08/08/2007

Hôpital, école, même combat !

L’hôpital universitaire de Genève (HUG) est celui qui répond le moins aux attentes des patients, le dernier au classement des hôpitaux de notre pays selon le résultat de l’enquête Comparis ? Pas de problème, c’est que les genevois sont de foutus râleurs, c’est bien connu, jamais contents, toujours la gueule ouverte, les amygdales bronzées, etc.

 

Les genevois sont mécontents de leur école ? Mais bon sang, ce que nous avons pu manquer de répartie, tout de même ! Une votation perdue sur un pareil malentendu ? Il était évident que tout allait pour le mieux et que seule l’incurable insatisfaction des habitants du canton du bout du lac pouvait expliquer ce haro sur l’éducation…

 

Mais nous n’avons pas eu recours à ce subterfuge. Peut-être aurait-il fallu que Bernard Gruson, l’actuel directeur des HUG, soit à la tête de l’instruction publique. Avec lui, inutile d’évoquer un quelconque manque de moyens, de mesures d’économie iniques, de baisse de prestations, d’un plan Victoria aberrant. Non ! C’est juste que les genevois sont trop exigeants. Faudrait peut-être les délocaliser en bloc, qu’ils aillent voir ailleurs et ravalent leur culot.

 

M. Gruson peut postuler pour le futur poste de directeur de la scolarité obligatoire : tout sera beaucoup plus simple avec lui et Genève rentrera enfin dans le rang.

 

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27/03/2007

Statut des fonctionnaires : la fin des fantasmes ?

La nouvelle loi sur le personnel de l'administration cantonale (LPAC) a été votée par le parlement genevois le 23 mars 2007. Au-delà du fait qu'elle conserve un statut de fonctionnaire – ce que réclamaient les 15'000 employés signataires de la pétition du Cartel en 2005 –, il est sain de constater qu'un dialogue social existe. Cette nouvelle mouture de la loi, fruit d’une concertation, montre que les conditions de travail se négocient d’abord entre l'employeur (le Conseil d'Etat) et les employés (représentés par le Cartel intersyndical). Les modifications apportées à la LPAC permettent aussi de réaffirmer que la vision du fonctionnaire "engagé à vie" est, et a toujours été, erronée. Et il ne faut pas s’imaginer que demain il pourra être licencié arbitrairement. Autant il est souhaitable que le fantasme du fonctionnaire indéboulonnable soit oublié, autant il ne s'agit pas de le remplacer par son opposé ! Les syndicats ne manquaient pas de travail hier, ils ne chôment pas aujourd'hui et ils continueront demain à assurer une défense d'une fonction publique digne de ce nom. Le contexte est certes difficile. La diminution de 5% des postes mise en oeuvre par le Conseil d'Etat, qui dégrade les prestations à la population, brouille le débat. Les syndicats – c'est important de le redire, pour le secteur enseignement en particulier – n'ont jamais défendu l'indéfendable. Il serait absurde de prétendre que chaque fonctionnaire, du haut en bas de l'échelle, est parfaitement adéquat. En revanche, il faut combattre toute velléité de suppression de postes décidée à l'aveugle, car cela met en danger les emplois, les conditions de travail et les prestations.

M. David Hiler, lors du vote de la LPAC, a relevé l’attitude loyale des syndicats. Comme si nous avions failli une fois et n'avions pas respecté un accord, nous… Mais si, en matière de loyauté, le Conseil d'Etat est plutôt mal placé pour oser ce genre de commentaires (il n'y a qu'à penser au vote récent au sujet des EMS), la droite n'est pas en reste. En effet, maintenant que la LPAC est votée, qu'attend l'Entente pour retirer définitivement son projet de loi, rejeté par le personnel de l’Etat ? Le chantage que représente le maintien de ce texte anti-fonctionnaire, au prétexte d'un éventuel référendum, n'est pas acceptable. Il est toutefois emblématique des attaques permanentes dirigées contre les services publics. Oui, les combats à mener par les syndicats ne sont pas près de diminuer…

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