28/12/2011

Contre-vérités sur le mercredi matin d'école

Trois profs de l’enseignement secondaire, MM. Ramadan, Paparou et Deshusses, annoncent dans Le Courrier de ce jour la naissance d’un comité de soutien au mercredi matin d’école. Il faut remercier ces membres (ou très proches) du parti socialiste (PS) pour leur article. Il est en effet emblématique des mensonges, manipulations, omissions et contre-vérités qui entachent ce dossier depuis longtemps. C’est un vrai tour de force d’arriver à tordre la réalité en si peu de lignes. Et une gageure de relever ici toutes les inexactitudes pour essayer de rétablir la vérité. Je pourrais passer sur le fait qu’il est amusant – les médias l’ont fait avant eux – de ne citer que (d’opposer en fait) la SPG et le MCG. Il est moins accrocheur de dire que le référendum – 18'000 signatures ! – était aussi soutenu par solidaritéS et des comités de parents qui on récolté bien plus de paraphes que le MCG. Mais de quel droit ces messieurs affirment-ils que les opposants au changement d’horaire à l’école primaire ne peuvent pas compter sur le soutien de la CGAS, de la FEG et du SER ? Contre toute attente, la CGAS, acquise au départ au mercredi matin, ne prendra pas position car elle a entendu les arguments des référendaires. Ses membres demeurent certes partagés, ce qui est compréhensible du fait que tous n’ont pas pu écouter le débat qui a eu lieu entre le DIP et la SPG le 16 novembre. La FEG, elle, malgré le soutien actif du SSP et des écoles de musique, ne prendra pas non plus position à cause d’une seule de ses composantes, la FAMCO, qui a fait valoir son droit de veto. Selon sa présidente, Mme Moyard – députée PS, un hasard – les enseignants du CO seraient favorables à asséner aux élèves de 8 ans un horaire égal à ceux des élèves de 14 ans : ce n’est pas ce que nous ont dit les nombreux enseignants du secondaire qui ont signé le référendum. Quant au SER, c’est absolument faux de dire qu’il ne le soutient pas puisqu’il a pris position le 16 juin 2011 en sa faveur et participera financièrement à la campagne pour la votation du 11 mars 2012 afin que cette loi qui propose un horaire démesuré soit rejetée (voir mon blog du 16 juin 2011).

Faute d’arguments, ce nouveau comité ironise en se demandant s’il faut « inventer la semaine d’un après-midi ». Ou invoque la votation de 1982 en la rebaptisant « initiative pour la suppression de la semaine de quatre jours et demi » alors qu’il n’était pas du tout question de cela – seule la suppression du samedi matin était en jeu et un report des heures sur le mercredi matin ou le jeudi, si la loi avait été acceptée n’était pas du tout exclu (cf. mémorial du GC du 14 septembre 1979). Jouant sur cette interprétation, le comité prétend aussi que la SPG se serait « opposée à la suppression de la semaine de quatre jours et demi » alors que l’enjeu portait sur le samedi. Enfin, en tant que défenseurs de « la démocratie », M. Ramadan et consorts veulent rappeler que c’est « le gouvernement monocolore » qui a supprimé le samedi matin en 1997. C’est omettre le fait qu’un samedi sur deux avait déjà été supprimé dès 1992 par Dominique Föllmi (DC, chef du DIP, membre d’un exécutif qui n’était en rien monocolore). C’est aussi passer sous silence le fait que Martine Brunschwig Graf (libérale), si elle était favorable à abandonner la pratique d’un samedi sur deux, défendait surtout l’ « horaire romand », comme on l’appelait alors, qui incluait le mercredi matin d’école. Et que c’est le très large sondage des parents, dont le résultat plébiscitait la semaine de 4 jours d’école (2 + 2 ; lundi, mardi + jeudi, vendredi) qui a engendré l’horaire actuel. La cheffe du DIP, en « bonne » libérale qu’elle était, avait simplement, elle, écouté les résultats de la consultation, soit l’avis de plus de trente associations concernées de près… (voir le débat au Grand Conseil du 6 juin 1997).

22:36 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

Commentaires

On doit constater que ce débat est d'une immense vacuité. Les instituteurs sont une caste de privilégiés aux idées courtes qui ne voient que leurs privilèges et pas les besoins de la société en général, ceux des élèves en particulier...

Et ils ne savent faire qu'une seule chose: donner des leçons. Affligeant spectacle. Si les profs s'étaient un tant soit peu confrontés au monde du travail (pas celui de l'enfance, celui du travail), ils constateraient sans doute que leur vision du monde est bien, bien éloignée de la réalité...

Écrit par : Déblogueur | 29/12/2011

Monsieur Baud,

...70% d'échec en première année de l'école de commerce! ... de trop nombreux élèves incapable de lire et comprendre une phrase simple ! La plupart d'entre eux ne sont pas capables d'aligner plus de 2 phrases correctes .... et j'en passe !

Vous allez sans doute me demander sur quelle statistique je m'appuie ?! Et bien aucune ! 30 ans d'enseignement à l'école de commerce me suffisent pour constater l'ampleur des dégâts !!! Alors de grâce, quelques heures de plus ne feront pas de miracles, mais permettront peut-être d'en sauver quelques uns.

Écrit par : Galileo | 29/12/2011

Dans une même journée, M. Duval (sur son blog) demande que ceux qui s’opposent à ce nouvel horaire scolaire se manifestent et fassent valoir clairement leurs arguments; M. Mabut si il n'y a pas d'autres débats sur la feuille de route de l'enseignement public genevois; M. Baud justifie les positions des syndicats (sur lesquels Deblogueur débloque) ... quelle belle journée!

Le dénominateur commun semble pouvoir être résumé en trois mots: bon-sens, cohésion et recul; le tout dans le but, non pas de nourrir un débat vide, mais de réfléchir comment améliorer les compétences spécifiques des apprenants!

Dans ce contexte, il n'est vraiment pas facile de comprendre pourquoi rajouter* une demi-journée d'école, demi-journée que beaucoup d'enfants, dont les miens, utilisent pour avoir des activités sportives, musicales ou culturelles? C’est pourquoi, basé sur un communiqué de presse du DIP, je me suis permis d'analyser quelques faits et d'esquisser de manière plus fournie ce qui me semble une solution raisonnable sous http://bit.ly/apag2011.

Concernant le fameux débat sur le taux de réuissite, il ne me semble pas vraiment utile de s'y étendre, et bien que comparaison n’est pas toujours raison, l'Ecole Polytechnique à exactement le même pour ses élèves de 1e année (voir sous http://bit.ly/PolyWiki) ...

Je n'ai que 3 ans d'enseignement derrière moi, mais 15 dans le privé. Sur la question des privilèges, je peux vous assurer que si les enseignants le sont effectivement, c'est de travailler avec des apprenants, non du fait de leur horaire, qui va, dans ce que j'ai pu observer, bien au-delà de 42 heures, même annualisées pour tenir compte des vacances!

La question pour moi mérite d’être reposée en d’autres termes: que souhaitons-nous vraiment pour l’avenir? Pour ma part, j’essaye simplement de fournir, dans le respect des différences individuelles et la diversité des apprenants, un contenu pertinent, complet et innovant, qui dépasse la moyenne, tant dans la forme que dans le fond (ce qui se traduit, entre autre par la mise à disposition de plate-formes d’échanges dédiées comme http://f.melos.co ou http://mb.melos.co).

Réforme sur réforme, à la manière d'un sandwich ou d'un bandage sur une jambe de bois

Bonne année 2012 à tous!

Écrit par : Antoine M. | 30/12/2011

J'ai oublié de mentionner l'excellent billet de Mme Roullet. Ce début d'année s'annonce passionnant!

Écrit par : Antoine M. | 31/12/2011

Moi je dis que quand on a besoin de mensonges et d'entourloupes pour défendre son point de vue, cela montre qu'on n'a pas d'arguments.

Jusqu'ici, j'ai lu beaucoup de choses (mensonges et moqueries de C.Beer par exemple) et maintenant H.Ramadan qui s'y met aussi, à coup également de moqueries...

Maintenant, c'est sans doute un grand service qu'il rend aux anti-mercredi-matin, en connaissant la popularité de ce monsieur...

Allez, le débat va être chaud, semble-t-il!

Écrit par : vieuxschnock | 01/01/2012

@ vieux schnock : Il ne s'agit pas de H. Ramadan mais de B. (Bilal) Ramadan ! Pendant que j'y suis, je précise les prénoms des 2 autres enseignants du secondaire et membres du PS : Gérard Deshusses et Michael Paparou.

Écrit par : Olivier Baud | 01/01/2012

Oups, sorry!

Écrit par : vieuxschnock | 02/01/2012

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