02/10/2009

Modifier l'horaire scolaire : un défi sensé ?

Au moment où paraissent les résultats de l'enquête sur l'horaire de l'élève (www.spg-syndicat.ch), réalisée auprès de l'ensemble du corps enseignant primaire, il n'est pas inutile de rappeler les propos tenus par le syndicat lors du démarrage de la concertation.

Le 28 avril, le département de l’instruction publique (DIP) a organisé une séance destinée à annoncer la mise en place d’une commission générale HarmoS et horaire scolaire. Le lancement officiel de la concertation a permis aux partenaires principaux (ACG, GAPP et SPG) de s’exprimer brièvement sur le sujet. Voilà, en résumé, les éléments que j’ai retenus pour effectuer mon intervention:
« La SPG a pris acte de la volonté politique d’augmenter l’horaire scolaire en 2011. Elle n’a pas de position sur cette question pour le moment et consultera sa base en temps voulu. En effet, malgré l’enquête téléphonique du service de la recherche en éducation (SRED, déc. 2008) auprès des parents et le questionnaire du GAPP (mars 2009), l’association professionnelle a choisi de faire preuve de retenue, pour ne pas ajouter de la confusion et permettre à la concertation de démarrer, si possible et nonobstant ces initiatives, de manière coordonnée. La SPG se veut la garante d’un débat correct, sans manipulation. Il est ainsi prématuré de prétendre, comme le fait le tous-ménages du DIP, Les Clefs de l’Ecole (avril 2009), que l’enseignement primaire doit passer de 28 à 32 périodes. Et il est mensonger d’affirmer sans nuance que c’est l’harmonisation scolaire suisse qui poserait cette exigence.
L’horaire de l’écolier actuel, en vigueur depuis 1997, est le fruit d’une longue et large consultation. Elle a permis aux parents et aux enseignants d’obtenir une solution contraire aux vœux de la conseillère d’Etat de l’époque, Mme Martine Brunschwig Graf. Aucune heure d’enseignement n’a été perdue dans le changement (la suppression du samedi matin d’école, qui subsistait une semaine sur deux) et cet horaire réparti sur quatre jours, identique dans tout le canton, donne satisfaction.
Pour justifier sa récente décision, le département invoque aussi la corrélation entre les résultats à PISA et le temps passé à l’école. Outre l’inexactitude de ce propos, la SPG y voit un certain paradoxe. Le DIP s’est ingénié à démontrer – de façon tout à fait convaincante – que le classement dont bénéficie Genève n’est pas représentatif de la réalité, que la prise en compte des non natifs, entre autres, apporte une autre vision. Il a également fait part de sa méfiance à l’égard des palmarès. Mais il donne aujourd’hui l’impression pathétique d’être résolu à tout pour gagner des places… Quant à l’introduction de l’anglais (pas avant 2012), autre raison avancée pour augmenter l’horaire, il ne concerne que deux degrés sur huit.
Mais pourquoi, selon de DIP, seul l’enseignement primaire serait concerné par la modification de l’horaire ? Parce qu’il faut faire comme les autres et avoir quatre jours et demi d’école ? Cet argument, qui a été prononcé par les autorités, paraît quand même léger. La scolarité obligatoire compte bien onze degrés et c’est à la cohérence du tout qu’il faut veiller. Par ailleurs, la logique des minutes n’est pas la meilleure entrée. La grille horaire du primaire est indicative et doit le rester. Les enseignants primaires ne donnent pas leurs cours chronomètre en main ; leur professionnalisme les oblige d’abord à identifier les besoins des élèves et à y répondre. Si les comptes d’apothicaires sont à éviter et que les chiffres recèlent un côté rébarbatif, le document de l’IRDP sur le temps scolaire effectif des élèves de la Suisse romande et du Tessin mérite d’être utilisé (un autre sujet serait de déterminer dans quelle mesure le temps effectif passé en classe correspond à un véritable temps d’enseignement…). Fribourg, canton souvent cité en exemple, totalise 494'950 minutes pour les degrés 1 à 9 actuels ; Genève seulement 448'710. La différence est donc de 46'240 minutes. Mais ce déficit concerne surtout le cycle d’orientation genevois qui accuse, pour trois degrés seulement, un retard de 20'830 minutes, contre 25'410 pour les six années qui précèdent. Cette comparaison prouve que le secondaire 1 fait bien partie de la problématique.
En conclusion, la SPG désire une vraie concertation, une consultation coordonnée, où les dés ne sont pas pipés, et où priment les intérêts des élèves et du corps enseignant de toute la scolarité obligatoire. »
(texte paru dans l’Educateur du 22 mai 2009)

17:27 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Bonne analyse, Monsieur Baud.

Bon courage....

Écrit par : vieuxschnock | 02/10/2009

C'est Madame Anne Emery Torracinta qui était l'opposante
de la première heure aux baisses d'impôts. Comme Madame
Véronique Pürro, Madame Anne Emery est très démagogue.
Et surtout très généreuse avec l'argent des autres, en
particulier celui des entreprises.

Madame Anne Emery, fille de Monsieur Claude Torracinta,
enseignante d'histoire au Département de l'Instruction
publique, rémunérée en classe 20 de l'Etat (8000.- par
mois), épouse de Monsieur Pascal Emery, Directeur du
Collège et Ecole de commerce Emilie Gourd (près de
14'000.- par mois), avec qui elle habite une villa cos-
sue à la route d'Athenaz à Sézegnin. Dans le genre so-
cialisme parquet et gauche caviar, on avait déjà eu
Madame Marianne Extermann, ex-Directrice générale de
la DGPO, épouse de Monsieur Laurent Extermann, ex-Di-
recteur adjoint au CEPTA, ancien Président socialiste
du Conseil municipal de la Ville de Genève, élu à l'As-
semblée constituante de la République et Canton de Ge-
nève. On a aussi Daniel Pilly, Directeur général de la
DGPO, ex-Président socialiste du Conseil municipal. Com-
me le dit si bien Monsieur Christian Brunier, ex-Prési-
dent du Parti socialiste genevois, Directeur de la comm
au SIG : quand on a un salaire de 240'000.-, l'argent
n'a finalement pas grande importance... Croire que le
Parti socialiste défend la classe ouvrière est un leur-
re. C'est d'abord un parti de hauts fonctionnaires de
l'Etat de Genève, qui défendent leurs privilèges et
leurs salaires. Les enseignants secondaires réclament
d'ores et déjà la classe 22. Et les enseignants pri-
maires qui ont pourtannt bénéficié d'une réévaluation
de leur salaire de deux classes salariales vers le haut
(classe 18 désormais, avant : 16) grâce au Conseiller
d'Etat Charles Beer refusent délibérément le plan d'har-
monisation scolaire romand HARMOS, qui voudrait une ex-
tension de l'horaire scolaire au mercredi matin. Nous
ne parlerons pas du cadeau fait à certains fonction-
naire avec la création de 93 postes de directeurs en
classe 24 de l'Etat. Alors qu'autrefois 25 inspecteurs
rémunérés en classe 18 suffisaient à assurer le fonc-
tionnement administratif de l'Ecole primaire et de l'E-
cole enfantine.

Les études PISA montrent que les élèves genevois sont les
pires cancres de la Suisse romande. Peut-être serait-il
bien aussi d'évaluer les enseignant(e)s genevois(e)s, qui
de toute évidence auraient quelques préceptes à apprendre
de leurs collègues vaudois, valaisans et fribourgeois.

Les socialistes genevois n'ont qu'un objectif : saigner
l'Etat et détruire l'économie genevoise dans le but d'aug-
menter la bureaucratie, comme dans Le meilleur des mondes
d'Aldous Huxley et 1984 de Georges Orwell.

J'espère bien que ni Madame Véronique Pürro ni Madame Anne
Emery Torracinta n'accéderont jamais au Conseil d'Etat. Et
que le prochain Grand Conseil veillera à mettre un terme
au parasitisme engendré par le Parti socialiste genevois.

Écrit par : Alain Fernal | 01/11/2009

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