17/08/2008

Cadrer pour éduquer

Comment gérer les élèves qui sont à la merci du «pulsionnel et de la sauvagerie» ? Ces enfants et ces jeunes meurtris par la vie, hostiles à l’école, attachés à la facilité, ennemis du moindre effort, dédaignant ostensiblement les savoirs et ne partageant apparemment aucune des valeurs véhiculées par l’école ?

Le syndicat des enseignants romands (SER) organise tous les deux ans les Assises romandes de l’éducation. Le prochain rendez-vous a lieu le samedi 27 septembre à Lausanne (Dorigny).

Cette année, les Assises ont pour thème: Cadrer pour éduquer

Cette manifestation est ouverte à toutes et à tous. Une occasion de débattre ensemble de l’école, non ? Alors, bienvenue aux Assises !

(On peut s'inscrire en ligne: http://www.le-ser.ch/ser/even/inscription_assises08.php)

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30/01/2008

OUI à la gratuité des transports …des élèves, déjà !

La SPG recommande le OUI le 24 février à l’initiative « pour la gratuité des transports publics genevois », pour une raison majeure. Les classes doivent pouvoir librement circuler dans le canton (et l’absurdité qui consiste à faire payer les élèves de 4 ans lorsqu’ils sont en groupes doit par la même occasion cesser). En effet, il est anormal que, lorsqu’un enseignant se rend par exemple au concert avec sa classe, le coût du déplacement soit parfois supérieur à l’entrée du spectacle. Les parents sont déjà assez sollicités, financièrement parlant, par l’activité scolaire en général. Le corps enseignant doit par ailleurs respecter des consignes strictes et ne peut demander aux parents qu’une participation annuelle faible et limitée. Il est ainsi regrettable qu’il faille renoncer à la riche offre culturelle qui existe à Genève pour de bêtes questions d’argent. Sur un si petit territoire, chaque élève devrait pouvoir bénéficier d’un accès aux musées, théâtres, expositions, etc. en étant accompagné de son enseignant. Cette démarche pédagogique et culturelle est essentielle pour l’éveil de l’enfant. Elle s’inscrit dans le cadre de l’article 4 de la loi sur l’instruction publique qui dit qu’il faut « préparer chacun à participer à la vie sociale, culturelle, civique, politique et économique du pays ». Dans la société, l’inégalité d’accès à la culture en particulier est patente, et si l’école est empêchée dans son rôle qui tend à corriger ce défaut dès le plus jeune âge, cela revient à couper une partie des futurs citoyens du développement d’une faculté qui peut contribuer à l’équilibre de leur personnalité. Permettre aux classes d’emprunter les bus et trams sans prendre de ticket favoriserait pour les élèves une prise de conscience d’appartenance au monde qui les entoure et renforcerait la notion d’une école républicaine, publique, laïque …et gratuite. L’association professionnelle avait soutenu l’initiative lancée en 2005 qui faisait d’une certaine manière écho à une pétition qu’elle avait lancée bien des années auparavant…Mais si la SPG se sent concernée par l’initiative 127 avant tout par rapport aux élèves, cela n’enlève rien aux nombreuses autres raisons qui doivent conduire à l’accepter. La qualité de vie et la notion même de service public sont en jeu ; OUI le 24 février aux transports publics gratuits !

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13/01/2008

Surveiller… les dérives sécuritaires, d’abord !

Me Charles Poncet n’a pas besoin de mon soutien. Mais, pour une fois qu’il y a convergence de vues (c’est assez rare pour le souligner !), je tiens à dire qu’il a eu raison de déclarer son hostilité à l’installation de 15 caméras de surveillance dans une école de Lutry (VD). Oui, je suis d’accord avec lui lorsqu’il affirme que recourir à de tels moyens « à l’école, c’est un constat d’échec ». Ainsi, j’espère que le Tribunal de police d’Yverdon-les-Bains, mardi 15 janvier 2008, ne le condamnera pas pour ses propos tenus à la radio. Demander aux élèves, sous forme de boutade, de s’opposer à la vidéo-surveillance de leur école n’est pas répréhensible en soi. C’est davantage une invitation salutaire au débat. Il y a bien sûr les questions primordiales de la liberté d’expression et du respect de la sphère privée qui sont en jeu dans cette affaire. Mais il y a aussi le devoir de dénoncer les discours et les initiatives qui relèvent du délire sécuritaire. A cet égard, le syndic de Lutry, M. Willy Blondel, qui espère la condamnation de Me Poncet, fait preuve d’une incohérence révélatrice. En effet, si l’on en croit ses paroles rapportées dans Le Courrier du 11 janvier, M. Blondel déplore d’abord les tags et la détérioration des caméras qui ont causé « plusieurs milliers de francs de dégâts » et se réjouis ensuite du fait que grâce à l’achat du matériel de surveillance, « à 200% efficace », il n’y a « plus de problèmes de menaces, de racket et de déprédations ». Il faudrait savoir. Si saboter les caméras ne constitue pas aux yeux de M. Blondel une déprédation, qu’est-ce alors, un acte de civisme ? Plus sérieusement, il est assez évident, par ces aveux contradictoires, que la mise en place de caméras de surveillance ne représente en rien une solution, au contraire. Ou peut-être faudrait-il installer de nouvelles caméras destinées à surveiller les caméras pour éviter qu’elles ne soient abîmées, et d’autres aussi pour garantir la sécurité des nouvelles, etc. ?! La paranoïa et l’espionnage peuvent se déployer sans fin si l’on n’y prend garde. L’épisode calamiteux des fiches dans notre pays serait-il déjà oublié ?

 

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30/12/2007

Le mariage foireux du castor et du canard

Selon le parti radical, l’initiative « Pour un accueil continu des élèves » arrivera tout juste à 11'500 signatures début janvier. Il serait tentant de dire que de deux choses l’une : soit le GHI, qui matraque depuis 20 semaines sur le sujet, n’est pas, contrairement à ce qu’affirme sa publicité, le journal le plus lu, soit le texte de l’initiative lui-même ne trouve pas la faveur des citoyens. La réalité se trouve toutefois sûrement entre les deux. Il y a peut-être d’abord un certain essoufflement par rapport aux initiatives sur l’école… Il y a ensuite la difficulté à recueillir 10'000 signatures valides. C’est un véritable travail de militant et la faiblesse du parti radical est notoire sur ce plan-là. D’où l’idée du « contrat » avec un hebdo gratuit. Mais le GHI qui a dû, au minimum, faire imprimer plus d’un million de fois l’initiative radicale dans ses pages ne récolte, semble-t-il, qu’une infime partie de ce qu’il a semé. Probablement parce que les lecteurs, dans leur grande majorité, consultent ce canard pour les petites annonces et ne s’intéressent guère aux pseudo articles et autres gnioluseries qui émaillent ce journal. Si véritablement les Genevois cherchent ailleurs leurs informations, c’est une bonne nouvelle. Et cette opération douteuse pour mener à bien une initiative populaire aura au moins servi à révéler ça. Pour le débat qui va suivre sur l’horaire de l’école et les activités parascolaires, autant regarder ailleurs, donc.

 

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16/11/2007

La plaie des devoirs

Les devoirs sont source de conflits dans les familles et si l’école pouvait bien s’en charger, les parents seraient soulagés. C’est le cri du cœur de la directrice de Pro Juventute dans le GHI (7-8 nov.). Et l’unique raison, à en croire l’article, qui la pousse à s’activer en faveur de l’initiative Pour un accueil continu des élèves. On pourrait se demander s’il vaut bien la peine de lancer une initiative populaire pour trouver une solution au problème des devoirs. Mais au vu des péripéties liées à ce dossier, c’est peut-être en effet la seule solution… La direction de l’enseignement primaire avait bien essayé de les supprimer, ou plutôt de faire en sorte qu’ils soient intégrés à l’horaire scolaire, au début des années 90, mais la pression des parents, aidés par les médias, a été trop forte. Une école sans devoirs, c’est un peu comme une école sans notes : inconcevable par la population et donc politiquement irréalisable. Même si l’on a pu fort aisément démontrer que cela fonctionnait au bénéfice de chacun. Les enseignants ont ainsi le plaisir de découvrir à chaque rentrée une nouvelle directive sur les « temps de travail à la maison » qui, à force de modifications et précisions, a réussi à dire à peu près tout et son contraire en 15 ans. Et vu que les circulaires sur les études surveillées sont encore davantage incohérentes, il est clair que les familles ont de la peine à s’y retrouver. La directrice de Pro Ju voit donc juste et elle a le mérite de montrer la certaine ambivalence des parents qui réclament des devoirs mais aimeraient mieux ne pas avoir à y toucher. Au milieu de l’hypocrisie ambiante, où l’on a beau jeu de mettre en avant le lien entre la famille et l’école, alors que des formes bien plus intéressantes que les travaux à domicile existent, ce témoignage devrait contribuer à faire avancer le débat. Et, pourquoi pas, régler cette épineuse question des devoirs une bonne fois pour toutes…

 

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08/10/2007

Accueil continu des élèves : l’avis des parents !

La faîtière des associations de parents, le GAPP, s’est prononcée sur la nouvelle initiative radicale-GHI. La Tribune de Genève n’ayant pas encore jugé utile de faire paraître le courrier que lui a envoyé la présidente du GAPP, je le livre ci-dessous in extenso :
Réaction du GAPP à l'initiative populaire cantonale « Accueil continu des élèves »
Une initiative qui prône une certaine démission !
Vaste chantier aujourd’hui que celui de l’école primaire : direction d’école, conseils d’établissement, réseau d’enseignement prioritaire, école obligatoire à 4 ans…. Les enjeux sont multiples et les partenaires nombreux et divers : politiques, associatifs, syndicalistes. Une diversité d’acteurs justifiée puisque lorsqu’on parle Ecole, on parle de la société : celle d’hier, celle d’aujourd’hui, celle de demain, celle dont on rêve, celle dont on ne veut pas. Tout cela les parents le savent bien pour trop bien le vivre. Les horaires par exemple. Véritable casse-tête pour les parents qui travaillent et pour les spécialistes en éducation qui recherchent des conditions idéales pour l'apprentissage des enfants, notamment en difficultés. Les solutions ? Le parascolaire, les restaurants scolaires, l’accueil dès 7h30 dans certaines écoles. Elles sont insuffisantes, une réflexion est en cours pour les améliorer et explorer d’autres pistes. Changer les horaires, pourquoi pas ? Réduire la pause de midi, finir à 17h au lieu de 16h, inclure un temps à l’école pour les devoirs, travailler le mercredi…
Pour le GAPP, laisser son enfant plus de 10h par jour à l’école, cinq jours de suite, même avec un encadrement parfait et une alimentation digne d’un restaurant 5 étoiles n'est pas une solution acceptable. Améliorer l'offre actuelle en matière de parascolaire est un défi important. Le GAPP s'y attelle activement depuis quelques années dans le cadre de concertation avec le GIAP, le DIP et d'autres partenaires avec des résultats indéniables comme l’accès cette année au parascolaire des élèves de 5P et 6P. Mais la réflexion est plus globale : quelle présence à la maison les parents choisissent-ils d'offrir à leurs enfants ? La qualité de vie passe pour une famille par l’équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle. Pas facile aujourd’hui d’être parent : laxistes, démissionnaires, nous ne fixerions plus de limites ou au contraire intrusifs, autoritaires, trop sévères...  Soutenir les familles, développer une véritable politique familiale ne signifie pas éloigner encore plus l’enfant de son foyer. Se coller au temps de l’entreprise, à celui de la compétitivité, remettre en cause le temps de travail partiel ne favorisera certainement pas son bien-être. Aujourd’hui tout va vite, on court et il faudrait que l’enfant coure avec, qu’il sache tout, vite. L’enfant n’a pas à s’adapter à la société des gens pressés. L’enfant est un être en construction et l’apprentissage, une affaire à long terme. Travailler et avoir des enfants nécessitent des choix, les parents les font, au détriment parfois d’une « carrière », concept qui reste à définir. Le GAPP voit d'un bon œil la possibilité pour les parents de récupérer les enfants avant 18h... pour passer davantage de temps avec eux. Aménager cette flexibilité au sein du GIAP n'est pas une tâche aisée, mais elle est possible, grâce au dialogue, à la compréhension mutuelle. Des éléments qui ne s'acquièrent pas à coup d'initiative et d'agenda politique opportuniste.

Stéphanie Baron Levrat, présidente du GAPP

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30/09/2007

La semaine de 50 heures

Les pleines pages vantant l’initiative radicale « Accueil continu des élèves » se succèdent dans le GHI. Mais peu de place est faite ailleurs aux débats ou critiques. Peut-être parce que tout le monde est d’accord – ou presque – sur le fait qu’un encadrement de qualité après les cours pour un élève de la scolarité obligatoire vaut mieux qu’un abandon devant la télévision avec des nourritures hautement caloriques à portée de main. Le problème n’est donc pas véritablement là.

Lorsqu’on parle de mettre les enfants de 4 à 15 ans 10 heures et demi durant, cinq jours sur cinq, dans des structures scolaires ou parascolaires, on double simplement l’horaire hebdomadaire normalement consacré à l’école. Pour un enfant de 4 ans, cette surcharge – la semaine de 50 heures, quand même ! – n’est pas anodine. On peut même imaginer que bientôt ce sera l’inverse : ce sera au monde professionnel de se calquer sur celui de l’éducation… Les parents désœuvrés sans leurs rejetons, demanderont à davantage travailler…

 

Trêve de plaisanterie ; aujourd’hui, pour un travail égal, lorsqu’un homme touche 50 francs, une femme n’en reçoit que 39. Cette différence est énorme et pour ainsi dire inconcevable dans notre pays depuis le temps que l’égalité est prônée et qu’une loi (1996) la rend obligatoire. Les mentalités et les habitudes changent très lentement, il faut l’admettre, et annoncer avec un sourire plein de bonnes intentions que si les enfants sont pris en charge à midi et à quatre heures, davantage de femmes chercheront un emploi, cela revient à favoriser une certaine exploitation. Ou, en tout cas, à prendre le risque de freiner, stopper, voire annihiler les maigres progrès constatés en matière d’égalité. Une chose est sûre, c’est que si l’économie dispose d’un plus large éventail d’une main d’œuvre bon marché, cela ne favorisera pas les conditions de travail, salariales en particulier, de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs. Il est donc impératif de d’abord réaliser une vraie égalité hommes-femmes avant de vouloir mettre le plus grand nombre sur le marché du travail.

 

L’initiative radicale entend aussi faire l’apologie du travail à plein temps. Il faudrait en effet que les deux parents soient occupés la journée pour que leur enfant ait droit aux activités parascolaires. Cette condition s’accorde mal avec la soi-disant volonté de lutter contre les inégalités et de favoriser l’intégration. La contradiction est évidente, puisqu’il s’agit en fait d’exclusion, révélatrice aussi des véritables intentions, et constitue, outre les risques liés à une exploitation accrue des femmes, le principal défaut du texte.

 

Il est aussi assez gênant de constater que le coût de ces nouvelles structures, du personnel qualifié pour encadrer les élèves, etc. est plus ou moins éludé par les initiants. Pourtant, la proposition vise à occuper quelque 48'000 élèves 25 heures par semaine… Les montants alloués à l’instruction publique ne sont pas vraiment à la hausse et ceux qui viennent avec des idées à première vue généreuses sont en l’occurrence les mêmes qui sabrent dans les budgets de l’éducation.

 

Enfin, sans tomber dans des clichés naïfs, il est quand même avéré que ce n’est pas en séparant au maximum les parents de leur progéniture que l’éducation des enfants trouve sa forme optimale ! Ça se saurait. Et d’ici que le couplet sur la démission des parents soit entonné à pleins poumons… par le même parti, aidé par la presse gratuite à grand tirage qui est de connivence, il n’y a qu’un pas. Une chanson ultra rabâchée, en continu, et pas près de s’arrêter, hélas.

 

Incohérences, décalages entre volontés affichées et conséquences réelles ; promotion d’une société soumise aux diktats de l’économie et des patrons ; visions pédagogiques réductrices ; prise en compte partielle des besoins des familles ; qualité de vie familiale dégradée, etc. : la formation et l’éducation des élèves méritent mieux !

 

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26/09/2007

Notes et sélection précoce : Vaud remet ça !

La paix scolaire que nous, Genevois, étions soi-disant incapables d’instaurer – contrairement aux Vaudois qui étaient tellement mieux que nous – n’aura apparemment pas duré longtemps dans le canton voisin. Une nouvelle initiative populaire « école 2010 : sauver l’école » vient de voir le jour. Des degrés annuels, des notes dès la 1ère primaire, etc. pas besoin de lire très attentivement les quelque 50 articles ( !) proposés afin de modifier la loi pour saisir le côté rétrograde, inadéquat et indigeste de cette mouture visant à rigidifier l’école. On pourrait se gausser de ce retournement qui fait fi des accords politiques. Ou se risquer à prétendre que d’avoir voulu éviter le vote populaire revient à payer une addition plus lourde ensuite. Mais cette nouvelle pirouette des milieux anti-pédagogiques nous oblige quand même à répéter quelques questions, lancinantes à force d’être posées :

 

Quand est-ce que les détracteurs de l'école publique comprendront que leurs attaques continuelles envers les professionnels de la formation, que leur négation des résultats de la recherche scientifique en éducation, etc. sont néfastes, détériorent l'enseignement, causent du tort aux élèves et aux enseignants, minent la confiance indispensable entre l'institution scolaire et la société ?

 

Jusqu'à quand ceux qui parlent de paix scolaire mais allument des feux à tout bout de champ arriveront-ils à tromper la population à coups d'arguments simplistes, tronqués, populistes ?

 

Si l'on veut réellement que le plus grand nombre réussisse, que le niveau général de connaissances et de compétences s'élève, alors il faut renoncer à la sélection précoce, promouvoir l'hétérogénéité des classes, injecter des moyens supplémentaires dans les budgets de l'instruction publique. C'est possible. Les professionnels de l'éducation y croient.

Mais qui, du politique au citoyen lambda, le veut vraiment ? Tant que l'individualisme prévaut et que chaque parent se bat pour la réussite de son propre enfant - et tant pis pour les autres parce qu'il n'y a pas de place pour tous - nous tomberons de Charybde en Scylla. Si toutefois ce scénario se confirme, la facture sera extrêmement lourde, très bientôt. Et peu seront prêts à en endosser la responsabilité, ce qui, de toute façon, en regard du désastre qui existera, apparaîtra comme un moindre souci.

Et si nous réfléchissions aujourd'hui ?

 

 

 

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24/09/2007

Les enseignants dénoncent les dérapages de la campagne électorale fédérale

Pour la 41ème fois depuis 1866, le syndicat des enseignants romands (SER), fort de quelque 10'000 membres, a tenu son traditionnel Congrès le 22 septembre 2007. La pédagogie, que la rumeur et certains courants de pensée chargent de tous les maux, était à l’honneur ce samedi à Genève dans la salle du Palladium.

 

Après avoir procédé à l’acceptation des lignes directrices de la politique syndicale du SER, le Congrès a dit son inquiétude face aux dérives du climat politique mis en évidence par la campagne pour les élections fédérales, au travers d’un appel solennel à la responsabilité du monde politique romand et suisse. Le voici in extenso :

 

 

 

Appel solennel à la responsabilité du monde politique romand et suisse

 

rendu public à l’occasion du 41e Congrès quadriennal du Syndicat des enseignants romands (SER)

 

 

 

Depuis de nombreux mois et singulièrement lors de la présente campagne électorale fédérale, les messages politiques prennent une tournure de plus en plus dure.

 

Des élu-es et des partis façonnent des déclarations ou publient des affiches qui caricaturent et réduisent les positions à des messages simplificateurs.

 

Bon nombre de ces positions exacerbent les différences entre les habitants de notre pays. Surfant notamment sur un sentiment subjectif d’insécurité, ces élu-es du peuple amalgament en particulier les origines extra-helvétiques avec des faits de délinquance.

 

Agissant dans une visée électoraliste réductrice, ils opposent une population présentée comme légitime et honnête - parce qu’indigène de longue date - à un autre pan de résidents de nos cantons, généralement plus fraîchement installés, en les stigmatisant et en les désignant singulièrement de manière récurrente comme de potentiels « abuseurs » ou fauteurs de troubles.

 

 

 

Les enseignantes et les enseignants recueillent au sein des écoles les fruits de ces déclarations.

 

Aujourd’hui, ils rappellent qu’ils sont dépositaires de responsabilités éducatives et d’instruction envers tous les élèves, quelle que soit leur origine.

 

Dans ce cadre, ils ne sauraient accepter de jouer les pompiers suite au fait qu’une approche populiste aurait engendré, accentué, exporté, ou même organisé, des conflits de classes sociales, interethniques ou interreligieux au sein de l’école publique.

 

 

 

Dès lors, le SER dénonce cette approche qui rompt de manière grave avec l’histoire de notre pays, en particulier vue sous l’angle de l’accueil, de l’ouverture et de l’égalité de traitement.

 

Il appelle les personnes concernées à se ressaisir et à décliner leur action selon une responsabilité citoyenne renouvelée.

 

 

Genève, le 22 septembre 2007

 

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14/09/2007

Exploitation en continu?

L’initiative « Accueil continu des élèves » propose une école et des activités en permanence, de 7h30 à 18h00, 5 jours sur 5, afin de permettre aux deux parents de travailler à plein temps. Mais qui profiterait vraiment de cet horaire continu : les parents, les élèves ou les patrons et l’économie ? Le parti radical ne cache pas que, selon lui, l’école doit s’adapter au monde professionnel. Il est toutefois permis d’avoir une autre vision des choses et de faire remarquer qu’actuellement, à travail égal, les femmes touchent un salaire nettement inférieur à celui des hommes (env. 22% selon certaines études*). C’est surtout par cet aspect que les femmes sont pénalisées. Vouloir ainsi créer des conditions qui autoriseraient en quelque sorte une exploitation accrue du personnel féminin n’est pas anodin. Une véritable initiative pour valoriser les familles favoriserait au contraire la possibilité de travailler à temps partiel en accordant par exemple, comme dans les pays nordiques, une indemnité-salaire à l’un des deux parents. * http://www.egalitedessalaires.ch/

 

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