12/06/2017

Cyclistes bloqués par des containers

2017-06-11 019.jpgLes chantiers omniprésents à Genève causent beaucoup de tracas aux cyclistes et aux piétons. Bandes cyclables interrompues sans préavis, trottoirs supprimés, déviation de tout ce monde sur la voie réservée aux véhicules motorisés sans aucune précaution, etc.

La vie pour les adeptes de la mobilité douce est semée de chausse-trappes permanentes.

Mais il n’y a pas que les chantiers. Le manque d’égards pour les cyclistes se révèle aussi au quotidien, par exemple quand la voirie de la Ville laisse n’importe où les poubelles qu’elle a vidées.

Ce matin, rien que 6 containers (!) bloquaient complètement la piste cyclable à la rue du Contrat-Social, à la hauteur de l'allée no 14.

Et après, on s’étonne que les cyclistes roulent sur les trottoirs !

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12/04/2012

Polluer, Dégrader, Gaspiller : la PDG (Patrouille des Glaciers)

Route d'Arolla, jeudi 12 avril, l'armée bloque la circulation. Grandes manœuvres, envols d'hélicoptères, camion de pompiers à l'affût près de la citerne de kérosène, boucan infernal, etc. Le car postal s'impatiente.

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Les militaires s'agitent. Après 20 minutes, les voitures peuvent enfin redémarrer, rejoindre la station. Durant toute la journée le sketch recommence et se répétera jusqu'à fin avril.

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L'armée prépare la PDG 2012 (patrouille des glaciers) et se comporte comme si elle était seule au monde. Tous les 2 ans, ce cirque recommence. Ce déploiement militaire est cause de pollutions, de dégradation de la nature et représente un gaspillage insensé.

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L'armée empoisonne la vallée et tant les touristes que les résidants pestent contre cette calamité. Quant aux sportifs qui vont participer à cette course, s'ils sont vraiment respectueux de la nature et apprécient la montagne, ils devraient s'arranger pour l'organiser à l'avenir sans le concours de l'armée et sa débauche de désagréments.

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17/10/2010

Cyclokamikaze

cyclo08.JPGDresser quelque 350 contraventions à l’encontre des cyclistes ne résout rien. L’opération de Pierre Maudet ne rassure personne et la police municipale devrait avoir mieux à faire que de traquer les cyclistes qui osent rouler sans sonnette. Pire, le conseiller administratif de la Ville de Genève aggrave la situation en usant d’un vocabulaire déplacé. En traitant les cyclistes de « cycloterroristes », il dresse les uns contre les autres. Rouler en vélo devient périlleux tant l’agressivité des automobilistes et de certains piétons va croissante. Beaucoup ignorent simplement les droits des cyclistes, ne les respectent donc pas, et se croient dans leur « bon droit » de coincer les vélos ou d’insulter leurs propriétaires. Et si les autorités les encouragent, cela devient insupportable. Essayez pas exemple de pédaler sur le trottoir du pont de la Coulouvrenière, là où c’est parfaitement autorisé… Quant aux conditions de circulation, elles sont épouvantables. On ne compte plus le nombre de pistes cyclables aberrantes, qui s’arrêtent sans crier gare. Impossible également d’utiliser une piste cyclable sans tomber sur un véhicule garé qui barre le passage. A propos, combien de contraventions pour stationnement illicite sur les pistes cyclables tombent-elles par mois ? Probablement zéro, tant il est vrai que l’on peut observer des voitures parquées pratiquement en permanence sur les bandes réservées aux cyclistes, et ce sans jamais le moindre papillon. Le summum est atteint quand il y a des travaux sur la chaussée. Là, les cyclistes ne comptent plus du tout. Dans le quartier de Saint-Jean, il y a des exemples ahurissants. Ainsi, en remontant la rue du Contrat-Social, la piste cyclable se termine brutalement à cause d’un chantier (aucune signalisation de travaux n’est posée en bas de la rue) et un aimable panneau invite les cyclistes à passer à gauche. Le problème, c’est que s’ils suivent l’indication, ils se jettent sur les voitures qui débouchent du chemin du Furet et qui n’ont aucune raison de s’attendre à voir des vélos arriver en sens inverse. Cette situation dure depuis plusieurs semaines et c’est une chance inouïe s’il n’y a pas encore eu un accident grave. Même si le bus 7 qui passe par là conduit à l’hôpital, aucun cycliste n’a envie de s’emplâtrer sur son pare-brise… à moins d’être un kamikaze et de vouloir se sacrifier pour faire avancer la cause.

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08/08/2008

Théâtre sans cabots...

Les molosses sont interdits à Genève en vertu de la loi, et sur scène aussi, apparemment. Le Courrier du 7 août nous apprend ainsi que la pièce « Inferno » devra supprimer l’ouverture de son spectacle prévue avec des chiens d’attaque. Voilà une conséquence assez inattendue de l’acceptation récente par le peuple de l’initiative « pour l’interdiction des chiens dangereux ». Si cette loi est passée si facilement, ce n’est pas par phobie ou délire sécuritaire mais bien parce qu’il n’était plus possible de rester bras ballants devant les accidents qui se multipliaient et dont les enfants étaient les principales victimes. Quel rapport toutefois avec une pièce de théâtre ?

Si j’élevais un tigre dans mon appartement et que je l’emmenais promener au parc, cela créerait à coup sûr un certain émoi et on me confisquerait vite fait le fauve. Mais le cirque Knie est-il pour autant empêché de produire ses numéros avec lions, panthères et autres animaux féroces ? Si seulement, penseront certains… Mais la question n’est pas là.

Des dérogations sont prévues et il n’a jamais été envisagé par les personnes qui soutenaient l’initiative contre les molosses que la loi servirait à censurer un spectacle. Les acteurs n’auront-ils plus le droit d’allumer une cigarette sur scène au prétexte que la fumée est interdite dans les lieux publics ? Nulle loi n’est parfaite mais essayons si possible d’éviter de les rendre absurdes par excès de rigidité.

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04/02/2008

Demain, sans les chiens dangereux

Notre société serait-elle devenue si sûre qu’il nous faille inventer nous-mêmes des dangers que nous avons mis des générations à écarter ? Si, de temps à autre, un touriste se fait bouffer par un lion en pleine Afrique, ce n’est pas une raison pour demander l’extermination du panthera leo. Mais pourquoi tolérerait-on que nos enfants soient victimes de bêtes féroces, artificiellement créées ? Ce qui est particulièrement choquant, c’est que, pour ne surtout pas blesser les propriétaires de chiens, les conseils pour éviter de se faire boulotter sont donnés d’abord aux victimes potentielles, les enfants. A eux de faire attention, d’avoir l’attitude correcte ! Au lendemain du drame d’Oberglatt, fin 2005, où un enfant de six ans avait été tué par des chiens sur le chemin de l’école, les journaux s’en étaient d’ailleurs donné à cœur joie : faites le poireau, ne courrez pas, baissez la tête, ne répondez pas, couchez-vous à terre, le molosse finira bien par se lasser. Situation surréaliste ; et même le département de l’instruction publique s’y met, lui qui encourage le programme de prévention « Truff le chien » dans les écoles où un animateur déguisé en clebs se met à quatre pattes et aboie. On croit rêver, également lorsqu’on entend un avocat de la place nous parler de son association « Pro Dog ». Pro Juventute devrait sérieusement songer soit à se rebaptiser soit à mettre la clé sous le paillasson, car, pour finir, qui s’en préoccupe de la jeunesse ? Les rayons d’alimentation pour animaux regorgent de produits, prennent toujours plus de place. A l’heure où 48'000 personnes meurent chaque jour dans le monde pour cause de malnutrition (d’autres estimations sont plus pessimistes), nos sociétés occidentales continuent à nourrir ces bouches canines ou félines inutiles. A en croire les médias, le propriétaire des pitbulls assassins de Zurich, indifférent à l’écolier mort qui gisait, pleurait sur la valeur perdue de ses chiens. Au Cambodge, une fille de dix ans est vendue 40 dollars ; si le père arrive à se débarrasser de trois de ses filles, il peut s’acheter avec les 120 dollars reçus un berger allemand… Voilà le monde irresponsable dans sa triste réalité, dans laquelle nous vivons et que nous ne pouvons ignorer. Un choix de société doit être fait. Entre la faim, la maltraitance et les exactions de toutes sortes dans le monde, il ne suffit pas de renoncer aux « animaux de compagnie » pour que ces problèmes soient vraiment atténués. Mais il est indécent d’accorder toujours davantage d’importance à cette gent animale-là, au mépris – et donc au détriment – des hommes, femmes et enfants de cette planète. Les bébés et les écoliers sont les principales victimes des chiens d’attaque. OUI le 24 février à l’initiative 137 demandant l’interdiction des races de chiens dangereux.

 

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28/10/2007

Bébés capturés par l'écran

Une nouvelle chaîne de télévision est lancée pour les enfants de 6 mois à 3 ans. Elle est proposée dans une trentaine de pays et ses émissions tournent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Cette offre est hallucinante car il faut croire qu’il y a bien une demande et que des parents vont installer des bébés devant le poste, à toute heure de la journée ou de la nuit ; une tranquillité achetée à bon prix, au risque de décérébrer leur enfant. Il est tout d’abord stupéfiant de constater que, de facto, on puisse considérer que la télévision « normale » serait conçue pour les enfants dès trois ans. Rien n’est moins évident. L’exposition aux images télévisuelles pour des enfants en plein développement ne doit en aucun cas être banalisée.

 

Mais ce qui est proprement ahurissant, c’est le cynisme avec lequel des êtres humains, sous couvert de bonnes intentions éducatives, proposent purement et simplement à des adultes sûrement démunis de rendre leur progéniture dépendante de la télévision, quelle que soit l’évolution de cette dernière, pour toute leur existence. Il y a fort à parier qu’un bébé conditionné à porter son regard sur un écran recherchera encore à l’âge adulte, et sa vie durant, la présence permanente d’une télévision allumée. Sera-t-il même encore possible de l’éteindre ? Accrochés aux images davantage qu’à la vie, peu aptes à appréhender la réalité et à comprendre le monde, les futurs citoyens maternés par la télévision représenteront une manne inouïe pour les annonceurs et exploitants de tout poil. Un bain continuel d’images, au détriment de vraies interactions avec l’entourage, représente le meilleur moyen de disposer d’un peuple incapable de discernement, corvéable à merci. Vu que les scénarios les pires avaient déjà été écrits par des auteurs de science-fiction, on pouvait espérer que l’on ne s’empresserait pas de les réaliser, et obtenir ainsi un sursis pour l’humanité. Hélas, la capacité de nuisance par l’homme envers sa propre espèce est inépuisable et une nouvelle étape semble à nouveau franchie…

 

Psychologues, psychanalystes et autres psychiatres, suivant qu’ils ont été consultés ou non par les concepteurs de ces programmes, expriment des avis divergents sur les risques que représente la télévision pour les tout-petits. Mais il ne devrait pas avoir lieu de tergiverser. Il faut mettre en garde les parents, leur dire qu’une telle chaîne met en danger le développement de leur enfant et, s’il n’est pas possible de l’interdire, faire en sorte qu’elle soit boycottée et disparaisse d’elle-même, faute d’être rentable.

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01/10/2007

Ecoles ouvertes le samedi soir, une solution ?

Le canton de Zurich ouvre des salles de gymnastique le samedi soir. Depuis huit ans, les jeunes sont invités à participer à des activités essentiellement sportives. Les communes qui ont adhéré à ce projet constatent une baisse des actes de vandalisme. Cette information lue dans Le Courrier de ce jour devrait offrir des perspectives pour notre canton. Plutôt que de placer des appareils à ultrasons pour faire fuir les adolescents, leur ouvrir les écoles en soirée pourrait constituer une solution heureuse afin qu’ils se défoulent. Les jeunes ont déjà une certaine tendance à se retrouver dans les préaux. Mettre à leur disposition une infrastructure offrant davantage de possibilités (et chauffée en hiver), naturellement proche de leur lieu de rendez-vous, serait apprécié. Mais cette intéressante approche a-t-elle une chance de voir le jour à Genève ? Actuellement, quand elles ne ferment pas les préaux, certaines communes installent des passes électroniques dans les écoles et interdisent même aux enseignants de se rendre dans leur bâtiment le week-end ou le soir… tout cela au nom de normes de sécurité auto-imposées. Organiser une réunion de parents le soir dans une école primaire demande bien souvent une série de démarches administratives aussi rebutantes qu’absurdes. On peut aussi parier que les coûts seront invoqués pour refuser l’ouverture des salles de gym puisqu’il faut bien que le concierge soit présent pour ouvrir et fermer les locaux. Une telle organisation, qui implique la participation des jeunes, dans le rangement et le nettoyage notamment, et intègre la notion de fair-play, n’est peut-être pas la panacée mais vaut largement mieux que toutes les initiatives visant uniquement la répression et l’exclusion pour lutter contre les incivilités. Une commune genevoise est-elle prête à tenter (ou a-t-elle déjà tenté) l’expérience ?

 

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06/09/2007

Les vrais moutons, pas si cons!

Le problème avec l’affiche xénophobe, c’est que tout le monde en parle. Et qu’à chaque fois, originale, maculée ou détournée, on la voit. Comme si le matraquage dans les rues ne suffisait pas, la voilà reproduite dans les médias, continuellement. D’une certaine manière, cela fait le beurre de ses auteurs. Celle placardée devant l’entrée de la SPG n’a pas tenu une journée et c’était assez plaisant de la voir disparaître au fur et à mesure en quelques heures… Je l’ai photographiée. Mais, même complètement lacérée, sans plus un seul mot visible, je me suis rendu compte qu’elle était encore tout à fait reconnaissable. J’ai donc renoncé à la transmettre. A la place, voici – une fois n’est pas coutume – une photo de mes vacances…
moutons

 

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09/07/2007

Fausse gratuité

Demandez à des jeunes ce qui est gratuit aujourd’hui. Peu donneront l’éducation en réponse. Certes, cela ne veut pas dire qu’il y a trente ou quarante ans, à cette même question, nous aurions su mettre en avant cet avantage. Mais nous n’étions pas, alors, envahis comme de nos jours par des offres continuelles qui galvaudent la notion de gratuité, principe qui doit, malgré tout, être compris comme la nécessité d’offrir à tous des prestations sans discrimination financière ou autre. Appels téléphoniques illimités, abonnements de portables qui ne coûtent rien, quotidiens gratuits qui pullulent, etc. la liste serait longue. Notre époque a inventé la gratuité illusoire qui ne poursuit pas d’autre but que d’accroître et de conditionner nos réflexes de consommateurs. Toute idée de générosité est éradiquée – n’a même pas effleuré l’esprit des entreprises – puisque seule la rentabilité compte. Réflexion sûrement un peu naïve dans un monde complaisamment décrit comme compétitif. Et qui n’a pas franchement de rapport avec l’école estimeront quelques-uns. Espérons-le. A l’heure où les taxes universitaires, au prétexte de la mise en place de Bologne, prennent l’ascenseur, où les bourses sont menacées, où le post-obligatoire est en passe d’être raboté pour des motifs économiques, où l’on prône le retour de la rigueur et de l’autorité, ce serait faire preuve d’angélisme, dans cette période de régression, de ne pas craindre qu’il soit tentant pour une certaine frange de vouloir réintroduire une participation des familles au motif de revaloriser l’éducation. Oh, cela ne se fera pas du jour au lendemain, bien entendu, quelques allusions, de petites suggestions d’abord : il serait aisé d’instiller dans les esprits que pour ré-institutionnaliser l’école, que la confiance avec le système scolaire soit restaurée, un financement par les parents, même symbolique, soit rétabli. Paranoïa ? Encore une fois, souhaitons-le. Il n’empêche que quand la gratuité est entendue comme profit et manipulation, qu’elle s’insère dans notre mode de vie, nous déresponsabilise et détruit le lien social, nous sommes bien obligés de nous interroger sur la compréhension que peuvent en avoir nos élèves et leur parents.

 

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02/07/2007

Tolérance zéro

« Aime la Suisse ou quitte-la ». Si l’union démocratique du centre (UDC) n’a pas encore plagié ce slogan sarkozyen, elle s’applique, dans ses propositions, à le mettre en pratique.

Xénophobie banalisée

Les responsables de l’UDC jonglent avec les discours sécuritaires et xénophobes. Ce parti veut ainsi lancer une initiative qui demandera de retirer la nationalité suisse aux criminels étrangers. Il s’en prend particulièrement aux jeunes et n’a pas de mots assez durs pour les dénigrer. Christoph Blocher dénonce tant qu’il peut la soi-disant augmentation de la violence, ne craint pas de désigner les jeunes issus de l’immigration et pointe ceux qui sont originaires des Balkans. Ueli Maurer parle de « brutalité multiculturelle », de « barbarie » et Yvan Perrin prône une naturalisation à l’essai. En clair, l’UDC n’a qu’une solution pour tous les maux de la société : renvoyer tous les étrangers qui ne sont pas « propres en ordre ». Et s’emploie donc à peindre le diable sur la muraille, à créer un climat d’insécurité qui sert son programme aux relents xénophobes. Les enseignants, eux, sont réellement aux prises avec des élèves d’origines différentes, reconnaissent cette richesse, et ne sauraient tolérer ces appels à dresser les uns contre les autres. Car l’école est bien concernée, à plus d’un titre.

Au revoir, les enfants ?

Au prétexte de lutter contre la violence et les incivilités, l’UDC revient à la charge avec l’idée d’envoyer des patrouilles de police dans les préaux d’écoles. Ce parti voudrait aussi contraindre les enseignants à dénoncer les infractions des élèves. Répression au lieu d’éducation, dans le but avoué d’expulser tous les membres des familles de mineurs étrangers délinquants. Qui serait assez naïf pour croire que cet odieux chantage puisse en quoi que ce soit favoriser leur intégration ? Hélas, il faut bien admettre que l’UDC recueille des applaudissements en plaidant pour une tolérance zéro face à une violence qui serait, selon elle, le fait d’une immigration massive. Certes, ce n’est pas demain que des enseignants-collabos joueront les délateurs. Mais si nous ne voulons pas que d’autres livrent nos élèves aux convoyeurs de charters, c’est aujourd’hui qu’il faut affirmer notre propre « tolérance zéro » à l’égard des initiatives haineuses qui ternissent ce qui reste de l’image d’une Suisse terre d’accueil.

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14/05/2007

Ultra-cons

Le Conseil d’Etat a interdit les appareils anti-jeunes émettant des ultrasons. Bravo. C’était certes une décision un peu plus facile que le coup des muselières : pas de risque pour le gouvernement de devoir reculer aussi piteusement que quand il s’attaque au lobby des propriétaires de chiens. Mais c’est insuffisant. Tant que la vente continue, quelle garantie avons-nous que des particuliers ne vont pas installer ces dispositifs dangereux aux endroits où ils pensent que leurs intérêts sont menacés par la présence de jeunes ? Avec la publicité qui est faite pour ces « mosquitos » et vu leur faible prix il y aura bien quelques irresponsables qui vont les tester à leur tour. Il ne fait décidément pas bon être jeune dans notre société. La démographie baisse mais on laisse les enfants se faire défigurer ou même dévorer par des molosses, on tolère les chauffards aux abords des écoles, on veut fermer les préaux parce que les jeunes dérangent et maintenant on tente de les chasser des bâtiments publics. Quelle sera la prochaine supra-connerie qui va être inventée pour mépriser le droit à la jeunesse de simplement exister ? Il est peut-être temps que l’école leur apprenne mieux à se révolter, à exprimer leurs désaccords face aux injustices dont ils sont victimes. Avant qu’il ne soit trop tard et que la violence ne devienne le seul moyen de s’opposer et de s’affirmer.

 

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21/04/2007

Passage (de vie à trépas) pour piétons

Un homme de 96 ans a été tué par le tramway alors qu’il traversait sur un passage pour piétons. Au prétexte que les trams bénéficient d’une certaine priorité, l’avocat du wattman n’hésite pas à affirmer que si le nonagénaire est mort, c’est de sa faute ! C’est simplement indécent et scandaleux. Tout juste si le 3ème âge n’est pas accusé d’entretenir dans ses rangs des commandos de sournois piétons-suicide.

 

Les transports publics doivent pouvoir jouir de conditions de trafic fluides (voies réservées, en site propre si possible, etc.) et il est compréhensible que des mastodontes comme les trams ne puissent pas s’arrêter à tout bout de champ. Il n’en demeure pas moins que les déplacements à pied doivent être favorisés et que la sécurité des piétons doit être garantie. Va-t-on demain excuser les conducteurs qui auront soit renversé une personne âgée ou handicapée trop lente, ou écrasé des enfants qui eux ont le défaut d’être trop petits et peu visibles ? On peut se féliciter de la baisse d’accidents graves de la route mais une personne tuée dans un accident de la circulation, a fortiori lorsqu’elle n’y est pour rien, représentera toujours un mort de trop.

 

Et des chiffres positifs ne doivent pas en cacher un autre, préoccupant, qui est celui des infractions en matière de circulation routière aux abords des écoles. La police en a recensé quelque 3'600 en une semaine, par deux fois en moins de 6 mois. Et il ne s’agit que d’un pointage ! Est-ce à dire qu’il y aurait peut-être, hebdomadairement, autant de conduites inappropriées, de dépassements de vitesse en particulier, devant les écoles genevoises qu’il y a d’élèves au primaire (36'000) ? Nous jouons à l’évidence avec le feu et verbaliser 15 jours par an ne suffit pas. Des milliers de jeunes se rendent chaque jour à pied dans leur établissement scolaire et n’ont pas à être exagérément exposés aux dangers de la route. A l’instar de propriétaires de molosses qui n’ont aucun égard envers les enfants, certains automobilistes adoptent un comportement irresponsable et inquiétant.

 

La valeur d’une société se mesure aussi à sa capacité à protéger les plus faibles. Au lieu d’embarquer des caméras de surveillance dans les bus et d’en disséminer dans les rues, les TPG et nos autorités feraient sûrement mieux de se préoccuper de trouver et de financer des solutions humaines pour veiller sur les citoyens. Ou faut-il attendre que la rubrique « des vieux et des élèves écrasés » supplante celle réservée jusqu’alors aux canidés ? (Etant entendu que le meilleur ami de l’homme aura droit, lui, aux articles de fond, en pleine page, avec photos, etc. – il y a quand même une justice dans ce bas monde…)

 

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