19/02/2012

Horaire scolaire et moyens : ne pas céder au chantage

nonaumercredi.jpgPour faire passer la pilule du mercredi matin, le DIP a déniché in extremis 30 postes pour le cycle élémentaire (cycle 1, élèves de 4-7 ans). Devant le rejet du scénario initial (+ 4 périodes pour les 8 degrés primaires), il a bien fallu improviser. Cela fait des lustres que les professionnels de l’éducation réclament des moyens supplémentaires pour les premiers degrés. En effet, ces années sont déterminantes pour le développement et l’avenir des enfants. Personne ne songerait à refuser cette trentaine de postes qui, même si elle est insuffisante, viendrait enfin apporter une bouffée d’oxygène aux élèves et aux enseignants. Mais cette soudaine « générosité », alors que le département, depuis 10 ans, n’a pas réussi à améliorer d’un iota les conditions d’enseignement aux plus jeunes, est conditionnée au sort des élèves plus âgés.

La loi sur laquelle les citoyens vont voter le 11 mars mélange dans un seul alinéa * deux choses différentes, voire opposées. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas unité de la matière puisque d’une part il y est question de l’horaire sur 4,5 jours au cycle moyen (cycle 2, élèves de 8-11 ans) et, de l’autre, de renforcer la lecture et le soutien au cycle 1. D’un côté l’encadrement serait (un peu) amélioré, sans ajouter des heures, de l’autre, on augmenterait massivement l’horaire sans soulager les effectifs de classe. En liant ces deux objets qui n’ont aucun rapport, on fausse la votation. Il s’agit ni plus ni moins d’une forme de chantage peu glorieuse.

De peur de perdre ces postes, certains se sont hélas ralliés au projet d’augmentation de l’horaire, bien qu’ils le désapprouvent sur le fond. Si le DIP avait vraiment eu l’intention d’accorder des moyens supplémentaires aux élèves de 4-7 ans, rien ne l’empêchait de les trouver avant, et, surtout, rien ne l’obligeait à les soumettre à l’adoption de 16 périodes supplémentaires pour les 8-11 ans. Quand une loi est mal engagée, mal conçue, ce n’est pas un cadeau bonus de dernière minute qui doit tromper les citoyens : il faut la refuser et montrer que la population ne cède à aucune forme de chantage.

* Art. 8, al. 2 (nouvelle teneur)
Pendant la scolarité obligatoire, la semaine scolaire comprend 5 jours, du lundi au vendredi, dont une demi-journée de congé le mercredi après-midi, à l’exception du cycle élémentaire du degré primaire qui comprend une journée de congé le mercredi. Dans ce cycle, le département prend les mesures nécessaires pour renforcer l’apprentissage de la lecture et le soutien scolaire.

13:32 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Oui, les soutiens promis, comme le latin pour tous... on connaît la chanson! Qui peut encore donner crédit aux promesses du Conseiller d'Etat en charge de l'éducation? Heureusement, 2013 sonnera le glas pour ces réformes scolaires bricolées, qui ont beaucoup nui à l'école publique genevoise. Mais, pour le vote du 11 mars, il ne faut pas se tromper et bien voter:
"NON au mercredi matin!"
Il sera en effet difficile, pour le successeur du chef du DIP, de balayer cette réforme qui aura déjà causé des dégâts irréversibles pour Genève: démantèlement des activités extrascolaires et des pertes chiffrées en millions de francs!

Écrit par : Michèle Roullet | 19/02/2012

Les 4 millions supplémentaires octroyés aux classes élémentaires ne sont pas un cadeau du ciel mais le résultat d'un compromis.
La majorité du Grand Conseil a refusé le mercredi matin facultatif et l'école ouverte que le DIP souhaitait. Mais elle a maintenu les 4 millions prévus pour la création de 30 postes.
En connaissant la réalité du dernier budget et les conditions actuelles, ces 4 millions sont un bonus sur les 16 millions prévus pour le mercredi matin pour le primaire. Je ne vois pas ça comme un chantage mais comme le résultat d'un compromis. Et on ne doit pas les écarter d'un revers de la main, tous moyens supplémentaires, comme vous le notez, sont les bienvenus
Alors, oui il n'est pas parfait, mais il faut voter OUI au projet de mecredi matin à l'école, c'est 20 millions de plus pour l'école (16 + 4).

Écrit par : Mercredi Matin | 22/02/2012

Ayant suivi le feuilleton, et par là-même commençant à y voir plus clair, je trouve scandaleux que les moyens réclamés depuis des lustres par les enseignants et refusés pour cause de budget, soient d'un seul coup disponibles pour le mercredi matin, auquel l'ensemble des enseignants du primaire sont opposés.

L'hypocrisie et la malhonnêteté du DIP s'expose ainsi, car si les moyens mis aujourd'hui en oeuvre pour le mercredi matin avaient été mis à disposition de l'enseignement lorsqu'ils étaient réclamés par l'école primaire, il n'y aurait nul besoin de voter aujourd'hui.

Quelle est donc la stratégie du DIP? L'école demande des moyens, on les lui refuse, puis en prétendant que l'école va mal, on trouve les moyens pour augmenter l'horaire de l'élève?

La campagne du DIP est basée sur la tromperie. Moche.

Écrit par : vieuxschnock | 25/02/2012

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