l'instruction qui est obligatoire, et non l'école...

De plus, comment, sous couvert d'harmonisation, on peut, sans voter, décréter que l'école sera obligatoire à 4 ans, alors que la loi dit 6 ans?

Une explication?

Bonne soirée!

Ark

Écrit par : arkencielle | 09/02/2009

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