11/09/2007

Le disque rayé de Morisod

Encore une initiative sur l’école… et à nouveau il est fait appel aux ténors pour camoufler le contenu pas très innovant du projet. Ainsi, l’initiative populaire genevoise « Accueil continu des élèves », soutenue par Alain Moridod, est parue en pleine page du GHI, hebdo gratuit qui tire à 220'000 exemplaires. Avec une telle publicité et des arguments plutôt démagogiques, elle ne devrait pas avoir de peine à recueillir les 10'000 signatures nécessaires. Morisod vient donc encore en renfort – Chevrier et Castella qui formaient avec lui un trio sur les culs de bus en septembre 2006 pour vanter les notes n’étaient peut-être pas disponibles ? – et pousse sa chansonnette, trouvant que l’initiative « tombe sous le bon sens ». Scie habituelle ; mais pourquoi changer de disque puisque ça marche ? Le musicien nous ressert la même soupe que pour la votation passée sur l’école et trouvera sûrement bientôt l’occasion d’affirmer que les sections au cycle d’orientation s’imposent d’elles-mêmes, que la matu en 3 ans est aussi une évidence, que plus la formation des maîtres est courte, meilleure elle est, etc.

Et si le bonhomme, qui avouait avoir surtout fréquenté les collèges privés et n’avoir pas été un élève spécialement brillant, se contentait de faire chanter en play-back les 3 cloches et autres chansons nostalgiques aux conseillers fédéraux ? Cela ne requiert pas trop d’imagination, la partition est simple, mais il serait cependant, pour une fois, bien inspiré de la suivre…

 

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06/09/2007

Les vrais moutons, pas si cons!

Le problème avec l’affiche xénophobe, c’est que tout le monde en parle. Et qu’à chaque fois, originale, maculée ou détournée, on la voit. Comme si le matraquage dans les rues ne suffisait pas, la voilà reproduite dans les médias, continuellement. D’une certaine manière, cela fait le beurre de ses auteurs. Celle placardée devant l’entrée de la SPG n’a pas tenu une journée et c’était assez plaisant de la voir disparaître au fur et à mesure en quelques heures… Je l’ai photographiée. Mais, même complètement lacérée, sans plus un seul mot visible, je me suis rendu compte qu’elle était encore tout à fait reconnaissable. J’ai donc renoncé à la transmettre. A la place, voici – une fois n’est pas coutume – une photo de mes vacances…
moutons

 

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31/08/2007

Genève manquerait-elle d'ambition ?

La Confédération a bon dos lorsqu’il s’agit de sabrer la formation des maîtres. Un peu comme avec la loi sur le chômage où le gouvernement genevois a laissé croire que les emplois temporaires allaient de toute façon devenir illégaux en Suisse. Nous savons maintenant, grâce à un arrêt du Tribunal fédéral, que ce n’est pas vrai et que rien n’empêche notre canton de continuer à les proposer. Et d’ainsi permettre à environ 35% des personnes concernées de se réinsérer professionnellement.

Pour la formation des enseignants primaires, le département de l’instruction publique (DIP) procède de la même manière en prétendant que nous ne saurions nous distinguer du reste du pays. En effet, la conférence suisse des directeurs de l’instruction publique (CDIP) estime que le baccalauréat (bachelor) est un titre suffisant pour enseigner au primaire. Grand bien lui fasse ! Le réveil sera douloureux au milieu d’une Europe qui demande depuis longtemps un niveau bac+5 pour les maîtres en charge d’enfants de 4 à 12 ans. Mais cette régression prévue n’a rien d’obligatoire.

L’association professionnelle, la SPG, combattra donc l’argument spécieux du DIP qui prévoit une formation réduite pour le primaire au niveau baccalauréat (3 ans) en prétextant s’aligner sur les normes minimalistes suisses alors que l’exception de la licence mention enseignement (LME – 4 ans) prévaut depuis 11 ans à Genève et n’a jamais empêché, comme on essaie de le faire croire maintenant si le titre requis devenait la maîtrise (master en 4 ans et demi), d’engager des détenteurs de brevets ou diplômes des hautes écoles pédagogiques (HEP) d’autres cantons.

La population n’a aucune raison de se laisser berner de la sorte et les citoyens devraient attendre de la part des dirigeants un peu plus d’ambition pour que Genève ne dilapide pas les formidables ressources en formation dont elle dispose et n’ait pas à rougir dans quelques années de sa petitesse de vue.

08:10 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

30/08/2007

La formation des enseignants n’est pas proportionnelle à la taille des élèves !

Les membres de la Société pédagogique genevoise (SPG) demandent une formation initiale au niveau de la maîtrise, telle que prévue dans le processus de Bologne. Quatre ans et demi de formation, ce n'est pas trop pour l'espace essentiel et difficile de l’enseignement enfantin, primaire et spécialisé. En effet, le métier se complexifie, le nombre de disciplines à enseigner augmente, l'autonomie partielle des établissements scolaires est appelée à se développer, les contacts avec les parents vont s'intensifier ; les élèves ont droit à des enseignants performants pour leur assurer l'acquisition des connaissances de base. C’est pourquoi la SPG continue à défendre le principe d'une formation à l'Université.

Il faut dire que depuis 1930, à Genève, la formation des enseignants comporte, du moins partiellement, un volet universitaire. Actuellement, le titre requis pour enseigner au primaire est la licence mention enseignement (LME), mise en route en 1996 et obtenue en quatre ans. Il n'est plus temps de revenir en arrière sur ce principe, mais de regarder en avant pour améliorer la formation initiale des enseignants primaires. Par ailleurs, la tendance à rallonger les études et à les mener à l'Université est une pratique européenne. Ainsi, il n'est pas pensable que Genève, qui a toujours été un moteur dans ce domaine, notamment pour les autres cantons romands, reste à la traîne.

Nous affirmons que la formation est au cœur des défis qui s’ouvrent au monde occidental et singulièrement à notre pays dans un contexte de compétition internationale du savoir et qu’ainsi on ne peut que défendre une formation des enseignants la plus élevée possible. Si l’on reconnaît la tâche primordiale des enseignants de l’école enfantine et primaire en ce qui concerne la socialisation et l’entrée dans les apprentissages (et notamment celui de la lecture), on ne peut que proposer une formation pour ces degrés à la hauteur de leurs responsabilités. Si l’on prône le développement du partenariat avec les familles, on ne peut que défendre la reconnaissance de la qualité professionnelle de l’ensemble des enseignants par un niveau de formation au moins à hauteur de celui des parents d’élèves.

En conclusion, considérant que chaque enseignant de l’école obligatoire est responsable à la même hauteur des tâches d’instruction et d’éducation, même si elles peuvent être déclinées de manière différenciée au primaire ou au secondaire, la SPG, dans la lignée du syndicat des enseignants romands (SER), revendique un parcours de formation universitaire et de même volume pour l’ensemble des enseignants de l’école obligatoire, différencié dans son contenu, que l’on se dirige vers l’enseignement au primaire ou au secondaire.

22:16 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Clause PERil ?

A chaque rentrée ses nouveautés, effets d’annonce obligent. Ainsi, ironie du sort, grâce aux pourfendeurs des innovations, l’école primaire genevoise découvre un nouveau livret scolaire, une quatrième, voire une cinquième version pour certains élèves. Mais, pour faire bon poids et céder aux exigences des détracteurs de l’école genevoise, un plan d’études annuel est balancé au corps enseignant. Le classeur des objectifs d’apprentissage en vigueur de puis l’an 2000 serait-il bon à jeter aux orties ? Bien sûr que non. Mais le département préfère s’aplatir et pense contenter tout le monde en faisant procéder à un tiré à part du plan d’études (issu lui-même du GRAP*) contenu dans le classeur. Il berne ainsi ceux qui s’obstinent à voir dans les objectifs d’apprentissage un dangereux support de la rénovation et méprise les professionnels qui planifient leurs tâches depuis longtemps, sans avoir besoin d’un énième document pour leur dire comment procéder. Oh, bien sûr, tout le monde sait que dans ce bas monde tout est perfectible et d’aucuns trouveront des améliorations sensibles dans ce « tiré à part ». Mais le problème n’est pas entièrement là.

En effet, si l’association professionnelle, la SPG, a contesté la parution de ce plan d’études, c’est non seulement à cause de la tromperie qui caractérise cette démarche mais surtout parce que la perspective de la mise en place du plan d’études romand (PER) était toute proche. Le PER constitue une réelle avancée et répond à la revendication du syndicat des enseignants romands (SER) de ne pas s’arrêter à un plan cadre destiné aux seuls concepteurs de programmes. En effet, si cette dernière option avait été retenue, elle aurait conduit à une déclinaison des objectifs différente dans chaque canton, avec pour conséquence un changement quasi nul de la situation actuelle. Cet écueil semble donc évité. L’inquiétude provient maintenant du fait que le PER était annoncé pour la rentrée 2008 (même si en fait il était prévu dans un premier temps pour 2007…) mais qu’aux dernières nouvelles son introduction ne serait pas possible avant 2009. Tous les prétextes sont bons pour justifier ce report. En gros, c’est la faute à pas de chance et aux Vaudois qui ont tardé à rejoindre dans leurs travaux les six autres cantons romands… Quelle clause d’urgence faudrait-il invoquer pour éviter que cette pirouette supplémentaire ne vienne compromettre – laisser en plan ! – un projet garant d’un début de cohérence de l’école romande ?

De régressions en reculades, l’école, romande ou genevoise tout court, piétine et s’embourbe. Au lieu d’écouter les professionnels, les décideurs préfèrent déverser des discours lénifiants, assurant que tout est certes bien compliqué mais que l’évolution promise va se mettre en place tout doucement, comme par magie, demain ou après-demain, si ce n’est plus tard…

* Groupe romand pour l’aménagement des programmes, version genevoise de 1989  

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26/08/2007

Des notes... et pas de chiottes!

Un retour des notes et des WC fermés par mesure d’économie : voilà en résumé ce qui est censé caractériser la rentrée scolaire 2007. Une information éculée et tronquée d’une part puisque cela fait une année que nous savons que ce sont les moyennes qui sont rétablies de la 3ème à la 6ème primaire et, d’autre part, un scoop au niveau des égouts. Et dire que l’on nous annonçait que le débat sur l’école pouvait enfin avoir lieu et s’élever, maintenant que les rénovateurs étaient matés ; nous voilà servis.

 

Les aspects et les enjeux intéressants de la formation sont ignorés car le débat sur l’école, trop compliqué peut-être, n’intéresse pas vraiment. Il aura fallu une initiative populiste sur les notes* pour que soudain des voix déplorent, souvent hypocritement, le manque d’attention et de moyens accordés à l’éducation. Mais la votation est passée et le soufflé est retombé, sans effet durable.

Une nouvelle initiative populaire intitulée « Pour le maintien des chiottes à l’école secondaire » connaîtrait à coup sûr un franc succès… et permettrait peut-être d’attirer à nouveau l’attention de la population sur les vrais défis auxquels l’enseignement genevois est confronté.

 

 * « Pour le maintien des notes à l’école primaire »

 

 

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08/08/2007

Hôpital, école, même combat !

L’hôpital universitaire de Genève (HUG) est celui qui répond le moins aux attentes des patients, le dernier au classement des hôpitaux de notre pays selon le résultat de l’enquête Comparis ? Pas de problème, c’est que les genevois sont de foutus râleurs, c’est bien connu, jamais contents, toujours la gueule ouverte, les amygdales bronzées, etc.

 

Les genevois sont mécontents de leur école ? Mais bon sang, ce que nous avons pu manquer de répartie, tout de même ! Une votation perdue sur un pareil malentendu ? Il était évident que tout allait pour le mieux et que seule l’incurable insatisfaction des habitants du canton du bout du lac pouvait expliquer ce haro sur l’éducation…

 

Mais nous n’avons pas eu recours à ce subterfuge. Peut-être aurait-il fallu que Bernard Gruson, l’actuel directeur des HUG, soit à la tête de l’instruction publique. Avec lui, inutile d’évoquer un quelconque manque de moyens, de mesures d’économie iniques, de baisse de prestations, d’un plan Victoria aberrant. Non ! C’est juste que les genevois sont trop exigeants. Faudrait peut-être les délocaliser en bloc, qu’ils aillent voir ailleurs et ravalent leur culot.

 

M. Gruson peut postuler pour le futur poste de directeur de la scolarité obligatoire : tout sera beaucoup plus simple avec lui et Genève rentrera enfin dans le rang.

 

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04/08/2007

Parents désorientés, direction timorée, enseignants dénigrés

Des parents qui lancent une pétition pour s’opposer aux doubles degrés de leur école (une classe composée d’élèves de 5ème et de 6ème primaire par exemple) et d’autres qui s’offusquent que le maître principal, occupé à des tâches administratives le jour de la rentrée, ne puisse accueillir ses élèves ce jour-là. L’inadéquation de ces deux démarches entreprises par les parents est flagrante. Si elles ne sont pas uniques, pas nombreuses non plus en fait, elles causent un tort considérable. Mais ce sont ces deux événements qui ont été médiatisés en juillet. Certes, la période estivale est peu favorable pour relater un sujet intéressant sur l’école… Il serait toutefois assez aisé et tentant d’analyser le désarroi grandissant de certains parents. De saisir l’occasion de le mettre en parallèle avec les incertitudes liées à une société de plus en plus individualiste et compétitive, de relever le paradoxe que cela représente lorsque l’on sait les projets directement liés aux relations famille-école qui sont en cours (la mise en place de conseils d’établissement notamment) et le fait que jamais l’information à destination des parents n’a été si abondante et de qualité qu’aujourd’hui. Je pense cependant que le plus important est de ne pas se laisser décourager par des dérapages isolés qui occultent l’excellent travail que l’école primaire genevoise entretient au quotidien avec les familles. Il ne s’agit pas de minimiser les peurs légitimes de parents qui ne s’expriment pas toujours de manière heureuse mais, tout en les prenant en compte, il faut résister à toute velléité de repli. Je suis persuadé que l’école de demain ne pourra se construire qu’avec les parents et que ce travail de relation, inhérent à la fonction enseignante, doit prendre de l’ampleur et une certaine hauteur. Mais en attendant, le plus désorientant justement, pour les enseignants, est de constater que la direction se répand en justifications mais s’abstient de dénoncer l’aberration de certaines revendications émises par les parents. Lorsque ces derniers se fourvoient ou font preuve d’ingérence, il faut le signifier clairement. C’est le meilleur service qu’on peut leur rendre, ainsi qu’à leurs enfants. Justifier avec complaisance les pratiques des professionnels de l’éducation dénigre considérablement le corps enseignant et n’améliorera en rien l’école, bien au contraire.

 

10:39 Publié dans Ecole genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/07/2007

Fausse gratuité

Demandez à des jeunes ce qui est gratuit aujourd’hui. Peu donneront l’éducation en réponse. Certes, cela ne veut pas dire qu’il y a trente ou quarante ans, à cette même question, nous aurions su mettre en avant cet avantage. Mais nous n’étions pas, alors, envahis comme de nos jours par des offres continuelles qui galvaudent la notion de gratuité, principe qui doit, malgré tout, être compris comme la nécessité d’offrir à tous des prestations sans discrimination financière ou autre. Appels téléphoniques illimités, abonnements de portables qui ne coûtent rien, quotidiens gratuits qui pullulent, etc. la liste serait longue. Notre époque a inventé la gratuité illusoire qui ne poursuit pas d’autre but que d’accroître et de conditionner nos réflexes de consommateurs. Toute idée de générosité est éradiquée – n’a même pas effleuré l’esprit des entreprises – puisque seule la rentabilité compte. Réflexion sûrement un peu naïve dans un monde complaisamment décrit comme compétitif. Et qui n’a pas franchement de rapport avec l’école estimeront quelques-uns. Espérons-le. A l’heure où les taxes universitaires, au prétexte de la mise en place de Bologne, prennent l’ascenseur, où les bourses sont menacées, où le post-obligatoire est en passe d’être raboté pour des motifs économiques, où l’on prône le retour de la rigueur et de l’autorité, ce serait faire preuve d’angélisme, dans cette période de régression, de ne pas craindre qu’il soit tentant pour une certaine frange de vouloir réintroduire une participation des familles au motif de revaloriser l’éducation. Oh, cela ne se fera pas du jour au lendemain, bien entendu, quelques allusions, de petites suggestions d’abord : il serait aisé d’instiller dans les esprits que pour ré-institutionnaliser l’école, que la confiance avec le système scolaire soit restaurée, un financement par les parents, même symbolique, soit rétabli. Paranoïa ? Encore une fois, souhaitons-le. Il n’empêche que quand la gratuité est entendue comme profit et manipulation, qu’elle s’insère dans notre mode de vie, nous déresponsabilise et détruit le lien social, nous sommes bien obligés de nous interroger sur la compréhension que peuvent en avoir nos élèves et leur parents.

 

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07/07/2007

7 d'un coup !

Charles Beer, tel le valeureux petit tailleur, abat non des mouches mais des cartes qui peuvent, ou plutôt qui auraient dû, surprendre. Pour les cinq nouvelles écoles entrant dans le réseau d’enseignement prioritaire (REP), cinq directeurs sont désignés. Et dans le même temps sont nommés deux inspecteurs nouveaux pour remplacer leurs collègues à la retraite. Sept hommes d’un coup, sept nouveaux cadres pour l’enseignement primaire. Lorsque l’on sait la forte féminisation du primaire – corps enseignant à 90% féminin – ces désignations exclusivement masculines interrogent. Car des enseignantes ont bel et bien fait acte de candidature. Etaient-elles réellement moins compétentes ou la procédure de recrutement favoriserait-elle les hommes ? Question ouverte et sans réponse vu le peu de transparence sur les épreuves imposées qu’ont subies les candidat-e-s. L’association professionnelle et syndicale a écrit au chef du département et demandé des explications ; elle entend aussi bien négocier à l’avenir les modalités de recrutement des futur-e-s directrices et directeurs. Mais le plus étonnant dans cet épisode, qui date tout de même du 20 juin, reste la quasi absence d’autre réaction suite à la désignation de sept hommes par le Conseil d’Etat. Le politique et le monde associatif ne dédaignent en principe pas les débats sur la parité, et là, rien ? En ce jour appelé « 07.07.07 » et qui affole la presse pipeule, il valait peut-être la peine de signaler ce fait surprenant et qui n’a rien à voir avec un conte.

 

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02/07/2007

Tolérance zéro

« Aime la Suisse ou quitte-la ». Si l’union démocratique du centre (UDC) n’a pas encore plagié ce slogan sarkozyen, elle s’applique, dans ses propositions, à le mettre en pratique.

Xénophobie banalisée

Les responsables de l’UDC jonglent avec les discours sécuritaires et xénophobes. Ce parti veut ainsi lancer une initiative qui demandera de retirer la nationalité suisse aux criminels étrangers. Il s’en prend particulièrement aux jeunes et n’a pas de mots assez durs pour les dénigrer. Christoph Blocher dénonce tant qu’il peut la soi-disant augmentation de la violence, ne craint pas de désigner les jeunes issus de l’immigration et pointe ceux qui sont originaires des Balkans. Ueli Maurer parle de « brutalité multiculturelle », de « barbarie » et Yvan Perrin prône une naturalisation à l’essai. En clair, l’UDC n’a qu’une solution pour tous les maux de la société : renvoyer tous les étrangers qui ne sont pas « propres en ordre ». Et s’emploie donc à peindre le diable sur la muraille, à créer un climat d’insécurité qui sert son programme aux relents xénophobes. Les enseignants, eux, sont réellement aux prises avec des élèves d’origines différentes, reconnaissent cette richesse, et ne sauraient tolérer ces appels à dresser les uns contre les autres. Car l’école est bien concernée, à plus d’un titre.

Au revoir, les enfants ?

Au prétexte de lutter contre la violence et les incivilités, l’UDC revient à la charge avec l’idée d’envoyer des patrouilles de police dans les préaux d’écoles. Ce parti voudrait aussi contraindre les enseignants à dénoncer les infractions des élèves. Répression au lieu d’éducation, dans le but avoué d’expulser tous les membres des familles de mineurs étrangers délinquants. Qui serait assez naïf pour croire que cet odieux chantage puisse en quoi que ce soit favoriser leur intégration ? Hélas, il faut bien admettre que l’UDC recueille des applaudissements en plaidant pour une tolérance zéro face à une violence qui serait, selon elle, le fait d’une immigration massive. Certes, ce n’est pas demain que des enseignants-collabos joueront les délateurs. Mais si nous ne voulons pas que d’autres livrent nos élèves aux convoyeurs de charters, c’est aujourd’hui qu’il faut affirmer notre propre « tolérance zéro » à l’égard des initiatives haineuses qui ternissent ce qui reste de l’image d’une Suisse terre d’accueil.

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30/06/2007

Un corps enseignant doué de raison

Le cortège des promotions, pardon de la fête des écoles, semble incontournable en Ville de Genève. Il constitue même un attrait digne de figurer sur le site de l’office du tourisme. Après le boycott remarqué des décorations en 2004, l’orage diluvien de 2005, l’annulation du cortège en 2006 malgré le temps magnifique, l’édition 2007 était celle de tous les risques tant les mécontentements pouvaient provenir de toutes parts. La question des notes et des moyennes paraissait même une aimable plaisanterie en comparaison. Mais tout s’est déroulé au mieux.

 

Sur le thème « la pluie et le beau temps », les élèves ont défilé dans la bonne humeur ce mercredi 27 juin 2007. Quelques gouttes d’eau, quelques rayons de soleil, la météo s’est voulue clémente et a mis tout le monde d’accord. Des décorations de circonstance, légères, des habillements prêts à essuyer une petite intempérie : le cortège retrouvait une mesure digne et festive. Fini le temps des enfants qui croulent sous des déguisements dantesques, des tonnes de cartons qui s’avachissent à la moindre averse, des couleurs qui se diluent sous la pluie ; oubliée l’époque des élèves exténués à force de porter des accessoires décoratifs à bout de bras, suffocant sous la canicule et les épaisseurs des costumes. Même les permanentes des maîtresses montraient une certaine retenue… C’était donc possible.

 

Il faut dire que le magistrat responsable de la fête a eu l’excellente idée de tenir compte de l’avis des enseignants. En effet, ce sont eux qui ont suggéré le thème du cortège. Des enseignants écoutés et le résultat suit. Voilà qui paraît incroyable. Faut-il y voir un signe ? Si, pour une question aussi cruciale que le cortège des écoles enfantines et primaires, le corps enseignant est consulté et fait preuve d’une réflexion sensée, alors peut-être que demain il sera entendu lorsqu’il parlera de choses aussi anecdotiques que l’évaluation des élèves, la formation initiale des maîtres, les moyens nécessaires pour l’éducation, etc. On ne vit pas de regrets mais plutôt d’espoir… et d’une bonne dose d’utopie aussi !

 

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22/06/2007

CO : le parlement fait son mea maxima culpa… qui y croit ?

Le parlement a rejeté, le 15 juin 2007, les deux initiatives (IN 134 et 138) dites sur le cycle d’orientation (CO) à la quasi unanimité. En fait, l’exercice ne consistait pas à dénoncer ou vanter, selon où l’on se situe, les incohérences d’un projet hyper sélectif d’une part et les avantages de propositions concrètes pour réduire l’échec scolaire d’autre part mais plutôt à assurer, la main sur le cœur, que, promis, juré, les deux contre-projets allaient être concoctés dans l’harmonie la plus absolue.

 

Moment touchant s’il en est lors de cette séance du Grand Conseil, et qui aurait pu émouvoir quelque touriste naïf égaré dans la tribune. Certes, les déclarations d’intentions des députés sur leur bonne volonté à travailler ensemble pourraient être rassurantes. Mais c’est un peu vite oublier que ce devrait être la règle dans toute commission parlementaire. Lors de la précédente initiative sur les notes à l’école, il faut s’en souvenir, ce principe a été foulé aux pieds. Des commissaires se sont présentés poings liés aux séances, empêchés de débattre car leurs partis avaient signé un accord qui leur interdisait toute marge de manœuvre. Ainsi, le compromis du Conseil d’Etat auquel adhéraient les parents et les enseignants a été jeté à la poubelle sans même être lu.

 

Aujourd’hui le parlement semble mesurer l’image catastrophique qu’il a donnée, il y a un peu plus d’un an, en méprisant de la sorte l’esprit des institutions. Les députés jurent mais peut-être un peu tard, qu’on ne les y prendra plus. Alors qu’il eût été relativement facile de se mettre d’accord hier sur un simple et unique objet, voilà qu’on imagine maintenant qu’un consensus est possible sur deux projets diamétralement opposés, chacun d’une certaine complexité pour ne pas dire d’une complication extrême en ce qui concerne l’IN 134. L’avenir du CO est dans la tourmente et il est difficile de croire qu’il pourra en sortir sans dommage. Mais la question serait plutôt de savoir si le cycle a un avenir tout court. Car s’il s’agit de revenir aux trois sections qui existaient il y a quarante ans, autant l’enterrer tout de suite.

 

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16/06/2007

Niveler la formation des maîtres par le bas?

Chaque citoyen, du moins je l’espère, souhaite l’élévation du niveau général d’acquisition des connaissances et des compétences des élèves. Or, que s’apprête à faire notre gouvernement ? La réponse laisse pantois : le département de l’instruction publique (DIP) est décidé à diminuer la formation initiale des maîtres ! Au prétexte de l’harmonisation suisse, Genève ne craint pas d’envisager de niveler par le bas la formation des enseignants du primaire.

 

Actuellement, depuis 1996, le titre requis pour enseigner aux élèves de 4 à 12 ans, durant les huit années de l’école primaire, est une licence universitaire, obtenue en quatre ans d’études (60% de cours - 40% de stages dans les classes). Demain, le DIP entend demander la reconnaissance de la formation au niveau bachelor seulement, soit l’équivalent de trois ans d’études. Couper d’un an la formation des maîtres alors que l’école doit répondre à des demandes et attentes toujours plus grandes est une absurdité. Dix disciplines sont déjà enseignées par les maîtres généralistes du primaire, et il faudra bientôt rajouter l’anglais.

 

Lorsque l’on sait que les premières années sont d’une importance capitale pour le développement d’un enfant et conditionnent fortement son avenir, sa formation future, sa capacité à apprendre ainsi que le rapport aux savoirs qu’il entretiendra sa vie durant, il paraît impensable que l’on ne cherche pas à mettre devant les élèves des maîtres munis d’un degré de formation et d’expertise le plus élevé possible. Puisque la mise en conformité des universités suisses avec les accords de Bologne nous est imposée de la façon la plus antidémocratique qui soit (jamais aucun parlement n’a été consulté, sans même parler du peuple) alors il faut proposer une formation au niveau master (4 ans et demi-5 ans), au minimum, pour l’ensemble de la scolarité obligatoire.

 

Peut-on décemment d’une part pleurnicher sur les résultats décevants de la Suisse et de Genève aux tests PISA, réclamer l’éradication de l’échec scolaire, s’indigner du fait que trop d’élèves n’atteignent pas un niveau leur permettant de se débrouiller véritablement dans notre société et, d’autre part, sabrer la formation des enseignants ? La réponse est non, il ne devrait pas être question de s’aligner sur un standard minimal et contesté. Cette incohérence qui se prépare doit donc être combattue : l’association professionnelle et syndicale s’y emploie et appelle les citoyens à soutenir avec elle la revendication d’une formation élevée et exigeante pour les enseignants primaires.

 

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11/06/2007

C'est pas moi qui l'ai dit...

Mme Muriel Joyeux, retraitée de l’enseignement primaire depuis quelques années et membre du comité de l’Arle, a assisté au 3ème rendez-vous de l’instruction publique, le 22 mai dernier. Elle y a peu goûté. Moi également, mais pas exactement pour les mêmes raisons. Dans un courrier des lecteurs paru dans la Tribune de Genève le 2 juin, elle reproche le sectarisme de l’assemblée et elle nomme aussitôt « gourou » l’invité, M. Jacques Cornet en l’occurrence, car il est difficilement supportable de voir les piteuses idées de l’Arle battues en brèche. Bien sûr, elle suggère que le public a été « discrètement rameuté par des cellules militantes ». Et parle ensuite d’« une poignée d’endoctrinés » car elle n’en est pas à une contradiction près. Pitoyable défense qui montre en fait à quel point cette association qui prétend vouloir refaire l’école s’applique à ignorer les avis éclairés. Il est tellement plus facile de se réfugier derrière le verdict populaire ! Mais très dur aussi d’entendre, par la voix de sommités du monde de l’éducation, venus exprès dans notre pays, affirmer, comme M. Nico Hirtt le 27 avril, que « le peuple s’est trompé ou a été trompé le 24 septembre 2006 ». Ce n’est donc pas moi qui l’ai dit ! Mais Mme Joyeux n’en a cure ; ça lui aurait fait tellement plaisir si c’était moi qui avais prononcé ces mots. Alors elle m’accuse dans la foulée d’avoir incité mes collègues enseignants (par ailleurs peu présents ce soir-là dans la salle, ne lui en déplaise) à « contourner la votation populaire ». Attaque gratuite, emblématique à nouveau de l’épuisement du discours de ceux qui, au lendemain d’une victoire acquise d’avance, ne savent plus quoi dire.

 

Les citoyens qui voudront se rendre compte par eux-mêmes de la fausseté de cette dernière assertion et de la vacuité des propos de l’Arle, invitée aux deux premiers rendez-vous, n’ont qu’à visionner et écouter ces débats sur le site du DIP. www.geneve.ch/dip/rendezvous/default.asp

 

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