18/03/2018

Des camps scolaires pérennes et gratuits, c’est possible !

2017-03-27-31 cdski Morgins 036er.jpg

L’organisation des camps scolaires doit perdurer et être soutenue par le département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP) de manière claire. L’arrêt du tribunal fédéral (TF) donnant raison à des parents qui, dans le canton de Thurgovie, avaient contesté la participation demandée pour une activité scolaire extra muros est peut-être regrettable. Mais il n’y a aucune raison qu’il crée la panique. Au contraire, il constitue une excellente occasion pour le DIP de se positionner et de montrer concrètement s’il encourage les camps ou pas. Pour l’instant, c’est assez mou… On se souvient du précédent conseiller d’Etat, Charles Beer, qui avait voulu, en 2013, privatiser le service de location de matériel de skis (cf. "Vers la mort des camps de ski ?"). Et si un chalet tel que « Les Mélèzes » peut continuer à accueillir des classes à Morgins, c’est grâce à la commune d’Anières. L’Etat, lui, se refuse à investir dans des maisons dont bénéficieraient pourtant les écoliers genevois. Etc.

Les bienfaits des camps scolaires ne sont plus à démontrer et laisser planer le doute quant à leur avenir n’est pas de bon aloi. Ces activités mises sur pied dans le cadre de l’école sont obligatoires pour les élèves et doivent le rester. Et devenir gratuites (ou presque) s’il le faut.

 

Envisager la « gratuité » des camps n’a rien d’impossible

En effet, l’arrêt du TF admet que les parents peuvent contribuer à la hauteur des frais qu’ils économisent durant la semaine de camp, soit essentiellement l’argent consacré aux repas. Alors, qu’en est-il par exemple pour un camp de ski à l’école primaire, celui qui coûte le plus cher ? Actuellement, la somme de 180 francs peut être demandée aux parents. Montant auquel il faut ajouter la location du matériel, soit 26 francs (12 F pour les skis ; 12 F pour les chaussures ; 2 F pour le casque). Ce total de 206 francs couvre, pour un camp de 4,5 jours, du lundi au vendredi, le transport de l’école à la station (aller-retour), le logement (4 nuits), la literie, les repas (5 dîners, 4 soupers, 4 petits déjeuners) et l’abonnement de ski (86 F à Morgins, par exemple). Cette somme paraît bien modeste au regard des prestations fournies. Mais, pour les parents qui auraient quelques difficultés, les communes accordent volontiers une aide financière, par exemple de 75 francs (en Ville de Genève). Le camp revient ainsi à 131 francs. Si l’on estime que les frais alimentaires économisés par les parents se montent à 90 francs durant le camp (18 F par jour), et que seule cette somme pourrait leur être demandée, il ne resterait « que » 41 francs à trouver.

 

Un soutien affirmé aux camps doit (enfin) être apporté

Quoi qu’il en soit, il est temps que le DIP sorte de sa torpeur frileuse et s’active pour valoriser ces camps et assurer leur pérennité. Par la même occasion, il reconnaîtra le travail important fourni par le corps enseignant pour permettre aux élèves de vivre un moment enrichissant et formateur, propre à rendre le cursus scolaire plus complet.

11:06 Publié dans Ecole et société, Ecole genevoise, Education, Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

11/03/2018

L’école n’intéresse(rait) pas les Genevois-es…

école prioritaire.pngLa dispute sur les notes et le mercredi matin ayant été mise de côté (provisoirement peut-être…), n’y aurait-il plus rien à dire sur l’école ? Plus aucun problème dont se soucieraient les Genevois-es ? La Tribune de Genève, en livrant les résultats de son propre sondage à J-38 des élections cantonales, indique que « les questions d’éducation semblent peu préoccuper ».

Les trois dossiers les plus importants seraient donc le logement, la mobilité et la santé. Soit. Mais quels choix avaient réellement les quelque 350 lectrices et lecteurs du Cercle pour répondre au sondage ? La formation (ou l’éducation) faisait-elle vraiment partie des dossiers proposés pour établir le classement ? Ou fallait-il cocher la case « autres » si l’on voulait mentionner la formation ou le dossier de l’école inclusive, par exemple ?

A priori, il semble étonnant que le département le plus « gros », le DIP, soit ignoré. Sur les 7 départements (enfin, plutôt 6, parce que le présidentiel, franchement…), seul celui d’Anne Emery-Torracinta semble écarté des préoccupations de la population genevoise… Si tout allait bien à l’école, la TG nous l’aurait dit, non ?!?

13:28 Publié dans Ecole et société, Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

08/03/2018

La droite se moque des jeunes

Cinécivic pigeon.PNGLe PLR, le MCG et l’UDC se sont acharnés pour saboter la loi sur l’enfance et la jeunesse. Le texte avait pourtant occupé la commission de l’enseignement durant 22 séances, occasionné 18 auditions, et recueilli in fine l’unanimité. Mais, en plénière le 1er mars, la droite, à quatre reprises, a demandé le renvoi du projet de loi en commission. Cette manœuvre dilatoire a raté. Toutefois, par esprit de revanche, le MCG, avec l’appui du PLR et de l’UDC, a réussi à faire supprimer le conseil de la jeunesse.

La participation des enfants et des jeunes mise à mal

Le canton avait besoin d’une nouvelle loi sur l’enfance et la jeunesse et il l’a. En effet, l’ancienne loi était obsolète et une refonte totale s’imposait. Une des missions du DIP concerne l’accompagnement et la protection des enfants et des mineurs et il était nécessaire d’ancrer dans une base légale des prestations qui sont délivrées par exemple par l’Office de l’enfance et de la jeunesse (OEJ) et par l’Office médico-pédagogique (OMP). La loi voulait aussi encourager les activités permettant l’apprentissage de l’indépendance, de l’autonomie et de la responsabilité afin que les enfants et le les jeunes puissent s’intégrer socialement, culturellement et civiquement. Une des nouveautés proposées, au chapitre « encouragement », était donc ce conseil de la jeunesse, qui a été rejeté sans vrai motif si ce n’est celui de mettre son empreinte sur une loi en la dégradant.

Un organe représentatif de la diversité et des besoins des jeunes n’existe pas

L’UDC avait déjà sévi en ridiculisant la nouvelle LIP avec l’introduction d’un article obligeant les directeurs/trices d’école à enseigner. Aujourd’hui, c’est le MCG qui prend la relève et s’assied sur l’avis des jeunes. En effet, tant le Parlement des jeunes Genevois (PLJ) que le groupe de liaison genevois des associations de jeunesse (GLAJ) soutenaient la création d’un conseil de la jeunesse. Il aurait permis aux jeunes du canton d’être représentés véritablement et de faire entendre leurs voix sur des sujets ou propositions qui leur tiennent à cœur, en interpellant directement le Grand Conseil ou le Conseil d’Etat, ou les exécutifs communaux. En aucune manière cette nouvelle instance participative aurait fait doublon avec celles qui existent. Au contraire, elle venait combler un manque. Biffer le conseil de la jeunesse, que le département de l’instruction publique (DIP) souhaitait mettre en place à l’instar de ce qui existe dans les autres cantons romands, est injustifiable. Mais ce rejet révèle quand même la crainte irrationnelle des partis de droite de voir ces jeunes se faire instrumentaliser par les partis de gauche. La peur d’une politisation d’une partie de la jeunesse relève cependant de fantasmes tels que l’idée que tous les enseignants voteraient à gauche ou que le DIP serait forcément du même bord…

Il faudra revenir à la charge…

Au final, la loi a été acceptée par 74 voix contre 2 et 9 abstentions. L’essentiel reste sûrement de pouvoir disposer d’une loi sur l’enfance et la jeunesse réactualisée, et donc d’avoir pu éviter qu’elle soit renvoyée aux calendes grecques. Mais à l’heure où des efforts sont faits pour encourager la participation des jeunes, par exemple en les incitant à utiliser leur droit de vote (CinéCivic), il est lamentable que le coup de force de la droite porte sur celles et ceux qui, justement ne peuvent pas toujours donner leur avis. La nouvelle loi, qui remplace celle de 1958, devra donc être bientôt modifiée… par le prochain parlement.

 

19:07 Publié dans Ecole et société, Education, Formation, Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook

18/12/2016

Profs, allez voir « Primaire » ! Et les autres aussi…

primaire-titre-fr.jpgEnfin un film sur l’école qui excelle à tous points de vue. A priori, à voir les précédentes tentatives, il paraissait difficile de parler d’école sans tomber dans la caricature, le mélo, le pseudo documentaire, etc. « Être et avoir » était somme toute peu supportable et « Entre les murs » guère mieux. Le succès que ces deux films ont rencontré était quelque peu usurpé.

« Primaire » évite tous les écueils et se révèle une réussite exceptionnelle. Sara Forestier y est éblouissante, magistrale, c’est le cas de le dire. Elle était déjà excellente lorsqu’elle jouait une élève dans « l’Esquive » – un autre film de 2004 sur l’école, en quelque sorte (mais où la prof de français qui montait Marivaux en classe était, il faut le dire, assez mauvaise, désolé pour la comédienne Carole Franck qui est d’habitude meilleure que cela).

Là, dans « Primaire », Sara Forestier joue une institutrice poignante et on y croit pleinement. Le film arrive à présenter la vie de l’école de manière réaliste, émouvante et juste. Tout ce qui arrive dans le film en 1h49 est en fait le quotidien des enseignant-e-s des 8 premiers degrés de l’école obligatoire. Nonobstant le fait que cette fiction se déroule en France, avec la particularité que les profs habitent dans l’école (mais je connais beaucoup de collègues genevois-es pour qui leur classe est une seconde maison…), chaque instit peut se reconnaître dans l’un-e ou l’autre membre de l’équipe enseignante.

01-primaire-petit (Small).jpg

Mais pourquoi faudrait-il que les profs aillent voir à l’écran ce qui fait leur quotidien ? Ne serait-ce pas quelque peu masochiste ? Non, assurément, car ce film fait du bien. La performance de Sara Forestier justifierait à elle seule de visionner le film mais je pense aussi que le corps enseignant doit le voir pour mieux mesurer l’effet qu’il peut produire sur le public non-enseignant. Car ce film est, entre autres, un véritable hommage aux enseignant-e-s primaires. Il est souvent paradoxal d’entendre des personnes dénigrer l’école mais avouer qu’elles n’exerceraient cette profession pour rien au monde. « Primaire » ne créera pas de vocations à embrasser « le plus beau métier du monde » mais contribuera à coup sûr à améliorer la compréhension envers l’école, à reconnaître l’engagement exceptionnel des profs pour la réussite de leurs élèves et l’extrême complexité de la mission de formation, primordiale et prioritaire.

Je ne serais pas objectif si j’omettais de signaler que Vincent Elbaz est lui aussi parfait (comme la plupart du temps) et drôle – à l’instar de tous les acteurs du film, adultes et enfants.

Enfin, je me dois aussi de préciser que ce n’est pas parce qu’il y a une élève qui souffre de troubles autistiques qu’il faudrait voir dans ce film une promotion de l’école inclusive… Non, évitons la récupération.

primaire_recadré_560.jpg

Alors, n’hésitez pas à aller voir ce film réalisé par Hélène Angel dès sa sortie (prévue le 11 janvier 2017) !

99-primaire-petit.jpg

19:49 Publié dans Ecole et société, Formation, France, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

09/11/2013

"Le mercredi matin d'école, ça se refuse !"

boycott-mercrediecole.jpg« 20 millions, ça ne se refuse pas ! » claironnait le parti socialiste pour soutenir l’augmentation massive de l’horaire de l’écolier. Certes, cet argument pouvait se défendre, notamment sous l’angle des postes supplémentaires que cela représentait. Mais il n’a jamais été question de demander aux fonctionnaires de financer eux-mêmes ce projet ! Or, maintenant que l’ajout du mercredi matin d’école a été accepté en votation populaire (11 mars 2012), voilà que le Conseil d’Etat découvre qu’il n’a pas (ou n’aurait pas, c’est selon) les moyens de réaliser ce changement à la rentrée 2014. Sans gêne, il décide donc de piquer dans la poche des fonctionnaires en supprimant l’augmentation annuelle à laquelle ils ont droit (déjà supprimée en 2012 – et bien des fois auparavant…). Les engagements du plus gros employeur du canton sont à géométrie variable. Ce n’est pourtant pas aux enseignants de se sacrifier pour la mise en place d’un projet hautement controversé (le référendum avait récolté plus de 18 000 signatures). Si le budget ne prévoit pas de verser l’annuité 2014 complète, il est clair que le corps enseignant devra se mobiliser pour refuser ce chamboulement, à l’instar de toute la fonction publique qui n’a pas à payer la réalisation de nouvelles prestations publiques.

11:14 Publié dans Ecole et société, Ecole genevoise, Fonction publique | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook

13/03/2013

Vers la mort des camps de ski

La volonté du DIP de privatiser le service de location de skis est scandaleuse. Ces économies de raclures de fart ne soulèvent hélas pas le même émoi que lorsque la suppression du SRED a été envisagée par des députés de la commission des finances. Pourtant, c’est clairement la fin des camps de ski qui est programmée avec une telle décision. Actuellement, les élèves peuvent louer un équipement complet pour 26 francs (12 francs les skis et bâtons, 12 francs les chaussures et 2 francs le casque). Demain, si le DIP trouve repreneur (il faut souhaiter que non), les prix grimperont en flèche.

Or, il faut savoir que pour organiser son camp de ski, l’enseignant primaire ne peut demander que 180 francs aux parents. Mais les coûts sont déjà bien plus importants : 135 francs pour l’hébergement et la nourriture, 90 francs en moyenne pour l’abonnement de ski, soit 225 francs au total. Ce qui fait que le prof doit déjà « trouver » les 45 francs manquants par élève. La location vient en sus et comme l’immense majorité des élèves loue ses skis, c’est en fait 206 francs que les parents doivent débourser (180 + 26). 2012 camp de ski Morgins 210 (Petit).JPGMême si la somme peut paraître modeste pour une semaine de ski en chalet à la montagne, nombre de parents expriment leurs difficultés à sortir cette somme et font une demande d’aide financière, accordée en général à hauteur de 75 francs. Dans ce contexte, il n’est pas toujours évident pour les enseignants de récolter les sommes dues. Quand le prix de la location aura explosé, il y a fort à parier que parents et enseignants renonceront de plus en plus souvent  aux camps de ski.

Pour un canton comme Genève, encourager l’organisation d’une semaine de sports d’hiver pour les classes primaires, loin du smog, devrait être une priorité. La découverte de la montagne en hiver et l’apprentissage d’un sport où tous les élèves progressent de manière impressionnante en 5 jours constituent un programme essentiel dont chaque enfant devrait pouvoir bénéficier durant son parcours scolaire. Il est du devoir du département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP) de promouvoir ces camps. S’il réalise l’externalisation du service de location de skis, il les tuera.

15:38 Publié dans Ecole et société, Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

11/03/2012

Les conditions pour l'introduction du mercredi matin sont loin d'être réunies

Communiqué de presse du comité référendaire contre le mercredi matin envoyé à 12h15 aux médias locaux :

Le comité référendaire prend acte de la volonté populaire d'organiser l'école pour les élèves de 8-11 ans sur 4 jours et demi. Le résultat a l'avantage d'être bien tranché en faveur du mercredi matin. Il convient donc d'envisager sans délai l'avenir. En effet, cette modification profonde du système scolaire genevois comporte de nombreuses zones d'ombre et il n'est ainsi pas possible d'envisager l'entrée en vigueur d'un nouvel horaire sans clarifications, moyens et garanties.

Pas avant 2015 ou 2016
Le comité référendaire estime ainsi qu'un changement pour la rentrée 2014 n'est pas réaliste. Au niveau des moyens, il est certain qu'ils ont été sous-estimés. La réorganisation du travail qu'implique l'augmentation horaire prévue nécessite bien davantage de postes que seuls ceux destinés à couvrir les périodes supplémentaires. La logique mathématique ne saurait être invoquée au vu de la complexité engendrée. 120 postes ne suffiront donc pas si le département maintient son idée de passer à 32 périodes de 45 minutes hebdomadaires pour les degrés 5, 6, 7 et 8P. De deux choses l'une : ou le DIP revoit le nombre de périodes à la baisse et négocie un nouveau scénario avec les partenaires sociaux - tout en maintenant les 120 postes - ou il persiste et prend en compte les besoins supplémentaires en octroyant davantage de postes. Le comité référendaire préfère bien entendu que l'augmentation soit reconsidérée - il a toujours combattu ce projet démesuré - et rappelle que la votation ne portait pas sur cette question, le texte de la loi n'abordant pas du tout la question de la dotation horaire. Par ailleurs, le chamboulement de l'horaire pour le cycle élémentaire (4-7 ans) qui oppose de manière un peu absurde les temps d'accueil aux temps d'enseignement est loin d'être évident lui aussi et mérite d'être étudié au plus près.

Améliorer l'encadrement des élèves
Quoi qu'ait pu dire le DIP sur son incapacité à obtenir des ressources pour l'enseignement primaire, le comité référendaire note que la plupart des partis ou groupements en faveur de la loi, et notamment le Parti socialiste genevois et le GAPP, ont admis le manque de moyens pour encadrer les élèves et appelé à un changement à ce niveau-là également. Le comité espère ainsi que ces forces se souviendront de leur position et œuvreront afin que les conditions d'enseignement soient meilleures avant tout changement, en se montrant combatifs et en abandonnant la vision fataliste véhiculée par le gouvernement, et à laquelle ils s'étaient un peu vite soumis.

Penser la scolarité de 4 à 15 ans
Le comité référendaire annonce son intention de se constituer en association (Association pour une meilleure école - AME) dans le but que des conditions acceptables de réussite du projet de nouvel horaire soient réunies avant tout changement ; il collaborera avec toutes les instances décidées à lutter pour réaliser cet objectif. Cette nouvelle association a aussi pour but de se constituer en force de propositions par l'intermédiaire d'un « Livre blanc de l'école obligatoire » qu'elle publiera à moyen terme. Pour la cohérence du parcours de l'élève de 4 à 15 ans, et vu le manque d'anticipation du DIP, il est impératif de remettre l'ouvrage sur le métier. Associations, partis et syndicats sont invités à résister, à imaginer et à proposer avec les parents et les enseignants !

Christophe Blandin, Catherine Desponds Kisfaludy, Marco Maltini, Michèle Roullet

16:03 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

31/01/2012

Le temps de l'enfant n'est pas celui de l'adulte

« Les horaires scolaires ne correspondent plus aux familles d’aujourd’hui, tous les foyers monoparentaux le constatent. » C’est ce qu’affirme Mme Valérie Maechler sur le site de l’association des familles monoparentales (AFM). Plus loin, elle écrit que l’AFM a « réclamé haut et fort des horaires compatibles avec les rythmes pédagogiques des enfants et les obligations professionnelles du parent. » Grosso modo, l’école n’aurait qu’à se plier aux horaires de travail des adultes. La semaine de 40 heures pour toutes et tous, et même bien davantage pour les élèves si papa ou maman accompagne son enfant à l’école avant d’aller au boulot et vient le rechercher après ses heures de travail… Quant à savoir ce que sont les « rythmes pédagogiques des enfants »… Passons.

L’AFM a donc pris position en faveur du mercredi matin d’école. On pourrait, a priori, comprendre que l’AFM veuille que l’école assume davantage sa fonction de gardiennage. La garde des enfants est une problématique réelle. Cela dit, l’AFM semble ne pas tenir compte du fait que le peuple genevois a plébiscité l’accueil à journée continue en novembre 2010 et que les problèmes de garde ne devraient théoriquement bientôt plus exister…

Mais pourquoi le communiqué de presse de l’AFM (du 10. nov. 2011) reprend-il si complaisamment les arguments et contre-vérités du DIP ? Parce que la présidente de l’AFM, Mme Valérie Maechler, soutient publiquement le chef du département, Charles Beer ? En quoi l’AFM est-elle habilitée à décréter que sans 4 périodes supplémentaires le plan d’études romand (PER) ne peut être mis en œuvre ? Quels sont les membres de l’AFM qui l’ont consulté ? Savent-ils au moins que le PER a été introduit à la rentrée 2011 ? Comment font donc les enseignants actuellement ? Etc.

« Former les citoyens de demain, c’est miser aussi sur la créativité. » affirme encore l’AFM qui s’inquiète de la mise en danger des disciplines artistiques. Bravo, mais pourquoi alors vouloir empêcher les enfants de profiter du mercredi matin pour s’adonner aux activités artistiques et sportives qui leur sont offertes par les nombreuse écoles et associations locales (qui, pour beaucoup, devront licencier ou fermer si la loi sur l’horaire passe), surtout lorsque l’on sait que ces offres périscolaires devraient se multiplier avec l’application du principe d’accueil à journée continue ?

L’AFM conclut en estimant « nécessaire que l’Etat investisse davantage encore (sic) dans la formation en améliorant le taux d’encadrement des élèves ». Bravo encore, belle estimation ! Et comment fait-on ? Cela fait douze ans que le taux est maintenu à son maximum… Mais c’est vrai qu’il conviendrait d’abord de réduire le nombre d’élèves par classe et de créer de meilleures conditions d’enseignement. Et de voir ensuite s’il y a lieu d’augmenter raisonnablement l’horaire de l’élève. Vu le contexte budgétaire, cette solution serait d’ailleurs plus économique et certainement plus bénéfique ! (En 2009, les enseignants, dans une pétition massivement signée et adressée au Conseil d’Etat, demandaient 100 postes supplémentaires pour rendre plus acceptable le taux d’encadrement ; cette requête raisonnable n’a pas été entendue ; la loi sur laquelle on votera le 11 mars 2012 en prévoit 120, mais uniquement pour combler l’augmentation de l’horaire au cycle moyen, et donc sans diminuer le nombre d’élèves par classe). Que l’Etat se décide enfin à investir dans la formation serait une bonne nouvelle, mais, si c’est sa volonté, qu’il honore d’abord les revendications légitimes des professionnels de l’éducation.

18:57 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : mercredi matin, horaire scolaire | |  Facebook

28/12/2011

Contre-vérités sur le mercredi matin d'école

Trois profs de l’enseignement secondaire, MM. Ramadan, Paparou et Deshusses, annoncent dans Le Courrier de ce jour la naissance d’un comité de soutien au mercredi matin d’école. Il faut remercier ces membres (ou très proches) du parti socialiste (PS) pour leur article. Il est en effet emblématique des mensonges, manipulations, omissions et contre-vérités qui entachent ce dossier depuis longtemps. C’est un vrai tour de force d’arriver à tordre la réalité en si peu de lignes. Et une gageure de relever ici toutes les inexactitudes pour essayer de rétablir la vérité. Je pourrais passer sur le fait qu’il est amusant – les médias l’ont fait avant eux – de ne citer que (d’opposer en fait) la SPG et le MCG. Il est moins accrocheur de dire que le référendum – 18'000 signatures ! – était aussi soutenu par solidaritéS et des comités de parents qui on récolté bien plus de paraphes que le MCG. Mais de quel droit ces messieurs affirment-ils que les opposants au changement d’horaire à l’école primaire ne peuvent pas compter sur le soutien de la CGAS, de la FEG et du SER ? Contre toute attente, la CGAS, acquise au départ au mercredi matin, ne prendra pas position car elle a entendu les arguments des référendaires. Ses membres demeurent certes partagés, ce qui est compréhensible du fait que tous n’ont pas pu écouter le débat qui a eu lieu entre le DIP et la SPG le 16 novembre. La FEG, elle, malgré le soutien actif du SSP et des écoles de musique, ne prendra pas non plus position à cause d’une seule de ses composantes, la FAMCO, qui a fait valoir son droit de veto. Selon sa présidente, Mme Moyard – députée PS, un hasard – les enseignants du CO seraient favorables à asséner aux élèves de 8 ans un horaire égal à ceux des élèves de 14 ans : ce n’est pas ce que nous ont dit les nombreux enseignants du secondaire qui ont signé le référendum. Quant au SER, c’est absolument faux de dire qu’il ne le soutient pas puisqu’il a pris position le 16 juin 2011 en sa faveur et participera financièrement à la campagne pour la votation du 11 mars 2012 afin que cette loi qui propose un horaire démesuré soit rejetée (voir mon blog du 16 juin 2011).

Faute d’arguments, ce nouveau comité ironise en se demandant s’il faut « inventer la semaine d’un après-midi ». Ou invoque la votation de 1982 en la rebaptisant « initiative pour la suppression de la semaine de quatre jours et demi » alors qu’il n’était pas du tout question de cela – seule la suppression du samedi matin était en jeu et un report des heures sur le mercredi matin ou le jeudi, si la loi avait été acceptée n’était pas du tout exclu (cf. mémorial du GC du 14 septembre 1979). Jouant sur cette interprétation, le comité prétend aussi que la SPG se serait « opposée à la suppression de la semaine de quatre jours et demi » alors que l’enjeu portait sur le samedi. Enfin, en tant que défenseurs de « la démocratie », M. Ramadan et consorts veulent rappeler que c’est « le gouvernement monocolore » qui a supprimé le samedi matin en 1997. C’est omettre le fait qu’un samedi sur deux avait déjà été supprimé dès 1992 par Dominique Föllmi (DC, chef du DIP, membre d’un exécutif qui n’était en rien monocolore). C’est aussi passer sous silence le fait que Martine Brunschwig Graf (libérale), si elle était favorable à abandonner la pratique d’un samedi sur deux, défendait surtout l’ « horaire romand », comme on l’appelait alors, qui incluait le mercredi matin d’école. Et que c’est le très large sondage des parents, dont le résultat plébiscitait la semaine de 4 jours d’école (2 + 2 ; lundi, mardi + jeudi, vendredi) qui a engendré l’horaire actuel. La cheffe du DIP, en « bonne » libérale qu’elle était, avait simplement, elle, écouté les résultats de la consultation, soit l’avis de plus de trente associations concernées de près… (voir le débat au Grand Conseil du 6 juin 1997).

22:36 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

05/11/2011

Noter les profs ?

L’évaluation des professeurs par leurs étudiants, aussi inefficace et peu suivie d’effets soit-elle, est régulièrement relancée. Déjà plus ou moins obligatoire dans certaines universités et autres HES, elle vient d’être imposée à Genève (voir Le Courrrier du 4 nov. 2011 : Tous les enseignements de l’UNIGE seront passés au crible). La scolarité obligatoire est-elle à l’abri de cette tendance ?
Vous êtes-vous déjà préoccupé de vérifier si le questionnaire que vous avez rempli à la fin de votre séjour était pris en considération par la direction de l’hôtel ? Probablement pas ; cet exercice vous avait distrait en vacances, donné l’impression fugace que votre avis comptait et que vos suggestions allaient améliorer le sort des touristes suivants. Vous vous êtes acquitté de cette petite tâche bénévolement, sans attendre le moindre remerciement. D’ailleurs, ça tombe bien, parce que jamais aucun retour, malgré l’adresse courriel que vous aviez fournie, ne vous a été fait… Il en va ainsi sûrement de même pour les étudiants qui retournent leurs fiches complétées à la fin des cours et ne voient jamais le moindre changement, ni ne sont informés d’une velléité de procéder à un quelconque ajustement.
Vers le salaire au mérite ?
Certains profs, ainsi que le contenu de leur enseignement, semblent immuables… Tant mieux ou tant pis, c’est selon, mais si l’opinion des enseignés importe en fin de compte si peu, autant abandonner une pratique vaine. C’est toutefois plutôt au contraire que nous assistons. Il faut dire que l’insistance pour systématiser l’évaluation des profs par leurs étudiants, et prendre véritablement en compte des résultats, peut avoir pour principale motivation l’instauration d’une forme de salaire au mérite. Ainsi, en France, la ministre de l’enseignement supérieur de l’époque, Valérie Pécresse, ne s’inquiétait pas de savoir pourquoi cette évaluation, pourtant obligatoire depuis 1997 (réforme Bayrou), n’était pas appliquée, mais revenait il y a trois ans à la charge car elle estimait que, notamment sur la base des appréciations des étudiants, il revenait à l’université non seulement d’établir une grille de critères pour le traitement salarial mais aussi « d’avoir un conseil d’administration stratège et de définir sa politique de primes » (Le Figaro, 22 oct. 2008). L’iniquité d’un système de rémunération individualisé, qui varie en fonction de la qualité supposée des prestations fournies, est patente mais il faudrait, pour appliquer cette méthode contestée, rajouter une modalité contestable. Peut-on réellement faire dépendre le salaire ou la carrière d’un professeur de la note attribuée par un étudiant plus ou moins bien luné ? Cette dérive inquiétante constituerait par ailleurs un drôle d’aveu de faiblesse de la part de l’institution qui reconnaîtrait son incapacité à évaluer les personnes qu’elle engage et entendrait laisser aux « clients » le soin de gérer en partie l’avenir du personnel.
Perdre sa vie à la noter, à comparer…
Il est certes difficile d’imaginer que des élèves mineurs, qu’ils aient quatre ou quinze ans, puissent noter leurs maîtres. Sauf à vouloir démontrer l’absurdité de la frénésie autour des notes – rien de plus facile que d’attribuer des points aux joueurs d’une équipe de foot à l’issue d’un match, d’évaluer un vin, de noter des pots de yoghourt, de comparer le jambon cru espagnol et italien, de classer un produit quelconque, une voiture, un ordinateur par rapport à ses concurrents, etc. et qu’importe l’échelle utilisée, sur 10, 20 ou 100, le consommateur lambda, aussi peu averti soit-il, la comprendra immédiatement – l’école publique n’a pas grand-chose à gagner en cédant à cette supercherie qui consiste à occuper la population entière en lui faisant croire qu’elle participe alors qu’elle subit pour l’essentiel. Cependant, dans une société telle que la nôtre où la consommation est reine, il n’est pas étonnant que le pendant des choix presque illimités (il suffit de songer à l’offre pléthorique pour un objet aussi banal qu’un téléphone, par exemple) soit le besoin presque compulsif de connaître le degré de satisfaction des consommateurs. Mais si les lois du marché et de la concurrence arrivent assez subtilement à autant tenir compte des goûts des personnes qu’à les dicter – ce qui n’est guère rassurant à contempler le monde actuel – il n’y a aucune raison pour que cette mainmise de l’économie dégouline sur le secteur de la formation.

18:28 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

31/08/2011

Pas de quoi se faire mousser...

On avait eu droit à l’inspecteur d’école traquant le string aux Avanchets, voilà maintenant un directeur qui s’attaque aux boissons énergisantes à Plan-les-Ouates (PLO) et interdit notamment la bière sans alcool… Mais que font les 83 directeurs des autres établissements primaires ?!? S’ils sont en panne d’imagination pour se distinguer et espérer faire la manchette des journaux, on peut leur fournir quelques suggestions susceptibles d’aff(ri)oler les médias...

Sérieusement, si je suis évidemment opposé à la consommation de raides bulles et autres boissons gazeuses dites « sans alcool » à l’école, je ne crois pas que ce soit à cette dernière de le dire et d’interdire. Le service de santé de la jeunesse (SSJ), d’après l’article de la TG de ce jour, applaudit l’initiative du dirlo de PLO ; mais ne serait-ce pas plutôt à lui, le SSJ, de justement informer largement, au niveau du canton, de diffuser à tous les parents des recommandations émanant de professionnels de la santé, de rappeler les dangers liés à la consommation précoce de caféine et d’alcool ? Pourquoi cette mesure (pas vraiment applicable par ailleurs) ne concernerait-elle qu’un seul établissement sur les quatre-vingt-quatre que compte Genève ? Les écoles ont d’autres chats à fouetter que d’édicter des règles sur tout ce qui est bon et ne l’est pas pour l’élève. Surtout que la liste des interdictions, quand on commence ce petit jeu, est infinie...

23:14 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

01/01/2010

Bientôt le couvre-feu ?

La Ville de Genève continue à fermer ses préaux d’école. A cause des dealers dit-elle. Sous la pression des parents semble-t-il. Les conseils d’établissement ont trouvé un os à ronger plus consistant que le choix des saucisses de la fête de fin d’année. Cela tombe à pic pour cette instance nouvelle qui doit se trouver une raison d’exister. Hier, c’étaient les préaux des Eaux-Vives, des Vollandes et de Ferdinand-Hodler qui se voyaient cadenassés. Promis, juré cela ne devait être que des exceptions. Mais cela se poursuit. Aujourd’hui, c’est le préau du Seujet qui doit être barricadé ; et demain ? L’étau se resserre. Et à force de repousser le trafic et la consommation de drogue dans le quartier d’à côté, au lieu d’adopter une politique cohérente, ce sera bientôt la Ville entière qui sera concernée. La Ville de Berne vient de prendre la décision de fermer les préaux et les installations sportives de 22 heures à 6 heures, soi-disant pour lutter contre la consommation d’alcool et les déprédations. Une sorte de couvre-feu qui ne dit pas son nom mais entretient la peur et les délires sécuritaires. Quand tout sera bouclé et que les jeunes et autres citoyens ne trouveront plus ouvert un seul « lieu de vie » (cette appellation est encore censée s’appliquer aux préaux genevois), il ne faudra pas s’étonner des désagréments qui seront causés ailleurs. Mais pour certains, ce sera tout bénéfice car ils y verront la nécessité de prendre des mesures encore plus répressives…

00:17 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

30/11/2008

Le Lobby parents giflé à Bâle-Campagne

L’initiative pour le libre choix de l’école a été sèchement écartée à Bâle-Campagne par 79% des votants. Avec un week-end de votations aux résultats plutôt décevants, cette nouvelle réconforte. Le score sans appel ne peut que freiner les appétits de celles et ceux qui attaquent le service public ou, à tout le moins, s’ingénient à l’affaiblir et à lui ôter de son sens. Un arrêt définitif de ce genre d’initiative inique serait évidemment souhaitable mais il ne faut pas rêver. (Ou alors, autant croire que la crise bancaire et financière actuelle pourra mettre à mal l’économie de libre marché, voire servir à éradiquer un système qui engendre sa propre perte…) L’école va encore faire les frais d’assauts inconsidérés et il faut se préparer à y résister.

22:52 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

31/10/2008

Enseignement à domicile ?

On le sait sans trop y penser : c’est l’instruction qui est obligatoire et non l’école. La loi sur l’instruction publique (LIP-C1 10), Art. 9, dit en effet : « Principe : Tous les enfants habitant le canton de Genève doivent recevoir, dans les écoles publiques ou privées, ou à domicile, une instruction conforme aux prescriptions de la présente loi et au programme général établi par le département ». Bien peu de parents décident d’instruire eux-mêmes leur progéniture et de ne pas l’inscrire dans un établissement scolaire. Il est vrai que la fonction de gardiennage, gratuit, de l’école compte. Mais si demain le coût de l’élève, avec l’instauration d’un chèque scolaire, pouvait être remboursé aux familles qui assureraient l’instruction de leur(s) enfant(s), cela pourrait faire réfléchir. Au-delà du principe de solidarité dans l’impôt qui serait sérieusement mis à mal (faudrait-il ne pas payer la part affectée aux routes si l’on n’a pas de voiture ? Etc.), c’est l’identité de l’école publique qui risquerait d’être annihilée, avec de lourdes conséquences. Malgré tous ses défauts, l’école (encore un service public pour l’instant), sorte de creuset social, assure à elle seule une mission formatrice essentielle au niveau de la connaissance et de la culture qui permet à chacun d’évoluer dans la société. Faisons en sorte que l’école continue à jouer ce rôle.

 

13:25 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (27) | |  Facebook

31/08/2008

L'autorité en question

« L’école primaire complète l’action éducative des parents » (règlement C1 10.21, art. 1, al. 3) ; voilà qui est clair et ne devrait pas laisser place aux divagations sur la mission de l’école où, selon certains, il faudrait enseigner et non éduquer. Mais cette collaboration avec la famille ne se décrète pas et se renvoyer la balle sur la responsabilité supposée de l’une ou l’autre partie des carences éducatives n’améliorerait pas la situation. L’école ne peut assumer à elle seule l’éducation des élèves mais doit affirmer ce rôle primordial. Pour les élèves, le bon prof est celui qui sait bien expliquer et qui se montre juste envers eux. Un enseignant compétent qui exerce avec autorité sans en abuser, qui se fait respecter et respecte ses élèves et qui a aussi le pouvoir, conféré par la reconnaissance de son autorité, de leur faire comprendre les lois qui régissent notre monde, voire de les leur imposer, de leur expliquer la nécessité de les respecter et l’obligation de sanctionner les écarts. Vaste programme, auquel les profs auraient renoncé !? Assurément non, mais si l’école est décriée, aussi sur ce plan-là, ce n’est ni un hasard ni totalement injustifié. L’autorité est fondée sur trois dimensions principales : la tradition, les valeurs et la menace de la sanction. Trois points qui font étrangement écho aux discours des anti-pédagogues, empreints de nostalgie (la tradition), qui déplorent la perte de repères (les valeurs) et prônent les notes (la sanction). Les détracteurs de l’école ont beau jeu de dénoncer la prétendue « démission » des enseignants en tablant sur la confusion d’aspects et de sentiments différents. L’autorité est d’abord une position éthique qui permet d’exercer le pouvoir, en évitant la dérive violente de l’autoritarisme, et sa fonction est de proscrire, de dire non, de prescrire des valeurs et aussi d’autoriser, de dire oui. Elle reste paradoxale car elle doit gérer le conflit autant qu’elle le génère. Mais il est aussi vrai que l’autorité n’est jamais autant interrogée que quand elle dysfonctionne. C’est apparemment le cas aujourd’hui, alors saisissons l’occasion de ces critiques et essayons de trouver ensemble quelques réponses ! Rendez-vous aux Assises romandes de l’éducation le 27 septembre. L’autorité dans et à l’école : « Cadrer pour éduquer » ; inscriptions en ligne : http://www.le-ser.ch/ser/even/08_assises_accueil.html

18:41 Publié dans Ecole et société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook