18/03/2012

Rendez-vous en 2023 ?

pisa test.pngLes résultats des élèves genevois aux tests PISA ont influencé la votation sur le mercredi d'école. Au soir du 11 mars, la présidente du GAPP, qui se félicitait de l'augmentation de l'horaire de l'écolier primaire obtenue dans les urnes, affirmait encore que « le niveau scolaire genevois est fragile. En français par exemple, l'écart se creuse entre les bons élèves et les moins bons, selon l'étude PISA. » Je ne vais pas revenir ici sur les diverses interprétations que l'on peut faire au sujet des performances des élèves genevois de 15 ans à ces tests concoctés par l'OCDE, ni rappeler que le progrès notable en lecture enregistré entre 2000 et 2009 (seules années comparables) est redevable aux élèves qui ont bénéficié d'un cursus complet des années de « rénovation », avec une évaluation sans notes. Non, je pense qu'il est légitime d'espérer une meilleure école pour les élèves et que la population a choisi ce qui lui semblait une solution acceptable.

Simplement, si l'on veut ensuite vérifier que ce choix a porté ses fruits, et si PISA constitue une référence, il faut savoir attendre. En effet, les premiers élèves qui iront le mercredi matin à l'école appartiendront - en principe, si le DIP ne revoit pas encore ses plans - à la volée 2014-2015. En débutant en 5ème, cette cohorte arrivera en 11ème au CO à la rentrée 2020-2021. Juste à temps pour passer la 8ème édition des tests PISA, au printemps 2021 (les tests ont lieu tous les 3 ans depuis 2000). Les résultats nationaux seront produits en décembre 2022. Et les performances détaillées par canton une année plus tard, en décembre 2023. Qui reviendra alors sur les espoirs, pour ne pas dire les promesses, liés à la votation du 11 mars 2012 ? Combien de conseillers d'Etat se seront succédé à la tête du DIP dans l'intervalle ? On verra bien. Mais en attendant...

Pour améliorer l'école sans délai et aider les élèves en difficulté, il faut augmenter les postes d'enseignants, baisser les effectifs de classe. Au lendemain d'une autre votation, celle sur les notes en 2006, le Conseil d'Etat, en validant le nouveau règlement de l'enseignement primaire le 4 avril 2007, promettait déjà dans son exposé des motifs davantage de ressources : « Le Département de l'instruction publique compte renforcer et améliorer le dispositif de mesures de différenciation pédagogique et d'accompagnement des élèves en difficultés, et lui octroyer des moyens supplémentaires. » On les attend toujours.

19:45 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : pisa, mercredi matin, horaire scolaire | |  Facebook

Commentaires

Un chaud merci pour votre persévérance à défendre une cause qui vous touche très profondément et non pas soumise à de multiples calculs et diverses déductions.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19/03/2012

Et OUI... les mensonges n'en seront plus... ce seront des échecs à mettre sur le compte de ces faignants d'enseignants qui ne veulent même plus organiser des appuis pour les élèves en difficultés, des sorties à skis et des tournois de foot... les samedis matin !

Écrit par : J-F Girardet | 19/03/2012

On ne verra rien ni en 2021 ni en 2022 ni en 2023! En effet les tests PISA, dès 2018, ne se feront plus par canton, mais par échantillons nationaux. Il n'y aura donc plus de comparaisons possibles entre les régions suisses. Dommage peut-être!
Enfin de toute façon, lorsque l'on voit comment on peut faire dire tout et n'importe quoi aux résultats PISA.
N'a-t-on pas entendu que l'école genevoise est nulle ou "qu'elle doit sortir de la médiocrité" (dixit le chef du DIP dans Le Matin) alors qu'elle se hisse, avec ses 47 % d'élèves migrants, au niveau national !
Rappelons que les élèves suisses sont considérés comme les bons voire les très bons élèves bien au-dessus de la moyenne des élèves de l'OCDE. Pour une école nulle, c'est pas mal!

Écrit par : Michèle Roullet | 20/03/2012

Bonsoir,
La question qui me turlupine depuis le début, c'est POURQUOI Charles Beer a voulu rajouter des heures: quelles sont ses motivations? réel intérêt pour l'école? Gloriole personnelle?
Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne...

Écrit par : Lulu Berlue | 20/03/2012

@ Michèle Roullet - Effectivement, PISA, d'une certaine manière, devrait être appelé à disparaître ou à s'effacer quelque peu, dès 2012 même, au profit des standards Harmos ou autres épreuves de référence romandes. On peut largement user du conditionnel vu que tout change en continu (il suffit de penser à l'enseignement de l'anglais annoncé pour 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, non 2013, cette fois c'est sûr - finalement en 2014 aux dernières nouvelles, en attendant la prochaine rectification...). PISA n'est pas gratuit par ailleurs et des considérations économiques entrent aussi en jeu. Rien n'est moins sûr que la Suisse participe encore aux tests jusqu'en 2021... mais ce n'est pas impossible non plus. Le "rdv" de 2023 n'était donc là que pour donner un ordre de grandeur.
@ Lulu Berlue - Je n'ai pas la réponse. Mais je sais par contre que Charles Beer, dès le début de son mandat, en 2003 donc, a eu comme projet de mettre l'école le mercredi matin. Probablement dans l'idée que l'institution publique qu'est l'école soit en quelque sorte plus présente sur la semaine (continuité). Mais il n'était alors pas envisagé d'augmenter l'horaire. Ce projet est venu se greffer ensuite et a créé pas mal de confusions car dans les débats on mélangeait sans arrêt la forme de l'horaire (4, 4.5 ou 5 jours), le volume (nb de périodes) et le fond (les contenus d'enseignement). Au cours de son troisième mandat, Charles Beer a réussi à obtenir le mercredi matin, après 9 ans à la tête du DIP - on peut lui reconnaître une certaine persévérance -, au prix d'une augmentation massive de l'horaire des 8-11 ans. Mais, ironie du sort, il ne sera plus là, en principe, quand cet horaire sera effectif...

Écrit par : Olivier Baud | 24/03/2012

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