25/02/2009

Elections des conseils d’établissement : petite histoire…

Le samedi 28 février doivent avoir lieu les élections des conseils d’établissement à l’école primaire. Parents et enseignants voteront sans grand enthousiasme, vu le peu de candidatures. Et beaucoup seront exemptés de cette tâche. Dans 95% des cas environ, les représentants du corps enseignant seront élus tacitement. Quant aux parents, ils seront peut-être un peu plus nombreux à se déplacer. Mais entre ceux qui ont reçu quatre fois une carte de vote et ceux qui ont été oubliés, le dépouillement et la validité de cette élection risquent de ne pas être évidents... En attendant les résultats, un petit témoignage qui m’a été rapporté, plus ou moins sous cette forme :
« 19 parents étaient inscrits, a-t-on appris, pour participer à l'élection du conseil d'établissement de l'école. Le directeur d'établissement était tout excité à l'idée de fabriquer des urnes dans des cartons à chaussures avec l’aide du maître spécialiste en Arts visuels.
Ensuite le nombre de parents est passé à 8 ; 11 avaient fait acte de candidature par erreur (ils n’avaient pas compris où ils mettaient leur croix sur le talon-réponse).
8 devaient se présenter et faire un petit exposé sur ce qu’ils voulaient faire dans ce conseil : 6 sont venus (les 2 autres contactés par téléphone n’avaient pas compris non plus).
Sur les 6 il y avait quelques banquiers et avocats... : 1 parent étranger, ne parlant pas bien le français, a ressenti une certaine pression sociale et s’est désisté, puis un autre.
Il n’est donc finalement resté que 4 parents => élection tacite ! Personne n'aura l'occasion de glisser son bulletin dans l'urne le 28 février. Le directeur a dû ranger ses cartons... »

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23/01/2009

Conseils d’établissement : différencier ou différer ; ne pas généraliser sans discernement

Le règlement sur les conseils d’établissement (C1 10.19) fixe un cadre sûrement trop rigide ; raison pour laquelle la position de la fédération des enseignantes et enseignants genevois (FEG) recommande la mise en place de conseils sur une base volontaire. Par ailleurs, peut-on vraiment croire que l’enseignement secondaire suivra la voie du primaire l’an prochain ? Mais le vrai problème réside dans le fait que l’objectif recherché par la mise en place des conseils d’établissement n’apparaît toujours pas clairement. Il est assez facile de brandir les principes de la démocratie participative et le besoin de prendre en compte les contextes locaux pour justifier l’instauration d’une instance de dialogue. Mais si justement, comme nous le savons, les écoles connaissent des réalités bien différentes, n’est-il pas contradictoire de vouloir imposer le même modèle partout ? Comment peut-on prétendre que le conseil donnera davantage d’autonomie à l’établissement alors que ce dernier ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour le constituer ? Certains établissements, en collaboration avec leur association de parents d’élèves (APE), ont une pratique du conseil qui leur est propre et qui leur donne satisfaction ; autant leur permettre de continuer selon leurs propres modalités. D’autres veulent se lancer ; tant mieux ! D’aucuns enfin ne sont pas du tout prêts à démarrer dans le contexte actuel ; autant leur accorder le temps d’y réfléchir et de laisser la possibilité, cas échéant, à une APE de se créer. Imposer les conseils à tout l’enseignement primaire dès demain uniquement à des fins politiciennes et pour asseoir la légitimité quelque peu chancelante des 93 directeurs d’établissements débutants, au mépris des vrais besoins du corps enseignant et des élèves, est le scénario à éviter.

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22/01/2009

Conseils d’établissement : quelques incompréhensions…

Fin février devraient avoir lieu dans les écoles primaires les élections aux conseils d’établissement. Cette opération censée se tenir dans tout le canton reste peu lisible, tant du point de vue de son déroulement que de celui de ses conséquences. La première embûche est dressée par la direction générale du primaire qui, contre l’avis des parents, des directions d’établissement et des enseignants, a maintenu une seule date (le 28 février) pour deux évènements distincts : les élections aux conseils d’établissement et l’inscription des nouveaux élèves. Des pères et des mères se rendront ainsi le même jour à l’école pour voter ou inscrire leur enfant, voire pour faire les deux. Situation qui engendrera des confusions et peut-être quelques surprises à l’ouverture des urnes… Il n’est heureusement plus question de mobiliser le service des votations pour réaliser cette opération électorale. Mais, même à moindre coût, cette élection, dont les règles demeurent peu connues (l’arrêté du DIP à ce sujet est précipitamment diffusé ce jour alors que les listes sont censées être closes depuis le 16 janvier…), risque de susciter bien des incompréhensions, dès l’enclenchement du processus et aussi une fois qu’elle sera terminée, tant les autres obstacles sont nombreux. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les élections à proprement parler concernent essentiellement les parents. En effet, les autres membres du conseil seront davantage désignés qu’élus suivants les groupes et les lieux. Cette transparence à géométrie variable n’a pas de raison d’être acceptée. Il sera aussi compliqué pour les parents de se faire connaître aux familles qui voteront vu qu’il n’y aura pas la possibilité de constituer une liste sous une dénomination quelconque, identifiable, faisant par exemple référence – sans parler de programme – à un ensemble affiché de valeurs pour la défense de l’école. Pouvoir indiquer son appartenance à une association de parents (APE) est important mais reste insuffisant. Quel degré de représentativité auront les quatre parents élus et à qui rendront-ils des comptes ? Quelle signification aurait la mise à l’écart d’une APE, si ses membres sont empêchés de siéger au Conseil par le jeu des élections ? Les représentants des enseignants, eux, se trouveront mêlés à ceux du personnel administratif et technique, et donc, d’une certaine manière, seront minorisés. Les autorités communales, elles, auront de la peine à se répartir les sièges lorsque l’établissement repose sur plusieurs communes. Il y a aussi le problème de la disparité des établissements, de par leurs tailles et du nombre de sites qui les composent. Et ne parlons pas de la présence des élèves qui semble tant faire peur aux responsables du projet… Bref, la liste des interrogations et préoccupations est longue et il sera ardu, si le département en a l’intention, de répondre à tout et de rassurer en un mois.

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30/11/2008

Le Lobby parents giflé à Bâle-Campagne

L’initiative pour le libre choix de l’école a été sèchement écartée à Bâle-Campagne par 79% des votants. Avec un week-end de votations aux résultats plutôt décevants, cette nouvelle réconforte. Le score sans appel ne peut que freiner les appétits de celles et ceux qui attaquent le service public ou, à tout le moins, s’ingénient à l’affaiblir et à lui ôter de son sens. Un arrêt définitif de ce genre d’initiative inique serait évidemment souhaitable mais il ne faut pas rêver. (Ou alors, autant croire que la crise bancaire et financière actuelle pourra mettre à mal l’économie de libre marché, voire servir à éradiquer un système qui engendre sa propre perte…) L’école va encore faire les frais d’assauts inconsidérés et il faut se préparer à y résister.

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CO : la réelle trouille de la sanction populaire

Après avoir fait annuler la votation sur le cycle, l’Arle et le Réel se distinguent une fois de plus en déposant un recours – et en le retirant quelques heures plus tard – au sujet du dépouillement. Non contentes d’avoir empêché le peuple de s’exprimer, ces associations trouvent encore le moyen de se poser en victimes. Diantre ! le service des votations ne leur aurait pas répondu assez promptement. Elles voulaient en effet s’assurer que le décompte des votes sur les objets 3, 4 et 5 (IN 134, contreprojet et question subsidiaire) n’aurait pas lieu, afin que ces résultats partiels ne soient pas transformés en une sorte de sondage. A vrai dire, cette absence de décompte était acquise et personne n’aurait vraiment intérêt à connaître ces résultats puisqu’ils sont faussés avant même d’exister. Mais la panique des initiants en dit long sur leurs doutes profonds, que leur arrogance n’arrive pas toujours à masquer. On pourrait presque croire qu’ils avaient déjà préparé leur communiqué sur leur probable défaite du 30 novembre et que seul l’arrêt du Tribunal administratif leur a apporté une ultime bouée de secours. Le Réel et l’Arle s’y agrippent avec l’énergie du désespoir, mais le 17 mai 2009 est lointain et les crampes les guettent.

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21/11/2008

Votation CO : le vrai débat lui aussi est reporté… (pour autant qu’il ait lieu un jour)

L’hypocrisie continue. Mardi soir, 18 novembre, on apprenait que le Tribunal administratif (TA) annulait la votation sur le cycle. Et les auteurs du recours, victorieux, versaient alors des larmes de crocodile sur le sort des élèves qui allaient pâtir de cette décision. Jeudi soir, les considérants de l’arrêt du TA étant enfin publics, les représentants du Réel et de l’Arle feignaient la stupéfaction devant les faits reprochés au Conseil d’Etat et tentaient d’enfoncer le clou par tous les moyens. Pourtant, toute personne sensée imaginait bien que si le TA avait annulé une votation, fait pratiquement sans précédent, ce n’était pas pour une raison futile. Par ailleurs, toutes les parties reconnaissaient le défaut d’objectivité de la page 18. Certains allaient toutefois plus loin. Il faut rappeler que le Réel, dans le texte qui figure sur son site, parlait bien de mensonges et mettait en cause les pages 18, 26, 27 et 28 de la brochure. Or, que dit l’arrêt du TA ? Il confirme effectivement que « le Conseil d'Etat a failli à son devoir d'information objective », ce que chacun avait pu observer au sujet de la page 18, « L’essentiel en bref ». Mais il rajoute que (pp. 14 et 15) :

(…) Il est vrai que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le Conseil d’Etat n’est pas tenu à la neutralité. En d’autres termes, il peut exprimer son opinion, ce qu’il a fait d’ailleurs dans ses explications en page nos 26, 27 et 28 de la brochure. (…) En l’occurrence, ce qui peut être reproché au Conseil d’Etat, ce n’est pas tant d’avoir exprimé son opinion sur l’IN 134 - ce qu’il avait le devoir de faire et qu’il a d’ailleurs fait dans ses explications des pages 26 et suivantes - mais bien la manière dont il l’a fait, à savoir sur la page de présentation du texte soumis à votation. (…)

Il faut évidemment lire les 17 pages de l’arrêt si l’on veut avoir une information complète. Mais nulle part on ne trouvera de condamnation du Conseil d’Etat de la part du TA pour avoir menti. Il est ainsi clair que si le contenu de cette page 18 s’était trouvé, comme il l’aurait dû, dans la partie « Explications des autorités », il n’aurait pas été sujet à caution – dans le sens qu’il n’aurait pu justifier l’annulation d’une votation. Que certains des arguments avancés par le gouvernement soient contestés – sans hurler au mensonge d’emblée – tant mieux, c’est cela qui devrait permettre le débat. Et de démontrer que l’initiative 134 est réellement peu lisible et de fait irréalisable. Si le Réel n’avait pas tant peur d’être confronté à ses propres contradictions, c’est sur ces éléments qu’il accepterait de débattre. Au vu du traitement médiatique réservé à l’événement, il semble que l’on s’éloigne plutôt de ce terrain-là…

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19/11/2008

Une votation sur le cycle qui désoriente…

Une victoire à la Pyrrhus, le recours gagné par les tenants de l’initiative 134 ? Personne ne disait véritablement le contraire hier soir sur le plateau de Léman Bleu. Et chacun s’accordait à : 1) déplorer que les élèves paient le prix du report de la votation ; 2) souhaiter que le vrai débat puisse enfin avoir lieu. Nous verrons si le délai imparti permettra d’engager des discussions sur le fond. Au vu des invectives qui ont fusé du côté de l’Arle, on peut en douter. Quant à la cohérence du cursus scolaire de l’élève, de 4 à 15 ans, elle n’était pas promise pour demain, mais elle s’éloigne encore plus, hélas. L’Arle et Réel étant toujours prompts à se présenter en victimes, il n’était certes pas très malin de leur tendre la perche en produisant cette fameuse page 18 de la brochure de la votation cantonale du 30 novembre. Mais accuser en retour le département de « mensonge » « tricherie », « tromperie », « forfaiture », d’avoir fourni « un matériel de vote fallacieux », etc. comme l’ont fait sur les ondes les représentants de Réel et de l’Arle montre que leur hargne conduit à certains dérapages. Le texte de la page 18 n’était pas à sa place car il ne présentait pas objectivement l’IN 134 ; il n’en demeure pas moins vrai que, globalement, les éléments avancés sont défendables. Nous ne saurons jamais si Réel engrangera davantage de votes en sa faveur grâce à cette décision de justice, condamnant la maladresse du Conseil d’Etat ou si, au contraire, le peuple agacé par ces péripéties rocambolesques sanctionnera les initiants. Mais il serait inquiétant que l’attitude plutôt indigne qu’ils ont eue face au conseiller d’Etat leur rapporte des points. Pour des enseignants du secondaire qui parlent des maîtres avec un grand ‘M’ et se gargarisent des mots « Respect » et « Autorité », ils ont donné un bien piètre exemple.

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09/11/2008

Réel : que des mensonges !

« Attention aux mensonges ! » avertit Réel pour défendre son initiative sur le CO (IN 134). L’association se fend d’un texte de 4 pages ( http://www.reseau-reel.ch/contra-mensonges.pdf ) pour détailler les « nombreuses (sic) mensonges » (11 en tout) qu’elle a relevés dans la brochure de la votation du 30 novembre. Une contre analyse de ces gémissements et arguties serait fastidieuse. Mais la lecture de ce document vaut la peine car, assurément, pour le lecteur attentif, son contenu est révélateur de l’infaisabilité et de la dangerosité de ce projet très sélectif, et ne peut que le pousser à voter NON à l’IN 134. Par ailleurs, en admettant que certaines récriminations de Réel soient fondées, ne faudrait-il pas voir là un autre signe – à moins d’accuser formellement les autorités de mentir sciemment – que cette initiative, de par sa complication extrême et ses lacunes, laisse une part belle aux interprétations et se révèle de fait incompréhensible ? Lors d’une votation populaire, le peu de lisibilité d’un objet implique qu’il soit rejeté.

 

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La Poste se fiche du monde depuis longtemps !

Le courrier A qui n’arrive pas le lendemain, c’est monnaie courante. Cela fait belle lurette que les délais, la Poste s’en tamponne ! Aussi, découvrir dans la presse du week-end qu’elle a enfin reconnu ce dysfonctionnement est assez plaisant. Mais qu’elle ose prétendre que les délais étaient encore, hier, tenus à 97% (Le Matin du 8 nov.) en dit long sur sa communication défaillante. N’aurait-il pas été normal, par ailleurs, que les utilisateurs que nous sommes aient été informés par la Poste que le fait d’affranchir le courrier en ‘A’ ne garantissait plus rien ? Au lieu des ronflantes publicités sur l’attente maximale au guichet dont on se contrefiche ? Car il vaudrait mieux ne pas supprimer les boîtes aux lettres ni fermer à tour de bras des offices postaux… Depuis que la Poste n’est plus un service public et qu’elle nous inflige dans ses halls des éventaires remplis de bombonailles et autres produits de consommation qui n’ont rien à faire en ces lieux, la priorité est clairement ailleurs que dans un acheminement postal digne de ce nom. En tant que responsable syndical, même si le volume de mes envois postaux est proportionnellement infime, je suis bien placé pour savoir que les lettres que j’envoie (en courrier A et remises avant 17h00 au guichet), par exemple aux quelque 200 écoles primaires du canton, ne parviennent pratiquement jamais aux collègues le lendemain. Le dernier envoi, une convocation à l’Assemblée des délégués, parti mardi est arrivé dans la plupart des cas le vendredi seulement, avec toutes les incompréhensions que cela peut susciter. Cela complique la vie des associations quand des documents sont par exemple censés parvenir aux membres quinze jours à l’avance. Les alternatives n’existent pas vraiment car la Poste vous fait bien comprendre, si vous osez réclamer, que si vous ne voulez pas payer le tarif A, alors, avec le B, là, il ne faudra pas vous étonner si ça prend 15 jours ! Etre obligé de payer le prix fort et n’avoir aucune garantie n’est pas normal. Il serait plus simple de n’avoir qu’un seul tarif – vu que par ailleurs la différence n’est pas toujours évidente, des courriers B étant apparemment livrés avant des A parfois… Mais il faudrait surtout que la Poste se concentre sur la tâche qui lui est normalement dévolue – transmettre le courrier, ce serait déjà ça ! - et que la population, elle, comprenne que le démantèlement des services publics auquel nous assistons, au prétexte d’amélioration des prestations grâce à la concurrence, de rentabilité de chaque secteur, ne peut que conduire à des iniquités de ce type, qui ne sont hélas pas terminées et dont la gravité ira croissant.

 

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01/11/2008

Une votation en deux temps sur le CO

Les Genevois voteront le 30 novembre sur l’avenir du cycle d’orientation (CO). Cette votation ne connaît aucun précédent et s’annonce compliquée à bien des égards. Jamais le peuple n’a été amené à se prononcer sur deux initiatives portant sur le même objet. C’est pourquoi il votera d’abord sur l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » et son contreprojet (PL 10176) en automne, et ensuite, au printemps 2009, sur celle de la Coordination Enseignement « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes » (IN 138). Il y aussi fort à parier que la population peinera à comprendre les enjeux, voire à s’intéresser à des débats où chaque partie pourra sembler défendre des principes identiques (par exemple : retarder la sélection) mais en accusant l’autre de préparer le contraire. Et ce n’est pas la lecture des articles de loi proposés qui apportent une vraie clarification. Nous sommes à l’évidence loin de la petite initiative simpliste du 24 septembre 2006 (IN 121) qui tenait en trois lignes… Il y a toutefois une priorité : éliminer l’IN 134. En effet, l’initiative de Réel est dangereuse, méprisante vis-à-vis du primaire et doit perdre à tout prix. Imaginer que, dès le départ, suivant leurs résultats en sixième, des élèves feront leur cycle en quatre ans et que cette année supplémentaire servira à combler toutes les lacunes en dit long sur le peu de considération qu’ont les « Réeliens » pour le niveau d’enseignement qui précède, et sur leur propre suffisance aussi. Mais ce sont surtout les élèves qui paieraient cher cette manière absurde de perpétuer l’échec en les étiquetant de la sorte. L ’étanchéité relative entre les six ( !) sections dès la huitième, où il ne serait possible de bifurquer que vers les filières moins exigeantes, comme si les élèves ne pouvaient progresser au-delà d’un niveau prédéterminé, est aussi révélatrice de la vision fataliste et hyper sélective des initiants. Idem pour la conception passéiste des classes relais poubelles que promeut l’IN 134. Le NON s’impose donc. Faut-il pour autant dire OUI au contreprojet ? Le retour aux trois sections d’antan (latine-scientifique / moderne / générale) rebaptisées « Scientifique-littéraire », « Langues vivantes et communication » et « Communication et technologies », en remplacement des niveaux A et B (et C) n’a rien d’affriolant. Le PL 10176 a toutefois été remanié dernièrement et, s’il ne constitue toujours pas une solution acceptable en soi, on peut d’une part estimer que le système de passerelles où de véritables moyens seront offerts aux élèves pour évoluer, grâce à une aide individuelle, dans les différents niveaux suivant leur motivation est intéressant et, d’autre part, que sa réalisation, si d’aventure il l’emportait, permettrait des ajustements en cours de route (alors que l’IN 134 est simplement irréaliste rien que du point de vue de sa mise en place). Il est donc clair que l’on ne peut pas mettre sur le même plan l’IN 134 et le PL 10176, et qu’il convient de supprimer d’entrée de jeu celle qui est aberrante. Un OUI au contreprojet du Conseil d’Etat se justifie donc. Il ne faut toutefois pas oublier qu’une mobilisation importante en faveur de l’IN 138 sera nécessaire dans un deuxième temps pour faire aboutir le seul projet cohérent, qui prend en compte toute la scolarité obligatoire et davantage. Ce n’est pas un hasard si le corps enseignant primaire a récolté près de la moitié des signatures de l’IN 138 à l’époque. Et les idéaux sont toujours là. Les adversaires de l’IN 138 auront beau jeu de rappeler que la septième hétérogène a déjà été refusée par le peuple. Mais cela remonte quand même à huit ans (4 mars 2001), dans un contexte très différent ; il faudra mesurer l’évolution des mentalités, même sur une période aussi courte, et garder espoir. Car le pari d’éducabilité est valable pour tous, non ?

 

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31/10/2008

Enseignement à domicile ?

On le sait sans trop y penser : c’est l’instruction qui est obligatoire et non l’école. La loi sur l’instruction publique (LIP-C1 10), Art. 9, dit en effet : « Principe : Tous les enfants habitant le canton de Genève doivent recevoir, dans les écoles publiques ou privées, ou à domicile, une instruction conforme aux prescriptions de la présente loi et au programme général établi par le département ». Bien peu de parents décident d’instruire eux-mêmes leur progéniture et de ne pas l’inscrire dans un établissement scolaire. Il est vrai que la fonction de gardiennage, gratuit, de l’école compte. Mais si demain le coût de l’élève, avec l’instauration d’un chèque scolaire, pouvait être remboursé aux familles qui assureraient l’instruction de leur(s) enfant(s), cela pourrait faire réfléchir. Au-delà du principe de solidarité dans l’impôt qui serait sérieusement mis à mal (faudrait-il ne pas payer la part affectée aux routes si l’on n’a pas de voiture ? Etc.), c’est l’identité de l’école publique qui risquerait d’être annihilée, avec de lourdes conséquences. Malgré tous ses défauts, l’école (encore un service public pour l’instant), sorte de creuset social, assure à elle seule une mission formatrice essentielle au niveau de la connaissance et de la culture qui permet à chacun d’évoluer dans la société. Faisons en sorte que l’école continue à jouer ce rôle.

 

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30/10/2008

Libre choix de l’école et chèque scolaire

En tant que canton urbain, au territoire exigu, Genève peut parier que, même si les parents pouvaient choisir l’établissement scolaire pour leurs enfants, les élèves, du primaire en tout cas, dans leur immense majorité, continueraient à fréquenter l’école la plus proche de leur domicile. Le danger réside bien plus dans l’absurde idée de concurrence qui obligerait les établissements à un travail promotionnel probablement aussi vain, contre-productif, que déconnecté de la réalité – pour ne pas dire mensonger. Choisir ses vacances sur internet peut déjà donner lieu à quelques désillusions cruelles… Mais prévoir que les écoles racolent par le biais de leurs sites en vantant leurs qualités fait frémir. Le palmarès des écoles – sur quels critères ? – ne peut que se révéler néfaste, à moins que l’on pense que tromper sciemment la population soit une nécessité. L’imagination suffit dans ce domaine et il est amusant de voir qu’autant des élèves que des profs du post-obligatoire font des pieds et des mains pour se retrouver au collège Calvin, comme si le prestige du bâtiment lié à son histoire assurait un meilleur enseignement… Le chèque scolaire, lui, ajouterait une difficulté si on le conçoit en même temps que le libre choix. En effet, cette modalité qui consisterait à reverser aux familles le montant de leurs impôts qui aurait été dévolu au budget de l’instruction publique, renforce la conviction que des choix doivent être opérés, que les bons parents s’y attelleront, et l’ouverture sur les écoles privées multipliera les possibilités offertes. Mais un autre écueil guette l’école publique et la cohésion sociale avec les bons d’éducation, celui d’une instruction assurée entièrement par la famille, phénomène déjà observable aux Etats-Unis…

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29/10/2008

L'école privée gagne du terrain...

L’école publique continue à être critiquée, quelles que soient les innovations ou les régressions voulues ou subies. Et, entre les attaques ciblées et les initiatives populaires, entre ceux qui prétendent vouloir la sauver et les autres qui souhaitent sa mort, il n’est pas toujours aisé d’imaginer de quoi demain sera fait et ce qu’il restera du métier d’enseignant. Avec environ 14% d’élèves dans le privé (SRED, 2008), Genève se démarque des autres cantons romands qui connaissent des pourcentages bien plus bas. Ce taux, bien qu’inférieur à la France voisine par exemple, augmente chaque année et les écoles privées ne se gênent pas d’annoncer qu’elles doivent refuser du monde. Nous savons que le statut de ville internationale n’explique pas à lui seul cet état de fait car les établissements privés genevois ne reçoivent pas que des enfants de fonctionnaires internationaux. Il est aussi patent maintenant que le cliché des familles aisées qui seraient les seules à pouvoir se passer de l’école publique est révolu. Des parents avec des revenus modestes inscrivent de plus en plus leurs enfants dans des écoles privées, au prix d’un effort important, et cette tendance ne doit pas être négligée. L’institution scolaire, en tant que service public, est mise en danger si elle n’est plus capable de drainer un pourcentage suffisant d’élèves, une masse critique garante d’une certaine cohésion sociale. Les raisons de cette désaffectation de l’école publique sont nombreuses et variées : cela va des carences supposées ou réelles du système éducatif à la recherche de pédagogies alternatives, en passant par des motifs religieux ou culturels et la crainte des violences scolaires ou du formatage étatique des têtes blondes… Il est clair également que le parent, phénomène de société, adopte davantage que par le passé un comportement de consommateur. Dès lors, la question n’est pas seulement d’analyser ces changements sociétaux mais de savoir comment résister – et jusqu’où faut-il aller pour ne pas tomber dans une attitude par trop défensive ? – face aux encouragements à délaisser ou à dénigrer l’école publique.

 

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03/09/2008

L'école finlandaise, eh oui, encore...

Je relaie (plus bas) une information transmise par l’association Former sans exclure.

La question que l’on devrait se poser, au-delà des considérations dignes du café du commerce (« l’école est une catastrophe, les élèves n’apprennent plus rien, ne savent plus rien, etc. ») est :

- Est-ce que l’école genevoise prend la bonne direction ?

La population, dans son immense majorité, désire que le niveau de formation augmente et lutter contre l'échec scolaire. Là réside la véritable volonté populaire. Celles et ceux qui voudront bien lire les lignes qui suivent (et pourquoi pas l’article complet sur le site) pourront répondre à la question. Et si la réponse est non, alors essayons de corriger le tir et de ne surtout pas céder au fatalisme !

Le message de Former sans exclure (former-sans-exclure.org) :

°°°°°°°°°°°°°°°

Organisation et politique de l'école finlandaise, sur le site de l'Ecole démocratique (Belgique), juillet 2008

Jusque dans les années 60 les jeunes finlandais n’avaient pas tous la possibilité de suivre un enseignement secondaire, l’enseignement n’étant pas encore organisé partout dans ce pays immense, à faible démographie et relativement pauvre. Mais l’égalité des chances étant alors une priorité politique, des réformes ont permis à l’enseignement de s’organiser et d’évoluer très rapidement. (...) L’enseignement actuel découle directement de cette politique volontariste des années 70. Il existait alors des écoles semi-privées et des écoles publiques, elles furent fondues en un seul réseau public, les écoles semi-privées ayant 7 ans pour se conformer aux normes des écoles publiques au risque d’être tout simplement fermées. (...) Le premier avis qui fut entendu sur la réforme, lorsqu’elle a été lancée dans les années 70, était que le niveau allait baisser, or les plus faibles ont été entraînés par les autres et les plus faibles de Finlande sont encore très forts par rapport à la moyenne européenne car tous les élèves à tous les niveaux ont au moins un niveau minimum acceptable.

Grands principes :

  • Egalité d’accès - pas de sélection : toutes les écoles offrent la même qualité pédagogique et les mêmes équipements (les écoles de campagne sont éventuellement mieux équipées encore).
  • Pas de choix d’école jusqu’à 16 ans : c’est l’école du quartier d’office (mais toutes les écoles se valent). Choix possible après 16 ans.
  • Gratuité intégrale – école publique : scolarité, fournitures, matériel, instruments de musique, bibliothèques bien fournies, écran de taille moyenne, ordis, repas, transports, sorties de classes, voyages d’études, remédiation, logopédie, psychologue…
  • Tronc commun – pas de filière jusqu’à 16 ans (sauf un choix entre une troisième langue étrangère ou plus de maths).
  • Apprentissage précoce des langues.
  • Pas de notation avant 13 ans et pas de redoublement (car c’est pire et coûteux).
  • Toutes les matières doivent être réussies.
  • Remédiation précoce : tous les professeurs sont formés au repérage des difficultés (même avant l’âge de 6 ans), et à la remédiation ; si la tâche est trop importante, il peut faire appel au professeur ‘ultra-spécialisé’ dans la remédiation, celui-ci est disponible dans chaque école pour des cours particuliers.
  • Equipes pédagogiques soutenues (formation continue).
  • En classe on parle, on explique, on comprend ; c’est à la maison qu’on écrit.
  • Peu de travaux extra-scolaires et les instructions pour le travail à domicile et la motivation pour celui-ci sont travaillés en classe (pistes, exemples…).

>> Le texte intégral sur le site de l'APED | html

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31/08/2008

L'autorité en question

« L’école primaire complète l’action éducative des parents » (règlement C1 10.21, art. 1, al. 3) ; voilà qui est clair et ne devrait pas laisser place aux divagations sur la mission de l’école où, selon certains, il faudrait enseigner et non éduquer. Mais cette collaboration avec la famille ne se décrète pas et se renvoyer la balle sur la responsabilité supposée de l’une ou l’autre partie des carences éducatives n’améliorerait pas la situation. L’école ne peut assumer à elle seule l’éducation des élèves mais doit affirmer ce rôle primordial. Pour les élèves, le bon prof est celui qui sait bien expliquer et qui se montre juste envers eux. Un enseignant compétent qui exerce avec autorité sans en abuser, qui se fait respecter et respecte ses élèves et qui a aussi le pouvoir, conféré par la reconnaissance de son autorité, de leur faire comprendre les lois qui régissent notre monde, voire de les leur imposer, de leur expliquer la nécessité de les respecter et l’obligation de sanctionner les écarts. Vaste programme, auquel les profs auraient renoncé !? Assurément non, mais si l’école est décriée, aussi sur ce plan-là, ce n’est ni un hasard ni totalement injustifié. L’autorité est fondée sur trois dimensions principales : la tradition, les valeurs et la menace de la sanction. Trois points qui font étrangement écho aux discours des anti-pédagogues, empreints de nostalgie (la tradition), qui déplorent la perte de repères (les valeurs) et prônent les notes (la sanction). Les détracteurs de l’école ont beau jeu de dénoncer la prétendue « démission » des enseignants en tablant sur la confusion d’aspects et de sentiments différents. L’autorité est d’abord une position éthique qui permet d’exercer le pouvoir, en évitant la dérive violente de l’autoritarisme, et sa fonction est de proscrire, de dire non, de prescrire des valeurs et aussi d’autoriser, de dire oui. Elle reste paradoxale car elle doit gérer le conflit autant qu’elle le génère. Mais il est aussi vrai que l’autorité n’est jamais autant interrogée que quand elle dysfonctionne. C’est apparemment le cas aujourd’hui, alors saisissons l’occasion de ces critiques et essayons de trouver ensemble quelques réponses ! Rendez-vous aux Assises romandes de l’éducation le 27 septembre. L’autorité dans et à l’école : « Cadrer pour éduquer » ; inscriptions en ligne : http://www.le-ser.ch/ser/even/08_assises_accueil.html

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