19/02/2012

Horaire scolaire et moyens : ne pas céder au chantage

nonaumercredi.jpgPour faire passer la pilule du mercredi matin, le DIP a déniché in extremis 30 postes pour le cycle élémentaire (cycle 1, élèves de 4-7 ans). Devant le rejet du scénario initial (+ 4 périodes pour les 8 degrés primaires), il a bien fallu improviser. Cela fait des lustres que les professionnels de l’éducation réclament des moyens supplémentaires pour les premiers degrés. En effet, ces années sont déterminantes pour le développement et l’avenir des enfants. Personne ne songerait à refuser cette trentaine de postes qui, même si elle est insuffisante, viendrait enfin apporter une bouffée d’oxygène aux élèves et aux enseignants. Mais cette soudaine « générosité », alors que le département, depuis 10 ans, n’a pas réussi à améliorer d’un iota les conditions d’enseignement aux plus jeunes, est conditionnée au sort des élèves plus âgés.

La loi sur laquelle les citoyens vont voter le 11 mars mélange dans un seul alinéa * deux choses différentes, voire opposées. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas unité de la matière puisque d’une part il y est question de l’horaire sur 4,5 jours au cycle moyen (cycle 2, élèves de 8-11 ans) et, de l’autre, de renforcer la lecture et le soutien au cycle 1. D’un côté l’encadrement serait (un peu) amélioré, sans ajouter des heures, de l’autre, on augmenterait massivement l’horaire sans soulager les effectifs de classe. En liant ces deux objets qui n’ont aucun rapport, on fausse la votation. Il s’agit ni plus ni moins d’une forme de chantage peu glorieuse.

De peur de perdre ces postes, certains se sont hélas ralliés au projet d’augmentation de l’horaire, bien qu’ils le désapprouvent sur le fond. Si le DIP avait vraiment eu l’intention d’accorder des moyens supplémentaires aux élèves de 4-7 ans, rien ne l’empêchait de les trouver avant, et, surtout, rien ne l’obligeait à les soumettre à l’adoption de 16 périodes supplémentaires pour les 8-11 ans. Quand une loi est mal engagée, mal conçue, ce n’est pas un cadeau bonus de dernière minute qui doit tromper les citoyens : il faut la refuser et montrer que la population ne cède à aucune forme de chantage.

* Art. 8, al. 2 (nouvelle teneur)
Pendant la scolarité obligatoire, la semaine scolaire comprend 5 jours, du lundi au vendredi, dont une demi-journée de congé le mercredi après-midi, à l’exception du cycle élémentaire du degré primaire qui comprend une journée de congé le mercredi. Dans ce cycle, le département prend les mesures nécessaires pour renforcer l’apprentissage de la lecture et le soutien scolaire.

13:32 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

13/02/2012

www.nonaumercredimatin.ch

Le comité référendaire contre l'augmentation démesurée de l'horaire à l'école primaire genevoise a son site.

Il répond à de nombreuses questions, bat en brèche bien des idées reçues et rétablit certaines vérités.

A visiter sans délai : www.nonaumercredimatin.ch

nonaumercredimatin.png

19:36 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

09/02/2012

Une école répond aux propos de Charles Beer

Une équipe enseignante m'a fait parvenir une lettre ce jour, avec demande de la publier sur mon blog. Je la reproduis donc ici :

En réponse au « Mercredi, dimanche des enseignants », nous tenons à préciser certains points. Monsieur Charles Beer affirme que le mercredi est le dimanche des enseignants. Cela est faux. En effet, il s'agit bien d'un jour de travail, comme les autres jours, en l'absence des élèves, où nos tâches sont nombreuses, entre autres:

  • La préparation des cours
  • Les entretiens des parents d'élèves
  • Les corrections
  • Les entretiens avec les intervenants extérieurs (logopédistes, pédopsychiatres et autres thérapeutes)
  • La création de matériel pédagogique
  • La création des devoirs, des évaluations etc.
  • Les visites à l'économat du DIP, à la bibliothèque de l'enseignement primaire, CRDP
  • Les formations continues, séminaires
  • Les échanges et rencontres avec les collègues
  • Les tournois scolaires (football, handball, etc.)
  • Les commissions de travail
  • Les temps de travail en commun
  • Les responsabilités au sein de l'établissement (bibliothèque, infirmerie, organisation des manifestations scolaires, sportives, sur temps et hors temps scolaire, gestion des moyens techniques...)
  • Les rapports et bilans constants des élèves en difficulté
  • La prise en charge de stagiaires de l'Université de Genève
  • Les bilans de toutes les activités communes
  • Etc.

Ajoutons que le dimanche est souvent un jour de travail pour de nombreux enseignants. Bien des écoles ont obtenu après d'âpres discussions avec les communes, l'autorisation de venir en classe le week-end et les jours fériés car le badge (clé électronique) le leur interdisait!
Suite aux nombreuses réformes dévolues à notre profession, nous ne pouvons être soupçonnés de « ronronnement » car celles-ci impliquent à chaque fois une appropriation des nouveaux moyens pédagogiques!
Nous n'avons pas de pointeuse mais nous invitons qui voudra à consulter les compteurs électriques d'une école pour constater l'occupation des locaux. Les classes éteintes n'étant pas synonymes d'arrêt de travail. Bon nombre d'enseignants travaillent chez eux.
On nous propose de nombreux séminaires portant sur la gestion du stress, des conflits, des risques de burn-out. Est-ce une proposition de formation continue de plus ou un outil nécessaire pour nous permettre d'affronter une réalité quotidienne?

Nous nous étonnons que le chef du département puisse à ce point ignorer notre charge de travail et ses nombreuses subtilités en adoptant l'ironie qui veut que l'enseignant soit « un tire-au-flanc ». Nous en sommes même blessés.
Nous exerçons une profession où la confiance est essentielle. Si les personnes avec lesquelles nous travaillons ne nous la témoignent pas, quel crédit avons-nous auprès des parents? De quel partenariat pouvons-nous parler ?

Les enseignants du cycle 2 et de la division spécialisée de l'école de Balexert

18:32 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

15/01/2012

L'horaire idéal...

L’horaire scolaire idéal, susceptible de contenter tout le monde, n’existe pas, bien entendu. Toutefois, le département de l’instruction publique (DIP) a souvent eu recours aux recherches en chronobiologie et chronopsychologie pour justifier le changement d’horaire sur lequel le peuple votera le 11 mars 2012. Le professeur François Testu a été notamment sollicité et le service de la recherche en éducation (SRED) a fait une synthèse où figure « l’horaire idéal ».

La question est de savoir comment respecter au mieux les rythmes de l’élève suivant son âge et de privilégier les moments dans la journée les plus propices aux apprentissages. La capacité d’attention et de concentration de l’enfant varie en effet et, si ces découvertes ne sont pas nouvelles (elles avaient déjà fait l’objet de débats en 1997 quand l’horaire primaire actuel a été choisi), il est intéressant d’en découvrir une application concrète. Les plages les plus favorables sont grosso modo entre 9h30 et 11h30 le matin et de 14h30 à 16h30 l’après-midi. Mais 4 heures par jour ne suffisent pas tout à fait, il faut donc les enrober ou les adapter un peu.

« L’horaire idéal selon Testu (2008) » pour les élèves de 9-11 ans (6-7-8P), rapporté par le SRED, aurait ainsi la forme suivante :
8h30-12h00 et 14h30-16h00 sur 4,5 jours : lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi matin.
Le mercredi serait un jour de congé. Cela ferait un total de 23h30 d’école par semaine (temps de récréations compris).
Pour les élèves de 8 ans (5P), l’école commencerait à 9h00 (total : 21h./semaine).
Pour les élèves de 12-14 ans du cycle d’orientation (CO), l’école finirait à 16h30 (au lieu de 16h00) et il faudrait rajouter le mercredi matin de 9h30 à 12h00 (matinée plus courte que les autres). Le total passerait à 28 heures hebdomadaires.

Ce qui est intéressant, c’est de voir que 1) la coupure du mercredi n’est pas néfaste ; c’est celle du week-end qu’il faudrait atténuer ; 2) les élèves primaires genevois (5-6-7-8P) ont un horaire actuel de 24 heures par semaine (8h00-11h30 + 13h30-16h00 x 4 jours) ; ils passent donc à l’école un temps supérieur à celui préconisé ; 3) les élèves du CO sont en moyenne 27h30 dans leur collège, soit un temps inférieur à celui du scénario de Testu.

Encore une fois, l’horaire idéal n’existe sûrement pas. Mais pourquoi vouloir imposer aux élèves de 8-11 ans une augmentation massive de cours (+ 3h30 de temps d’école), soit le même horaire que les élèves de 12-14 ans ? Tous les intérêts ne peuvent être conciliés. Mais tenir compte de ceux des enfants et des caractéristiques liées à l’âge des élèves semble quand même primordial. Ce n’est pas ce que le DIP se propose de faire, raison pour laquelle il faut refuser la loi qu'il a concoctée. Ensuite, des solutions plus respectueuses verront le jour, sans aucun doute.

12:10 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mercredi matin, horaire scolaire | |  Facebook

07/01/2012

Genève enseigne davantage que Fribourg !

Les élèves genevois du cycle moyen (CM : él. de 8-11 ans) ont davantage d’heures d’enseignement que leurs camarades fribourgeois ! Si l’on ne tient pas compte des heures d’éducation religieuse dispensées à Fribourg, Genève a 43 heures d’enseignement en plus.

Précisément, Fribourg totalise 3'546 h. 30 durant les quatre années (degrés 5-6-7-8) du CM, dont 253 h. 30 d’éducation religieuse. Si l’on enlève ces heures, ce qui est bien normal vu que Genève, canton laïque, ne saurait dispenser ce genre de cours, le total passe à 3'293 heures. Or, il se trouve qu’à Genève, les élèves du CM ont 3'336 h. 40 de cours, soit bien 43 h. 40 de plus qu’à Fribourg. La différence peut sembler marginale. Certes, et je ne prendrais pas le temps de la communiquer si le département de l’instruction publique (DIP) n’avait pas continuellement, depuis près de 3 ans, martelé que les élèves genevois travaillaient moins que les élèves des autres cantons romands, citant par ailleurs souvent Fribourg en exemple... La vérité, on le voit, est tout autre.

Tous ces chiffres sont extraits des tableaux qui se trouvent dans le communiqué de presse du DIP (5 déc. 2011, p. 4) au sujet de PISA. On pourrait se demander pourquoi le DIP se perd dans des considérations sur l’horaire de l’écolier primaire alors qu’il est question de communiquer sur les résultats des élèves de 15 ans (11ème degré du CO) aux tests de l’OCDE… Mais bon, puisque c’est le DIP qui le dit, autant utiliser ces chiffres à bon escient et rétablir ainsi un aperçu plus correct de la réalité.

18:59 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : mercredi matin, horaire scolaire | |  Facebook

15/10/2011

Dégrader les conditions d'enseignement pour aider les élèves ?!?

61,4% des lecteurs sondés par la Tribune pensent que l’ajout du mercredi matin d’école va dégrader les conditions de travail des enseignants primaires. Mais la TG du 14 octobre 2011 ne s’attarde que sur un seul résultat, celui du 69,3% en faveur du changement d’horaire. Affichette (dans la rue), manchette (1ère page), gros titre des pages 2 et 3, etc. : tout est centré sur le fait qu’une majorité du panel représentatif choisi par le média est en faveur de quatre jours et demi d’école. Mais comment y croire, ou que faire de ces deux résultats qui s’annulent mutuellement ? En effet, personne ne peut soutenir que des conditions d’enseignement détériorées apporteraient un quelconque bénéfice aux élèves. La seule conclusion honnête à tirer de ces deux chiffres est que le mercredi matin d’école ne convainc pas vraiment.

15:13 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

16/06/2011

Le SER soutient le référendum!

Le syndicat des enseignantes et enseigants romands (SER) soutient le référendum contre l'augmentation de l'horaire scolaire.

Cet apport de la faîtière romande est nécessaire et intéressant dans le contexte de désinformation permanente au sujet de l'école genevoise, phénomène accru dès qu'il est question de comparer Genève avec les autres cantons romands.

Voici le communiqué du SER :

REFERENDUM GENEVOIS - HORAIRE SCOLAIRE
Prise de position du SER - 16 juin 2011

AUGMENTER LA QUANTITE EN DIMINUANT LA QUALITE
Réuni en séance le 10 juin, le comité du Syndicat des enseignants romands (SER), composé des présidents et vice-présidents des 9 associations membres, a décidé de soutenir les revendications pédagogiques légitimes des enseignants genevois.
Il ne se prononce pas sur la question d’envoyer ou non les élèves à l’école le mercredi matin, considérant que la répartition de l’horaire scolaire sur la semaine est une question locale.

Le SER rappelle que :

  • Genève a un temps de présence des élèves du cycle 2 dans la moyenne romande, comparable à ce qui se pratique dans les cantons de Vaud et Fribourg ;
  • Genève se distingue par la bonne organisation de l’encadrement parascolaire et le taux très important des enfants qui le fréquentent ;

Le SER souligne que :

  • la focalisation sur l’introduction d’heures d’enseignement le mercredi matin occulte les véritables enjeux du changement de loi ;
  • les prises de position du chef de département, relayées par les médias, sont méprisantes à l’égard des enseignants et de leur professionnalisme ;
  • la concertation n’a pas fonctionné entre le Département et les interlocuteurs concernés lors des différentes phases préparatoires ;
  • le coût réel de l’augmentation du temps de travail des élèves a été sous-estimé ;
  • l’harmonisation des horaires entre cycle 1 et cycle 2, qui faisait de Genève un pionnier pour les familles en Romandie, est abandonnée (pas de mercredi matin au cycle 1).
  • de nombreux élèves passent leurs journées dans des structures scolaires et parascolaires, ainsi leur temps de présence est bien plus conséquent que dans les autres cantons romands. Ce fait a été écarté du débat, à tort ;
  • la nouvelle loi fera de Genève le Canton qui imposera le plus d’heures aux élèves du cycle 2, le Canton du Valais projetant de réduire le temps de présence des élèves ;
  • la nouvelle loi entraînera une baisse des prestations pédagogiques apportées aux élèves par la suppression d’heures d’enseignement par demi-classe et par la diminution des prestations de suivi des élèves à besoins particuliers.

A l’heure de la mise en oeuvre d’une Convention scolaire romande exigeante, le SER enjoint les autorités à travailler avec les associations professionnelles d’enseignants à une réelle amélioration qualitative de l’école.
Le SER déplore la prévisible et inéluctable baisse de qualité de la différenciation de l’enseignement qu’entraîne cette nouvelle loi, au moment où tous les cantons cherchent à l’améliorer. Il soutient le référendum afin que les citoyens genevois puissent se prononcer sur cette question.

13:06 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/06/2011

NON au mercredi matin d'école!

Les médias relèvent que le Mouvement citoyens genevois (MCG) soutient le référendum que le syndicat des enseignant-e-s (SPG) a décidé de lancer, y voyant une certaine incongruité, mais occultent le fait que le mouvement solidaritéS s’impliquera activement dans la récolte de signatures, de même que plusieurs associations de parents d’élèves. Pourquoi un soutien plus large qu’on ne veut le dire existe-t-il ? Les raisons sont multiples. En voici quand même quelques-unes :
Augmenter les moyens, pas l’horaire
L’école genevoise subit des réformes en continu depuis vingt ans sans que jamais les moyens nécessaires soient accordés. Le corps enseignant est épuisé par cette politique et les élèves en pâtissent. Dans ce contexte défavorable, l’augmentation de l’horaire de l’élève doit être combattue.
Vouloir simplement dépasser les autres cantons en termes de minutes et de jours d’enseignement ne relève pas d’un projet crédible. Les élèves genevois ont avant tout besoin de conditions d’enseignement de qualité, propres à garantir et à accroître le niveau de formation de toutes et tous.
Davantage de profs, moins d’élèves par classe
Lorsque l’on sait l’importance des premiers degrés de l’école pour l’avenir des élèves et le fait que l’école va devenir obligatoire à 4 ans, il faut en priorité mettre des forces sur le cycle élémentaire (4-7 ans), en octroyant par exemple 3 postes d’enseignant-e-s pour 2 classes. La moyenne d’élèves par classe doit aussi être ramenée à 16 pour créer des conditions d’enseignement acceptables.
L’horaire actuel satisfait les parents et les enseignant-e-s
Le 90% du corps enseignant soutient l’horaire actuel. Le mercredi de congé pour les élèves ne constitue pas un problème pour la grande majorité des familles (84% ont au moins un parent disponible le mercredi – source SRED) car elles se sont organisées en conséquence et apprécient finalement cette modalité qui permet une autre qualité de vie. Si l’horaire devait être augmenté, les parents préfèrent logiquement allonger la journée plutôt que le mercredi matin.
Large désinformation
Genève n’a pas moins d’heures d’enseignement que les cantons de Neuchâtel ou du Jura. Pour comparer avec Fribourg, il faudrait enlever les 100 minutes hebdomadaires de cours religieux que dispense ce canton. L’harmonisation scolaire suisse (HarmoS) n’impose aucune augmentation de l’horaire. Les résultats genevois aux tests PISA (qui concernent les élèves de 15 ans) sont comparativement et compte tenu des caractéristiques du canton (plus forte proportion suisse de non-natifs et de classes hétérogènes) tout à fait honorables. Etc. Trop d’arguments erronés faussent le débat. Certaines vérités doivent être rétablies et le référendum doit y contribuer, pour que le peuple puisse ensuite se prononcer en connaissance de cause !

Téléchargez le référendum ici

11:35 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

29/05/2011

Encore une pétition sur l'école...

Apparemment, un référendum contre l’horaire scolaire ne suffisait pas. Voilà le groupement des associations de parents d’élèves (GAPP) qui lance sa pétition. On peut se réjouir de ce frémissement du GAPP, plutôt habitué ces derniers temps à dire ni oui ni non bien au contraire et donc à ne prendre position sur rien – en particulier lors de votations populaires sur l’école, ce qui est un comble. Incapable de se déterminer lors de la consultation sur l’horaire scolaire, s’autorisant à fustiger l’avis des enseignant-e-s, tournant au moindre vent, le GAPP réclame tout à coup davantage de moyens, rejoignant les revendications du syndicat, exprimées elles clairement depuis des lustres. Mais face à un parlement majoritairement méprisant à l’égard de l’enseignement primaire et ignorant de la réalité des huit premiers degrés de l’école, à quoi peut bien servir une pétition ? A moins de faire plus que les 17'000 signatures récoltées pour le latin récemment, on peut avoir des doutes sur l’utilité de la manœuvre. On peut certes souhaiter que ce texte permette à toutes les citoyennes et à tous les citoyens qui ne peuvent signer un référendum (en particulier les parents qui n’ont pas la nationalité suisse) d’exprimer leur inquiétude sur la politique scolaire menée depuis deux décennies. En cela, la pétition jouera, je l’espère, un rôle complémentaire au référendum contre le mercredi matin d’école. Cependant, il faudrait être naïf pour ne pas voir dans l’initiative du GAPP une manière de détourner l’attention du vrai enjeu et de porter atteinte au référendum. Dans le débat toujours difficile qui règne dès qu’il s’agit d’école, il faut craindre que deux textes circulant en même temps ne soient confondus et que certain-e-s signataires de la pétition déclinent ensuite l’offre d’apposer leur signature sur le référendum, pensant à tort l’avoir déjà fait. Personnellement, sur les stands et ailleurs, je ferai signer les deux textes, en accordant une priorité bien naturelle au référendum. Je pense même que nombre d’APE (associations de parents d’élèves) procéderont de même. En effet, dès que le référendum contre le mercredi matin sera lancé (début juin), il faudra s’activer afin qu’au minimum 7'000 signatures valables soient récoltées en 40 jours.

19:29 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

30/04/2011

Projet de nouvel horaire scolaire : préalables clairement exprimés

Le conseiller d’Etat chargé du DIP, Charles Beer, regrette (Le Courrier du 21 avril 2011) de ne pas avoir eu connaissance des revendications du syndicat quant à un éventuel changement d’horaire scolaire. Voilà qui pourrait surprendre si sa stratégie visant à déprécier la SPG – et tout le corps enseignant par la même occasion – n’était pas aussi évidente. Faute de vrais arguments et après avoir largement manipulé la population, le DIP persiste donc à désinformer.

Qui pourrait cependant imaginer que le syndicat aurait omis de poser ses conditions en termes de moyens et de postes ? Cela s’est fait, bien entendu, de manière constante dans les instances ad hoc et ailleurs. Par exemple, le DIP ne peut avoir oublié que lorsque le Cartel intersyndical a déposé 14 pétitions auprès du Conseil d’Etat le 17 décembre 2009, il y en avait une qui émanait de la SPG et qui énonçait trois revendications très claires (reproduites ici intégralement) :

  1. une nette amélioration du taux d’encadrement à la rentrée 2010, d’un point au minimum (16 au lieu de 17) selon le calcul en vigueur et les conditions actuelles, soit environ 100 postes supplémentaires, première étape pour aller vers le rétablissement progressif d’un ratio élèves/postes d’enseignement acceptable (14, comme au début des années 90) ;
  2. une diminution de la charge d’enseignement (revendication SER 2002), de 4 périodes (soit 24 périodes de 45’ hebdomadaires au maximum) dès la rentrée 2010 – avant tout éventuel changement d’horaire scolaire – et l’augmentation des postes en conséquence ;
  3. l’octroi de moyens spécifiques à l’enseignement spécialisé, dès janvier 2010, afin d’accueillir et d’intégrer tous les élèves à besoins particuliers ou handicapés dans de bonnes conditions, et sans enlever des ressources aux autres.

Cette pétition de l’enseignement primaire (P 1707) avait recueilli quelque 1'500 signatures en un mois. Intitulée « Davantage de moyens pour encadrer les élèves ! Moins de charges de travail pour un enseignement de qualité ! », elle posait de manière concise les éléments à mettre en œuvre pour améliorer l’école primaire et les préalables à toute entrée en matière sur une éventuelle modification de l’horaire de l’écolier. Le Conseil d’Etat avait d’ailleurs affirmé accorder une grande importance à ces 14 pétitions et Charles Beer avait lui-même présidé une séance de quatre heures avec le Cartel pour passer en revue quelques-uns des textes touchant de près son département. Aujourd’hui, alors que le DIP n’a répondu à aucune des revendications, qu’aucun moyen supplémentaire n’a été octroyé à l’enseignement primaire, il est sans doute préférable de feindre l’ignorance.

21:42 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

13/04/2011

Vers une votation sur l'horaire scolaire

L’Assemblée générale de la SPG réunie le 12 avril a décidé à la quasi unanimité (une seule voix contre - 200 favorables) de lancer un référendum contre la loi sur l’horaire scolaire. Plus de deux cents enseignant-e-s étaient présent-e-s pour exprimer leur ras-le-bol devant des conditions d’enseignement qui se détériorent depuis vingt ans. Face à un département qui, objectivement, n’a pas amélioré le taux d’encadrement des élèves, le corps enseignant n’est pas prêt à s’en laisser conter avec les promesses tardives de postes. Comment croire que des moyens pourraient surgir miraculeusement, alors que cela semblait impossible durant dix ans ? Comment accepter des postes, en admettant qu’ils existent un jour, qui, de toute façon, ne viendraient pas combler le manque de profs dénoncé depuis la fin des années nonante ? L’enseignement primaire avait à l'époque dû accueillir 6'000 élèves en plus (passant de 27'000 à 33'000 élèves en six ans) sans aucun poste supplémentaire (ou presque) ! Bref, la question de l’horaire de l’écolier est très complexe et il y aurait encore beaucoup de choses à dire : en attendant, la résolution prise par la SPG donne un signal fort, propice aux débats… et à une abondante récolte de signatures !

09:22 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

26/03/2011

L'heureuse résistance des enseignant-e-s

Il y a un peu plus d’un an, lorsque le département de l’instruction publique (DIP) envisageait d’augmenter l’horaire de l’écolier dès la rentrée 2011, seuls 80 postes supplémentaires étaient prévus. 80 postes pour couvrir un ajout de 4 périodes hebdomadaires à chacun des 8 degrés que compte l’école primaire : le projet était à l’évidence irréaliste et le syndicat ne s’était pas privé de dénoncer cette incohérence. Obligé de plancher un peu plus sérieusement sur le sujet, le DIP lançait ensuite, en mars 2010, une très large consultation sur un unique scénario, instaurant le mercredi matin d’école. Cependant, toujours mal ficelé et assorti d’aucun chiffrage de moyens convaincant, le projet d’un nouvel horaire scolaire était rejeté sans aucune équivoque par le 86% du corps enseignant. Une nouvelle fois, le DIP était contraint de revoir ses plans et annonçait finalement le changement probable d’horaire pour la rentrée 2013. Aujourd’hui, le DIP parle de 207 postes supplémentaires « pour assurer l’école le mercredi matin au cycle moyen » (TdG du 25 mars 2011). Le cycle moyen comptant 4 degrés, c’est bien une cinquantaine de postes par année scolaire qui serait ajoutée. Selon la première prévision du DIP, 10 postes supplémentaires en moyenne par degré auraient été suffisants … en voilà maintenant cinq fois plus ! Comment imaginer que cette stupéfiante progression (qui reste cependant totalement insuffisante) aurait pu exister si les enseignant-e-s n’avaient pas fait preuve de lucidité en dénonçant l’infaisabilité du projet et les soi-disant « évidences » à propos de l’horaire scolaire dont les médias et le DIP rebattent les oreilles des citoyen-ne-s ? La résistance du corps enseignant est salutaire à beaucoup d’égards et mérite d’être relevée. Elle doit encore se poursuivre. Etudier l’éventualité du lancement d’un référendum contre la loi modifiant l’horaire de l’élève se justifie pleinement.

12:08 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook

12/09/2010

Les doyens du CO ont fait grève. Et les maîtres adjoints du primaire ?

Le vendredi 2 juillet 2010, dernier jour officiel d’école avant les vacances d’été, les quatre-vingts doyens du cycle d’orientation (CO) ont débrayé pendant une demi-heure ; c’est ce que nous apprend Le Courrier du 6 juillet. Cette action n’avait rien à voir avec le débrayage massif de l’enseignement primaire du 15 juin, et donc aucun rapport avec les menaces planant sur les caisses de pension. La nouvelle est passée plutôt inaperçue et, contrairement à la mobilisation du primaire, n’a pas suscité une réaction outrée du député libéral Pierre Weiss – pas d’interpellation urgente écrite (à ma connaissance du moins). Il faut dire que les élèves du CO étaient déjà libérés depuis une dizaine de jours…

Mon propos n’est toutefois pas de commenter les raisons de cette mini-grève du secondaire 1. Mais plutôt de remercier les doyens d’attirer ainsi l’attention sur certaines réalités – ou plutôt disparités, devrais-je dire. Grosso modo, les quelque quatre-vingts doyens, à raison de quatre par CO, bénéficient chacun d’une décharge de 50% ; cela représente donc l’équivalent de 40 postes à plein temps. Au primaire, les maîtres adjoints effectuent des tâches comparables aux doyens. Mais les décharges uniques de 25% ou de 50% sont réservées aux grands établissements (de la taille d’un CO moyen). Ainsi, un établissement de 700 élèves ne bénéficie que d’un 50%, et le total de ces décharges pour l’enseignement primaire équivaut à 5 postes environ. En admettant que l’on veuille attribuer au primaire des forces de cet ordre égales à celles du CO, proportionnelles, il faudrait délivrer plus de 100 postes supplémentaires de maîtres adjoints.

Le deuxième manque d’équité se révèle au niveau de la reconnaissance de cette responsabilité et de l’indemnité octroyée. Les doyens touchent 9'042.50 francs par an (753.55 fr. x 12 mois). Les maîtres adjoints, eux, peuvent tout juste compter sur environ 1'710 francs par an, quand les factures sont honorées… Cet éclairage n’est qu’un exemple de l’inégalité qui règne dans l’attribution des ressources au primaire et au secondaire 1. Des comparaisons entre les postes de secrétaires, bibliothécaires, infirmières, assistants sociaux, psychologues, etc. montreraient des différences similaires ou plus profondes encore. Dans ces conditions, et si aucun signe de correction n’est amorcé, comment imaginer la mise en place d’une scolarité obligatoire cohérente sur 11 degrés (de 4 à 15 ans) ? Comment croire à la création d’une direction générale de l’enseignement obligatoire, annoncée par le département de l’instruction publique (DIP) depuis un certain temps, et déjà reportée quelques fois… ?

19:35 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

30/05/2010

Ecole obligatoire : la cohérence attendra

L’école primaire risque-t-elle de se faire phagocyter par l’enseignement secondaire 1 ? Au motif que les deux niveaux devraient se rapprocher – ce qui est par ailleurs souhaitable – le projet de fusion des directions respectives est parfois évoqué, mais de manière allusive et sans réflexion ni imagination, au risque de laisser le modèle le mieux connu déteindre sur l’autre…
L’école obligatoire à 4 ans (2012), l’introduction de l’anglais en 5ème primaire (prévue en 2013) et les attentes toujours plus nombreuses de la société envers l’école tendent à faire penser à un décalage, à un démarrage de l’école avancé de deux ans. Le cycle d’orientation (CO) – celui actuel, parce que le nouveau qui s’annonce en 2011, avec le retour des sections et ses multiples passerelles, sera plutôt coton ! – offre un système peut-être plus lisible, rassurant, avec tant d’heures de maths, tant de français, etc. ; il est aussi plus proche du vécu de chacun et donc mieux compris. Du coup, pourquoi ne pas appliquer aux élèves du primaire le régime réservé jusqu’à maintenant à ceux du CO ? Pourquoi ne pas leur imposer un horaire rempli de 32 périodes de 45 minutes ? En réalité, quantité n’est pas garantie de qualité. Mais un des problèmes principaux vient du fait que la majorité des acteurs a toujours de la peine à concevoir la scolarité obligatoire comme un tout. Onze degrés qui se suivent, sans scission, avec une progression cohérente du parcours de l’élève, serait-ce chose impossible ?
Le département de l’instruction publique (DIP) avait bien annoncé la création d’une direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO) en 2009… Il n’en a rien été, bien évidemment, le projet est resté au point mort, et le CO continue à ignorer largement ce qui se fait au primaire. Après deux décennies au minimum de dénonciations d’incohérences diverses (par exemple, la généralisation de l’introduction de l’enseignement de l’allemand au primaire date de 1988 mais le CO n’en tient pas vraiment compte), les changements constatés par les enseignants sur le terrain sont minimes. Une DGEO ne constituerait pas la panacée, certes, surtout si elle se met en place dans la peur, l’incompréhension et le refus du corps enseignant secondaire qui craint notamment pour son statut. Mais faire perdurer deux directions générales ne se justifie pas, se révèle néfaste pour la formation des élèves ; une DGEO devrait donc se réaliser avant la fin de la législature. Il convient ainsi de discuter des conditions de mise en oeuvre pour que son avènement probable ne se fasse pas au détriment de l’une ou l’autre partie.
En effet, la prépondérance du CO, si l’on considère par exemple qu’il lui revient d’accepter ou pas les élèves en provenance de l’enseignement primaire, existe bel et bien. Une situation inédite aurait pu permettre de modifier cela. En effet, le primaire d’abord puis le CO ont dû subir l’épreuve d’une votation populaire qui modifie leur organisation. Quoi qu’on pense de la traduction qui est faite de la volonté du souverain par les autorités, ce point commun aurait dû sauter aux yeux. Ainsi, le DIP aurait pu saisir l’occasion de fondre les règlements de l’enseignement primaire et du CO en un seul document, donnant enfin l’opportunité aux deux entités de commencer à construire l’avenir. Au lieu de cela, le primaire garde son règlement insatisfaisant et le CO modifie le sien précipitamment ; les territoires respectifs vont continuer à être gardés, avec avantage au secondaire qui conserve sa position dominante. Le paradoxe, c’est que le corps enseignant primaire voit bien l’intérêt qu’il y aurait à gagner en cohérence durant la scolarité obligatoire en regroupant les forces, et serait prêt à changer ses représentations pour le bien des élèves, mais que, au vu de la faiblesse et du peu de conviction de sa direction et du DIP, il résistera tant que les velléités de « secondariser » les huit premiers degrés de l’école ne seront pas clairement écartées.

17:46 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/05/2010

Temps d'enseignement au primaire : Genève est dans la moyenne suisse

Dans le cadre de la consultation sur le projet de nouvel horaire scolaire - qui ne concerne que l'enseignement primaire - d'aucuns pensent ou essaient de faire croire que les écoliers du canton de Genève sont ceux qui vont le moins à l'école.
Or, les degrés de l'école primaire genevoise ont un temps d'enseignement qui se situe dans la moyenne suisse. Douze cantons sont moins bien dotés que Genève.
Le vrai déficit se situe au secondaire I (au cycle d'orientation) où seul un canton suisse (NW) a un peu moins d'heures que le CO genevois.
=> Les deux tableaux extraits de L'Education en Suisse - Rapport 2010 (CSRE)* le montrent très bien.
Il faut donc espérer que la consultation en cours permettra de révéler le manque de pertinence de l'unique scénario proposé afin de corriger le tir et de tenir compte de la réalité !
*http://www.skbf-csre.ch/news.0.html?&L=1

21:06 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook