10/09/2012

Future caisse de prévoyance de l’État de Genève : les raisons de la colère

Les 13 et 14 septembre prochain, le Grand Conseil se prononcera sur un plan de fusion des deux principales caisses de pension de la fonction publique: la CIA et la CEH. En juin 2011, le Conseil d’État et les représentants des salariés et des retraités avaient abouti à un accord dont les efforts étaient répartis équitablement entre employeurs et employés. La majorité de droite de la Commission des finances du Grand Conseil a chamboulé cet accord avec un projet de loi qui pénalise fortement les salariés et les futurs retraités. Face aux attaques de la droite parlementaire et des milieux hostiles au service public, le Cartel intersyndical du personnel de l’État et du secteur subventionné entend exprimer la colère des salariés et retraités autour de trois raisons fondamentales.

La bonne gestion des caisses de pension cantonales attaquée par pure idéologie

La Confédération autorisait jusqu'en 2011 les caisses de pension à ne couvrir les retraites des employés qu'à hauteur de 50%. Car, contrairement aux entreprises privées, l'État garantit la protection de ses employés retraités.

C'est le changement de la loi fédérale, fin 2010, voulu par la droite et les lobbies suisses de la finance spéculative, qui, en imposant une augmentation du taux de couverture à 80%, provoque ainsi un «trou» de quelques milliards dans les caisses publiques déjà malmenées par la crise de la finance mondiale à l'automne 2008.

Une fusion juste, pas juste une fusion

Les salariés et les retraités de la fonction publique acceptent depuis 2011 une augmentation des cotisations et des rentes désindexées du coût de la vie. Ils avaient approuvé l'accord avec l’État en juin 2011 qui prévoit d'augmenter et le montant et la durée de leurs cotisations tout en préservant des retraites décentes à un coût abordable.

La Commission des finances, à majorité de droite, propose non seulement de faire supporter aux salariés actuels les deux tiers du coût global de la recapitalisation des deux caisses mais aussi de leur imposer notamment le rattrapage des cotisations en cas de réévaluation collective des salaires à leur seule charge! Quel salarié accepterait de voir son salaire et sa pension fortement péjorés pour des raisons plus idéologiques que rationnelles?

Le respect des engagements pris par l’État

Tout en n'étant pas responsables de la situation actuelle des caisses, les salariés et les retraités n'en sont pas moins conscients. Ils acceptent de contribuer aux efforts mais refusent la surenchère des députés libéraux qui met au rencart tout dialogue et engagement entre partenaires sociaux et l’État.

Les représentants des salariés et des retraités ont mené de longues discussions avec l'État-employeur qui ont abouti à l'accord de juin 2011 – même si les termes n'étaient pas particulièrement favorables à la fonction publique. Aujourd'hui le projet du Grand Conseil revient gravement sur les engagements pris par l'État en 2011 en imposant un plan de retraite punitif et déconnecté des réalités économiques. L'injection immédiate d'environ un milliard dans la future caisse, requise pour en empêcher la faillite, ne saurait en aucun cas justifier la violente attaque contre le service public et donc les prestations à la population que le projet de loi représente.

Les salariés et les retraités de la fonction publique veulent que l’esprit de l’accord signé en juin 2011 soit respecté et qu’ainsi une répartition plus équitable des efforts pour réussir durablement le financement de la nouvelle caisse soit rétablie.

Ensemble, défendons les retraites !

La colère des salariés et des retraités se fera entendre par une grève le 13 septembre (l'après-midi) et une manifestation depuis la Place de Neuve (15h00) jusqu'au Parlement cantonal (16h30). C'est l'avenir de l'école publique, de l'hôpital cantonal, de l'Université, des EMS, des services sociaux qui est en jeu!

L01-Logo-Cartel-int-rouge-ext-blanc.gif

www.cartel-ge.ch

16:32 Publié dans Cartel intersyndical | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Non à la nouvelle constitution, non à la nouvelle caisse de pension, non, non, non et non... On n'entend que cela des fonctionnaires qui, comme vous le relevez si justement, ne se "sentent responsables" de rien...

Et après cela, on se demande pourquoi vous êtes si mal considérés par la population et les contribuables qui, eux, seront responsables de payer pour votre bien être...

Il n'y a pas de dialogue possible avec les organisations syndicales du secteur public, malheureusement. Car pour qu'il y ait un dialogue, il faut qu'il y ait une négociation possible et une volonté de la mener. Or, avec vous, il n'y a rien de tout cela.

Vous serez donc battus dans les urnes, une fois de plus, par un électorat excédé par vos attitudes de malades imaginaires. Et ce sera bien fait pour vous.

Écrit par : Déblogueur | 11/09/2012

Les commentaires sont fermés.