29/05/2011

Encore une pétition sur l'école...

Apparemment, un référendum contre l’horaire scolaire ne suffisait pas. Voilà le groupement des associations de parents d’élèves (GAPP) qui lance sa pétition. On peut se réjouir de ce frémissement du GAPP, plutôt habitué ces derniers temps à dire ni oui ni non bien au contraire et donc à ne prendre position sur rien – en particulier lors de votations populaires sur l’école, ce qui est un comble. Incapable de se déterminer lors de la consultation sur l’horaire scolaire, s’autorisant à fustiger l’avis des enseignant-e-s, tournant au moindre vent, le GAPP réclame tout à coup davantage de moyens, rejoignant les revendications du syndicat, exprimées elles clairement depuis des lustres. Mais face à un parlement majoritairement méprisant à l’égard de l’enseignement primaire et ignorant de la réalité des huit premiers degrés de l’école, à quoi peut bien servir une pétition ? A moins de faire plus que les 17'000 signatures récoltées pour le latin récemment, on peut avoir des doutes sur l’utilité de la manœuvre. On peut certes souhaiter que ce texte permette à toutes les citoyennes et à tous les citoyens qui ne peuvent signer un référendum (en particulier les parents qui n’ont pas la nationalité suisse) d’exprimer leur inquiétude sur la politique scolaire menée depuis deux décennies. En cela, la pétition jouera, je l’espère, un rôle complémentaire au référendum contre le mercredi matin d’école. Cependant, il faudrait être naïf pour ne pas voir dans l’initiative du GAPP une manière de détourner l’attention du vrai enjeu et de porter atteinte au référendum. Dans le débat toujours difficile qui règne dès qu’il s’agit d’école, il faut craindre que deux textes circulant en même temps ne soient confondus et que certain-e-s signataires de la pétition déclinent ensuite l’offre d’apposer leur signature sur le référendum, pensant à tort l’avoir déjà fait. Personnellement, sur les stands et ailleurs, je ferai signer les deux textes, en accordant une priorité bien naturelle au référendum. Je pense même que nombre d’APE (associations de parents d’élèves) procéderont de même. En effet, dès que le référendum contre le mercredi matin sera lancé (début juin), il faudra s’activer afin qu’au minimum 7'000 signatures valables soient récoltées en 40 jours.

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