Tableau noir - Page 8

  • Remballe l’hétérogénéité dans ton short, camarade !

    Deux initiatives sur le cycle d'orientation (CO) et un contre-projet : le débat sur les trois degrés de la fin de la scolarité obligatoire semble soudain compliqué. Le sort du primaire était facile à régler – le jargon des pédagogues n'était qu'un ramassis d'inepties à ignorer sans discussion – mais pour le CO, va falloir la jouer finement. Foin du simplisme consacré le 24 septembre 2006 et place aux hautes stratégies pour assurer la formation des jeunes. Toutefois, le journaliste indépendant Pascal Décaillet, dans la Tribune de Genève du 5 juin, avertit : « attention à l'excès de complexité » ! Il est vrai que la veille, il recevait sur le plateau de son émission un invité quasi permanent, Jean Romain. Ce dernier venait avec une requête d'une audace folle : autoriser l'hétérogénéité en 7ème année lors des cours de gym. Une idée stupéfiante d’originalité, téméraire, qui revient, en quelque sorte, à promouvoir une hétérogénéité à plusieurs niveaux. Mais qui plonge irrémédiablement le citoyen dans des abîmes de réflexions d'où il ne pourra à l'évidence sortir indemne. Faut-il prendre le risque extrême de mélanger les faibles et les forts aux cours d'éducation physique ? Les complexions délicates ne risquent-elles pas de tirer vers le bas les vigoureuses ? Les élèves malingres ne vont-ils pas freiner les plus robustes dans leurs efforts ? Ceux qui ne comprennent pas les règles du jeu n'empêcheront-ils pas le déroulement des matchs ? N'y a-t-il pas à craindre des retenues de short déloyales par des condisciples chétifs lors du traditionnel cross ? Etc. Le prof de philo du post-obligatoire, grandiose dès qu'il s'agit de vomir sur l'instruction publique, reçoit une mauvaise note pour son intrépide proposition. En effet, l'animateur de la TV locale conteste a posteriori la légitimité de cette intervention intempestive. Ouf ! Dire que sans cela le peuple aurait pu s'égarer, mal saisir l'enjeu, voire se tromper sur la votation à venir ! La compréhensibilité du système scolaire est sauve ; l'école a eu chaud.

  • La classe de trop… et les classes en moins !

    Le Conseil d’Etat a accordé la classe salariale 24 aux futurs directeurs d’établissements du primaire. Cette annonce a provoqué un fort mécontentement auprès du corps enseignant. Il faut dire qu’il avait toujours été question au préalable de la classe 23. Octroyer ce bonus maintenant, alors que ces personnes ne sont même pas entrées en fonction, relève d’une rare maladresse. En effet, cette décision, avant tout politique, vise à caresser dans le sens du poil les futurs cadres supérieurs et à leur faire croire qu’ils auront une position égale à leurs collègues du secondaire. Mais, dans ce cas-là, pourquoi ne pas les mettre en classe 26, comme les directeurs du CO ? Sûrement parce que, comme d’habitude, dès qu’il s’agit du primaire, on préfère voir petit… Toutefois, les directeurs du primaire ont d’autres préoccupations, plus urgentes. Les conditions dans lesquelles ils pourront commencer à exercer le 25 août 2008, à la rentrée, sont plus importantes que leur bulletin de paie. Qu’importe en effet un traitement salarial plus ou moins haut s’il faut démissionner après quelques mois tant la tâche est rendue impossible ? Le Conseil d’Etat, en faisant preuve de largesses envers les directeurs, les met en réalité en mauvaise posture. Les enseignants auront de la peine à comprendre que leurs supérieurs hiérarchiques soient surpayés alors que, en parallèle, des efforts importants sont demandés à la base depuis des décennies. Le département envisage même de faire empirer la situation l’an prochain : les maîtres devraient ainsi accepter sans broncher davantage d’élèves par classe et des suppressions de postes. Une classe salariale de plus d’un côté et des fermetures massives de classes de l’autre, c’est simplement indécent. La différence entre la classe salariale 23 et la 24 représente, pour un traitement moyen, le montant de 6'100.- francs par an. Multiplié par 90 (le nombre de postes de directeurs), cela fait quand même 549'000.- francs, soit l’équivalent d’environ cinq postes d’enseignants. Certes, cela n’est pas énorme et ne suffirait pas à combler les manques. Mais quand on voit le département de l’instruction publique chipoter pour des demi-postes dévolus à l’aide aux élèves en difficulté, on a un peu de mal à suivre sa politique !

  • Nouvelle offensive du Weiss bloc?

    Le député libéral Pierre Weiss ne trouve rien de plus intelligent que de proposer aux partis de l’Entente de ressortir le projet de loi anti-fonctionnaire du frigo (Tribune de Genève du 12 avril), alors que chacun se souvient des efforts de négociation qu’il a fallu déployer pour arriver à la très récente loi sur le personnel de l’administration cantonale (LPAC). Cette attaque contre notre statut, qui tente de diviser le personnel en voulant notamment favoriser les cadres, est une provocation intempestive qui devrait être accueillie par tout un chacun avec une certaine froideur… Quel que soit le réfrigérateur, il y a des produits faisandés qu’il vaudrait mieux jeter à la poubelle plutôt que d’essayer de les apprêter en risquant d’empoisonner le monde.

     

  • Violence scolaire: le cadre se rebiffe

    Les inspecteurs du primaire vont disparaître à la rentrée scolaire 2008. Cela peut générer une certaine angoisse et des réactions peu adéquates. Ainsi, suite à l’article de la Tribune du 14 mars 2008 sur la violence scolaire, Mme Véronique Bigio, présidente de l’association des cadres du primaire, préfère s’en prendre au syndicat plutôt que de reconnaître le manque de ressources dont dispose la hiérarchie directe des enseignants. Dans une lettre parue le 18 mars, Mme Bigio estime en effet, sans trop de réflexion, que la société pédagogique genevoise (SPG) dénigre les cadres intermédiaires en dénonçant le peu de moyens dont ils sont munis. Elle aurait pu s’offusquer des mesures grotesques (interdiction du tutoiement, amendes, etc.) préconisées par le Parti radical pour rétablir « l’autorité ». Ou, à la rigueur, s’étonner que le syndicat s’inquiétât des conditions de travail et de la santé des inspecteurs. Elle aurait dû se souvenir et informer les lecteurs que la vaste enquête « santé » concluait à un grave déficit de soutien hiérarchique. Le rapport (2003) montrait la vraie cause de souffrance du corps enseignant, sans fustiger les personnes. Le système et les structures étaient remis en question et la cause du stress des enseignants ne se résumait pas à la violence à l’école. Les résultats de l’enquête ont été sous-exploités jusqu’à présent et c’est pourquoi la mise en place de directions d’établissement en septembre, propres à assurer un soutien de proximité, est porteuse d’espoirs. Mme Bigio tait tout cela et présente le logiciel de signalisation des violences scolaires (SIGNA) comme la panacée. Elle omet de préciser qu’au moment où Genève le généralisait, en janvier 2007, ce programme était abandonné en France …grâce au boycott lancé par des directeurs d’école. Mais son propos est d’autant plus étonnant si l’on sait que SIGNA n’est qu’un outil statistique, ne propose aucune solution, et que, malgré les demandes du syndicat et la promesse du département de faire un bilan à 6 mois, aucun chiffre n’a encore été fourni ! Critiquer les représentants du corps enseignant est plus prudent que de dévoiler les vrais manquements. La SPG souhaite une loyauté mieux placée et davantage de courage de la part des futurs directeurs d’établissement.

  • L'impasse du CO

    Le cycle d’orientation (CO) a-t-il un avenir ? Période charnière de la scolarité, le CO a été incapable d’évoluer de manière heureuse. Réformes jamais achevées, structures obsolètes, enseignements dispensés en ignorant en partie ce qui s’est fait les huit années précédentes : l’incohérence semble de mise au CO. Et demain ne s’annonce pas meilleur…Deux initiatives ont été lancées dans le but de corriger les dysfonctionnements du CO. Elles sont, d’une certaine manière, contradictoires. Le chef du département, lui, a estimé qu’elles étaient caricaturales, l’une prônant une multitude de sections (la 134) et l’autre un enseignement en classes hétérogènes (la 138). Le Conseil d’Etat a ainsi concocté un contre-projet (PL 10176) qu’il entend opposer dans un premier temps à l’initiative 134 du réseau école et laïcité (Réel). Une votation ultérieure serait consacrée à la seconde initiative, la 138. Le contre-projet, voulu par le parlement qui avait refusé les deux initiatives, réussit le tour de force de déplaire aux deux parties. Certes, la marge de manœuvre pouvait paraître étroite. Mais fallait-il justement se coincer en essayant de ménager la chèvre et le chou ? Le département n’a rien trouvé de mieux que de proposer le retour de trois sections pour aller dans le sens de Réel et un pseudo tronc commun durant la 7ème année pour répondre aux attentes de la Coordination enseignement. Ces trois sections nous renvoient à près de cinquante ans en arrière et reproduisent peu ou prou les filières « latine/scientifique », « moderne », « générale » ou « pratique » bien connues. Quant aux enseignements identiques qui seraient dispensés en 7ème année, ils n’ont de semblable que leur dénomination puisqu’une sélection impitoyable serait opérée à la fin de la 6ème et que les exigences seraient adaptées aux trois sections (appelées dans un premier temps : consolidation-renforcement-appui, beau programme !). Mais le fait de se mettre à dos les milieux représentatifs des deux initiatives ne doit pas ébranler beaucoup le département. Au contraire, vu que la préoccupation majeure du gouvernement semble être de ne plus perdre une votation, le calcul qui consiste à revenir à un fonctionnement présent dans les mémoires, mais dont la majorité a oublié les nombreux travers, accroît les chances de remporter le morceau. Peu importe d’ailleurs les gesticulations de certains députés et l’entente de façade des principaux partis représentés au Grand Conseil : caresser dans le sens du poil les convictions les plus conformistes offre davantage de garanties de succès que toutes les alliances politiciennes, et à moindres risques !

     

  • Les notes tues

    L’école sans notes ne convainquait pas la population, le retour des « fausses » notes fâchait les anti-pédagogues, la maintien des notes, les « vraies », finalement, devait contenter tout le monde (ou au moins la majorité qui avait voté dans ce sens). Le nouveau système d’évaluation des élèves du primaire est donc entré en vigueur à la rentrée 2007. Quel bilan peut-on en tirer 6 mois après son introduction ? Comment les élèves, les enseignants et les parents ont-ils vécu ce changement inédit, avec moyennes trimestrielles à la demi bonne ? Apparemment la question n’intéresse plus personne et le département semble adopter le dicton « pour vivre heureux vivons cachés ». Les résultats des élèves sont tus ; les notes restent secrètes. S'il est cocasse d'observer les auto-congratulations prématurées de ceux qui pensent avoir remis l'école dans le droit chemin et s’attaquent au cycle d’orientation avec la même inconscience, il est anormal, à la veille des résultats du deuxième trimestre, de ne disposer d'aucune analyse sérieuse des conséquences de la mise en place du nouveau livret scolaire. Pourtant, une telle révolution dans les pratiques d'évaluation ne peut s'instaurer sans disparités. Il y a donc, avant de juger de la pertinence des modalités arrêtées, un travail urgent à mener pour se rendre compte, au moyen de données fiables, si les élèves, d'un bout à l'autre du canton, sont soumis à un traitement égal. Cela devrait permettre de corriger les dérives. Mais personne ne saurait se satisfaire d'envisager des mesures pour harmoniser et stabiliser le système sans se préoccuper du fond, à savoir si l'évaluation reste quand même, malgré sa forme inique, au service des apprentissages ou si le contraire, le retournement de situation craint, s'est opéré. L'autre vraie question est de savoir si l'équité de traitement des élèves peut être garantie, à court terme. Afin d'évaluer le nouveau système, la direction de l’enseignement primaire s'est contentée de demander à tous les inspecteurs de récolter dans chaque classe deux dossiers d'évaluation : celui d'un élève avec difficultés et celui d'un autre n’en rencontrant pas. Une manière de bien renforcer la culture de l'échec. Et les grilles qu'ils doivent ensuite remplir laissent pantois : calculer le pourcentage des livrets signés par les parents, vérifier si les enseignants mettent bien les croix dans les cases (et non à côté !)… Voilà les indicateurs auxquels il faut s'attendre. Il y a un fort risque que l'inanité des informations statistiques qui seront données, tard de surcroît, soit camouflée par des discours vantant un bilan globalement positif, tandis que les élèves trinquent. Alors que la note 4 correspond à la norme de réussite, combien d'élèves se trouvent avec un résultat inférieur en français ou en mathématiques au premier trimestre ? Que vaut un système scolaire si la majorité des élèves passe dans le degré suivant par dérogation ? La direction n'entend pas à l'heure actuelle publier de données précises, malgré le fait qu'elles soient en sa possession (tous les résultats notés du premier trimestre des quelque 16'500 élèves de la 3P à la 6P lui ont été remis). Elle préfère ne voir dans cette opération qu'un contrôle administratif ! Et estime judicieux de celer le maigre quantitatif en promettant du qualitatif demain. Pendant ce temps, avec la quasi-disparition du jugement professionnel, les notes couperet tombent. Les parents s'inquiètent, les enseignants croulent sous la tâche et les élèves subissent. Combien se trouvent déjà sur le tapis roulant les menant à l'abattoir ?

     

  • Demain, sans les chiens dangereux

    Notre société serait-elle devenue si sûre qu’il nous faille inventer nous-mêmes des dangers que nous avons mis des générations à écarter ? Si, de temps à autre, un touriste se fait bouffer par un lion en pleine Afrique, ce n’est pas une raison pour demander l’extermination du panthera leo. Mais pourquoi tolérerait-on que nos enfants soient victimes de bêtes féroces, artificiellement créées ? Ce qui est particulièrement choquant, c’est que, pour ne surtout pas blesser les propriétaires de chiens, les conseils pour éviter de se faire boulotter sont donnés d’abord aux victimes potentielles, les enfants. A eux de faire attention, d’avoir l’attitude correcte ! Au lendemain du drame d’Oberglatt, fin 2005, où un enfant de six ans avait été tué par des chiens sur le chemin de l’école, les journaux s’en étaient d’ailleurs donné à cœur joie : faites le poireau, ne courrez pas, baissez la tête, ne répondez pas, couchez-vous à terre, le molosse finira bien par se lasser. Situation surréaliste ; et même le département de l’instruction publique s’y met, lui qui encourage le programme de prévention « Truff le chien » dans les écoles où un animateur déguisé en clebs se met à quatre pattes et aboie. On croit rêver, également lorsqu’on entend un avocat de la place nous parler de son association « Pro Dog ». Pro Juventute devrait sérieusement songer soit à se rebaptiser soit à mettre la clé sous le paillasson, car, pour finir, qui s’en préoccupe de la jeunesse ? Les rayons d’alimentation pour animaux regorgent de produits, prennent toujours plus de place. A l’heure où 48'000 personnes meurent chaque jour dans le monde pour cause de malnutrition (d’autres estimations sont plus pessimistes), nos sociétés occidentales continuent à nourrir ces bouches canines ou félines inutiles. A en croire les médias, le propriétaire des pitbulls assassins de Zurich, indifférent à l’écolier mort qui gisait, pleurait sur la valeur perdue de ses chiens. Au Cambodge, une fille de dix ans est vendue 40 dollars ; si le père arrive à se débarrasser de trois de ses filles, il peut s’acheter avec les 120 dollars reçus un berger allemand… Voilà le monde irresponsable dans sa triste réalité, dans laquelle nous vivons et que nous ne pouvons ignorer. Un choix de société doit être fait. Entre la faim, la maltraitance et les exactions de toutes sortes dans le monde, il ne suffit pas de renoncer aux « animaux de compagnie » pour que ces problèmes soient vraiment atténués. Mais il est indécent d’accorder toujours davantage d’importance à cette gent animale-là, au mépris – et donc au détriment – des hommes, femmes et enfants de cette planète. Les bébés et les écoliers sont les principales victimes des chiens d’attaque. OUI le 24 février à l’initiative 137 demandant l’interdiction des races de chiens dangereux.

     

  • OUI à la gratuité des transports …des élèves, déjà !

    La SPG recommande le OUI le 24 février à l’initiative « pour la gratuité des transports publics genevois », pour une raison majeure. Les classes doivent pouvoir librement circuler dans le canton (et l’absurdité qui consiste à faire payer les élèves de 4 ans lorsqu’ils sont en groupes doit par la même occasion cesser). En effet, il est anormal que, lorsqu’un enseignant se rend par exemple au concert avec sa classe, le coût du déplacement soit parfois supérieur à l’entrée du spectacle. Les parents sont déjà assez sollicités, financièrement parlant, par l’activité scolaire en général. Le corps enseignant doit par ailleurs respecter des consignes strictes et ne peut demander aux parents qu’une participation annuelle faible et limitée. Il est ainsi regrettable qu’il faille renoncer à la riche offre culturelle qui existe à Genève pour de bêtes questions d’argent. Sur un si petit territoire, chaque élève devrait pouvoir bénéficier d’un accès aux musées, théâtres, expositions, etc. en étant accompagné de son enseignant. Cette démarche pédagogique et culturelle est essentielle pour l’éveil de l’enfant. Elle s’inscrit dans le cadre de l’article 4 de la loi sur l’instruction publique qui dit qu’il faut « préparer chacun à participer à la vie sociale, culturelle, civique, politique et économique du pays ». Dans la société, l’inégalité d’accès à la culture en particulier est patente, et si l’école est empêchée dans son rôle qui tend à corriger ce défaut dès le plus jeune âge, cela revient à couper une partie des futurs citoyens du développement d’une faculté qui peut contribuer à l’équilibre de leur personnalité. Permettre aux classes d’emprunter les bus et trams sans prendre de ticket favoriserait pour les élèves une prise de conscience d’appartenance au monde qui les entoure et renforcerait la notion d’une école républicaine, publique, laïque …et gratuite. L’association professionnelle avait soutenu l’initiative lancée en 2005 qui faisait d’une certaine manière écho à une pétition qu’elle avait lancée bien des années auparavant…Mais si la SPG se sent concernée par l’initiative 127 avant tout par rapport aux élèves, cela n’enlève rien aux nombreuses autres raisons qui doivent conduire à l’accepter. La qualité de vie et la notion même de service public sont en jeu ; OUI le 24 février aux transports publics gratuits !

  • Exit les responsables d'école

    Adieu, maîtres principaux, responsables d’école et inspecteurs, vos heures paraissent comptées... Mais qui est-ce qu’on assassine vraiment ? Et que vient faire la proposition incongrue d’un moratoire (projet de loi 10171 du MCG) sur l’évolution des structures du primaire ? La fonction de responsable d’école (RE) n’aura jamais réussi à s’imposer aux yeux de tous. Créée dans la douleur en 2002, elle n’aura duré que 6 ans. C’est dommage. Le RE, fruit de l’évolution de la fonction de coordinateur durant la phase d’exploration de la rénovation méritait mieux qu’un rôle de transition, sans réel aboutissement. Les tergiversations sur le principe de coresponsabilité et le refus d’inscrire les postes de RE dans le budget ont dès le début sapé l’espoir d’instaurer un fonctionnement efficace, qui aurait valorisé l’intelligence au travail. Les incessantes attaques contre la rénovation ont achevé d’enlever à cette fonction son attractivité et son sens. A tel point que maintenant la hiérarchie ne fait plus la différence entre les tâches dévolues au RE ou au maître principal (MP) alors qu’ils ne bénéficient ni du même cahier des charges, ni de décharges comparables. Situation injuste, qui serait amoindrie si davantage d’écoles étaient entrées en projet au moment voulu, comme l’association professionnelle les y encourageait. Des moyens absents, des conditions de travail détériorées et une confusion des rôles ; des RE qui ne savent plus à quel projet se vouer et des MP censés en assurer le suivi alors qu’ils n’ont rien demandé : voilà grosso modo le tableau. Bref, l’opacité d’un système arrivé au bout du bout est toujours aussi consternante. Ainsi, l’idée saugrenue de demander un moratoire au sujet de l’instauration des directions d’établissement, et faire ainsi perdurer la situation insatisfaisante que connaît l’école primaire à ce jour, ne peut provenir que de milieux qui n’entendent pas grand-chose à l’éducation et ne saisissent rien du marasme actuel. La mise en place de directrices/teurs ne sera pas la solution miracle. Le syndicat privilégiait un autre modèle, moins hiérarchique et moins coûteux par ailleurs, celui d’un vrai responsable d’école, avec de réelles responsabilités, sans chef au-dessus de lui prêt à casser les décisions prises au nom de l’équipe. L’association professionnelle aurait aussi préféré que le terrain soit mieux préparé à ces changements. En effet, si l’enseignement primaire a besoin d’être restructuré, l’implantation des directrices/teurs n’était peut-être pas la première action à réaliser. Balancer une poignée de glands sur une surface de béton surchauffé ne suffira pas à faire surgir une forêt de chênes protecteurs, quel que soit le besoin d’un havre de fraîcheur qui motive ce geste. Toutefois, si l’écueil des petits chefs arrive à être évité au maximum, peut-être que cette nouvelle hiérarchie pourra assurer un début de cohérence du système. Cela dit, la mise en place de directions d’établissement dès la rentrée 2008 ne devrait pas avoir un caractère inéluctable. Des conditions de réussite devront être remplies d’ici peu. Il faudra les mesurer et aviser suivant le résultat. Mais, quoi qu’il advienne, l’idée d’un statu quo qui prolongerait l’imbroglio actuel n’est pas envisageable.

     

  • Surveiller… les dérives sécuritaires, d’abord !

    Me Charles Poncet n’a pas besoin de mon soutien. Mais, pour une fois qu’il y a convergence de vues (c’est assez rare pour le souligner !), je tiens à dire qu’il a eu raison de déclarer son hostilité à l’installation de 15 caméras de surveillance dans une école de Lutry (VD). Oui, je suis d’accord avec lui lorsqu’il affirme que recourir à de tels moyens « à l’école, c’est un constat d’échec ». Ainsi, j’espère que le Tribunal de police d’Yverdon-les-Bains, mardi 15 janvier 2008, ne le condamnera pas pour ses propos tenus à la radio. Demander aux élèves, sous forme de boutade, de s’opposer à la vidéo-surveillance de leur école n’est pas répréhensible en soi. C’est davantage une invitation salutaire au débat. Il y a bien sûr les questions primordiales de la liberté d’expression et du respect de la sphère privée qui sont en jeu dans cette affaire. Mais il y a aussi le devoir de dénoncer les discours et les initiatives qui relèvent du délire sécuritaire. A cet égard, le syndic de Lutry, M. Willy Blondel, qui espère la condamnation de Me Poncet, fait preuve d’une incohérence révélatrice. En effet, si l’on en croit ses paroles rapportées dans Le Courrier du 11 janvier, M. Blondel déplore d’abord les tags et la détérioration des caméras qui ont causé « plusieurs milliers de francs de dégâts » et se réjouis ensuite du fait que grâce à l’achat du matériel de surveillance, « à 200% efficace », il n’y a « plus de problèmes de menaces, de racket et de déprédations ». Il faudrait savoir. Si saboter les caméras ne constitue pas aux yeux de M. Blondel une déprédation, qu’est-ce alors, un acte de civisme ? Plus sérieusement, il est assez évident, par ces aveux contradictoires, que la mise en place de caméras de surveillance ne représente en rien une solution, au contraire. Ou peut-être faudrait-il installer de nouvelles caméras destinées à surveiller les caméras pour éviter qu’elles ne soient abîmées, et d’autres aussi pour garantir la sécurité des nouvelles, etc. ?! La paranoïa et l’espionnage peuvent se déployer sans fin si l’on n’y prend garde. L’épisode calamiteux des fiches dans notre pays serait-il déjà oublié ?

     

  • Le mariage foireux du castor et du canard

    Selon le parti radical, l’initiative « Pour un accueil continu des élèves » arrivera tout juste à 11'500 signatures début janvier. Il serait tentant de dire que de deux choses l’une : soit le GHI, qui matraque depuis 20 semaines sur le sujet, n’est pas, contrairement à ce qu’affirme sa publicité, le journal le plus lu, soit le texte de l’initiative lui-même ne trouve pas la faveur des citoyens. La réalité se trouve toutefois sûrement entre les deux. Il y a peut-être d’abord un certain essoufflement par rapport aux initiatives sur l’école… Il y a ensuite la difficulté à recueillir 10'000 signatures valides. C’est un véritable travail de militant et la faiblesse du parti radical est notoire sur ce plan-là. D’où l’idée du « contrat » avec un hebdo gratuit. Mais le GHI qui a dû, au minimum, faire imprimer plus d’un million de fois l’initiative radicale dans ses pages ne récolte, semble-t-il, qu’une infime partie de ce qu’il a semé. Probablement parce que les lecteurs, dans leur grande majorité, consultent ce canard pour les petites annonces et ne s’intéressent guère aux pseudo articles et autres gnioluseries qui émaillent ce journal. Si véritablement les Genevois cherchent ailleurs leurs informations, c’est une bonne nouvelle. Et cette opération douteuse pour mener à bien une initiative populaire aura au moins servi à révéler ça. Pour le débat qui va suivre sur l’horaire de l’école et les activités parascolaires, autant regarder ailleurs, donc.

     

  • PISA 2006: vers plus d'objectivité?

    Les médias semblent enfin enclins à délivrer un message positif sur les résultats de notre pays aux tests PISA (programme international de suivi des acquis des élèves). Après les messages catastrophistes et injustes qui ont fait suite aux éditions 2000 et 2003, le petit progrès enregistré en 2006 et délivré aujourd’hui est présenté de manière avantageuse. Autant il était inutile et néfaste de traiter nos élèves d’ânes et de mépriser dans la foulée le travail des enseignants, autant il ne faudrait pas à présent crier victoire pour quelques points glanés. Les efforts doivent être poursuivis. Les écarts entre les élèves les plus faibles et ceux qui réussissent le mieux est encore bien trop important, indignes d’une Suisse qui, par ailleurs, avec l’hétérogénéité qui la caractérise, relève plutôt bien le défi de l’intégration. Mais cette dernière doit encore être sensiblement améliorée, notamment pour les élèves issus de milieux défavorisés (et de surcroît allophones). Les résultats de Genève et intercantonaux ne seront en principe détaillés qu’en septembre 2008 ; souhaitons que la tendance d’une lecture plus objective des tests PISA se confirme dans 9 mois. D’ici-là, les analyses plus fines qui seront effectuées devraient nous occuper…

     

     

    En guise de conclusion provisoire, un extrait du communiqué de presse du syndicat des enseignants romands (SER) :

     

    « Les résultats de PISA ne sont pas des résultats sportifs. Le SER ne se résout à prendre en compte le classement des pays que lorsque les différences sont vraiment significatives. La véritable richesse de cette considérable entreprise réside dans les rapports détaillés élaborés par les chercheurs suisses dans les mois qui suivent la première annonce.

    PISA 2006, des résultats encourageants

     

    Les bons résultats constatés en sciences et en maths sont salués avec soulagement mais sans grande surprise par les associations d’enseignants. C’est une reconnaissance du travail fourni par les professionnels sur le terrain. Les progrès significatifs enregistrés en littéracie tant dans le groupe des « mauvais » lecteurs, qui diminue, que dans celui des « bons » lecteurs, qui augmente, sont tout à fait réjouissants bien qu’encore très insuffisants. Si sur l’ensemble des trois domaines testés, le groupe des élèves « en danger » a diminué, il reste inacceptable.

     

    Malgré tout

     

    Aux yeux des associations d’enseignants, la Suisse obtient d’excellents résultats en comparaison internationale, si l’on tient compte des conditions de travail. En effet, en regard des pays qui réussissent, le taux d’encadrement des élèves en Suisse est plus bas, la formation des enseignants plus courte et les temps de travaux de coopération, de préparation, d’évaluation fortement réduits. En ce qui concerne les sciences, le rapport montre par ailleurs que l’offre éducative dans notre pays est loin d’être optimale. Il est intéressant aussi de souligner que les élèves testés en Suisse ont une moyenne d’âge inférieure de près de six mois à ceux de la moyenne OCDE.

     

    Ces bonnes performances obtenues « malgré tout » ne doivent pas dissuader de l’effort qui reste à accomplir. La Suisse peut et doit faire encore mieux. La qualité de sa principale matière première est à ce prix. »

     

  • PISA : J-15

    Les résultats aux tests PISA seront dévoilés le mardi 4 décembre 2007. Après PISA 2000 et 2003, voici PISA 2006 où l’accent est mis sur les sciences, ce qui complète les précédentes éditions « lecture » et « mathématiques ». La Suisse s’est déjà engagée pour PISA 2009. Mais que va-t-on cette fois dire des élèves de 15 ans qui ont passé ces épreuves ? Jusqu’à présent les médias ont eu de la peine à voir dans ce programme international de suivi des acquis des élèves autre chose qu’un classement entre pays et, pour la Suisse, une comparaison très partielle et partiale entre cantons. Lauriers pour le premier et bonnet d’âne pour le dernier, c’est un peu court comme traitement d’une opération de cette envergure, d’un coût d’environ 5 millions pour la Confédération… Un premier colloque intéressant, co-organisé par l’internationale de l’éducation (IE) et l’OCDE s’est tenu à Paris en septembre 2006. La suite vient d’avoir lieu à Bruxelles (13 nov.). Cette volonté de collaboration avec les syndicats est plutôt positive de la part d’un organisme tel que l’OCDE. Certes, il ne s’agit pas pour les associations professionnelles de faire la promotion de cet outil – qui reste contestable à bien des égards – mais d’essayer, en attendant d’autres moyens de comparaison qui éclaireront peut-être mieux sur les compétences et connaissances de nos élèves, de tirer des informations de PISA qui peuvent vraiment être utiles à la conduite de la politique éducative. Parce que, s’il s’agit uniquement, une nouvelle fois – le miracle n’aura pas lieu, désolé, la Suisse n’est pas première et Genève non plus – d’avoir le choix du déménagement ou d’une sorte de « copier-coller » entre la Finlande et la Corée du Sud, ou entre Fribourg et le Valais pour assurer la formation de nos enfants, autant ne rien dire et éviter ce gaspillage. Si le palmarès paraît encore une fois inévitable, un espoir est permis pour qu’on ne s’y arrête pas trop et que les analyses très détaillées qui existent, notamment pour notre pays, soient mieux exploitées, à tous les niveaux.

     

     

  • La plaie des devoirs

    Les devoirs sont source de conflits dans les familles et si l’école pouvait bien s’en charger, les parents seraient soulagés. C’est le cri du cœur de la directrice de Pro Juventute dans le GHI (7-8 nov.). Et l’unique raison, à en croire l’article, qui la pousse à s’activer en faveur de l’initiative Pour un accueil continu des élèves. On pourrait se demander s’il vaut bien la peine de lancer une initiative populaire pour trouver une solution au problème des devoirs. Mais au vu des péripéties liées à ce dossier, c’est peut-être en effet la seule solution… La direction de l’enseignement primaire avait bien essayé de les supprimer, ou plutôt de faire en sorte qu’ils soient intégrés à l’horaire scolaire, au début des années 90, mais la pression des parents, aidés par les médias, a été trop forte. Une école sans devoirs, c’est un peu comme une école sans notes : inconcevable par la population et donc politiquement irréalisable. Même si l’on a pu fort aisément démontrer que cela fonctionnait au bénéfice de chacun. Les enseignants ont ainsi le plaisir de découvrir à chaque rentrée une nouvelle directive sur les « temps de travail à la maison » qui, à force de modifications et précisions, a réussi à dire à peu près tout et son contraire en 15 ans. Et vu que les circulaires sur les études surveillées sont encore davantage incohérentes, il est clair que les familles ont de la peine à s’y retrouver. La directrice de Pro Ju voit donc juste et elle a le mérite de montrer la certaine ambivalence des parents qui réclament des devoirs mais aimeraient mieux ne pas avoir à y toucher. Au milieu de l’hypocrisie ambiante, où l’on a beau jeu de mettre en avant le lien entre la famille et l’école, alors que des formes bien plus intéressantes que les travaux à domicile existent, ce témoignage devrait contribuer à faire avancer le débat. Et, pourquoi pas, régler cette épineuse question des devoirs une bonne fois pour toutes…

     

  • Accueil continu des élèves : mise au point

    Mme Bérengère Miffon, invitée de la Tribune du 30 octobre (article reproduit ci-dessous), estime que l’initiative du Parti radical « accueil continu des élèves » a le mérite d’ouvrir le débat. C’est bien ce que j’avais cru comprendre. Mais, apparemment, Mme Miffon supporte très mal que l’on puisse émettre certaines réserves ou relever les contradictions contenues dans le texte proposé par son Parti. En effet, elle consacre l’essentiel de son billet à déformer mes propos parus dans la Tribune du 23 octobre (cf. note précédente de mon blog). Tout au long sa diatribe, elle s’essaye ainsi à l’exercice malhonnête des citations tronquées ou inventées, à l’insulte déguisée, au détournement de mes idées. Par juxtapositions de truismes et autres slogans vieillis, elle tente de me prêter des intentions que je n’ai jamais eues (comme si, par exemple, je défendais le modèle « Monsieur travaille, Madame cuisine »… ; représentation éculée que, par ailleurs, elle n’hésite pas, elle, à continuer de véhiculer). Elle arrive même à affirmer que je « culpabilise les parents qui, parce qu’ils travaillent, confient leurs enfants au parascolaire au lieu de les laisser devant la télévision ou les jeux vidéo » alors que c’est exactement le contraire que j’ai écrit.

     

    Bref, tout cela est assez révélateur de la pauvreté des arguments de Mme Miffon pour promouvoir son initiative. Mais le plus cocasse réside dans cette plainte : « A chaque fois que le Parti radical milite pour une évolution de l’école, il trouve sur sa route M. Baud et ses critiques ». Nom d’un chien ! Un seul homme barrerait-il le passage à la caravane des innovations pédagogiques des radicaux ? Drôle de fantasme sur lequel il serait facile d’ironiser vu que chacun sait que le Parti radical n’a rien proposé de nouveau en matière d’éducation depuis des décennies mais, au contraire, a essentiellement combattu la rénovation et s’oppose maintenant, entre autres projets actuels, à celui de la réforme du fonctionnement de l’enseignement primaire.

     

    Pour en revenir à l’initiative radicale, j’aimerais, pour conclure, préciser les points suivants : 1) je ne suis pas opposé a priori à cette initiative mais entends combattre ses imperfections qui sont nombreuses 2) je suis sensible à l’égalité hommes-femmes et aux problèmes que peuvent rencontrer les parents ou les familles monoparentales pour conjuguer vie professionnelle et horaires scolaires des enfants 3) des solutions doivent être trouvées pour offrir un vrai choix aux familles et faire en sorte que travailler davantage ou au contraire consacrer plus de temps à l’éducation de ses enfants provienne d’un désir et non d’une contrainte 4) des alternatives existent pour éviter d’imposer un seul modèle de société et il faut en discuter ; la Société pédagogique genevoise est ouverte au débat et travaille sur le dossier de l’horaire scolaire.

     

     


    L'INVITÉE | BÉRENGÈRE MIFFON, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE ADJOINTE DU PARTI RADICAL GENEVOIS | 30 Octobre 2007 |

     

    L'accueil continu des élèves: un espoir pour les familles

     

    La société change, l'école doit suivre! N'en déplaise à M. Olivier Baud, ayatollah en chef du syndicat enseignant, le schéma familial n'est plus le même qu'il y a 50 ans. Le modèle «Monsieur travaille, Madame cuisine» est bel et bien révolu! C'est un fait et nous ne pouvons le combattre. Nous pouvons, par contre, apporter des solutions concrètes pour aider les familles en adaptant les horaires de l'école aux horaires professionnels. Cela s'appelle l'accueil continu des élèves.

     

    En effet, le découpage des horaires scolaires n'a pas varié depuis la fin de la guerre. Si ce n'est lorsque l'on a déplacé le jour de congé du jeudi au mercredi et en supprimant le samedi matin d'école. Or les horaires scolaires doivent êtres adaptés aux besoins réels et actuels des familles. L'initiative du Parti radical (www.accueilcontinu.ch) a le mérite d'ouvrir ce débat en proposant une solution simple et directement applicable.

     

    Nous ne voulons pas attendre, comme le suggère M. Baud dans son article publié dans la Tribune du 23 octobre, que «le Département de l'instruction publique instaure un temps d'études obligatoires (...) à l'horizon 2011». La légendaire rapidité avec laquelle le Département de l'instruction publique agit lorsqu'il promet quelque chose est bien connue. Le sort des enfants de Genève mérite une meilleure diligence.

     

    A chaque fois que le Parti radical milite pour une évolution de l'école, il trouve sur sa route M. Baud et ses critiques. La plupart du temps sans fondements et dénuées de propositions alternatives. Ainsi, lorsque le Parti radical se battait pour le retour des notes, M. Baud jurait ses grands dieux que tous les parents et tous les enseignants y étaient opposés. On a vu ce qu'il en était: l'initiative a été plébiscitée par 76% des Genevois.

     

    Qu'en est-il aujourd'hui alors que nous proposons que les élèves puissent, entre 16 h et 18 h, bénéficier de cours de sport, de musique ou encore de devoirs surveillés? Le président de la Société pédagogique de Genève ose parler de «forme de maltraitance». Quelle vision M. Baud a-t-il de l'école? Si le savoir, le sport, l'apprentissage de la vie en communauté sont pour lui de la maltraitance, alors il est impératif qu'il change de fonction.

     

    Le voilà qui culpabilise les parents qui, parce qu'ils travaillent, confient leurs enfants au parascolaire au lieu de les laisser seuls devant la télévision ou les jeux vidéo. Où est la vraie maltraitance? Dans l'accueil, ou dans l'abandon?

     

    Le monde parfait de M. Baud divise les citoyens en deux catégories. La première sacrifie sa vie au travail pour pouvoir payer à la deuxième le privilège de faire des enfants... Au contraire, les radicaux pensent qu'il faut aider enfin les personnes qui assument de front vie professionnelle et vie familiale.

     

    M. Baud poursuit sur le refrain: «La droite veut du parascolaire pour mieux exploiter les femmes au travail.» Voilà qui me dresse les cheveux sur la tête! Mais mon bon Monsieur, les femmes aussi ont envie de se réaliser professionnellement! Et instaurer des infrastructures qui le leur permettent ne revient pas à les exploiter.

     

    Dans la rhétorique post-léniniste de M. Baud, l'école devient de la maltraitance, et la vie professionnelle de l'exploitation.

     

    A l'inverse, l'initiative pour l'accueil continu des élèves ouvre les yeux sur les réalités de ce nouveau siècle et constitue un message d'espoir: faites des enfants, la société ne vous laissera pas tomber.