12/09/2010

Les doyens du CO ont fait grève. Et les maîtres adjoints du primaire ?

Le vendredi 2 juillet 2010, dernier jour officiel d’école avant les vacances d’été, les quatre-vingts doyens du cycle d’orientation (CO) ont débrayé pendant une demi-heure ; c’est ce que nous apprend Le Courrier du 6 juillet. Cette action n’avait rien à voir avec le débrayage massif de l’enseignement primaire du 15 juin, et donc aucun rapport avec les menaces planant sur les caisses de pension. La nouvelle est passée plutôt inaperçue et, contrairement à la mobilisation du primaire, n’a pas suscité une réaction outrée du député libéral Pierre Weiss – pas d’interpellation urgente écrite (à ma connaissance du moins). Il faut dire que les élèves du CO étaient déjà libérés depuis une dizaine de jours…

Mon propos n’est toutefois pas de commenter les raisons de cette mini-grève du secondaire 1. Mais plutôt de remercier les doyens d’attirer ainsi l’attention sur certaines réalités – ou plutôt disparités, devrais-je dire. Grosso modo, les quelque quatre-vingts doyens, à raison de quatre par CO, bénéficient chacun d’une décharge de 50% ; cela représente donc l’équivalent de 40 postes à plein temps. Au primaire, les maîtres adjoints effectuent des tâches comparables aux doyens. Mais les décharges uniques de 25% ou de 50% sont réservées aux grands établissements (de la taille d’un CO moyen). Ainsi, un établissement de 700 élèves ne bénéficie que d’un 50%, et le total de ces décharges pour l’enseignement primaire équivaut à 5 postes environ. En admettant que l’on veuille attribuer au primaire des forces de cet ordre égales à celles du CO, proportionnelles, il faudrait délivrer plus de 100 postes supplémentaires de maîtres adjoints.

Le deuxième manque d’équité se révèle au niveau de la reconnaissance de cette responsabilité et de l’indemnité octroyée. Les doyens touchent 9'042.50 francs par an (753.55 fr. x 12 mois). Les maîtres adjoints, eux, peuvent tout juste compter sur environ 1'710 francs par an, quand les factures sont honorées… Cet éclairage n’est qu’un exemple de l’inégalité qui règne dans l’attribution des ressources au primaire et au secondaire 1. Des comparaisons entre les postes de secrétaires, bibliothécaires, infirmières, assistants sociaux, psychologues, etc. montreraient des différences similaires ou plus profondes encore. Dans ces conditions, et si aucun signe de correction n’est amorcé, comment imaginer la mise en place d’une scolarité obligatoire cohérente sur 11 degrés (de 4 à 15 ans) ? Comment croire à la création d’une direction générale de l’enseignement obligatoire, annoncée par le département de l’instruction publique (DIP) depuis un certain temps, et déjà reportée quelques fois… ?

19:35 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook