La santé des enseignant.es et des élèves d’abord !

1er_mai_2020.pngEnseigner à distance n’est pas enseigner. L’école, depuis la fermeture des établissements le 16 mars pour raisons sanitaires, ne fonctionne plus véritablement. Pourtant, le corps enseignant travaille plus que jamais et s’épuise pour garder le lien avec les familles et proposer des activités aux élèves. Cette situation paradoxale, où le personnel est contraint de renoncer à dispenser les prestations sous la forme habituelle tout en devant réinventer en quelque sorte son métier, crée des conditions de travail éprouvantes. La crise actuelle met aussi en évidence le défaut de moyens accordés à la formation et le prix à payer des économies réalisées depuis des années sur le dos des profs et de leurs élèves. La tentation de rouvrir les classes pour pouvoir à nouveau entretenir une vraie relation avec les élèves, condition indispensable à l’acquisition des compétences et connaissances, est grande. Mais si l’idée de reprendre un enseignement digne de ce nom, d’assurer la progression des apprentissages est compréhensible et tout à l’honneur de la profession enseignante, il ne faut pas succomber au piège des intérêts économiques et de l’argument pédagogique. La santé des enseignant.es et des élèves prime sur toute autre considération !

L’école est le reflet de la société, dit-on. Et, en ces temps incertains, il est bien difficile de distinguer une image claire. L’écrivain Isaac Asimov, en 1957, dans un roman de science-fiction intitulé « Face aux feux du soleil », avait décrit une planète où les êtres humains ne supportaient plus la présence physique de l’autre, vivaient à distance, isolés les uns des autres, et n’entraient en contact que par écrans interposés. Les œuvres d’anticipation décrivent parfois le pire et, en cela, représentent certaines fois un espoir de ne pas voir le cauchemar de fiction se réaliser.

Aujourd’hui, la situation détestable que toute la population subit, où la distance physique entre les personnes s’impose, créant insidieusement une distanciation sociale, fait penser que la réalité a rejoint la fiction. Toutefois, aussi douloureux qu’il soit, le contexte auquel chacun.e est confronté.e, ne doit pas écarter la vraie priorité, celle de la santé de toute la population.

La réouverture des écoles le 11 mai sans garanties sanitaires est aberrante. Le corps enseignant ne doit pas être exposé au prétexte que les enfants et jeunes seraient en manque d’école. Bien sûr que l’école est un service essentiel, que la mission de l’instruction publique garde toute sa valeur, et il faut espérer qu’elle pourra retrouver du sens et se redéployer concrètement bientôt. Mais aussi cruel cet éloignement des établissements scolaires soit-il, personne n’est en train de préparer une société analphabète, aucun élève ne verra sa santé atteinte par manque d’instruction, si la fermeture des écoles perdure. En revanche, avec une reprise des cours prématurée, le risque de porter atteinte à la santé de toutes et tous, et en particulier des personnes les plus fragiles, n’est pas négligeable. Pour préserver l’ensemble de la population les déplacements doivent encore être limités le plus possible. Cela semble contradictoire avec la reprise des quelque 50 000 élèves de l‘école obligatoire à Genève. Même la venue en demi-classe, invention désespérée de dernière minute, n’est pas admissible. La santé ne s’improvise pas ainsi !

Les syndicats exigent en conséquence un plan sanitaire dûment établi, basé sur des données scientifiques avérées, avant toute décision de réouverture des écoles. Les conditions d’hygiène et le matériel s’y rapportant doit aussi être à disposition à volonté, de même que la possibilité de passer des tests sérologiques, aux frais de l’employeur. Il convient aussi de faire pression pour que des investissements massifs et des ressources importantes soient dévolus à la formation afin de combler les manques dus à des décennies d’économies injustifiées – menées par des politiques néolibérales délétères –, et à lutter contre les inégalités sociales, exacerbées par l’éloignement des classes scolaires.

Le corps enseignant se dévoue sans compter pour les élèves ; à chacun.e, en ce 1er mai, de manifester sa détermination à protéger les profs et les élèves, à préserver leur santé !

Commentaires

  • Je ne comprends pas trop les revendications.

    L'épidémie recule en ce moment. L'été, c'est les vacances. L'automne a des chances de revoir le virus, et le vaccin ne sera pas dispo avant le printemps 2021.
    Les tests sérologiques sont pris avec prudences, parce que des données (à vérifier) montrent une immunité limité dans le temps (en mois), ce qui va impliquer probablement pour nous, une vaccination annuelle.
    Et qui de mieux pour préparer un plan sanitaire, si ce n'est justement les gens qui travaillent sur place et non l'Etat ?

    Ne parlez pas bases scientifiques avérés, ce n'est pas là le problème : L'expérience dans les pays (base épidémiologiste) Vs la preuve scientifique (base scientifique) qui sera trouvée dans x mois/années.
    La première est avérée, la deuxième demandera beaucoup plus de connaissances sur le virus et donc du temps. Vous le savez bien.

    Quand souhaitez-vous le retour à l'école sachant que le risque 0 n'existe pas ? C'est une revendication pour faire parler du syndicat ?

  • La santé de tous les peuples d'abords!

  • 07h45 : J'habite dans un village désertique où ici d'habitude il commence à y avoir les cris des enfants ; il y a celui qui à encore les yeux collés ou cette petite qui s'est habillée comme une princesse...ça commence à courir, à courir, à joué au ballon. Les adultes arrivent au compte-gouttes; il y en a qui vont boire leurs cafés ou qui vont préparer leur travail et il y a ceux qui arrivent après la cloche, comme certains enfants.
    Ici dans mon village tout à été remplacé par la nature.
    Les écureuils viennent chercher leurs provisions cachées avant l'hiver. Les oiseaux : Il y a les rouges-gorges qui chantent, les corneilles qui font la tête.
    Il n'y a plus rien dans les poubelles car les enfants ont désertés mon village.
    C'est un matin de printemps où le soleil fait son apparition, la bise caresse le branchage des arbres, des buissons et recoiffe le gazon. Tout commence à bourgeonner, à fleurir, c'est un beau tableau !
    Mais il manque ces cris dans ce beau décors. J’espère que, quand mon village reviendra à la normale, on se rappellera que " c'est quand il y a de la vie et du coeur que tout reprend un sens......"
    Pour cette reprise dans ces conditions, y a t'il un sens, du coeur et une sérénité pour bien faire son travail ?

    Alessandro Scandurra

  • "La réouverture des écoles le 11 mai sans garanties sanitaires est aberrante. Le corps enseignant ne doit pas être exposé au prétexte que les enfants et jeunes seraient en manque d’école."
    Quelle blague ! Et donc, vous voulez vous planquer jusqu'à quand ? Si vous voulez vraiment ne jamais courir le moindre risque, il faudrait ne jamais sortir de chez vous. Mais il pourrait y avoir un incendie, un tremblement de terre...

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