17/10/2010

Cyclokamikaze

cyclo08.JPGDresser quelque 350 contraventions à l’encontre des cyclistes ne résout rien. L’opération de Pierre Maudet ne rassure personne et la police municipale devrait avoir mieux à faire que de traquer les cyclistes qui osent rouler sans sonnette. Pire, le conseiller administratif de la Ville de Genève aggrave la situation en usant d’un vocabulaire déplacé. En traitant les cyclistes de « cycloterroristes », il dresse les uns contre les autres. Rouler en vélo devient périlleux tant l’agressivité des automobilistes et de certains piétons va croissante. Beaucoup ignorent simplement les droits des cyclistes, ne les respectent donc pas, et se croient dans leur « bon droit » de coincer les vélos ou d’insulter leurs propriétaires. Et si les autorités les encouragent, cela devient insupportable. Essayez pas exemple de pédaler sur le trottoir du pont de la Coulouvrenière, là où c’est parfaitement autorisé… Quant aux conditions de circulation, elles sont épouvantables. On ne compte plus le nombre de pistes cyclables aberrantes, qui s’arrêtent sans crier gare. Impossible également d’utiliser une piste cyclable sans tomber sur un véhicule garé qui barre le passage. A propos, combien de contraventions pour stationnement illicite sur les pistes cyclables tombent-elles par mois ? Probablement zéro, tant il est vrai que l’on peut observer des voitures parquées pratiquement en permanence sur les bandes réservées aux cyclistes, et ce sans jamais le moindre papillon. Le summum est atteint quand il y a des travaux sur la chaussée. Là, les cyclistes ne comptent plus du tout. Dans le quartier de Saint-Jean, il y a des exemples ahurissants. Ainsi, en remontant la rue du Contrat-Social, la piste cyclable se termine brutalement à cause d’un chantier (aucune signalisation de travaux n’est posée en bas de la rue) et un aimable panneau invite les cyclistes à passer à gauche. Le problème, c’est que s’ils suivent l’indication, ils se jettent sur les voitures qui débouchent du chemin du Furet et qui n’ont aucune raison de s’attendre à voir des vélos arriver en sens inverse. Cette situation dure depuis plusieurs semaines et c’est une chance inouïe s’il n’y a pas encore eu un accident grave. Même si le bus 7 qui passe par là conduit à l’hôpital, aucun cycliste n’a envie de s’emplâtrer sur son pare-brise… à moins d’être un kamikaze et de vouloir se sacrifier pour faire avancer la cause.

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