12/07/2013

L’unité syndicale ne peut pas attendre

1935367697.jpgLe Cartel intersyndical est fort de 9 organisations. La diversité des associations représentatives du personnel est une richesse qui contribue à faire avancer la faîtière syndicale. Cependant, l’absence du SSP, syndicat des services publics, qui avait suspendu sa participation au Cartel en juin 2011, a pesé lourdement ces douze derniers mois. Quitter durant deux ans la faîtière – mais sans vraiment démissionner – a mis à mal l’unité syndicale. Genève connaissait en la matière une situation dont il y avait tout lieu de se réjouir. Il suffit de regarder du côté du canton de Vaud pour constater qu’il n’y a rien à envier aux divisions qui existent entre la FSF (fédération des sociétés de fonctionnaires), le SSP et SUD (fédération syndicale service public). Las, la section genevoise du SSP a laissé s’écouler une année entière sans reposer à sa base la question de la réintégration au Cartel. Le 13 mai 2013, l’Assemblée générale du SSP a toutefois décidé de quitter le Cartel, faisant le constat de la divergence existant au sujet de la caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), ce qui n’apportait rien de nouveau, les positions respectives et le scénario (référendum, votation) étant connus depuis septembre 2012. Cette défection, que le SSP a mis longtemps à formaliser, ne se justifie pas. En effet, personne n’imagine qu’une faîtière pourrait n’avoir que des positions prises à l’unanimité. Ainsi, si la contribution de toutes les organisations au débat est nécessaire, chaque organisation a ensuite la possibilité de s’en distancer, de reprendre sa liberté si un différend demeure.

Dans une période où il est unanimement reconnu que la mobilisation est difficile à réaliser, toute division affaiblit le mouvement syndical et il en va de même des dérives sectaires. Il est illusoire, alors que les forces sont comptées, de prétendre poursuivre une action combative en continuant à collaborer de manière ponctuelle sur les objets qui réunissent la faîtière et le SSP. Même si le Cartel n’est pas opposé à l’idée de coordonner ses actions avec le SSP lorsque cela s’avère nécessaire – comme il l’a fait durant cette année écoulée –, il est évident que la déperdition d’énergie causée par les discussions en parallèle se fait au détriment de la lutte syndicale et, partant, de l’intérêt des travailleuses et travailleurs.

Les changements profonds qui menacent les conditions de travail des employé-e-s de l’Etat et du secteur subventionné ne devraient pas souffrir de conflits internes. Avec les élections générales de cet automne, le fort renouvellement du gouvernement prévu, la fonction publique doit pouvoir résister pied à pied aux attaques programmées contre les fonctionnaires et les prestations à la population. Il faut donc avoir conscience que, face à l’employeur, la plus grande unité possible doit être recherchée en permanence, qu’il en va du devoir de chaque organisation syndicale vis-à-vis du personnel, et qu’il serait irresponsable de ne pas être ensemble pour s’opposer aux iniquités en cours et à venir.

(photo : Demir SÖNMEZ - http://demirsonmez.blog.tdg.ch/)

14:37 Publié dans Cartel intersyndical, Fonction publique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook