09/02/2012

Une école répond aux propos de Charles Beer

Une équipe enseignante m'a fait parvenir une lettre ce jour, avec demande de la publier sur mon blog. Je la reproduis donc ici :

En réponse au « Mercredi, dimanche des enseignants », nous tenons à préciser certains points. Monsieur Charles Beer affirme que le mercredi est le dimanche des enseignants. Cela est faux. En effet, il s'agit bien d'un jour de travail, comme les autres jours, en l'absence des élèves, où nos tâches sont nombreuses, entre autres:

  • La préparation des cours
  • Les entretiens des parents d'élèves
  • Les corrections
  • Les entretiens avec les intervenants extérieurs (logopédistes, pédopsychiatres et autres thérapeutes)
  • La création de matériel pédagogique
  • La création des devoirs, des évaluations etc.
  • Les visites à l'économat du DIP, à la bibliothèque de l'enseignement primaire, CRDP
  • Les formations continues, séminaires
  • Les échanges et rencontres avec les collègues
  • Les tournois scolaires (football, handball, etc.)
  • Les commissions de travail
  • Les temps de travail en commun
  • Les responsabilités au sein de l'établissement (bibliothèque, infirmerie, organisation des manifestations scolaires, sportives, sur temps et hors temps scolaire, gestion des moyens techniques...)
  • Les rapports et bilans constants des élèves en difficulté
  • La prise en charge de stagiaires de l'Université de Genève
  • Les bilans de toutes les activités communes
  • Etc.

Ajoutons que le dimanche est souvent un jour de travail pour de nombreux enseignants. Bien des écoles ont obtenu après d'âpres discussions avec les communes, l'autorisation de venir en classe le week-end et les jours fériés car le badge (clé électronique) le leur interdisait!
Suite aux nombreuses réformes dévolues à notre profession, nous ne pouvons être soupçonnés de « ronronnement » car celles-ci impliquent à chaque fois une appropriation des nouveaux moyens pédagogiques!
Nous n'avons pas de pointeuse mais nous invitons qui voudra à consulter les compteurs électriques d'une école pour constater l'occupation des locaux. Les classes éteintes n'étant pas synonymes d'arrêt de travail. Bon nombre d'enseignants travaillent chez eux.
On nous propose de nombreux séminaires portant sur la gestion du stress, des conflits, des risques de burn-out. Est-ce une proposition de formation continue de plus ou un outil nécessaire pour nous permettre d'affronter une réalité quotidienne?

Nous nous étonnons que le chef du département puisse à ce point ignorer notre charge de travail et ses nombreuses subtilités en adoptant l'ironie qui veut que l'enseignant soit « un tire-au-flanc ». Nous en sommes même blessés.
Nous exerçons une profession où la confiance est essentielle. Si les personnes avec lesquelles nous travaillons ne nous la témoignent pas, quel crédit avons-nous auprès des parents? De quel partenariat pouvons-nous parler ?

Les enseignants du cycle 2 et de la division spécialisée de l'école de Balexert

18:32 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Belle mise au point! J'étais outré de lire les propos de Charles Beer!

Écrit par : vieuxschnock | 09/02/2012

Les Conseillers d'Etat ne sont, après tout, pas censés être des spécialistes de ce que leur Département gère. Ils font de la politique. Quant à leur cadres supérieures, ils sont payés pour se taire.

Écrit par : Mère-Grand | 09/02/2012

Le ton arrogant et irrespectueux du chef du DIP envers ses employés a causé un tort considérable à l'école publique genevoise. Affoler l'opinion publique (à coups de contrevérités!!!) pour la manipuler, c'est peut-être “politiquement” habile, mais humainement, c'est un désastre!
Car, la population genevoise a perdu confiance en son école publique et tente de s'en détourner si elle en a les moyens. Nombreux sont ceux qui optent actuellement pour les écoles privées.
Belle réussite pour un conseiller d'Etat socialiste en charge de l'enseignement publique que d'être devenu le promoteur des écoles privées!

Écrit par : Michèle Roullet | 09/02/2012

@ mère-grand : Certes... Charles Beer disait d'ailleurs - mais à ses débuts - qu'il n'était pas le 1er prof de Genève, allusion à l'appellation "1er flic de France" retenue pour le ministre de l'intérieur. Sous-entendu qu'il ne prétendait pas se mêler de pédagogie véritablement. Quant aux cadres, les conseillers d'Etat sont bien responsables de leur nomination. Et leurs compétences ne devraient pas s'estimer qu'en fonction de leur capacité à se la coincer.

Écrit par : Olivier Baud | 09/02/2012

Les commentaires sont fermés.